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Thèse soutenue

 

Modèles de naissance et de « natures » en conflit : les Sénégalaises en exil face à l’hôpital moderne, (Modelli della nascita a confronto. L’evento parto tra le donne della comunità senegalese di Poggibonsi), Thèse pour le Doctorat de Sociologie (Université Paris 8) et le Doctorat d’Anthropologie (Université de Sienne) obtenus en cotutelle franco-italienne sous la codirection de Dominique Memmi et Simonetta Grilli (Soutenance le 4 décembre 2013), 300 p.

Résumé : Ma thèse porte sur les représentations implicites de la « nature » dans les différents modèles de naissance. Elle se concentre, en particulier, sur les formes de dialogue, les conflits et les solutions de compromis entre les modèles de procréation introduits et rencontrés par les femmes sénégalaises en exil dans le service de maternité de Poggibonsi, un des premiers en Italie à avoir proposé le modèle d’accouchement dit « naturel ». À travers une étude comparative, mon analyse met en lumière la conception de la « nature » propre à notre société occidentale moderne. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les difficultés rencontrées par les sages-femmes lorsqu’elles essaient de créer une alliance avec les Sénégalaises sur la base d’une égalité (d’espèce) censée aller au-delà des différences (culturelles). La primeur accordée au relativisme culturel dans une société occidentale qui se veut désormais multi-culturaliste se voit contrecarrée – en pratique – par une tendance à universaliser notre propre rapport à la nature : une sorte de naturalisme, moderne aussi bien que « post-moderne ». L’idée selon laquelle, bien que le fonctionnement « purement » biologique du corps soit, certes, à peu près le même pour tous, la « nature » n’a pas la même importance et n’occupe pas la même place dans toutes les cultures de la naissance apparaît comme un défi difficile à digérer pour le rationalisme occidental, notamment hospitalier.

3 juin 2016


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