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Thèse soutenue

 

- Des socialisations croisées. Travailleurs sociaux, jeunes et action publique dans un quartier populaire de Paris. Thèse pour le doctorat de sociologie, université Paris 8, sous la direction de Florence Weber, 24 juin 2010, 659 p.

Soutenue le 24 juin 2010 sur le site Pouchet du CNRS, devant un jury composé de Marie-Hélène Bacqué, Stéphane Beaud (rapporteur), Jean-François Laé (président du jury), Susanna Magri, Olivier Schwartz (rapporteur), Florence Weber (directrice de la thèse). Mention très honorable avec les félicitations du jury (votées à l’unanimité).

Cette thèse porte sur les relations entre les jeunes et les travailleurs sociaux dans les « quartiers ». Cet objet permet d’analyser les rapports entre la participation aux institutions pour la jeunesse et la mise en œuvre de l’action publique autour des thèmes de la proximité et de la sécurité. La recherche repose principalement sur une enquête ethnographique menée dans un quartier populaire de Paris.
La première partie met au jour les caractéristiques de l’espace local et de la configuration des instances politiques, administratives et associatives impliquées dans le « problème de la jeunesse ». Elle montre que l’histoire récente de l’univers institutionnel étudié est inséparable des diagnostics politico-administratifs établis sur la population du quartier, lesquels encouragent les entreprises de normalisation et de moralisation des habitants.
Comme le montre la deuxième partie, les conditions de la participation aux institutions ont partie liée avec les caractéristiques sociales des jeunes et des encadrants. La dynamique de création d’associations générée par la politique de la ville favorise la coexistence de travailleurs sociaux « traditionnels » et de bénévoles locaux. Étant donné que ces encadrants aux profils hétérogènes recrutent des publics qui leur sont socialement et culturellement ajustés, les institutions entérinent l’hétérogénéité relative de la jeunesse populaire locale.
C’est à partir de l’analyse des interactions entre les travailleurs sociaux et les jeunes que la troisième partie montre en quoi les usages des thèmes de la proximité et de la sécurité ont des effets sur les modes de participation aux institutions. Sous le poids des alliances entre les autorités et les bénévoles, les institutions pour la jeunesse locale se divisent entre celles qui renforcent l’intégration sociale de leurs participants et celles qui éloignent ces derniers des horizons de la respectabilité sociale.

5 juin 2016


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