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Conférences

lundi 24 juin 2019 , 14h00 - 17h00 :  Salle séminaire 2 Bâtiment Max Weber

Université de Paris Nanterre
200 avenue de la République, 92001 Nanterre Cédex


"Migrations internationales dans les Amériques : Venezuela, Mexique, Amérique centrale"

Avec deux chercheures invitées au Cresppa-GTM :
Brenda Rousset Yepez-Martinez, sociologue et démographe, Université centrale du Venezuela et Marie-Laure Coubès, démographe au Colegio de la Frontera Norte à Tijuana, Mexique
Discutante :
Jane Freedman, sociologue, Cresppa-GTM, Université Paris 8

Brenda Rousset Yepez-Martinez : "LE « PULL AND PUSH » DE LA MIGRATION VÉNÉZUÉLIENNE"

L’émigration vénézuélienne du début du XXIème siècle s’explique, en partie, par l’immigration que le pays a connue depuis la moitié du XXème siècle. Deux grandes vagues de migrations ont été enregistrées au Venezuela. La première, principalement venue du sud de l’Europe (Espagne, Italie, Portugal), expulsée par une Europe détruite, est attirée par un pays à la forte croissance annuelle (+9%) favorisée par l’essor de la construction et surtout par l’exploitation du pétrole. La seconde vague arrive en 1973 de pays victimes de crises socioéconomiques ou de dictatures militaires. Du cône Sud de l’Amérique latine, viennent des Chili ens, des Argentins ou encore des Uruguayens. Pendant les années 1980, des flux importants de migrants continuèrent d’arriver, mais provenant majoritairement des pays andins : des Colombiens, Équatoriens et Péruviens. La présentation discutera la dynamique de l’émigration vénézuélienne sur la période 2000-2018. Elle essaie de démontrer comment les flux ont varié avec le temps et leur destination finale. Ces flux sont dus aux événements économiques, politiques et sociaux survenus dans le pays caribéen et aux canaux institutionnels utilisés comme stratégie de sortie. Le profil des migrants et leurs possibilités d’insertion formelle dans les pays de destination changent dans la mesure où les conditions socioéconomiques deviennent de plus en plus difficiles au Venezuela. La migration de personnes possédant un pouvoir d’achat se transforme en une migration massive sans ressources financières et plus vulnérables.

Marie-Laure Coubes  : "Transformations de la migration aux frontières du Mexique : le déclin des flux de travailleurs sans-papiers"

Depuis plus de 10 ans, on a assisté à une baisse drastique de la migration mexicaine de sans-papiers vers les États-Unis (EUA). Démarrée avec la crise économique de fin 2007, cette diminution continue des flux de travailleurs sans-papiers s’est prolongée en raison de la politique de contention de la migration des EUA, basée sur la fermeture de la frontière et une politique de répression anti-migrants à l’intérieur du pays, ainsi que par l’attribution des visas de travailleurs temporaires, H2A et H2B, par les EUA. Mais si pour le Mexique, cette migration essentiellement économique est freinée par son coû ;t toujours plus élevé (tant en argent pour payer les passeurs qu’en risque d’être détenu aux EUA de longs mois ou parfois même plusieurs années), en Amérique centrale cette réduction de la migration n’a pas lieu. On assiste à une très forte mobilité depuis les pays du Triangle nord (Guatemala, Honduras et El Salvador) liée à la situation économique et sociale désastreuse de ces pays. Depuis la fin 2018, les Centroaméricains se déplacent en caravanes, avec le nombre et la visibilité comme protection, pour solliciter l’asile aux États-Unis. La présentation discute cette mutation des flux de travailleurs sans-papiers. Depuis le Mexique, le flux est suppléé par la circulation des travailleurs mexicains temporaires, et depuis le triangle nord d’Amérique centrale, les sans-papiers invisibles on t été remplacés par les personnes réfugiées demandant protection.


La participation est ouverte à tous.tes et libre d’accès

Visuel Conference-Migrations à télécharger



  • Conférence : "Migrations internationales dans les Amériques : Venezuela, Mexique, Amérique centrale"
    Avec deux chercheures invitées au Cresppa-GTM :
    Brenda Rousset Yepez-Martinez, sociologue et démographe, Université centrale du Venezuela
    et
    Marie-Laure Coubès, démographe au Colegio de la Frontera Norte à Tijuana, Mexique Discutante :
    Jane Freedman, sociologue, Cresppa-GTM, Université Paris 8



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