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Radicalisation de la dictature en Turquie : solidarité avec les collègues réprimé·e·s

Le 25 janvier 2017, le procureur général de la Cour suprême de Turquie demande l’annulation de la quatrième décision d’acquittement prononcée en 2014 en faveur de Pinar Selek – sociologue, militante, écrivaine, arrêtée le 11 juillet 1998 alors qu’elle menait une enquête sur des militant·e·s kurdes dont elle a refusé de donner les noms, réfugiée en France depuis que son deuxième acquittement a été cassé.
Le 8 février 2017, l’État turc publie un nouveau décret-loi limogeant une nouvelle salve de fonctionnaires, dont 2585 du ministère de l’éducation nationale et 330 universitaires. Sans compter les contrats de droit privé non renouvelés ou rompus, cela porte à pas loin de 100 000 le nombre de limogeages dans tous les secteurs de la fonction publique depuis la répression à l’encontre des signataires de la pétition « Nous ne serons pas complice de ce crime » du 11 janvier 2016, contre les violences perpétrées par le régime dans les régions kurdes, répression démultipliée dans des proportions vertigineuses depuis le coup d’État du 15 juillet et la radicalisation dictatoriale du régime qu’il a enclenchée.
La concomitance de ces événements n’est pas fortuite. Acharnement kafkaïen, depuis 19 ans, contre une chercheuse et militante, répression massive et renvoi à la précarité, contre la protection relative du statut de fonctionnaire, à l’encontre de dizaines de milliers d’opposant·e·s au régime – condamnation à l’exil ou interdiction de sortie du territoire, persécutions anciennes ou récentes, individuelles ou collectives, il est toujours question de politiques répressives à l’encontre des minorités et de mise au silence des opposant·e·s, dans un contexte de radicalisation dictatoriale du régime et de complicité des puissances européennes obnubilées par le renforcement de leurs frontières contre les réfugié·e·s qu’elles contribuent à créer.

Nous condamnons la répression exercée par le gouvernement turc et l’inaction de notre propre gouvernement, déclarons notre soutien à Pinar Selek, à tous les fonctionnaires limogé.e.s en Turquie, à l’ensemble des forces de résistance de Turquie.


En tant que travailleur·se·s de l’université Paris 8, nous appelons nos collègues des universités à participer à toutes les actions de solidarité en cours et à venir.


Les signataires :

Comité de solidarité de Paris 8 avec les collègues de Turquie
CA de l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
FERC Sup-CGT
Section Île-de-France du syndicat SUD Recherche EPST
Section Pouchet du SNCS-FSU
Section Pouchet du SNTRS-CGT
Conseil de l’UFR Textes et Sociétés de l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
CDL du CRESPPA (Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis / Université Paris Nanterre / CNRS)
Département de science politique de l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
Département de sociologie et d’anthropologie de l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis



Liens utiles :

  • Pétition de soutien à Pinar Selek : cliquer ici
  • Site du collectif « Universitaires pour la paix » (BAK) : cliquer ici
  • Informations bancaires pour les dons au syndicat d’enseignant·e·s qui redistribuent 2000 livres turques par mois aux collègues limogé·e·s de la fonction publique : ING Bank – Avenue Marnix 24,1000 Brussels, Belgium / IBAN : BE05 3101 0061 7075 / SWIFT/BIC : BBRUBEBB - (Please indicate “UAA Egitim Sen” in communication).
  • Pour connaître les modalités du programme PAUSE destiné à accueillir en France des universitaires en danger dans leur pays : cliquer ici
  • Pour plus d’info : https://www.ei-ie.org/en/uaas/uaa_details/68


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