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CHALLIER Raphaël


Thèse soutenue

Raphaël Challier, « Simples militants ». Sociologie comparée de l’engagement politique (FN, JC, UMP) en milieu populaire dans la France contemporaine, thèse de l’Université Paris 8, sous la direction de Michel Kokoreff, soutenue le 26 novembre 2018

RÉSUMÉ :
Alors que l’étude des organisations politiques se concentre généralement sur des cadres et des élus qui appartiennent majoritairement aux classes aisées, la thèse étudie l’engagement de militants subalternes d’un point de vue politique (des militants « de terrain ») et social (des militants membres des classes populaires). Ces « simples militants », comme ils se désignent souvent eux-mêmes, constituent des observateurs privilégiés des fractures entre les leaders politiques et les citoyens ordinaires, entre les spécialistes et les profanes, entre les classes aisées et les classes populaires, entre « ceux d’en haut » et « ceux d’en bas ». En mettant en lien la construction des hiérarchies politiques avec les rapports de classe qui traversent les groupes militants, la thèse invite à différencier l’étude des militantismes selon les milieux sociaux et à questionner le rôle des organisations politiques dans la marginalisation des catégories populaires. Symétriquement, elle apporte une contribution aux réflexions sur les recompositions de ces groupes dans la période contemporaine sous un angle moins abordé que le travail, l’espace local ou les styles de vie : celui de leur rapport au politique comme révélateur de séparations culturelles persistantes avec les classes aisées. D’un point de vue empirique, la thèse a consisté en l’ethnographie comparée des activités des militants de trois organisations politiques (Front national, Jeunes communistes et Union pour un mouvement populaire) mobilisés dans trois villes de banlieue parisienne et de Lorraine. Menée de 2012 à 2016 à travers l’observation de la vie militante ordinaire - réunions, distributions, collages d’affiche, campagnes électorales locales, événements internes – l’enquête a été complétée par des entretiens biographiques et des comptages localisés. La thèse se divise en deux grandes parties. La première se compose de trois chapitres inspirés de l’analyse localisée du politique. Il s’agit de restituer le contexte socio-politique des engagements des enquêtés des trois terrains et de décrire les différences sociales au sein des collectifs militants locaux et les formes de politisation qui en découlent. La seconde partie se découpe en deux chapitres comparatifs qui interrogent les tensions opposant la « tête » et la « base » des organisations étudiées en prêtant une attention particulière à restituer les dimensions de domination et d’autonomie qui caractérisent l’expérience des militants subalternes, dimensions qui constituent souvent les deux faces de la même pièce.

JURY : Sophie Béroud, Michel Kokoreff, Julian Mischi, Olivier Schwartz, Johanna Siméant

AUTRE RECHERCHE EN COURS

Enquête localisée auprès d’adhérents du Parti socialiste et de la France insoumise, dans le cadre de l’ANR Analyses localisées comparatives du vote (ALCoV), 2016-2018

6 mars 2014


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