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Ouvrages

 

Frédérique Leblanc, Patricia Sorel (dir.) Histoire de la librairie française, Paris, Electre Éditions du Cercle de la librairie, 2008. (Direction de la partie « La librairie : nouveaux concurrents, nouvelles formes de commerce (1945-2007) » - p. 245-670 - Sommaire)

La sociologie des groupes professionnels est au fondement de la construction du plan et du choix des différents articles de cette seconde partie.
« La période de l’après la Seconde Guerre mondiale est marquée par la nécessité d’une adaptation continue à un monde extrêmement mouvant : changements économiques et juridiques, bouillonnement des idées, évolution des publics, innovations techniques. Dès la fin de la guerre, après une période de relance, la librairie s’engage dans une phase de croissance. Pour autant, celle-ci ne profite pas exclusivement aux libraires qui doivent rapidement apprendre à partager le marché avec divers acteurs – clubs de livre, grandes surfaces…. En effet, les premières répercussions du baby-boom, comme de l’augmentation de la durée de la scolarité, se traduisent par des besoins et des attentes renouvelées et diversifiées des clients, en termes d’offre comme de service et d’accueil. La librairie est aussi traversée par les grands débats de société qui marquent cette période, et nombre de libraires y prennent une part active. Pour s’adapter aux mutations en cours, le système de fixation des prix des livres change trois fois en 35 ans. Mais c’est 1981 qui fait date en ce domaine, avec le vote de la loi décrétant le prix unique du livre. Ses répercussions sur la couverture de l’ensemble du territoire des points de vente de taille et de nature très divers est incontestable, même si ses effets marquent aujourd’hui le pas. Ses effets sont aussi bien réels sur les relations du libraire avec l’ensemble de la filière comme avec sa clientèle dont les attentes évoluent encore, influencées en cela par l’émergence de nouveaux médias et pratiques culturelles. L’implication de certains libraires dans les enjeux culturel et politique change également de nature. Cette période est enfin marquée par des innovations qui traversent l’ensemble des activités professionnelles et sociales de cette fin du XXe siècle : l’outil informatique puis l’arrivée de l’internet modifient le travail des libraires, comme leurs relations avec l’amont de la filière et les clients. De 1945 à 2007, l’offre et les pratiques de vente se sont donc profondément transformées, et les éléments de structuration du métier comme la façon de l’exercer ont été remodelés. De même, la place de la librairie dans la chaîne du livre a évolué après 1981 sans pour autant remettre fondamentalement en cause les équilibres. On assiste désormais à la coexistence de divers modes d’accès aux livres qui se partagent le marché. De 1945 à 2007 le commerce de livres a connu de tels bouleversements – condamnant à la disparition les libraires les plus réfractaires aux changements – que la librairie de 1945 ressemble davantage à celle de 1900 qu’à celle de 2007 » (…)
Patricia Sorel & Frédérique Leblanc, « Introduction »

23 avril 2016


Frédérique Leblanc

Maîtresse de conférences à l’Université Paris Ouest-Nanterre
Cresppa-CSU
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