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Travail, profession, carrières

En lien étroit avec l’axe « travail et classes sociales » et dans la continuité des recherches sociologiques menées par les équipes du Cresppa sur l’emploi et la division sexuelle du travail, de nombreux travaux se développent dans une perspective de genre sur les trajets professionnels, l’évolution des métiers, le rapport au travail, mais aussi sur des objets plus récemment investis : la division internationale du travail, les inégalités du marché et le déroulement des carrières prises dans un sens large (professionnelles, mais aussi militantes ou déviantes), mal-être du genre au travail. Cet ensemble de recherches s’organisera dans le nouveau laboratoire selon plusieurs lieux d’investigation :

  • Mutations de la division sexuée et racialisée du travail et du pouvoir. Dans le champ de la culture notamment, de nouvelles enquêtes s’intéressent aux professions engagées dans la production culturelle (spectacle vivant, littérature, arts plastiques, cinéma, médiation culturelle, etc.) et montrent comment le champ culturel est traversé par la dynamique des rapports sociaux de sexe et, inversement, comment les représentations symboliques modifient ou réifient ces divisions sociales. Sont questionnés les effets de la féminisation de certaines professions sur les processus d’invisibilisation des dominé·e·s, sur leurs stratégies de reconnaissance professionnelle, sur le déplacement des inégalités et sur les nouvelles résistances auxquelles ce déplacement donne lieu.
  • Le mal être du genre au travail : en quoi l’appartenance de genre peut-elle modifier le mal être ou en quoi conduit-elle à le révéler ou à le domestiquer différemment ? La question est pensée non en termes d’égalité - inégalités par rapport à la santé, mais en termes de différences.
  • Transformations économiques contemporaines, migrations et conséquences de la globalisation des politiques de genre. Menés dans une perspective internationale et comparée (Algérie, Haïti, République Centrafricaine, Grande Bretagne, Brésil, Japon…), ces recherches étudient l’imbrication des rapports sociaux (de genre, de classe et de race) et les effets des échelles de pouvoir en concurrence (locale/ nationale/ globale). Sont envisagées une étude sur la féminisation des migrations au Maghreb, ainsi qu’un projet visant dans le cadre de l’Observatoire des Transformations dans le monde Arabe (OTMA), à observer et à analyser les transformations liées aux « printemps arabes » du point de vue du genre. -
  • Recherches sur les « carrières ». Elles ont pour objet de réfléchir, dans la durée, aux trajectoires d’engagement (politique, associatif, féministe, etc.), et aux effets biographiques de ces engagements sur le parcours professionnel et personnel des actrices et acteurs, intellectuel·le·s. Cet angle d’analyse permet d’éclairer les mécanismes de construction des parcours déviants et de faire émerger la dimension sexuée de la régulation sociale.
  • Politiques et éthiques du care. Ces travaux se déploieront selon plusieurs perspectives touchant à la sociologie du travail et à la mondialisation de la division sexuelle et raciale du care. La problématisation de la sphère des « services » inclura des questionnements inédits relatifs aux « services sexuels » (dans quelle mesure est-il possible d’envisager un droit à la sexualité notamment pour les personnes invalides, la sexualité s’apparente-t-elle à une pratique voire à un travail thérapeutique ?). On interrogera les associations des personnes handicapées, en particulier de femmes handicapées, dans le but de lier les positions des pourvoyeurs et celles des destinataires dans l’analyse des politiques du care. Développer l’idée de politique et d’éthique du care nécessite de repenser, non seulement la division genrée du travail de care mais également celle du pouvoir et de la responsabilité entre pourvoyeurs et destinataires de care, à différents niveaux (du local au transnational). Ce chantier s’inscrit dans un programme plus large sur la division du travail sexuel (voir ci-dessous).
  • Études comparatives des politiques de genre et de leurs instruments - notamment bases de données et indicateurs – en termes de conventions de genre et d’émergence d’institutions genrées. Derrière les aspects techniques de l’évaluation et de la quantification, sont examinés des enjeux normatifs. On s’intéressera aux justifications qui accompagnent l’élaboration de ces politiques et instruments, à la manière dont ils sont reçus et mis en œuvre, à leurs effets institutionnels, mais aussi à la façon dont les acteurs sociaux s’en saisissent ou y résistent et les détournent parfois de leurs objectifs pour les utiliser à d’autres fins.




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