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Thèse

 

  • Titre de la thèse : « Changer les habitudes ou changer les habitants ? Sociologie d’un mouvement de réforme alimentaire à La Nouvelle-Orléans, 2000-2010 », 3. vol., EHESS, Paris, 2016, 1033 p. 2016EHES0109/Sudoc
  • Membres du jury : Pap Ndiaye (président du jury, professeur des universités IEP de Paris), Anne Lovell (directrice de recherches émérite INSERM), Dominique Memmi (directrice de thèse, directrice de recherches CNRS), Érik Neveu (rapporteur, professeur des universités IEP de Rennes), Christian Topalov (directeur de thèse, directeur d’études EHESS) et Didier Torny (rapporteur, directeur de recherches INRA).
  • Résumé :

    La ville américaine de La Nouvelle-Orléans a été le lieu de diverses expérimentations sociales au lendemain des destructions de l’ouragan Katrina de 2005 : logements, écoles, hôpitaux, peu de champs d’intervention ont été épargnés par le grand vent de réformes post-Katrina. Cette thèse prend pour objet l’élaboration et la mise en œuvre de l’un de ces projets de réforme. Porté par un mouvement social plus large à l’échelle nationale, ce projet visait à améliorer l’accès aux « aliments sains » dans les quartiers populaires de la ville afin de lutter contre l’épidémie d’obésité et de relancer l’économie locale. À partir d’entretiens biographiques auprès de membres d’une commission municipale mandatée pour étudier ce problème public, de l’analyse de ses archives et de l’observation du travail réformateur, l’enquête interroge la formation d’un sens commun : comment une estimation officielle du nombre de morts imputables au surpoids et à l’obésité aux États-Unis peut-elle passer du jour au lendemain de 400 000 à 25 000 décès par an ? Comment un seul article scientifique ayant établi une corrélation remarquablement faible entre la présence d’un supermarché dans un quartier et l’augmentation de la consommation de fruits et légumes peut-il justifier une politique de santé publique d’un coût de plusieurs millions de dollars ? Comment des savants qui ratent leur diagnostic et manquent leur cible peuvent-ils néanmoins parvenir à remplir leurs objectifs de transformation sociale ? Comment peut-on contribuer à changer les habitants d’une ville en voulant changer leurs habitudes ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles répond cette thèse en suivant les acteurs et institutions qui ont porté cette politique alimentaire, depuis sa définition au tournant des années 2000 au sein d’un centre de recherches en santé publique jusqu’à sa mise en œuvre par les autorités locales et sa réception par les habitants dans une ville profondément transformée au début des années 2010.

6 octobre 2018


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