Imprimer

Crises, permanences et temporalités

La question du temps est au cœur de la plupart des recherches de cet axe, et cela de plusieurs manières. C’est vrai pour celles qui saisissent les phénomènes sociaux dans des temporalités de moyenne ou longue durée. C’est le cas de recherches quantitatives, appuyées notamment sur les enquêtes Emploi, qui évalueront les transformations ou les permanences de la reproduction et de la mobilité sociale. D’autres recherches évalueront et analyseront les moments de ruptures politiques, juridiques, techniques ou économiques (parfois pensées par les acteurs en termes de mutations des « marchés »), dans les recompositions professionnelles et de classes sociales. Dans ce sens, la recherche internationale appréhendera les effets de la crise économique sur la précarisation dans plusieurs pays de l’Europe du Sud. Il s’agit aussi de recherches menées sur différentes industries (automobile, métallurgie, aéronautique, etc.) soumises à des ruptures brutales ou au contraire à des processus de désagrégation plus lents, mais aussi sur des activités de services qui subissent une chute de la demande ou des financements publics. Cette même interrogation est également au cœur de monographies sur des corps de la fonction publique (contrôleurs du travail, administrateurs des services civils d’Algérie) confrontés à la mise en place de nouvelles règles juridiques pour l’organisation de leur carrière ou à la modification des périmètres de l’État avec les décolonisations.

Il s’agira alors de saisir les mécanismes concrets de transformation des conditions d’emplois et de travail, de questionner les manières dont les différentes catégories professionnelles appréhendent les futurs possibles, et de saisir les stratégies de reconversion professionnelle et sociale. Un des enjeux de ce thème sera de considérer les chevauchements de temporalités dans les univers de travail (liées aux carrières, aux trajectoires d’institutions, de techniques, etc.) et entre les sphères du travail et du hors-travail.




^