Imprimer

Articles

 


  • Lorenzo Barrault-Stella et Clémentine Berjaud, « Political practices from the sidelines: A qualitative approach to political ambivalence in contemporary working-class youth in France », French Politics, vol.13, n°3, 2015 - p. 221-240.
    Résumé : As a supplement to the classic works of electoral studies, this article investigates the relationships to politics and vote of working-class youth from the Parisian banlieues on the basis of a qualitative field study conducted during the 2012 presidential campaign. In doing so it addresses the general question of why and how a population that is usually seen as disconnected from politics votes anyway. We show that disinterest in politics does not equate to dispossession. Internal divides within the working class, elliptic appropriations, personal references and everyday life all contribute to the construction of opinions that translate into electoral positions. Finally, this article constitutes a methodological contribution to electoral sociology in addition to quantitative works.

  • Lorenzo Barrault-Stella et Cécile Hess, « Sur quelques techniques enseignantes du maintien de l’ordre. Ethnographie du travail de conformation au sein d’un collège populaire », Education et sociétés, n°36, 2015 - p. 103-117.
    Résumé : À partir d’une enquête ethnographique, le travail institutionnel de conformation des élèves difficiles mis en œuvre par les enseignants dans un collège populaire urbain en France est analysé. Le recours à la sociologie politique des institutions vise à saisir les techniques par lesquelles les enseignants tentent de (r)établir de l’ordre et de rendre les élèves conformes aux attentes de l’institution, notamment ceux des milieux populaires régulièrement considérés comme les plus déviants. Il permet aussi d’observer comment les professionnels de l’école et leurs publics ajustent chacun leur rôle en situation et négocient leur autonomie dans un environnement fortement marqué et normé par le politique, éclairant au passage quelques mécanismes étatiques d’encadrement des classes populaires dans l’institution scolaire.

  • Céline Bessière et Sibylle Gollac, « Des exploitations agricoles au travers de l'épreuve du divorce. Rapports sociaux de classe et de sexe dans l'agriculture », Sociétés contemporaines, n°96, 2015 - p. 77-108.
    Résumé : L’augmentation des séparations conjugales touche toutes les catégories socioprofessionnelles, y compris les agriculteurs. Cet article s’appuie sur un corpus d’une vingtaine de dossiers judiciaires de divorces impliquant un agriculteur ou une agricultrice entre 2009 et 2011. Il examine les modalités selon lesquelles les exploitations agricoles résistent (ou non) au divorce. L’analyse se concentre sur les disparités entre agriculteurs. Les dossiers judiciaires de divorce témoignent de l’existence de groupes sociaux d’agriculteurs inégalement dotés en capitaux économiques, culturels et sociaux, au sein desquels les séparations conjugales n’ont pas les mêmes conséquences. L’article met également en lumière le fait que l’institution judiciaire ne reconnaît pas la contribution économique (productive ou aujourd’hui de plus en plus souvent financière) des femmes dans les exploitations agricoles. Ainsi, la perpétuation de la domination masculine, selon des modalités renouvelées, participe à la reproduction de rapports de classe dans l’agriculture.

  • Xavier Bry, Nicolas Robette et Olivier Roueff, « A dialogue of the deaf in the statistical theater? Adressing structural effects within a geometric data analysis framework », Quality & Quantity. International Journal of Methodology, vol.50, n°3, 2015 - p. 1009-1020.
    Résumé : Since their introduction in the late 1960s, the “moderate”, and moreover “metrological” and “hypermetrological” uses of regression models quickly became the dominant quantitative approach in the Anglo-Saxon social sciences. This “sociology of the variables” has been the subject of many critical insights, with little impact on its dominance. By contrast, the French situation is quite different, mainly because of the strong association between Pierre Bourdieu’s research program and the correspondence analysis methods. In this context, the relationship between geometric data analysis and regression models has turned into a “dialogue of the deaf”. Complementarity is sometimes emphasized, correspondence analysis being associated with exploration and description of the data, and regressions being used to explain, reject or confirm assumptions. But regression models may also be used in order to analyze structural effects within a framework of geometrical data analysis, e.g. by visualizing graphically the results of a regression (Rouanet et al. in Math Sci Hum 160:13–46, 2002; Lebaron 2013). We propose a new multi-step approach, “Standardized Factor Analysis”, which relies on geometric analysis and uses linear regression in a second stage in order to uncover structural effects in the original space. We illustrate it with data about tastes for cinema in France. We conclude by raising a more general set of questions about causality: social determinisms, even well established, are partial in the sense that they produce their effects only when associated with each other.

  • Coline Cardi et Geneviève Pruvost, « Thinking Women’s Violence »traduit par Will Bishop, Sylvia Schafer, , History of the Present, vol.5, n°2, 2015 - en ligne : http://www.jstor.org/stable/10.5406/historypresent.5.2.0200 (Consulté le 24 octobre 2016) - 200-216 p.
    Résumé : Exhuming, denaturalizing, historicizing, and politicizing women's violence implicitly means pointing out something fundamentally unthought that undergirds a major share of the research on violence. Such studies tend to consider only masculine forms of violence and relegate the minority participation of women to the margins without noting the gendered dimension of the categories in use. The task before us, then, is not only to qualify the minimal participation of women by showing their more active role, but also to interrogate the social order that undergirds the assignation of women to the position of "a-violence," not to be confused with the political position of nonviolence . . .

  • Vanessa Codaccioni, « Justice populaire et mimétisme judiciaire. Les maoïstes dans et hors la cour de sûreté de l’État », Droit et société, n°89, 2015 - p. 17-33.
    Résumé : À travers les usages politiques de la forme procès par les membres de la Gauche prolétarienne au début des années 1970, cet article interroge les liens entre mimétisme judiciaire et justice populaire. Il met en évidence la difficile dialectique entre lutte anti-judiciaire et appel à la justice du peuple, et analyse le caractère indépassable du procès pour les opposants réprimés. Plus généralement, en se focalisant sur les récupérations militantes de l’appareil juridictionnel existant (les procès politiques et les tribunaux populaires), il s’agit ici de rendre compte de la fascination exercée par la Justice sur ceux qui veulent se réapproprier le monopole de la violence physique étatique, et l’utiliser pour punir ceux épargnés par la loi et, au-delà, créer un nouvel État.

  • Sylvie Contrepois, « Deindustrialisation, regeneration, mobilisation…and human drama in capitalist economies », Labor History, vol.56, n°1, 2015 - p. 83-88 - (Review Symposium).

  • Baptiste Coulmont, « Églises africaines à l’affiche à Paris », Afrique contemporaine, n°252, 2015 - p. 138-139.
    Résumé : Depuis le début des années 2000, des affiches pour des événements organisés par des pasteurs d’Églises africaines ou caribéennes inondent les quartiers africains de Paris et de sa banlieue. Deux cents ont pu être recueillies dans le quartier de Château Rouge, à Paris, entre 2008 et 2011. Leur ressemblance est frappante : elles semblent suivre une formule graphique et sémantique qui se prête rapidement à l’analyse quantitative.

  • Sibylle Gollac et Cédric Hugrée, « Avoir trente ans dans le secteur public en 1982 et en 2002 les transformations d’une filière de promotion sociale par le diplôme », Revue française d'administration publique, n°153, 2015 - p. 23-43.
    Résumé : Dans la poursuite des réflexions sur les clivages générationnels en matière d’accès au salariat qualifié, cet article propose de comparer les caractéristiques des trentenaires salariés du public et du privé entre 1982 et 2002 en termes d’origine sociale, de sexe et de diplômes. Dans un premier temps, on interroge les conséquences de la contraction indéniable de l’emploi public qualifié pour cette classe d’âge, en matière d’accès des femmes et des enfants des classes populaires à ce secteur d’emploi. Dans un second temps l’examen des destinées professionnelles des trentenaires salariés du public et du privé révèle deux mouvements paradoxaux : d’une part, en 2002 plus qu’en 1982, les trajectoires sociales observées dans le public sont plus favorables pour les femmes et les enfants des classes populaires que celles observées dans le privé ; de l’autre pourtant, le secteur public, en raison de sa contraction, a perdu son rôle de promoteur social des jeunes diplômés issus de ces groupes sociaux.

  • Cédric Hugrée, « De « bons » élèves ? Comment décroche-t-on une licence à l’université », Regards croisés sur l'économie, n°16, 2015 - p. 51-68.
    Résumé : En matière d’inégalités scolaires, l’université française des années 2010 n’est déjà plus exactement celle du début des années 1990, au moment de la seconde explosion scolaire. Les nouveaux pourfendeurs de la sélection à l’entrée de l’université s’alarment notamment que les bacheliers généraux « fuient » les premiers cycles universitaires. À partir des premiers traitements des données du Panel de suivi des élèves entrés en sixième en 1995, cet article entend décrire les parcours scolaires et sociaux des étudiants titulaires d’une licence depuis leur entrée au collège. Finalement, loin de révéler une baisse généralisée du niveau scolaire des titulaires d’une licence au début des années 2000, ces premières données quantitatives montrent que la configuration universitaire actuelle est désormais marquée par la cohabitation de plus en plus prolongée de parcours scolaires opposés au sein de nombreuses filières et des licences universitaires.

  • Cédric Hugrée et Laure de Verdalle, « Incontournables statuts. "Fonctionnaires" et "indépendants" à l’épreuve des catégorisations ordinaires du monde social », Sociologie du Travail, vol.57, n°2, 2015 - p. 200-229.
    Résumé : Résumé Depuis les années 1990, la nomenclature française des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS), outil historique de description quantitative des inégalités entre les groupes sociaux, apparaît fragilisée par un ensemble de critiques. Parmi celles-ci, l’hypothèse d’une baisse de la pertinence du statut est avancée. L’objet de ce texte est donc de mettre le statut à l’épreuve, en tant qu’il constitue un élément de catégorisation du monde social. Inspirée d’une expérience méthodologique conduite par Luc Boltanski et Laurent Thévenot au début des années 1980, notre démarche s’intéresse aux catégorisations ordinaires du monde social. Elle a consisté à soumettre à 547 enquêtés un jeu de 33 cartes représentant des salariés (sur contrats de durée déterminée ou indéterminée), des travailleurs indépendants (à leur compte ou employeurs), ainsi que des fonctionnaires ou assimilés, et à leur demander de constituer des groupes de cartes. Les classements effectués confirment la centralité du statut en montrant que l’indépendance et la fonction publique constituent en France deux pôles incontournables de représentation de l’espace social.

  • Cédric Hugrée, Etienne Penissat et Alexis Spire, « The Distinctive Features of Public Sector in Europe : A Comparative Study Based on the Social Morphology of Wage Earners », Comparative Sociology, vol.14, n°2, 2015 - p. 252 – 273.
    Résumé : This article aims to point out that there are still substantial differences between public and private workers. Using the Eurostat Statistical classification of economic activities in the European Community, we define the public workers as those who are employed in Administration, Health and Education. The measure of targeted jobs is provided by the Labour Force Survey ( lfs) which is a large sample survey among private households. By following this approach, we can present several significant results. In every European country, public workers have an average aggregate employment tenure higher than private workers, a higher proportion of women and a higher proportion of high skilled workers. Beyond these global differences, we point out that the divide between public and private sector is differently shaped, according to the country and to the social status.

  • Cédric Hugrée, Etienne Penissat et Alexis Spire, « Les différences entre salariés du public et du privé après le tournant managérial des États en Europe », Revue Française de Sociologie, vol.56, n°1, 2015 - p. 47-73.
    Résumé : Cet article revient sur les travaux abordant le clivage public-privé à l’échelle européenne, dans les années 1990-2000, en concentrant l’attention sur quatre pays : l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et la Suède. Au-delà des spécificités juridiques et historiques propres à chacun de ces pays, l’objectif ici est de mettre en lumière les différentes façons de prendre en compte l’importance du secteur d’emploi dans l’analyse des hiérarchies sociales. Dans de nombreuses recherches menées à un niveau national, l’opposition entre secteurs public et privé est une dimension importante qui gagne à être articulée à une analyse en termes de classes sociales. En dépit des réformes managériales des États en Europe, le fait de travailler au service de la collectivité induit encore aujourd’hui un ensemble de spécificités : un rapport particulier à l’État, à l’intérêt général ou encore à la chose publique, perceptible dans des pratiques culturelles, syndicales et politiques.

  • Michel Joubert et Chantal Mougin, « Vulnérabilités sociales et engagement associatif. Enjeux d'une démarche d'action communautaire sur un quartier précarisé », Annales de la recherche urbaine, n°110, 2015 - p. 18-33.
    Résumé : Analyse d'une démarche associative engagée dans une cité de Seine-Saint-Denis particulièrement touchée par la précarité : axée au départ sur le terrain du soutien scolaire, son action s'étend progressivement aux besoins d'insertion, de loisirs et de convivialité. Au travers d'une approche innovante de l'accueil et de l'écoute, elle développe des actions de médiation, de soutien aux familles, d'insertion des jeunes, de promotion de la santé, de prévention des conduites à risque, ainsi que des activités de loisirs, le tout dans une approche soucieuse de développer les liens et échanges interculturels. Derrière cette diversité, les intervenants effectuent un travail de fond au sein de la communauté centré sur la valorisation des ressources et des capacités d'agir des personnes (reconnaissance, empowerment). Nous avons cherché à comprendre auprès d'eux les ressorts des actions visant à réduire de cette manière les vulnérabilités sociales, ainsi que les valeurs portées par les interventions. Les écarts créés par cette manière de travailler laissent entrevoir les contours de voies alternatives pour l'action sociale.

  • Nicolas Jounin, Fatine Ahmadouchi, Yasmina Kettal, Nina Krumnow, Alice Mimoun et Laëtitia Mokrani, « Le faciès du contrôle: Contrôles d’identité, apparence et modes de vie des étudiant(e)s en Île-de-France », Déviance et Société, vol.39, n°1, 2015 - p. 3-29.
    Résumé : Cet article interroge les modalités des contrôles d’identité menés par les forces de l’ordre et notamment la sélection qui y préside, à partir d’une enquête par questionnaire auprès d’étudiants. Le look et le sexe ont des liens significatifs avec la probabilité d’avoir été contrôlé au moins une fois. La race présente également un lien significatif lorsqu’on opère un contrôle par des variables indiquant des pratiques de transport et de loisir. Au-delà de cette disparité, on voit apparaître des écarts, voire la formation d’une « clientèle policière », à travers la répétition et la manière dont se déroulent les contrôles.

  • Camille Peugny, « Pour une prise en compte des clivages au sein des classes populaires », Revue française de science politique, vol.65, n°5, 2015 - p. 735-759.
    Résumé : Cet article met en évidence l’hétérogénéité du rapport à la politique des classes populaires. Grâce aux données de l’enquête Participation électorale 2012 de l’Insee et aux quatre premières vagues de l’European Social Survey, deux dimensions de la participation politique des employés et des ouvriers sont questionnées : la participation électorale lors des scrutins présidentiel et législatif de 2012, ainsi qu’une dimension plus subjective, renvoyant à la capacité de se saisir des questions politiques. Des variations importantes sont mises en évidence entre les différentes catégories d’employés et d’ouvriers qui ne peuvent pas uniquement être imputées à l’effet des variables socio-démographiques habituelles. La position très détériorée des employés des services à la personne conduit à insister sur l’importance des collectifs de travail dans la structuration du rapport au politique.

  • Séverine Sofio, « "Toutes les directions sont incertaines et combattues" : les peintres, les critiques et l’imposition de la bataille romantique », Sociétés et représentations, n°40, 2015 - p. 163-182.
    Résumé : Dans les années 1820-1830, la critique devient une pratique non seulement légitime, au carrefour des espaces artistique, littéraire, politique et journalistique, mais aussi relativement homogène dans les formes qu’elle prend, dans le profil de ceux qui la pratiquent ou dans ses supports. C’est aussi le moment où l’on voit à l’œuvre, pour la première fois, son extraordinaire force de prescription. On revient ainsi dans cet article sur les évolutions croisées des espaces journalistique, littéraire et artistique qui ont fait converger, temporairement, les intérêts d’une génération de critiques et de peintres dans le contexte d’un monde de l’art déboussolé par la fin de l’École de David. Pour rendre lisibles les enjeux du Salon, les critiques, issus de l’espace littéraire, ont importé dans le domaine des beaux-arts la grille de lecture de la « bataille romantique » et imposé ainsi une lecture binaire des controverses qui structurent alors le monde de la peinture. La fortune critique de cette dialectique « classique versus romantique » dans l’appréhension de l’art de cette période est telle qu’elle a durablement marqué l’histoire de l’art et fonctionne encore parfaitement aujourd’hui.


 
26 février 2018



^