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Journées d’étude

5 - 6 avril 2018, Site Pouchet du CNRS

Journées d’études « Les cartes de l’action publique : réformes, légitimations, conflits »

Comité d’organisation et scientifique :
Thomas Aguilera, Sciences Po Rennes – ARENES – Chaire TMAP
Francesca Artioli, Université Paris Est-Créteil – LAB’URBA
Lorenzo Barrault-Stella, CNRS – Cresppa-CSU
Patrice Caro, Université de Caen-Normandie – ESO
Emmanuelle Hellier, Université Rennes 2 – ESO
Romain Pasquier, CNRS-ARENES – Chaire TMAP

Contact : colloquecartes2018@gmail.com

Ces journées d’études font suite à la rencontre entre des programmes de recherche menés au sein de différentes institutions depuis quelques années : le Lab’Urba (F. Artioli) et le CRESPPA-CSU (L. Barrault-Stella) à Paris, et la Chaire Territoires et mutations de l’action publique de Sciences Po Rennes et le laboratoire ESO (T. Aguilera, E. Hellier, R. Pasquier, M. Rouzeau) à Rennes.

La carte est un instrument classique d’action publique : elle ne constitue pas un outil descriptif et neutre de configurations géographiques mais bien une technologie de gouvernement porteuse de représentations, de conceptions des problèmes publics, d’intérêts. La carte renvoie également à l’organisation spatiale des services publics et des administrations (carte judiciaire, carte scolaire, carte militaire, etc.), dont elle donne une certaine représentation. En cela, la carte est un objet particulièrement intéressant pour penser les mutations de l’action publique sur les territoires, plus particulièrement les reconfigurations des relations entre gouvernants, metteurs en œuvre et gouvernés. Ces journées d’études se donnent pour objectif de remettre les cartes de l’action publique sur le métier en s’intéressant aux transformations des rapports entre centres et périphéries, entre politiques et usagers, entre État et collectivités locales, entre gouvernants et gouvernés, dont elles sont à la fois porteuses et témoin.

Les cartes peuvent être envisagées comme des politiques constitutives en ce qu’elles participent aux processus de réforme internes aux États et portant sur ses mêmes structures. En ce sens, on peut étudier les transformations des cartes de l’action publique – au sens des mutations spatiales et organisationnelles des services publics et des administrations –, ainsi que les effets de ces réformes sur la mise en œuvre de l’action publique et, plus largement, sur les groupes sociaux qui y sont confrontés. Il s’agira d’interroger les logiques institutionnelles, bureaucratiques et politiques de la réorganisation spatiale des services publics, les modalités de réforme, les modes et de légitimation, les mobilisations et les conflits qu’elles peuvent (ou non) susciter. La transformation des cartes de l’action publique suppose de comprendre pourquoi, selon quelles expertises, quels choix politiques et quelles données, quelles représentations des gouvernés, les périmètres et les implantations des institutions publiques sont redessinés. Cela permet au passage d’étudier ce que les mutations des cartes de l’action publique font à l’État, aux collectivités territoriales, aux groupes professionnels et aux groupes sociaux qui se mobilisent sur les territoires pour défendre des intérêts ou, par exemple, revendiquer une forme d’équité territoriale.

Nous interrogerons la façon dont les changements des cartes transforment les modes de gouvernement des populations et des territoires locaux, et comment ces derniers contribuent (ou non) à donner du sens à ces découpages et contenus territoriaux, à les utiliser, à les combattre voire à les dépasser. Cette perspective s’intéresse alors aux effets des réformes sur les liens gouvernants-gouvernés, dans les processus de légitimation de l’action publique et sur la prise en compte des diverses formes d’inégalités sociales et territoriales. Ces réformes seront étudiées dans une perspective multiniveaux et à travers la confrontation entre différents secteurs d’action publique. Basées sur des matériaux empiriques robustes, les propositions relèvent de plusieurs champs disciplinaires en sciences sociales (science politique, sociologie, géographie, aménagement).

Programme détaillé et intervenants




  • Jeudi 5 avril

    Axe 1 - Construire les cartes de l’action publique : acteurs, enjeux, luttes

    • L’institutionnalisation et la territorialisation des pouvoirs métropolitains au prisme des systèmes d’information géographique
    • Pratiques cartographiques normatives et politiques européennes d’aménagement
    • Entre cartographie et cartomancie. Les cartes du développement territorial dans les narrations prospectives
    • L’action publique à l’heure du numérique : retour sur les données territoriales comme objet de recherche

    Axe 2 - Mutations des cartes des services publics et inégalités territoriales

    • Évolution de l’offre hospitalière dans l’espace urbain français : une analyse par le processus de rétraction
    • Inégalités d’accessibilité aux établissements scolaires et décrochage scolaire
    • Les effets du territoire dans les trajectoires d’accès aux droits sociaux
    • Un quart de siècle de rhétorique réactionnaire : l’effet pervers de la labellisation « géographie prioritaire »


    Vendredi 6 avril 2018

    Axe 3 (1) - Les cartes comme instruments de changement ? Mises en œuvre de l’action publique et résistances

    • Cartographier, découper, sélectionner : négociations et contestations autour de la nouvelle géographie prioritaire de la politique de la ville du territoire de Plaine Commune
    • La refonte de la géographie prioritaire de la politique de la ville : une réforme de la cartographie « très politique » ?
    • Au croisement des cartes prioritaires de santé : injonctions contradictoires et adaptations chez les coordinatrices ASV en Ile-de-France
    • L’approvisionnement des villes, un service public ? Sur l’usage de cartes d’accès à l’alimentation et la recomposition de l’action publique aux États-Unis (1980-2010)

    Axe 3 (2) - Les cartes comme instruments de changement ? Mises en œuvre de l’action publique et résistances

    • La nouvelle carte des services d’eau. Déploiement et enjeux d’une réforme de rationalisation
    • Des cartes pour améliorer la mise en œuvre ? Développement et contestations de la cartographie comme instrument de gestion de la Politique agricole commune
    • Cartographie des cours d’eau sur le bassin-versant de la Beuvronne (Seine et Marne) : participation, jeux d’acteurs et enjeux territoriaux
    • Réunifier la Bretagne à l’heure des treize régions. La mobilisation en faveur d’un cinquième département

    Programme détaillé et intervenants



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