Imprimer

Les crises structurelle et conjoncturelle de la citoyenneté et les expérimentations cherchant des voies de « sortie de crise » et/ou de transformation du système politique

Les inégalités en matière de participation politique conventionnelle qui frappent les groupes subalternes et les frontières parfois invisibles dans la pratique pleine et entière des droits attachés à la citoyenneté sont un élément central du diagnostic de crise souvent proposé en la matière. Elles débouchent sur des formes de transgression de la division du travail entre professionnels de la politique et citoyens « ordinaires ». Au demeurant, plusieurs travaux sur les quartiers et cités de banlieues le montrent : les populations ne se définissent pas seulement par l’accumulation des problèmes sociaux (pauvreté, chômage, échec scolaire, relégation) mais bien sous une forme clairement politique. Les habitants des « quartiers » ne perçoivent plus guère les institutions et les dispositifs d’action publique mis en place comme des supports ou des vecteurs d’intégration sociale et politique et font le choix de se tenir à l’écart. C’est pourquoi les émeutes ne sont pas rares : elles sont classiquement le moyen d’action de ceux qui sont privés d’accès au système politique et à la représentation.

On s’intéressera par ailleurs ici aux théories critiques ou normatives de la démocratie ainsi qu’à l’étude empirique des dispositifs vivant à réactiver les formes apparemment étiolées de citoyenneté qui peuvent se développer dans les démocraties représentatives - dispositifs participatifs et délibératifs en particulier, saisis dans une perspective à la fois généalogique et de comparaison empirique, nationale et internationale. En complément seront également étudiés la portée et les limites des nouveaux outils de la citoyenneté que le progrès technique peut permettre désormais d’imaginer. Enfin, plusieurs recherches envisagées du Cresppa portent sur les processus de délégation de la prise de parole citoyenne et les formes diversifiées de représentation — dans leur dimension symbolique notamment — et de contestation des modes de représentation existants à travers, par exemple, une analyse sociologique des productions intellectuelles sur le politique.




^