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Recherches en cours

 

Cédric Hugrée mène actuellement ses recherches sur les inégalités scolaires et sociales dans le cadre d’une sociologie comparative en France et en Europe.

Ses premières recherches réalisées au cours d’une thèse de sciences sociales (S. Beaud dir.) portent sur les inégalités scolaires et sociales dans l’université française. Elles se situent au croisement de la sociologie de l’éducation, de la sociologie de la stratification sociale et de la sociologie de l’emploi. Ce travail interroge les parcours scolaires et les premiers cheminements professionnels des étudiants diplômés de l’université (Bac +3 et plus) issus des classes populaires à partir des résultats d’exploitations secondaires d’enquêtes statistiques et d’une enquête ethnographique auprès d’étudiants diplômés des universités au début des années 2000. Il révèle ainsi les déterminants de scolarités « honorables » dont l’enjeu est d’être converties en mobilités sociales ascendantes « raisonnables » lors de l’entrée sur le marché du travail. Cette recherche a été distinguée par le premier de l’Observatoire de la Vie Étudiante de 2010 et a fait l’objet de plusieurs publications (Hugrée, 2008, 2009, 2010).
Ses réflexions trouvent aujourd’hui une suite dans la préparation de son ouvrage sur les inégalités dans l’université française dans le cadre d’une sociologie des mobilités sociales attentives aux effets des mobilités scolaires (Hugrée, 2015, 2016, ouvrage à paraître).

Après avoir travaillé sur les rapports entre les classes populaires et l’université, il a élargi sa réflexion à l’ensemble des inégalités touchant les classes populaires françaises. Son ouvrage Sociologie des classes populaires, co-écrit avec Ph. Alonzo (2010), revient sur les travaux et enquêtes sociologiques qui ont forgé, en France, la catégorie de « classes populaires » et en ont fait un outil pour décrire et comprendre le monde social. Il retrace tout d’abord les débats sociologiques liés à la définition du « populaire ». Il détaille ensuite les approches et les enquêtes qui ont analysé les transformations et permanences de ces milieux sociaux : depuis leurs rapports au politique, en passant par le travail et l’emploi, sans oublier leurs styles de vie et l’école.

Ses recherches se sont ensuite concentrées sur comparaison des salariés du secteur public et ceux du secteur privé dans le cadre d’une sociologie de la stratification sociale. Après s’être intéressé aux transformations scolaires et sociales des fonctionnaires en France (Hugrée 2011, Hugrée Gollac 2015) et en Europe (Hugrée, Penissat, Spire, 2015a, 2015b), il a prolongé ses réflexions sur l’importance du statut de fonctionnaire en France pour catégoriser l’espace social français (ANR Euréqua) dans le prolongement de l’expérience menée par L. Boltanski et L. Thevenot au début des années 1980 (Hugrée, de Verdalle, 2015).

Il oriente actuellement ses recherches vers la comparaison des inégalités sociales (de statut, d’emploi de conditions de travail, d’accès à la culture, d’accès à l’enseignement supérieur) à l’échelle européenne (Hugrée, Penissat, Spire, 2014, 2017a, 2017b) et les rapports à l’État et aux administrations publiques (ANR Profet)

7 septembre 2017


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