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Thèmes du projet d’équipes GTM

Axe 2. Migrations, mobilités et pays du Sud

Dans le prolongement de l’analyse genrée des migrations conduite à GTM pendant le contrat 2009-2013, un certain nombre de recherches seront conduites sur la période 2014-2018. Elles porteront à la fois sur les mobilités géographiques internationales mais aussi sur les transformations sociales, économiques et politiques d’un certain nombre de pays du Sud, ces deux ordres de données s’influençant mutuellement. Un premier volet de ce programme de recherche de l’équipe a pour objet les transformations dans le Monde Arabe, le deuxième portera sur les migrations mettant en jeu la Méditerranée et les pays du Sud.

A. Transformations dans le Monde arabe

Un premier projet de recherche pour lequel a été sollicité un soutien européen dans le cadre de l’appel à projet EU FP7 "Facing transition on the South and East Mediterranean Area : Empowering the Young Generation" repose sur une étude comparative des politiques de genres et de leurs instruments dans trois pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) sur la base d’une enquête auprès d’institutions publiques et privées, des associations et entreprises.


Une deuxième enquête menée en collaboration avec l’Institut des Etudes Africaines, Université Mohammed V-Soussi Rabat portera sur les conditions sociales du travail du care, dans les familles et pour les professionnels, dans différents pays du Sud (notamment au Maroc et Algérie). Il s’agira alors de mettre l’accent sur la question des formes d’accès différenciées aux soins selon la région et l’origine sociale.


Un réseau pluridisciplinaire de chercheurs sera constitué à partir d’un atelier qui se tiendra en février 2013 en collaboration avec le Groupe Chine-Afrique du CECMC (UMR 8713 EHESS/CNRS) avec le soutien de la MSH Paris-Nord et du campus Condorcet. Cette recherche porte sur les activités et migrations économiques chinoises en Algérie, analysées en comparaison avec ce qui se passe ailleurs en Afrique.


Un autre projet porte sur l’histoire des faits et des idées économiques dans le monde musulman. Il s’appuie sur l’idée que, par-delà les divisions géographiques internes, l’appartenance commune à une même religion aide à la compréhension de l’histoire de ce vaste ensemble. Cette recherche s’inscrit dans le cadre plus vaste d’une collaboration entre une dizaine d’historiens et économistes, autour d’un projet collectif de publication.


Une recherche va également être lancée sur les transformations liées aux « printemps arabes ». Elle vise à une meilleure compréhension des transformations dans le monde arabe à travers la confrontation entre des analyses macro-sociales et théoriques, mobilisant des concepts globaux (révolution, transition) et des analyses empiriques visant à appréhender les changements au quotidien sur la base d’enquêtes de terrain. Elle s’appuiera sur l’Observatoire des transformations dans le monde Arabe (OTMA), plateforme pluridisciplinaire et pluri-pays sur les transitions en cours après le printemps arabe, mise en place à Tunis.


Enfin, une recherche sera conduite auprès de jeunes Français-es, issu-e-s de l’immigration d’origine maghrébine, visant à analyser l’effet qu’ont pu exercer sur eux les processus révolutionnaires dans les pays d’origine en relation avec les discriminations dont ils font l’objet dans le pays d’accueil. L’objet est donc une comparaison entre les formes de mobilisation sociale et politique qu’on peut observer de part et d’autre de la Méditerranée.

B. Migrations, circulation, mobilités

Une étude sera menée sur le thème de la féminisation des migrations au Maghreb. Ce phénomène commence maintenant à être bien documentée, grâce à la disponibilité de statistiques harmonisées et désagrégées par genre et au nombre croissant de travaux intégrant le genre. Au Maghreb, la part des femmes dans la population émigrée a crû de façon significative au cours des 30 dernières années. A côté des facteurs économiques, tant au niveau des pays d’accueil que d’origine, d’autres facteurs déterminent cette féminisation :

  • les discriminations sociales et les normes culturelles, tant dans les pays d’origine que dans les pays d’accueil, et leur mise en comparaison, à un moment où, en facilitant la mobilité des personnes, la globalisation élargit l’éventail des choix de mode de vie.
  • les politiques migratoires, notamment celles des pays d’accueil, dont l’impact est différencié selon le genre.


Une deuxième enquête sera conduite en collaboration avec deux réseaux de recherche sur la Méditerranée : contrat ANR FABRICAMIG.SA, déjà cité, et CIMORE : Circulations, mobilités et espace relationnel des migrants en Méditerranée (MIGINTER). Elle vise à l’analyse des parcours migratoires de membres d’une même fratrie, vivant dans différents pays de la Méditerranée (Italie, France, Tunisie, Maroc, Algérie), émigrés, restés au pays d’origine ou qui y sont retournés. On observera comment les relations se mettent en place dans cet espace élargi, les interactions entre logiques familiales/individuelles, ressources professionnelles/scolaires, pour appréhender tant la logique synchronique que diachronique des migrations.


Une troisième recherche, faisant suite à l’enquête réalisée dans le cadre du programme « Migration et protection sociale » (MiRe-Dree) sur la migration mahoraise à La Réunion portera sur les flux migratoires dans l’océan Indien occidental. La départementalisation de Mayotte, effective depuis mars 2011, ouvre de nouvelles perspectives de recherche sur la dynamique des flux migratoires dans cette région du monde. Sous l’intitulé « La départementalisation de Mayotte : construction et traitement des inégalités sociales et linguistiques », cette recherche s’inscrit dans le programme ANR, INEMA, Métamorphose des sociétés – « Inégalité – Inégalités », 2012-2015, DySoLa, Université de Rouen.


Enfin, une recherche intitulée « Immigrés et ascendants de l’immigration face aux drogues et au sida », sera menée dans le cadre d’une ANR qui vient d’être acceptée et va débuter en 2013 pour s’achever fin 2015 Elle portera sur la place des circuits migratoires dans l’histoire sociale, économique, culturelle et politique de la diffusion des usages et trafics d’héroïne en France depuis la fin des années 1960 jusqu’au début des années 2000. Elle abordera les mondes d’acteurs (consommateurs, entrepreneurs, institutions) interagissant dans le cycle historique des produits à diverses échelles territoriales (transnationale, nationale et métropolitaine). L’accent sera donc mis sur la place des populations immigrées et ascendantes de l’immigration, en mettant à jour la question rarement abordée des effets sociaux de leur appartenance. Si la fréquence des consommations dans les milieux postcoloniaux est attestée, si la surreprésentation des « étrangers » en général dans les cas de sida est avérée, si le zèle policier semble s’exercer sur ces populations « originaires de » (ou supposés tels), l’épisode dramatique de l’histoire récente de la diffusion de l’héroïne et du VIH continue d’être ignoré, tant à l’extérieur des « communautés » concernées que dans les familles et les quartiers où leur diffusion ont fait des ravages (statistiquement invisibles) et a été largement refoulée.


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