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Articles

 

  • Célia Bense Ferreira Alves et Michel Nguyen Duc Long, « Mesdames et Messieurs Les Proviseurs: Principals Address Structural Inequalities in a Diverse High School », The ANNALS of the American Academy of Political and Social Science, vol.673, n°1, 1 septembre 2017 - p. 266-295.
    Résumé : This article examines how high school principals in France work to change the negative effects that the country’s academic tracking system brings to students from immigrant and working-class backgrounds. The tracking system tends to relegate these students to lower vocational tracks that do not prepare them well for the labor market and tend to reinforce their social marginalization. The authors—one a sociologist and the other a school principal—describe a comprehensive, diverse lycée in a suburb of Paris where administrators are addressing the multiple impacts of tracking on their students by enabling some to change tracks and providing others the support they need to succeed when facing challenges at school and in their neighborhoods. The description and analysis of daily life at school not only illuminates what is distinctive about the French system but also lays out strategies and practices that make the school environment more egalitarian.

  • Céline Braconnier, Baptiste Coulmont et Jean-Yves Dormagen, « Toujours pas de chrysanthèmes pour les variables lourdes de la participation électorale », Revue française de science politique, vol.67, n°6, 2017 - p. 1023-1040.
    Résumé : En prenant appui sur l’Enquête participation électorale 2017 de l’Insee, donc sur des données d’une particulière solidité qui échappent au biais de sélection, d’auto-sélection et de déclaration, les auteurs montrent que la hausse de l’abstention enregistrée au cours de la séquence électorale 2017 – réelle mais contenue à la présidentielle, spectaculaire pour les législatives – n’est pas porteuse d’un processus d’égalisation des citoyens devant le vote. Au contraire, les inégalités socio-démographiques de participation n’ont fait que s’accroître au cours de la dernière décennie. Elles sont en premier lieu la conséquence des inégalités de scolarisation. La pertinence du modèle sociologique d’explication de la participation s’en trouve largement confirmée. Building on the Voter Turnout Survey 2017 conducted by Insee, and consequently based on data integrity out of selection bias, self-selection or declaration, the authors show that the increase of abstention during the 2017 election cycle – real but relatively contained for the presidential election, dramatic for the parliamentary elections – doesn’t lead to an equal voting process for all the citizens. On the contrary, the socio-demographic inequalities in participation have continued to rise during the last decade. There are first the result of inequalities in education. The continued relevance of the sociological model explaining the participation has been broadly confirmed.

  • Marie Cartier, Anaïs Collet, Estelle Czerny, Pierre Gilbert, Marie-Hélène Lechien et Sylvie Monchatre, « Pourquoi les parents préfèrent-ils la crèche ? Les représentations hiérarchisées des modes de garde professionnels », Revue française des affaires sociales, n°2, 2017 - p. 247-264.
    Résumé : Dans un contexte de montée de la bi-activité des conjoints, la question du choix du mode de garde se pose de façon aiguë pour les parents de jeunes enfants. Or, bien que l’offre de garde en crèche soit moins répandue que celle par les assistantes maternelles, les parents manifestent un rejet assez net de ces dernières et leur accordent moins spontanément leur confiance. À partir d’une enquête par entretiens auprès de 32 couples, l’article interroge les raisons de cette disqualification persistante des assistantes maternelles, en soulignant les différenciations sociales de ce jugement selon la position des parents et la pente de leur trajectoire, et également selon le genre. Si les parents des classes supérieures tendent à écarter le recours aux assistantes maternelles dans le cadre de ce qui s’apparente à une présomption d’incompétence de classe, les parents des classes moyennes et populaires expriment quant à eux des attentes éducatives et socialisatrices différenciées, inspirées de la « culture psy », d’une réinterprétation scolaire de l’éveil de l’enfant et d’un attachement à la crèche comme préparation à l’école maternelle exigeant des enfants discipline et autonomie. Ces attentes se doublent, dans les couples de classes populaires interviewés, de la crainte de confier leurs enfants à des femmes incontrôlables, soupçonnées d’échapper aux contraintes de l’emploi salarié. The choice of childcare is an acute question for parents of young children in a context of rising numbers of two-parent working families. Although the availability of crèche-based childcare is less widespread than the availability of childminders, parents show a fairly clear rejection of the latter and award them their trust less spontaneously. Based on a study of interviews with 32 couples, the article examines the reasons for this persistent disqualification of childminders, emphasizing the social differentiation of this judgment according to gender as well as to the parents’ social position and evolution. While upper-class parents tend to exclude the use of childminders in a manner resembling a presumption of class-related incompetence, middle and working-class parents express differentiated educational and socializing expectations inspired by a cultural interest in psychology, an academic reinterpretation of early learning, and an attachment to the crèche as a preparation for kindergarten that instils discipline and autonomy in children. These expectations are compounded in the working-class couples interviewed by a fear of entrusting their children to women who cannot be controlled and who they suspect operate outside the restrictions imposed upon employees.

  • Vanessa Codaccioni, « La pathologisation de l’activisme radical », Genèses, n°107, 2017 - p. 10-31.
    Résumé : L’article, qui s’appuie sur le dépouillement d’archives d’une juridiction d’exception, la Cour de sûreté de l’État, vise à comprendre la systématisation du recours à l’expertise psychiatrique dans le cadre de la répression des « ennemis publics ». Il essaie dès lors d’en dégager les conditions de possibilité, en insistant sur le bouleversement des logiques répressives induit par la création d’un nouveau tribunal spécialisé dans le jugement des crimes et des délits politiques. Ce faisant, il éclaire aussi les modalités de résistance à cette pratique, inédite par sa banalisation, et la manière dont elle peut être détournée par les militants. Il s’agit surtout de montrer en quoi l’expertise psychiatrique participe d’une pathologisation du militantisme radical, par des procédés complémentaires d’anormalisation/normalisation des illégalismes commis ; et, plus généralement, comment elle favorise le long processus de dépolitisation des crimes et des délits. The article, which is based on research in the archives of the French State Security Court (a court of special jurisdiction), seeks to understand the process through which recourse to psychiatric expertise became systematic in the suppression of “public enemies.” It then turns to discerning its conditions of possibility, stressing the disruptive impact that the creation of a new tribunal specialized in ruling on political crimes and misdemeanors had on repressive approaches. In so doing, it also sheds light on ways of resisting this new practice as it became commonplace, and how it can be appropriated by activists. It ultimately demonstrates how psychiatric expertise contributes to the pathologization of radical activism through the complementary procedures of abnormalization/normalization of the committed illegal acts, and, more generally, how such expertise favors the gradual process of depoliticizing crimes and misdemeanors.

  • Baptiste Coulmont, « Le petit peuple des sociologues. Anonymes et pseudonymes dans la sociologie française. », Genèses, n°107, 2017 - p. 153-175.
    Résumé : Alors que l’usage des prénoms pour faire référence aux personnes enquêtées était inexistant en 1960, un travail d’objectivation quantitative portant sur un large corpus de textes sociologiques établit qu’un tiers des articles y font recours aujourd’hui. Cette forme d’écriture a quatre justifications : elle permet de saisir l’enquêté comme le personnage d’un récit, d’indiquer son origine sociale, de se positionner théoriquement, et aussi de retranscrire certains modes d’interpellation pendant l’enquête. Si cette volonté de singularisation semble présider au choix du prénom, l’enquête révèle que les enquêtés recevant un prénom sont surtout des membres des classes populaires ou des enfants – un petit peuple.

  • Claire Ducournau et Karim Hammou, « Production et réceptions d’un classique », Biens symboliques / Symbolic Goods, n°1, 15 octobre 2017 - en ligne : http://revue.biens-symboliques.net/122 (Consulté le 2 décembre 2017) - (Introduction de la table ronde: Relire <i>Le Savant et le Populaire</i> de Claude Grignon et Jean-Claude Passeron (Seuil, 1989).

  • Sibylle Gollac, « Le genre caché de la propriété dans la France contemporaine », Cahiers du Genre, n°62, 2017 - p. 43-59.
    Résumé : Cet article étudie le genre du droit de propriété à partir des difficultés rencontrées dans l’analyse statistique des inégalités de patrimoine entre hommes et femmes, liées aux sources, qui saisissent le patrimoine des ménages ou des foyers fiscaux et non des individus, mais aussi aux formes juridiques collectives de propriété. Or, après reconstitution de patrimoines individuels, la richesse des femmes s’avère inférieure à celle des hommes. On constate en outre que les femmes ne détiennent pas les mêmes droits sur la richesse que les hommes : elles sont plus souvent propriétaires de biens sans en avoir les droits de gestion. Enfin, à droit de propriété formellement égal, leur position dans les rapports de domination entre propriétaires d’un même bien limite leur pouvoir sur le patrimoine.

  • Everett C. Hughes, « La Gleichschaltung de l'annuaire statistique allemand. Un cas de neutralité professionnelle »traduit par Baptiste Coulmont, , Zilsel, vol.1, n°1, 2017 - p. 295-308.
    Résumé : C’est le même ingénieur, dit-on, qui s’est occupé des eaux de Paris avant, pendant et après la Révolution. Les architectes des grandes cathédrales du Moyen Âge ont durablement gravé dans la pierre leurs caricatures d’évêques et de saints. Certaines professions semblent avoir plus que d’autres la licence d’être détachées politiquement ou idéologiquement ; elles sont plus libres d’entretenir d’autres...

  • Frédérique Leblanc, « Être commerçant dans l’Est parisien, une opportunité pour « gentrifieur » », Ethnologie française, n°165, 2017 - p. 87-98.
    Résumé : À la faveur de la gentrification de l’est de Paris, se sont installés des commerçants indépendants que leur activité antérieure ou leur niveau de diplôme situait dans la partie cultivée des classes moyennes. L’article montre que, loin de représenter pour eux un déclassement, cette nouvelle situation professionnelle est une modalité particulière d’appropriation de la ville et un moyen de mettre en scène leurs propriétés sociales et leur mode de vie. La présence de ces nouveaux commerçants renforce le processus de gentrification.

  • Dominique Memmi, « Care, stigmatisation sociale et femmes : un lien inexorable ? Ou : quand le cadavre se dissout dans le « relationnel » », Sociétés contemporaines, n°105, 2017 - p. 5-29.
    Résumé : Le lien entre care, stigmatisation sociale et femmes est-il inexorable ? Et si non, à quelles conditions ? La dévalorisation relative des métiers (voire des simples activités sociales) où prédominent les femmes d'une part, le care d'autre part, est assez générale dans nos sociétés. On travaillera ici la relation entre ces trois éléments à partir d'un objet où ils sont ­ et plutôt se trouvaient il y a peu ­ complètement absents : le métier d'infirmier en chambre mortuaire. L'investigation de ce rapport permet quelques constats. On apprend d'abord que parier sur le care dans un métier peut s'avérer une stratégie payante. La « féminisation » d'une profession peut ensuite s'avérer, elle aussi, avantageuse : il faut pour le comprendre s'émanciper de raisonnements déterministes et naturalisants. Mais dans ces deux cas, la réussite suppose d'exigeantes conditions.

  • Virgílio Borges Pereira et Yasmine Siblot, « Comparer les classes populaires en France et au Portugal », Actes de la recherche en sciences sociales, n°219, 2017 - p. 56-79.
    Résumé : Cet article vise à expliciter les difficultés rencontrées lors de la comparaison entre des travaux portant sur les classes populaires en France, et sur les mondes ouvriers au Portugal, tout en soulignant le caractère fructueux d’une telle confrontation intellectuelle. Les travaux discutés démontrent bien dans les deux cas la pertinence de l’analyse des positions et rapports de classe pour comprendre les inégalités sociales. Cependant, et la structure des espaces sociaux et la manière de définir les classes et de les identifier empiriquement ne sont pas identiques. D’un côté, la structure des emplois, le poids respectif de l’industrie et du monde rural, les politiques de scolarisation, la place de l’État ou encore les pratiques migratoires diffèrent. De l’autre, des formes de catégorisation distinctes sont mobilisées pour penser le monde social. C’est particulièrement manifeste en ce qui concerne les classes populaires. Alors que la sociologie française opère un élargissement progressif depuis la sociologie de la classe ouvrière vers la sociologie des classes populaires, tendant à rapprocher dans les analyses les mondes ouvriers et employés, ces deux univers sociaux demeurent largement séparés dans la sociologie portugaise.

  • Camille Peugny, « Loin des urnes. L’exclusion politique des classes populaires », Métropolitiques, 23 mars 2017 - en ligne : http://www.metropolitiques.eu/Loin-des-urnes-L-exclusion.html (Consulté le 27 mars 2017).
    Résumé : À l’approche des scrutins présidentiels et parlementaires, la question de l’égalité d’accès au vote est de nouveau posée. En mesurant de façon exhaustive les différentes formes de non-participation électorale (nationalité, non-inscription et abstention), Camille Peugny met au jour l’ampleur de l’exclusion politique qui touche les classes populaires et souligne le rôle des collectifs de travail dans leur inégale politisation.

  • Nicolas Robette et Olivier Roueff, « L’espace contemporain des goûts culturels. Homologies structurales entre domaines de pratiques et entre classes sociales », Sociologie, vol.8, n°4, 2017 - p. 369-394.
    Résumé : Cet article vise deux objectifs. D’une part, il s’agit de tester statistiquement l’hypothèse des homologies structurales. Dans La Distinction, les graphiques globaux (Bourdieu, 1979, pp. 140‑141) étaient réalisés à la main à partir de plusieurs analyses partielles (de Saint‑Martin, 2013, pp. 29‑44). Or, grâce à l’enquête Pratiques culturelles des Français menée en 2008 par le ministère de la Culture et grâce à l’analyse factorielle de tableaux multiples (AFM), il est ici possible d’observer la morphologie de quatre espaces de goûts culturels différents (télévision, musique, cinéma, livre), ainsi que celle des espaces gustatifs spécifiques aux classes bourgeoises, intermédiaires et populaires, afin d’évaluer méthodiquement si leurs principes structurants respectifs sont similaires et d’interpréter les éventuelles variations observées. D’autre part, l’objectivation statistique actualise au passage les descriptions de La Distinction, qui concernent essentiellement les années 1960. Elle permet aussi de remettre à l’agenda l’interprétation du « milieu » de l’espace social en établissant qu’il existe de nombreuses raisons, pour une modalité de goût, de se situer dans la région médiane de l’espace social. Tout concourt ici à remettre en cause la possibilité d’objectiver statistiquement un univers de goûts qui serait spécifique aux classes dites « moyennes ».

  • Olivier Roueff, « Elite Delights: The Structure of Art Gallery Networks in India », South Asia Multidisciplinary Academic Journal, n°15, 2017 - en ligne : http://samaj.revues.org/4271 (Consulté le 19 mai 2017).
    Résumé : In recent years, researchers have expressed renewed interest in the visual arts, which can be seen as one of the main providers of upper-class symbolic goods and status signals for cultural elites. India has not yet been included in that body of work. Although important insights do exist on India, a systematic empirical inquiry has yet to be made. The present article offers a step in that direction, through the statistical analysis of 101 Indian galleries and the 4,249 artists they present in their catalogs. Does the way galleries share artists reveal specific characteristics about the Indian art world? Is the usual opposition between “commercial” and “artistic” galleries relevant for contemporary India? What are the roles of auctions and international fairs? Do Indian galleries prefer representing artists, or storing and exhibiting their works? What insights do their strategies and hierarchies offer about the cultural standards of Indian elites? This article offers a typology of Indian art galleries based on a network analysis (blockmodeling). It reveals a hierarchized system, the weight of the auction market, and a strong economic and aesthetic boundary between international experimental art and national modern art.

  • Séverine Sofio, « Les marchands de couleurs au XIXe e siècle, artisans ou experts ? (Paris, Tours) », Ethnologie française, n°165, 2017 - p. 75-86.
    Résumé : Après un bref historique de la catégorie des marchands de couleurs, issue d’une branche de la corporation des épiciers et apparue en tant que telle à la fin du xviiisiècle à Paris, on s’intéresse, dans cet article, à leurs rapports avec les artistes et les amateurs d’art de l’Empire jusqu’à la Troisième République à Paris. On propose ensuite une typologie de ces commerçants à la fois artisans et détaillants, en fonction des produits et services qu’ils proposent, et des clientèles qu’ils visent. Enfin, une étude cartographique de leurs différentes implantations à Paris et à Tours révèle les transformations de ce commerce dans la capitale et en province au cours du siècle.
23 mai 2017


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