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Articles

 


  • Lorenzo Barrault-Stella, « Produire un retrait de l’État acceptable. Les politiques de fermetures scolaires dans les mondes ruraux contemporains », Gouvernement et action publique, n°3, 2016 - p. 33–58.
    Résumé : Cet article étudie les politiques contemporaines de fermetures scolaires dans les mondes ruraux dans le cadre de la réforme de l’État en France. Basée sur des entretiens, des rapports, des statistiques et des observations lors d’une analyse localisée, l’enquête menée aux niveaux national et local souligne les perspectives de rationalisation budgétaire et organisationnelle au principe de la restriction du service public d’enseignement du premier degré. La restitution conjointe des oppositions politiques nationales, du travail ministériel, de l’élaboration de l’offre scolaire au sein des administrations locales et des négociations avec les syndicats enseignants et les élus locaux éclaire la manière dont ces réformes impliquant un retrait de l’État éducateur sont rendues acceptables.

  • Lorenzo Barrault-Stella, « Jugar con la acción pública educativa. Los usos sociales del mapa escolar en Francia », Sudamérica : Revista de Ciencias Sociales, vol.1, n°4, 2016 - p. 95-113.
    Résumé : El presente artículo aborda un instrumento de la política educativa, el mapa escolar, y los usos que los actores, básicamente familias, instancias administrativas y autoridades políticas, hacen de él.  Se subraya la existencia de múltiples juegos institucionales y sociales a los que da lugar el mapa escolar. A pesar de su fuerza propia, este instrumento aparece como relativamente flexible tanto para los agentes públicos como para las familias, dado que puede ser objeto de acondicionamientos, autoriza situaciones que no son alcanzadas por la norma, y permite arreglos negociados caso por caso. El análisis del instrumento mapa escolar desde el punto de vista de sus usos institucionales y sociales, es decir, por medio de la observación de las distintas maneras en que los actores (agentes públicos y usuarios) se lo apropian (o no), permite actualizar ciertas estructuras relacionales de la acción pública educativa. Las diferentes maneras de relacionarse con el instrumento, así como las luchas en torno a su definición y sus usos, señalan las tensiones y las relaciones de fuerza de este sector de intervención pública. En última instancia, lo que se revela es la existencia de una pluralidad de mapas escolares determinados por contextos y relaciones entre actores.

  • Lorenzo Barrault-Stella, Sandrine Garcia et Anne-Élise Vélu, « Faire preuve de sa spécificité pour se maintenir. Le travail d’entretien du territoire professionnel des rééducateurs de l’Éducation nationale (2007-2015) », Sociologie du Travail, vol.58, n°3, 2016 - p. 296-317.
    Résumé : Résumé Fondé sur des archives, des entretiens et des enquêtes ethnographiques dans plusieurs écoles, cet article analyse les modalités par lesquelles un groupe professionnel peu connu, les rééducateurs de l’Éducation nationale (appelés « maîtres G » et chargés d’accompagner les élèves en difficulté d’apprentissage), défend une expertise spécifique et entretient son territoire dans la période contemporaine. Entre 2007 et 2012, la profession voit sa juridiction menacée politiquement par un projet visant à supprimer cette fonction, dans un contexte de concurrence exacerbée avec d’autres professionnels de la lutte contre l’échec scolaire. Les rééducateurs se défendent à travers leur organisation nationale, la Fédération nationale des associations des rééducateurs de l’Éducation nationale (FNAREN), et obtiennent une extension de leurs prérogatives à la faveur de l’alternance politique de 2012. Mais c’est surtout à travers leurs pratiques professionnelles quotidiennes qu’ils mettent en œuvre un important travail d’inférence, visant à prouver la singularité de leur expertise (à mi-chemin entre celle des enseignants « ordinaires » et celle des psychologues) et l’efficacité de leurs traitements. L’observation de situations de travail, de la constitution de leurs clientèles et de leurs relations avec les autres professionnels de la lutte contre l’échec scolaire avec lesquels ils sont en concurrence potentielle, permet de souligner la manière dont ils entretiennent en acte la juridiction du groupe, son crédit et sa légitimité en mettant en avant leur spécificité professionnelle. Abstract Drawing on archives, interviews and ethnographic surveys in several schools, this paper seeks to analyse the methods whereby a little-known professional group — remedial teachers within France's national education system (also known as ‘G masters’) — continues to maintain its specific expertise and professional territory. Over the period 2007-2012, the profession saw its jurisdiction and its existence come under political threat, in a context of fierce competition with other professionals dedicated to addressing educational failure. Defending their interests through their national organisation (FNAREN), remedial teachers eventually succeeded in maintaining their prerogatives as a result of the change of government in 2012. However, it was essentially through their day-to-day practices in schools that they managed to maintain status, by seeking to demonstrate the exclusivity of their expertise (half-way between ‘ordinary’ teachers and psychologists) and the effectiveness of their solutions. Observing their work in situ, how they build their clientele within schools and their tangible relationships with other professionals also involved in combating educational failure, with whom they are potentially in competition, highlights the way in which they maintain the jurisdiction, credibility and legitimacy of their activity, by emphasising their own professional specificity.

  • Lorenzo Barrault-Stella et Nazli Nozarian, « La mobilisation d’étudiants dans une enquête autour de bureaux de vote », Pôle Sud, Revue de science politique de l’Europe méridionale, n°44, 2016 - p. 21-34.
    Résumé : Cet article vise à partager une expérience collective de passation de questionnaires sortie d’urnes associant des étudiants et prenant place au sein d’une enquête ethnographique relative aux inégalités de politisation. Pointant de manière réflexive les intérêts et les limites de ce type de démarche de production de matériaux quantitatifs de première main, le texte ouvre la boîte noire de la « cuisine empirique », en abordant concrètement les modalités de construction d’un collectif d’étudiants en vue de la passation de QSU lors des trois scrutins des élections municipales et européennes de 2014 en France. Ce partage peu commun de quelques « ficelles » et savoir-faire en matière d’investigations autour de bureaux de vote s’inscrit dans les réflexions collectives sur la fabrique de matériaux d’enquête fiables dans le contexte contemporain de faible financement de la recherche.

  • Céline Bessière, Sibylle Gollac et Muriel Mille, « Féminisation de la magistrature : quel est le problème ? », Travail, genre et sociétés, n°36, 2016 - p. 175-180.
    Résumé : Alors que les femmes n’ont accédé à la fonction de magistrate qu’en 1946, elles représentent aujourd’hui 60 % des juges en poste et constituent 80 % des promotions de l’École nationale de la magistrature. Anne Boigeol a montré combien cette féminisation rapide d’une profession des classes supérieures a suscité de fortes résistances en son sein. Dans les années 1950, les rapports des jurys de concours,...
  • Vanessa Codaccioni, « La place de l’autorité judiciaire dans l’antiterrorisme : des juridictions politiques à l’avènement d’une justice d’exception policière et administrative », Les cahiers de la justice, n°3, 2016 - p. 549-557.

  • Vanessa Codaccioni, « Au cœur de la généalogie de l’antiterrorisme, une juridiction d’exception : la cour de sûreté de l’Etat », Archives de politique criminelle, n°38, 2016 - p. 47-58.

  • Baptiste Coulmont, « Des prénoms qui ont du chien. Le partage des prénoms entre hommes et chiens. », Annales de démographie historique, n°1, 2016 - p. 151-170.
    Résumé : À partir d’informations individuelles concernant un peu plus de 10 millions de chiens nés entre 1970 et 2012, cet article explore la nomination canine. En France, les « prénoms » donnés aux chiens sont à première vue bien différents de ceux qui sont donnés aux humains et semblent suivre des règles propres. Mais, dans de très nombreux cas, les prénoms donnés aux chiens et aux humains sont similaires, et quand les chiens reçoivent des prénoms humains, ils sont à la mode chez les chiens avant de l’être chez les humains : si frontières symboliques et frontières sociales il y a entre espèces, la « zone frontalière » n’est pas un « no man’s land », mais plutôt un « “dog-and-man’s” land ».

  • Pierre Fournier, Cédric Lomba et Séverin Muller, « Enquêter en milieu rétif. L’industrie pharmaceutique sous observation collective », ethnographiques.org, n°32, 2016 - en ligne : http://www.ethnographiques.org/2016/Fournier,Lomba,Muller (Consulté le 24 octobre 2016) - (Enquêtes collectives).
    Résumé : Si l'enquête collective propose un espace de confrontation de points de vue sur un même objet, elle recèle aussi des vertus pour aborder des institutions complexes et peu ouvertes à la recherche ethnographique. En témoigne une recherche sur l'industrie du médicament qui a mobilisé une dizaine de sociologues, économistes et historiens. La division du travail a permis de surmonter les refus d'enquête et de trouver de nouvelles voies d'investigation, ainsi que de tenir l'objectif d'une connaissance empirique précisément fondée sur un objet complexe. Au-delà, deux types de comparatisme ont été ouverts par la pratique collective de l'enquête. Interne au secteur pharmaceutique tout d'abord, par l'accès des différents chercheurs à des terrains distincts, mis en correspondance. Externe ensuite, par la mobilisation de chercheurs apportant chacun la connaissance préalable d'un univers ayant une parenté ponctuelle avec la pharmacie. L'article interroge enfin l'écriture que la forme collective a favorisée pour saisir comment elle répond aux attendus épistémologiques de l'enquête ethnographique et aux modalités d'évaluation individuelle de la recherche., Investigating in a hostile environment. The pharmaceutical industry under collective observation. While collective investigation offers an opportunity to compare viewpoints on a single object, it can also result in ways to approach complex institutions that are not very open to ethnographic research. This research project on the pharmaceutical industry, which involved ten sociologists, economists and historians, attests to the obstacles involved. The division of work made it possible to overcome access denied to the field and to find new means of enquiry, as well as to keep up with the objective of gaining precise empirical knowledge of a complex object. In addition, collective work paved the way to two forms of comparison : internal comparisons within the pharmaceutical sector, since different researchers had access to distinct fields of enquiry which could then be contrasted ; and external comparisons, as each researcher involved brought knowledge of another sector that shared some characteristics with the pharmaceutical industry. Finally, the article examines the type of writing that was favored by collective work in order to understand how it meets both the epistemological requirements of ethnographic enquiry, and the individual assessment of research.

  • Karim Hammou, « Mainstreaming French rap music. Commodification and artistic legitimation of othered cultural goods », Poetics, vol.59, 2016 - p. 67-81.
    Résumé : By analysing the changes in the commodification of French rap music in the 1990s and 2000s, this paper presents artistic legitimation as a conflict-ridden social process in which for-profit companies plays a crucial role. In the first section, I describe how French rap music is commodified through various paths of commodification (aesthetic, oppositional and mainstream) and their interplay over time. Some of these paths rely on the framing of rap music as a cultural good associated with minority groups, and are key in the first steps toward a legitimation of French rap music as an art form. In the second section, I show how resource mobilisation is an active driver for the artistic delegitimation of French rap music. In the context of market competition, the status of rap music as an “othered” cultural good offers significant opportunities for devaluation. This case study helps to pinpoint how cultural goods may achieve an ambivalent artistic legitimation based on false consensus, which I distinguish from both full-fledged artistic legitimacy and utter artistic illegitimacy.

  • Cédric Hugrée, « Les sciences sociales face à la mobilité sociale », Politix, n°114, 2016 - p. 47-72.
    Résumé : Ce texte revient sur deux débats centraux dans les travaux sur la mobilité sociale des dernières années : celui discutant des déclassements des générations les plus récentes et celui interrogeant les échelles d’observation des parcours sociaux entre parents et enfants. Dans un premier temps, l’analyse des destins de la cohorte 1975 conduit à nuancer l’idée d’une banalisation des déclassements de génération en génération et de groupes sociaux en groupes sociaux. On montre notamment que si les enfants des classes moyennes et supérieures nés au milieu des années 1970 connaissent une érosion réelle mais limitée de leurs perspectives, les enfants des classes populaires connaissent de meilleurs destins que ceux estimés, par Louis Chauvel, il y a près de 15 ans. Dans un second temps, le texte revient sur l’intérêt d’une table détaillée de mobilité sociale pour changer l’échelle d’objectivation des déplacements sociaux entre parents et enfants. Cette approche s’avère particulièrement riche pour observer les déplacements de faible amplitude et pour interroger certaines modalités spécifiques de reproduction sociale. On défend finalement l’idée que ce n’est pas tant la mobilité observée, mais bien la mobilité détaillée qui est sans doute « la plus proche de l’expérience sensible qu’ont les individus des phénomènes de mobilités ». Ainsi, loin de fermer la porte à la connaissance ethnographique ou qualitative des déplacements sociaux, ces premiers résultats issus d’exploitations secondaires de grandes enquêtes de la statistique publique les sollicitent et favorisent en retour l’identification de cas, si chers au raisonnement ethnographique.

  • Louise Langevin, Anne-Marie Devreux et Coline Cardi, « The Regulation of Gender in the Co-Existence of Levels of Law: Conversations between Europe and Canada », Canadian Journal of Women and the Law, vol.28, n°3, 2016 - en ligne : http://utpjournals.press/doi/10.3138/cjwl.28.3.i (Consulté le 31 janvier 2017) - i-viii p.

  • Sébastien Lemerle, « Trois formes contemporaines de biologisation du social », Socio. Sociétés, idéologies, système mondial, n°6, 2016 - p. 81-95.
    Résumé : Depuis la seconde moitié des années 1960, ont réapparu dans l’espace public des points de vue sur le culturel et le social inspirés par les sciences biologiques à destination d’un public de plus en plus large. Cet article propose une typologie des différentes formes de « biologisation » existant aujourd’hui dans le cadre français.

  • Sébastien Lemerle et Carole Reynaud-Paligot, « Causalisme et contextualisation : sur les usages de la biologie par les sciences sociales », Revue européenne des sciences sociales, 54-1, 2016 - p. 159-182.
    Résumé : L’articulation des sciences de la vie aux sciences sociales est une question qui n’a cessé de susciter interrogations et débats durant la dernière décennie. À partir de quatre exemples (neurosciences sociales, naturalisme social, épidémiologie des représentations et génétique comportementale), l’article traite du type de dialogue existant de nos jours entre ces deux champs de connaissance. Il aborde ensuite deux questions paraissant concentrer les principaux problèmes : celle des régimes de causalité en vigueur dans les deux approches et celle de la relation entre facteurs biologiques et « contexte » social. Enfin, il montre que ces débats n’épuisent pas toute de la réflexion que les sciences sociales doivent mener au sujet du bio-naturalisme, qu’il soit théorique ou appliqué.

  • Audrey Mariette et Laure Pitti, « Médecin de première ligne dans un quartier populaire », Revue Agone, n°58, 2016 - p. 51-72.
    Résumé : « Dans les études en médecine, c'était très classique comme formation, comme mode de pensée, très normatif. Mais il y avait quand même une minorité qui était ouverte à ces problématiques : aller soigner les gens dans les quartiers populaires. Il y a eu plus tard une autre tendance, mais là, c'était une génération de jeunes qui ont plus été attirés par le profil à la Kouchner, d'un médecin qui va vers le Tiers-Monde et qui joue au médecin humaniste qui soigne les populations dans les pays en développement. Nous, on n'était pas là-dedans, c'était le mouvement d'avant, qui était d'aller vers les ouvriers, en fait, la démarche de 68 d'aller dans les quartiers difficiles et de faire une médecine différente, avec très vite un questionnement sur les pratiques. »

  • Dominique Memmi, « Une discrète naturalisation de la maternité : le for intérieur féminin face aux aléas de la reproduction », Sociologie, vol.7, n°4, 7 décembre 2016 - p. 413-422.
    Résumé : Le milieu du xx e  siècle a vu la généralisation autour de pratiques jusque‑là interdites ou impossibles (avortement, contraception, procréation médicalement assistée, changement de sexe) ou dans des lieux où l’autorité traditionnelle s’était vue fortement contestée (école, famille) d’un nouveau gouvernement des conduites « par la parole ». Une décennie après en avoir fait le constat et la théorie (Memmi, 2003), que peut‑on dire aujourd’hui de ce dispositif, en ce qui concerne tout au moins, l’administration du début de la vie ? Trois constats sont à faire. Ce dispositif a plutôt continué à étendre son empire. Il a continué à délaisser certaines de ses cibles potentielles. Il a enfin révélé une de ses significations profondes : la naturalisation de la vocation féminine à la maternité doit désormais passer par d’autres voies que par le passé. Lesquelles ?
  • Camille Peugny, « Opfert Frankreich seine Jugend ? Eine Bestandsaufnahme », Aus Politik und Zeitgeschichte, n°48, 2016 - p. 19-23.

  • Yves Sintomer, « Les futurs de la démocratie au XXIe siècle », Raison publique, n°20, 2016 - p. 175-191.
    Résumé : Le siècle qui a commencé est marqué par un paradoxe politique. D’un côté, la démocratie apparaît comme un régime plus attrayant que jamais pour les peuples qui en sont privés. Les révolutions arabes s’inscrivent dans une série qui a vu nombre de dictatures s’effondrer. L’Europe du Sud, l’Amérique latine, l’Europe de l’Est, une partie de l’Afrique et de l’Asie ont ainsi adopté au moins formellement...


 
26 février 2018



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