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Les Éditions du Seuil : pratiques éditoriales en littérature et sciences humaines depuis 1980

Argumentaire du colloque

À l’heure où la concurrence des géants du numérique représente un défi majeur pour l’édition, ce colloque sera l’occasion de revenir sur l’évolution du positionnement d’une maison emblématique dans l’espace éditorial français, afin d’analyser les continuités, les ruptures et les lignes de force de ses pratiques éditoriales. Pour mettre en perspective cette évolution dans un contexte de mutation du monde de l’édition, le parti pris est de faire dialoguer plusieurs acteurs de la maison (directeurs.trices, éditeurs.trices, auteur.e.s…) avec des chercheur.e.s spécialisé.e.s en histoire de l’édition, en sciences humaines ou en littérature. Il s’agira de proposer une vision d’ensemble des transformations qui ont pu affecter les lignes éditoriales des collections depuis les années 80-90 jusqu’à nos jours.

Fondées en 1935 et dirigées pendant plus de quarante ans par Jean Bardet et Paul Flamand, les éditions du Seuil sont restées indépendantes jusqu’en 2004. La maison parvient à s’imposer comme le « plus jeune des grands » éditeurs dans les années 1950 puis, à la fin des années 1970, à rejoindre les confrères installés, Gallimard et Grasset, dans le trio des prétendants aux prix littéraires, le fameux « GalliGraSeuil ». Le Seuil est parvenu à concilier rigueur éditoriale et dynamisme commercial, littératures pour un large public (collection Cadre rouge), attention innovante aux littératures étrangères (collection Cadre Vert, principalement animée par Anne Freyer) et avant-garde esthétique (Tel Quel, Change), intérêt pour les mutations du monde (proximités avec Esprit, avec les collections Histoire immédiate de Simonne et Jean Lacouture, Combats de Claude Durand puis L’épreuve des faits d’Hervé Hamon et Patrick Rotman, ou encore avec Science ouverte) et pour les sciences de l’homme les plus avancées (les séries inventées par François Wahl qu’il animera, entre autres, avec Jacques Lacan, Paul Ricœur, Gérard Genette, Nicolas Ruwet, Françoise Choay…). Cette forte présence se poursuit dans les années 1980 sous la présidence très active de Michel Chodkiewicz, qui parvient à réinventer le Seuil après le départ des fondateurs puis, à compter de 1990 avec Claude Cherki, dont le mandat consistera à accentuer encore le développement commercial de la maison avec une diffusion-distribution renforcée, tout comme à poursuivre son développement éditorial (avec notamment le Seuil jeunesse de Jacques Binsztok). À des titres divers, les collections La Couleur des idées (Jean-Pierre Dupuy, Jean-Luc Giribone, Olivier Mongin), La Librairie du XXe siècle (Maurice Olender), Libre Examen (OlivierBétourné), Liber (Pierre Bourdieu) ou Économie Humaine (Jacques Généreux), affichent de nouvelles orientations pour le Seuil. Les littératures pour tous les publics sont largement explorées avec le Cadre rouge et le Cadre vert, Fiction & Cie de Denis Roche (fondée en 1974, puis reprise en 2004 par Bernard Comment) et les nouveaux alliés que sont depuis 1991 L’Olivier animé par Olivier Cohen puis, de 2000 à 2005, Verticales (Bernard Wallet, Yves Pagès et Jeanne Guyon).

Le milieu des années 2000 marque indéniablement un changement de paradigme : les actionnaires historiques du Seuil, emmenés par Claude Cherki, cèdent le Seuil au groupe fondé et dirigé par Hervé de la Martinière. La vente soulève des interrogations, la greffe est longue à prendre et le périmètre de l’entreprise est redéfini par le nouveau patron. Après plusieurs changements de direction, le Seuil déménage en 2010 puis se relancera sous la présidence d’Olivier Bétourné, de retour dans la maison qui l’avait vu découvrir le métier d’éditeur. En 2017, le Seuil passe sous le contrôle de Média- Participations. Le label est aujourd’hui dirigé par Hugues Jallon dont le travail à la tête des Éditions La Découverte est reconnu.

Alors que le catalogue du Seuil comporte plus de 16 000 titres et que la maison publie 350 nouveautés par an dans des secteurs très divers, la littérature et les sciences humaines continuent à cohabiter au sein d’un très grand nombre de collections prestigieuses. Les conditions du renouvellement d’une ligne éditoriale aussi ancienne se posent. La standardisation croissante des biens culturels et les nouvelles logiques de marketing confrontent les éditeurs à un risque d’uniformisation de leur production. Comment les changements du paysage éditorial ont-ils pu modifier les pratiques des acteurs et influencer leurs choix de publication ? Comment le Seuil a-t-il pu s’adapter à ces transformations et garder un cap dans ce contexte ?

Le colloque sera exclusivement centré sur le Seuil et sur la place de la littérature et des sciences humaines dans une maison d’édition pluraliste (nous laissons de côté volontairement les autres secteurs de poids développés dans les années 90, policier, jeunesse…, ainsi que les filiales). Les interventions de professionnel.le.s de l’édition et de chercheur.e.s auront pour ambition de questionner plusieurs axes :

  • Les pratiques éditoriales en sciences humaines : quelles sont les conditions de production des ouvrages en sciences humaines et sociales au Seuil ces quarante dernières années ? De quelle manière la maison accueille-t-elle encore le débat d’idées ? À l’heure d’une croissance inédite du volume de production, de la médiatisation accrue de quelques écrivains au détriment de la plupart, et de la course aux prix, que demeure-t-il de l’effervescence intellectuelle et des débats virulents qui animèrent l’histoire du Seuil des années 1960 aux années 1980 ? Que devient cette part du catalogue ? Comment s’est-elle renouvelée ?
  • Les pratiques éditoriales en littérature française, francophone et étrangère : sur quels critères repose la sélection des manuscrits publiés ? Sur le plan de l’écriture, quels aspects formels et esthétiques orientent les choix éditoriaux ? Quelles suggestions de transformation des manuscrits peuvent être proposées par les éditeurs ? Dans une période de mutation des processus de légitimation des écrivains, comment les éditeurs peuvent-ils préserver et enrichir le capital symbolique de collections littéraires, de plus en plus soumises à des impératifs économiques ?
  • Les circulations entre littérature et sciences humaines et sociales : seront aussi privilégiées les communications croisant ces disciplines. Après le tournant des avant-gardes formalistes dans les années 70, le retour au réel, à la catégorie du sujet, mais aussi à l’histoire, engagé par la littérature contemporaine, génère de multiples circulations entre les disciplines. On pourra explorer notamment les configurations novatrices par lesquelles les sciences humaines et sociales s’invitent dans les textes littéraires publiés au Seuil : comment certains ouvrages, s’inspirant par exemple de faits sociaux, inscrivent-ils en leur sein la reprise de l’histoire, de la sociologie, de l’anthropologie ou de la psychologie sociale dans des textes littéraires ? Quels écarts ou quels rapprochements la littérature contemporaine opère-t-elle avec les travaux scientifiques des historiens ou des sociologues ?


Les archives éditoriales dans le monde francophone


Séminaire exceptionnel animée par Anthony Glinoer (Université de Sherbrooke)
- Intervenant.e.s : André Derval (IMEC), François Vallotton (Université de Lausanne) et Josée Vincent (Université de Sherbrooke)

Le séminaire est lié à un programme du Groupe de recherches et d’études sur le livre au Québec de l’Université de Sherbrooke, qui vise à encourager dans la francophonie du Nord l’acquisition, la conservation (physique et numérique) et la valorisation des archives éditoriales, ainsi que l’analyse des documents d’archives des éditeurs. Le projet est dirigé par Anthony Glinoer.

- https://www.usherbrooke.ca/grelq/la-recherche/projets-en-cours/les-archives-editoriales-dans-la-francophonie/


Fête de la science 2017

Samedi 7 octobre à 15h, site Pouchet du CNRS, salle de conférences

Tirage au sort et démocratie participative : de l’Antiquité à nos jours
- Présentation des recherches sur le Klèrôtèrion et démonstration de son utilisation, par Liliane Rabatel et Nicolas Bresch, chercheurs à l’IRAA (Institut de Recherche sur l’Architecture Antique).
- Mise en perspectives des utilisations du tirage au sort de l’antiquité à aujourd’hui, par Yves Sintomer, Senior de l’Institut Universitaire de France, professeur de science politique à l’Université Paris 8, chercheur au Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris (Cresppa-CSU)

Vendredi 13 octobre à 19h30, Paris, Mairie du XVIIème

Que fait le Genre aux Sciences ?
- « Sexe et genre : quel dialogue entre les sciences ? », Anne-Marie Devreux, sociologue, directrice de recherche au CNRS, Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, équipe Cultures et Sociétés Urbaines (Cresppa-CSU)
- « Féminisme et savoirs aux XIXe-XXe siècles », Florence Rochefort, historienne, spécialiste d’histoire des féminismes, chargée de recherche au CNRS, Groupe Sociétés Religions et Laïcités (GSRL).
- « Quand le genre aide à comprendre le stress », Marie-Pierre Moisan, neurobiologiste, directrice de recherche à l’INRA, laboratoire NutrINeurO.
- « Pourquoi n’y a-t-il pas eu de rappeuse star en France depuis Diam’s ? », Karim Hammou, sociologue, Chargé de recherche au CNRS, Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, équipe Cultures et Sociétés Urbaines (Cresppa-CSU)

Samedi 14 octobre à 14h, Maison des Métallos, Paris, XIème

La politisation des classes populaires
Séance animée par Amélie Beaumont, Doctorante à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, avec :
- Philippe Durand, comédien et auteur de la pièce 1336, parole de Fralibs,
- Paul Boulland, docteur en histoire, chercheur au Centre d’Histoire sociale du 20e siècle du CNRS (CHS),
- Yasmine Siblot, professeure de sociologie à l’université Paris 8, Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, équipe Cultures et Sociétés Urbaines (Cresppa-CSU)
- Raphaël Challier, doctorant en sociologie à l’université Paris-8 Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, équipe Genre, Travail, Mobilités (Cresppa-GTM)
- Gérard Mauger, sociologue, directeur de recherche émérite CNRS au Centre européen de sociologie et de science politique (Cessp-CSE).


Exotisme musical et Atlantique noir.

L’exotisme marque les productions musicales dont les racines sont définies comme éloignées de la culture européenne. La notion d’exotisme fait référence à l’intérêt entretenu par le sujet d’une énonciation pour quelque chose qui lui serait extérieur, en même temps qu’elle suppose la séparation – spatiale et / ou temporelle – entre ce sujet (le plus souvent européen) et l’objet de son goût (posé comme radicalement autre). Ce « goût des choses des Autres » (De l’Estoile 2007) prend une forme particulière au XIXe siècle sous l’influence des idéologies de la nation et du progrès. Il est perceptible tout au long du XXe et du XXIe siècles, et dans un contexte de mondialisation, plusieurs productions musicales liées à des groupes minoritaires, du jazz au rap en passant par la samba ou la Música Popular Brasileira (MPB) se voient définies comme exotiques à mesure qu’elles sont situées en rupture avec les normes d’une légitimité culturelle musicale souvent implicite.
Cette journée d’étude vise à faire entrer en dialogue une série de travaux en sociologie, en anthropologie et en histoire interrogeant les relations entre musique et exotisme au cours du XXe siècle. La France, le Brésil, les États-Unis ont la part belle dans les travaux qui seront présentés. Néanmoins, plutôt que de définir un ou plusieurs pays comme objet, nous prendrons comme point de départ la proposition formulée par Paul Gilroy (2010 [1993] : 34) : « considérer l’Atlantique comme un objet d’analyse un et complexe, et développer sur cette base une perspective explicitement interculturelle et transnationale ». En examinant des circulations musicales transatlantiques, nous proposons de mettre en discussion l’exotisme associé à la « prise du rythme pulsé (afro-)américain » (Roueff 2013 : 36 ; Fléchet 2013), et ses renouvellements des régionalismes et nationalismes musicaux de l’après-guerre (Vieira 2014) aux imaginaires du minoritaire au tournant du XXIe siècle (Hammou 2012).

- De l’Estoile Benoît, 2007, Le Goût des Autres, Flammarion.
- Fléchet Anaïs, 2013, Si tu vas à Rio… La musique populaire brésilienne en France au XXe siècle, Armand Colin.
- Gilroy Paul, 2010 [1993], L’Atlantique noir, Éditions Amsterdam.
- Hammou Karim, 2012, Une histoire du rap en France, La Découverte.
- Roueff Olivier, 2013, Jazz, les échelles du plaisir, La Dispute.
- Vieira dos Santos Daniela, 2014, As Representações de Nação nas Canções de Chico Buarque e Caetano Veloso : do nacional-popular à mundialização, IFCH, Unicamp.


Illustration : Extrait du planisphère de Nicolas Deslien, 1566. Source : Gallica


Colloque international « Pensées critiques du genre : travail, corps, nation »

Le colloque international « Pensées critiques du genre : travail, corps, nation » a pour but de présenter le vaste panorama des recherches effectuées sur le genre au Cresppa, en dialogue avec celles menées ailleurs. Notamment, étant donné la polémique autour de « la théorie du genre », qui a commencé en 2011, il nous a semblé nécessaire de donner un aperçu de la richesse des thèmes regroupés sous l’appellation « études de genre ». Ces études et ces théories interrogent en effet de multiples façons les rapports sociaux de sexe ou le genre, autrement dit, la production et la hiérarchisation des genres dans des contextes historiques et géographiques divers et dans leur enchevêtrement à d’autres structures sociales et politiques.

Le colloque sera organisé en deux journées qui seront introduites par une soirée d’ouverture la veille. Il se déroulera sur le site Pouchet du CNRS. Mercredi 17 mai 2017 une projection du court-métrage An Alphabet of Feeling Bad, réalisé par l’artiste Karin Michalski avec la participation de la chercheuse Ann Cvetkovich, sera suivie d’un débat avec l’une et l’autre..

Les deux journées de colloque sont organisées en quatre demi-journées thématiques qui représentent chacune un thème de l’axe transversal du Cresppa « genre et rapports sociaux de sexe ».


- 1/ Épistémologies et théories féministes
- 2/ Travail et professions, carrières
- 3/ Corps, normes et sexualités
- 4/ Culture, nation et colonialité du pouvoir

Programme détaillé

Mercredi 17 mai 2017


14h30 : Ouverture du colloque, Annick Allaigre, présidente de Paris 8 Vincennes Saint-Denis (sous réserve) ; Jean-François Balaudé, président de Paris Nanterre (sous réserve) ; Carole Brugeilles, directrice du Cresppa-GTM et co-organisatrice du colloque ; Hervé Serry, directeur du Cresppa.

15h30 : Conférence de Françoise Vergès (FMSH) : Le ventre des femmes. Analyse d’une gestion par le patriarcat d’État et le capitalisme.
17h : Projection du film The Alphabet of Feeling Bad.
HD, 13 min., D 2012 de Karin Michalski (Réalisatrice, Berlin, Allemagne) avec Ann Cvetkovich (University of Texas, Austin, USA) en leur présence
17h30 : Conférence d’Ann Cvetkovich (Université du Texas, Austin, USA) : Feeling Bad Now : The Current State of Political Depression.
- Modération : Cornelia Möser (GTM-CNRS)

18h30-20 h : Buffet

Jeudi 18 mai 2017

9h30-13 h Productions féministes de savoirs
9h30-11 h : Phénoménologies féministes
Hourya Bentouhami (ESPE, Université Toulouse 2–Le Mirail) : Phénoménologie politique du voile.
Sylvia Duverger (Labtop-Paris 8) : Le genre de la phénoménologie de l’éros (Levinas).
Alia Al-Saji (Université McGill, Montréal, Canada) : Englué dans l’image : une phénoménologie de la
racialisation au travers des œuvres d’art.
Modération : Eleni Varikas (GTM-Paris 8)

11h30-13 h : Savoirs et disciplines : L’apport de la critique féministe
Fatiha Talahite (GTM-CNRS) : Critiques féministes de la rationalité économique.
Eve Gianoncelli (GTM-Paris 8) : Disciplines et indiscipline chez Viola Klein, pionnière de la sociologie du genre et féministe.
Artemisa Flores Espinola (CSU-Paris 8) : Apports des épistémologies et méthodologies féministes à la production de savoirs et à l’interdisciplinarité.
- Modération : Anne-Marie Devreux (CSU-CNRS)

14h30-18h Sexualités, corps, normes
14h 30-16h : Corps, normes et socialisations sexuées
Sophie Vignon (GTM-Paris 8) : Neutralisation du féminin et du masculin chez les manadières et les gardianes dans la tauromachie camarguaise.
Marie Mengotti (GTM-Paris 10) : Education à la sexualité : transmission des normes liées au corps, aux relations sociales et au rapport à la connaissance dans les manuels de SVT du collège.
Lamia Yousfi (GTM-Paris 10) : Représentations autour du corps, pratiques sexuelles et avortements chez les femmes algériennes en France.
- Modération : Catherine Louveau (GTM-Université Paris Sud, IEC)

16h30-18h : Sexualité, indicateur de modernité
Salima Amari (GTM-Paris 8) : Les lesbiennes d’origine maghrébine peuvent-elles parler ?
Cornelia Möser (GTM-CNRS) : Révolution, libération, émancipation. La sexualité dans la pensée féministe en France, en Allemagne et aux USA depuis 1960.
Manuela Picq (Amherst College, Massachussetts, USA) : Natively Queer : homosexualités indigènes qui défient les récits de la modernité sexuelle.
- Modération : Jean-Raphael Bourge (Labtop-Paris 8)

18h30-20h Table ronde : L’actualité des mobilisations avec et contre le "genre"
Avec Emmanuelle Yvert (ENS, Labtop-Paris 8), Camille Masclet (Université de Lausanne, CSU-Paris 8), Étienne Lefort (CSU-Paris 8) et David Paternotte (ULB)
- Modération : Marie Perrin (CSU-Paris 8)


Vendredi 19 mai 2017


9h30-13h Décloisonner le travail
Modération : Helena Hirata (GTM-CNRS)

9h30-11h : Première partie
Aurélie Jeantet (GTM-Paris 3), Haude Rivoal (GTM-Paris 8) : Etanchéifier le travail par la mise à distance des émotions, des femmes et de la vie privée.
Abigail Bourguignon (EHESS/EHESP, CESSP-CSE et CRAPE-Arènes), Sibylle Gollac (CSU-CNRS), Muriel Mille (PRINTEMPS-UVSQ) : Le genre de la valeur du travail. Quand les juges et les avocat-e-s font les comptes aux affaires familiales.
- Discutante : Danièle Kergoat (GTM-CNRS)

11h15-13h : Deuxième partie
Alice Romerio (Labtop-Paris 8) : « Les financeurs nous attendent au tournant ! ». Les enjeux politiques des frontières bénévolat/salariat, militantisme/professionnalisme dans la reconnaissance du travail féministe au Planning familial.
Leila Boufraioua (GTM-Paris 10) : La transition études-emploi à Sidi Ifni (Maroc) : entre conservatisme et convergence des trajectoires genrées.
Régine Bercot (GTM-Paris 8) : Le devenir des femmes en chirurgie : la diversité des mondes de socialisation.
- Discutante : Catherine Marry (Centre Maurice Halbwachs)

14h30-18h Le genre dans la construction de la nation et ses avatars

14h30-16h : Genre, migration et crises
Glenda Andrade (GTM-Paris 8) : les dynamiques du genre dans l’exil : Le cas de réfugiées Syriennes dans l’espace urbain en Jordanie.
Marija Pavicevic (GTM-Paris 8) : Femmes et jeunes filles réfugiées en Serbie.
Somayeh Rostampour (GTM-Paris 10) : L’impact du mouvement nationaliste sur l’émergence des féminismes non-occidentaux.
- Discutante : Jane Freedman (GTM-Paris 8)

16h30-18h : Genre et colonialité du pouvoir
Karima Ramdani (GTM-Paris 8) : Des « sabirs » politiques. Les Françaises musulmanes et leurs mobilisations politiques en France après 2004.
Malek Bouyahia (GTM-Paris 8) : L’usage des maux dans la fabrique d’une colonialité genrée.
Izadora Xavier (GTM-Paris 8) : « Race » et nationalité dans le discours des casques-bleus brésiliens en Haïti.
Franck Freitas (GTM-Paris 8) : « The Lady of Race »… Quand la déconstruction de la féminité éclaire la ligne de couleur.
- Discutante : Jamila M. H. Mascat (Université d’Utrecht)

18-20h : Pot de clôture


Colloque « Relation de service et intersectionnalité »

Jeudi 16 mars

9h – Accueil

9h15 – Introduction
Artemisa Flores Espinola (Université Paris-Sorbonne, Cresppa-CSU), Armelle Testenoire (DySoLab), Guillaume Tiffon (Université d’Evry-Val-d’Essonne, CPN), Hervé Serry (directeur du Cresppa)

9h30 – Conférence

  • Héléna Hirata (Cresppa-GTM) « Le travail du care entre public, privé et intime : une perspective intersectionnelle »

10h45 – Pause 

11h – Catégorisation dans le recrutement/stéréotypes de genre
Présidente de séance : Suzy Bossard (Université de Bretagne Occidentale, LABERS)
Discutante : Sophie Bernard (Université Paris Dauphine, IRISSO)

  • Yamina Meziani-Remichi (Université Bordeaux Segalen, Centre Emile Durkheim), Oumaya Hidri Neys (Université de Lille 2, URePSSS) « Il faut que ça colle ! Le recrutement des « adjoints administratifs » dans une collectivité territoriale »
  • Sébastien Bauvet (CMH) « Le renforcement des rapports sociaux par les mécanismes de l’emploi dans la sécurité privée »
  • Julien Debonneville (Université de Genève, Institut des études genre), Olivia Killias (Université de Zurich) « Maid in Asia » Regard ethnographique sur l’intersectionnalité dans le recrutement des travailleuses domestiques philippines et indonésiennes.

13h – Déjeuner

14h – Catégorisation des usagers
Présidente de séance : Danièle Kergoat (Cresppa-GTM)
Discutant : Gabriele Pinna (Cresppa-GTM)

  • Sabine Fortino (Université Paris Nanterre, Cresppa-GTM) « Des clients qui n’en valent pas la peine ? Intersectionnalité et relation de service dans le secteur public »
  • Céline Gabarro (Université Paris Diderot, Urmis) « Echapper à la relation de servitude en instaurant une relation d’aide. La réception des usagers de l’aide médicale d’Etat (AME) par les agents des caisses primaires d’assurance maladie »
  • Annalisa Tonarelli (Université de Florence) « Traiterez-vous comme ça votre femme ? ». Relation de service entre salariées de la cantine et ouvriers sidérurgique dans un contexte de crise industrielle en Italie.
  • Thibaut Menoux (ENS – CESSP) « Le carrefour doré des concierges d’hôtels de luxe. Intersectionnalité en situation d’asymétrie exacerbée »

16h – Pause

16h15 – Relation de service ou servitude ?
Présidente de séance : Rose-Myrlie Joseph (LCSP)
Discutante : Aurélie Jeantet (Cresppa-GTM)

  • François Aubry (Université du Québec en Outaouais), Frédérike Bergeron Vachon (Université du Québec en Outaouais), Yves Couturier (Université de Sherbrooke) « La sélection des préposés aux bénéficiaires au Québec : La « vocation » au croisement des dimensions de genre, de race et de classe »
  • Efhtymia Makridou (Université Paris 8, Cresppa-GTM) « Qui est le vulnérable ? Les relations complexes des employées avec les personnes âgées et leurs proches »
  • Claire Bodelet (EHESS, Cermes 3) « Drôles de prestations »
  • Colette Le Petitcorps (Institut de sciences sociales, Université de Lisbonne) « Reproduction et production des rapports sociaux dans les relations de service domestique à l’Ile Maurice »

18h15 – Cocktail

Vendredi 17 mars

9h30 – Syndicat/Conflit
Présidente de séance : Catherine Peyrard (Université de Rouen, DySoLab)
Discutant : Jean Pierre-Durand (Université d’Evry-Val-d’Essonne, CPN)

  • Sophie Béroud (Université Lyon 2, Triangle), Louis Boivin (Université du Québec en Outaouais), Catherine Vincent (IRES) « Faire grève dans une maison de retraite : un conflit imbriqué dans la relation de service et les rapports de pouvoir »
  • Mathieu Hocquelet (John F. Kennedy Institute, Freie Universität Berlin, CMH / CPN) « Grands syndicats des services nord-américains et organizing : de l’intersectionnalité des luttes à l’intersectionnalité dans la lutte ? »
  • Angelo Soares (Université de Québec à Montréal) « Violences dans les relations de service : l’apport de la consubstantialité des rapports sociaux au travail »

11h30 –Conférence

  • Nicky Le Feuvre (Université de Lausanne) « Les métiers ‘relationnels’ : enjeux méthodologiques et théoriques »

Conclusion


Journée d’étude du Cresppa « Le monde privé des ouvriers : lectures et pistes de recherche sur les mondes populaires » (vidéos en ligne)

L’objet de cette journée d’étude est de revenir sur l’ouvrage d’Olivier Schwartz Le monde privé des ouvriers paru en 1990 (Presses Universitaires de France, collection « Pratiques théoriques » ; aujourd’hui disponible dans sa 3e édition, « Quadrige », 2012).

Cette enquête ethnographique menée au début des années 1980 dans le Nord de la France est originale par son objet (les relations familiales au sein d’une cité HLM), sa démarche (une présence de longue durée sur le terrain d’enquête) et ses analyses (associant une anthropologie de la vie ouvrière dans un contexte de désindustrialisation, une sociologie des classes populaires, une sociologie des rapports sociaux de sexe et la mobilisation d’analyses de psychologie et de psychanalyse).

Cet ouvrage a connu un retentissement important dans les sciences sociales des mondes populaires et continue à être mobilisé par les nouvelles générations de chercheurs. C’est en ce sens qu’il mérite que l’on analyse précisément les propositions méthodologiques et théoriques qu’il recèle. Cette journée visera à souligner et à préciser les éléments importants de l’ouvrage qui permettent de penser les différenciations internes aux classes populaires.

Une partie des interventions auront ainsi pour ambition de discuter, de manière critique, les propositions qui émergent dans cet ouvrage et qui peuvent nourrir les recherches menées sur les classes sociales. D’autres interventions, de plus jeunes sociologues, souligneront les emprunts partiels qu’ils ont puisés dans cet ouvrage pour mener leur propre recherche. Une table ronde clôturera la journée et abordera prioritairement la question de la politisation des classes populaire et des conditions de possibilité de l’enquête ethnographique dans le contexte actuel de la recherche et de l’enseignement supérieur. La journée se déroulera en présence d’Olivier Schwartz.

- Contacts : nicolas.duvoux(at)univ-paris8.fr ; cedric.lomba(at)cnrs.fr

Voir les vidéos sur Canal U


Revoir l’introduction :


Ou toutes les interventions


Réalisation Thomas Guiffard (CNRS, UPS Pouchet)


Journées d’étude « Interroger l’institutionnalisation de l’espace de la cause des femmes. Dynamiques, enjeux, effets »

Jeudi 1er décembre 2016

10h // Accueil

10h15-10h30 // Introduction
Marie Perrin (Université Paris 8, Cresppa-CSU) et Alice Romerio (Université Paris 8, Cresppa-Labtop)

10h30-12h30 // Les mouvements féministes à l’épreuve de leur institutionnalisation
Marion Charpenel (CNRS, CMH) : « La mémoire collective féministe à l’épreuve de son institutionnalisation ».
Camille Masclet (Unil, Crapul – Université Paris 8, Cresppa-CSU) : « Diffusion ou institutionnalisation du féminisme ? L’espace de la cause des femmes au tournant des années 1980 ».
Discussion : Anne-Marie Devreux (CNRS, Cresppa-CSU)

14h-16h30 // Ce que l’institutionnalisation fait à la cause des femmes (1)
Mathias Thura (Cessp, DIM-GID) : « Entre contrôle, dépolitisation et effacement : la difficile émergence de la cause des femmes militaires dans les armées ».
Zoé Haller (Université de Rouen, Dysola) : « La cause des femmes dans le militantisme syndical. L’exemple du débat sur la parité au sein de la FSU ».
Clémentine Comer (Université Rennes 1, Crape) : « Séparer le bon grain de l’ivraie : l’institutionnalisation sélective de l’égalité professionnelle agricole ».
Discussion : Catherine Achin (Université Paris-Dauphine, Irisso)

16h30 // Cocktail

Vendredi 2 décembre 2016

10h-12h30 // Ce que l’institutionnalisation fait à la cause des femmes (2)
Auréline Cardoso (Université Toulouse 2, Certop-Sagesse) : « Travailler pour la cause des femmes : du bénévolat à l’emploi précaire ? ».
Virginie Dutoya (CNRS, CED) : « Consultantes, expertes et activistes : les enjeux de la professionnalisation de la cause des femmes en Inde ».
Cécile Talbot (Université Lille 2, Ceraps) : « La prise en compte de la "cause des femmes" au sein d’une collectivité locale : institutionnalisation de l’égalité ou instrumentalisation ? ».
Discussion : Alban Jacquemart (Université Paris-Dauphine, Irisso)

14h-16h30 // Les processus d’institutionnalisation
Lison Guignard (ENS Cachan, ISP) : « A l’intersection entre mouvement et institution. Enjeux, dynamiques et effets de l’institutionnalisation d’un espace régional de la cause des femmes ».
Blandine Lefierdebras (Université Rennes 2, association « Histoire du féminisme ») : « La création du centre rennais d’information des femmes : un processus progressif d’institutionnalisation ».
Ranime Alsheltawy (Université Paris-Dauphine, Irisso) : « "Organiser à distance" : Interroger l’ONGisation de la cause des femmes de ménage en Egypte sous l’angle du genre globalisé ».
Discussion : Ioana Cîrstocea (CNRS, Cessp-CSE)

16h30-17h // Conclusion
Laure Bereni (CNRS, CMH) et Soline Blanchard (Université de Lausanne, Laccus)


Colloque doctoral du Cresppa



Communications du 14 novembre

- 1. Axe « Conflits et Pouvoirs »
Camille François (Cresppa-CSU), Expulser : sociologie d’un travail préfectoral.
Izadora Xavier (Cresppa-GTM), Qui a le plus « gros humanitarisme » ? Comment les nations se font des soldats pour la paix.
Berrin Osmanoglu (Cresppa-LabToP), L’influence de la « proximité » au pouvoir sur les stratégies de compétition partisane en Turquie entre 1983 et 2002.



- 2. Axe « Savoirs et cultures »
Maria Patricio Mulero (Cresppa-LabToP) , Barcelone, ville littéraire et ville d’écrivains. L’imaginaire littéraire de la Barcelone du 20e siècle et l’incertitude professionnelle du 21e siècle.
Gaël Marsaud (Cresppa-LabToP), Construire les « personnages » des films documentaires. Principes de sélection et de mise en scène pour un passage à l’image. Une étude des productions documentaires consacrées au réaménagement de la rue de la République à Marseille (2000-2010).
Ornela Mato (Cresppa-CSU), L’engagement du sociologue Bernard Mottez : chercheur sur la surdité et guide du « mouvement sourd. »



- 3. Axe « Corps, santé, déviance »
Emmanuelle Hoareau (Cresppa-CSU)} Improviser (sur) son usage des « drogues » ?
Konstantinos (Costa) Delimitsos (Cresppa-GTM), Les « exemples évocateurs rapportés par la presse » dans les travaux des « nouveaux experts en sécurité urbaine. »
Takiyattou Baba-Toherou (Cresppa-GTM), Peut-on parler d’une uniformisation de parcours thérapeutiques des familles concernées par la drépanocytose à Lomé ? Entre expérimentation et imitation de soins.

Programme du 15 novembre

- Séance 1 « Où en est l’université ? » :
Christophe Charle (IHMC) (sous réserve)
Hugo Harari-Kermadec (IDHES) et Ugo Palheta (CIREL) pour le Collectif ACIDES (Approches Critiques et Interdisciplinaires des Dynamiques de l’Enseignement Supérieur), Marchandisation de l’université, marchandisation du travail universitaire ?



- Séance 2 « Le parcours du/de la combattant.e et des doctorant.e.s et des docteur.e.s sans postes »
Nawel Ait Ali (CEMS-EHESS), Des doctorant-e-s et des normes. Ethnographier le liminal
Collectif TMTC (Thésards Mobilisés dans le Travail Collectif), L’horizon vertical de la recherche : une enquête sur la socialisation de laboratoire des doctorant-e-s.



- Séance 3 « La précarité dans l’ESR : visibiliser, pourquoi ? Comment ? »
Adrien Mazières-Vaysses (Cresppa-LabToP), L’efficacité et les limites d’une catégorie : le cas des « précaires » dans les mobilisations sociales des années 2000
Observatoire de la précarité à Paris 1, Mobiliser autour d’un observatoire de la Précarité à Paris 1. Retour sur une lutte menée par les personnels « mobilisés » de Paris 1 contre la Loi Travail.
Collectif des travailleur-e-s précaires de Paris 8.


Journées d’étude Cresppa « Politisations émergentes, politisations précaires ? » (vidéos en ligne)

L’observation dans les régimes démocratiques d’une défiance, variable mais importante, envers les formes les plus instituées de la participation politique – de la non - inscription et de l’abstention électorale à l’indifférence à la politique – est certainement l’un des résultats les plus robustes de la science et de la sociologie politique des dernières décennies. Même s’il commence à être nuancé, un tel constat est encore plus manifeste lorsqu’on se situe au sein des catégories populaires et des fractions les plus démunies de la société. Sans contester frontalement ces affirmations, il peut être intéressant d’interroger les définitions souvent implicites de l’activité politique légitime sur lesquelles elles s’appuient. La déploration savante d’un déficit démocratique n’est - elle pas tributaire d’une conception trop institutionnelle ou conventionnelle de la politisation ? En évoquant ce que nous appelons des politisations émergentes et/ou précaires, telle est la question autour de laquelle ces journées d’études, à la suite de quelques travaux novateurs, voudraient revenir.

Voir les vidéos Canal U


Revoir :

Table ronde animée par Marion Guenot (CRESPPA-LabToP), Thomas Posado (CRESPPA-CSU) et Kevin Vacher (CRESPPA-GTM) avec Deniz Cumendur (DIDF-jeunes), Karima Berriche (Quartiers Nords/Quartiers Forts Marseille) et Marco Lopez (Podemos Paris), réalisation Thomas Guiffard.


Classes sociales en (trans)formation

Matinée autour de la sortie en français de Family Fortunes. Hommes et femmes de la bourgeoisie anglaise, 1780-1850, La Dispute, 2014 [1987], de Leonore Davidoff et Catherine Hall.

Matinée

  • Introduction : Danièle Kergoat, directrice de la collection « Le genre du monde » aux éditions La Dispute.
  • Retour sur la formation de la bourgeoisie anglaise : un processus « genré », Eleni Varikas
  • Comment traduire les catégories d’analyse ? Table ronde : Claude Grignon, Isabelle Clair, Célia Bense Ferreira Alves


Après-midi : Reconfigurations des classes sociales et renouvellements de leur analyse.

  • Introduction : Cédric Lomba
  • Table ronde. : Olivier Schwartz, Prisca Kergoat, Pap N’Diaye, Marion Rabier


Compte-rendu de la journée, Fanny Gallot, cgp.hypotheses.org




Ateliers et séminaires

13 mars 2019  >>>  >>>   Haut de la page


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