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Ouvrages

 

Marguerite Rollinde Le mouvement des droits de l’Homme au Maroc. De l’engagement national à la lutte pour la citoyenneté, Paris, Karthala-Institut Maghreb-Europe, mars 2002, 506p.

Les droits de l’Homme, un principe à vocation universelle sur un terrain nécessairement spécifique ; tel est l’objet de cet ouvrage, à travers le parcours d’hommes et de femmes engagé(e) s dans le mouvement de défense des droits de l’Homme au Maroc, de l’époque du Protectorat jusqu’à l’arrivée du gouvernement d’alternance de Abderrahmane Youssoufi, et l’accession au pouvoir de Mohammed VI. Les références récurrentes des militant(e) s interrogé(e) s à des événements ou courants intellectuels fondateurs, ainsi qu’à des lieux qui ont joué un rôle clé dans leur formation, permettent de dégager trois grandes périodes dans ce mouvement : la lutte pour le droit des peuples mais aussi pour les libertés publiques, sous le Protectorat, puis au début de l’indépendance ; la défense des prisonniers politiques liée à la lutte révolutionnaire de la génération marxiste-léniniste des années soixante-dix ; enfin, dans les quinze dernières années, la participation des militants des droits de l’Homme au mouvement associatif qui émerge au Maroc. Ce passage, au sein d’un même mouvement, de l’unanimisme national au concept de citoyen, en passant par le marxisme, permet d’étudier en quoi les mécanismes d’identification à l’œuvre entrent en concurrence ou en convergence avec un modèle universel. Ce modèle, celui des droits de l’Homme, peut-il amener ces militants à dépasser les références à une identité fondée sur l’appartenance à une communauté nationale ? Ou, au contraire, en quoi ces références les conduisent-ils à une logique de fermeture sur " soi " en tant que membre d’une ethnie, d’une religion, d’une nation... ? Une telle approche aboutit à nommer les tabous, ceux qui relèvent de la société, de la tradition ou du pouvoir, mais aussi de l’intérieur de ces mouvements. Elle permet aussi de repérer les tentatives, heureuses ou malheureuses, de dépasser ces tabous pour rejoindre l’universalité des droits de l’Homme.

8 juin 2016

Marguerite Rollinde

Ingénieure d’étude, Université Paris 8
Associée du Cresppa-GTM




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