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Soutenance de thèse


Camille François

Camille François, « Déloger le peuple. L’État et l’administration des expulsions locatives », thèse pour le doctorat de sociologie à l’Université Paris 8, sous la direction de Sylvie Tissot.

mercredi 22 novembre 2017 à partir de 15h00, Site Pouchet du CNRS, salle de conférences, 59 rue Pouchet, 75 017 Paris - plan d’accès

Résumé :
Chaque année, près de 165 000 ménages locataires sont assignés au tribunal par leurs propriétaires dans le cadre d’une procédure d’expulsion pour dette locative, soit plus de 1% des ménages résidant dans le parc locatif de France métropolitaine. Fondée sur une enquête statistique et ethnographique menée dans un département populaire de région parisienne, cette thèse restitue les inégalités de trajectoire d’un échantillon de locataires en procédure d’expulsion, en lien avec l’activité des institutions publiques chargées de recouvrir leurs créances et d’administrer ce contentieux : commissions de travail social liées au droit au logement, tribunaux d’instance, bureau des expulsions de la préfecture et commissariats de police. Elle met tout d’abord en lumière les conditions et la rationalité économiques spécifiques qui conduisent un nombre important de ménages populaires à suspendre le paiement du loyer plutôt que de recourir à d’autres circuits d’endettement. La thèse analyse ensuite les dispositifs de recouvrement et les usages du droit que mobilisent les propriétaires afin de recouvrir et de sanctionner les créances locatives, et le traitement que réserve l’institution judiciaire à leurs demandes et aux locataires indisciplinés. Elle étudie enfin les logiques régaliennes de l’autorisation administrative et de l’exécution, par les agents de l’État et les acteurs publics locaux, du concours de la force publique à l’encontre des ménages condamnés par le tribunal et se refusant à quitter leur logement. En définitive, la thèse analyse l’endettement locatif comme une transaction à crédit particulière, dont les dispositifs de recouvrement et de sanction coercitive font apparaître la violence légitime de l’État comme une instance nécessaire à la reproduction du marché du logement, de ses normes économiques comme des inégalités de statuts résidentiels qui le structurent.

Composition du jury :
- M. Stéphane BEAUD, Professeur de sociologie, Université de Poitiers
- Mme Claire LEMERCIER, Directrice de recherche CNRS, CSO
- Mme Hélène MICHEL, Professeure de sciences politiques, Université de Strasbourg, rapporteure
- M. Gilles PINSON, Professeur de sciences politiques, IEP de Bordeaux
- M. Alexis SPIRE, Directeur de recherche CNRS, IRIS, rapporteur
- Mme Sylvie TISSOT, Professeure de sciences politiques, Université Paris 8, directrice de thèse


15 novembre 2017

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