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Soutenance de thèse

Résumé

Cette thèse traite des effets de la migration sur le statut professionnel et social des travailleuses domestiques et des nouveaux rapports de subordination qui en découlent, analysés à l’intersection des rapports de genre, de classe et de « race ». Le but de cette recherche est d’aborder l’ordre hiérarchique de ces différents rapports et d’analyser les causes structurelles de la subordination. Les travailleuses migrantes chaoxianzu (sino-coréennes) appartenaient à la classe symboliquement au pouvoir dans la Chine socialiste, en tant qu’ouvrières industrielles et agricoles. En examinant leur expérience de travail dans cinq villes de trois pays - France, Corée du Sud et Chine - nous analysons comment les conditions de travail de chaque société d’immigration affectent leur statut en tant que travailleuses. Les participantes à notre recherche vivent et perçoivent leur expérience de travail à la lumière de l’habitus professionnel de la Chine socialiste, basé sur la fierté en tant que travailleuses. Selon leur perception, dans la migration, elles ne changent pas pour un niveau hiérarchique et professionnel inférieur, mais souffrent, collectivement, de la position subalterne des travailleurs domestiques sans-papiers dans le référentiel de l’ordre hiérarchique de la société capitaliste. Plutôt qu’un travail trivial, elles perçoivent leur métier comme une somme de tâches nobles, physiques et émotionnelles. Elles s’inscrivent dans la chaîne globalisée du care. Mais, en s’interrogeant sur leur statut subalterne, elles remettent en cause la logique de reproduction de la hiérarchie sociale.

Le jury est composé de :

Marc BERNARDOT, Professeur, Université le Havre Normandie, Directeur
Alain DELISSEN, Directeur d’études, École des hautes études en sciences sociales
Arnaud LE MARCHAND, Maître de conférences, Université Le Havre Normandie
Sylvie MAZZELLA, Directrice de recherche CNRS, MMSH Aix en Provence
Fatiha TALAHITE, Chargée de recherche hors classe CNRS, CRESPPA-GTM à Paris, Co-directrice
Jérôme VALLUY, Maître de conférences, Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), Rapporteur
Dominique VIDAL, Professeur, Université Paris Diderot - Paris 7, Rapporteur

Soutenance de thèse

Résumé

À partir d’une enquête par observation participante conduite au sein d’une grande entreprise de distribution, du siège social aux entrepôts, ce travail a pour objectif d’étudier la construction sociale des masculinités au et par le travail. L’histoire de Transfrilog est imprégnée d’une culture familiale forgée autour du management paternalisme des autodidactes du transport. Aujourd’hui devenu les cadres dirigeants de l’entreprise, la professionnalisation du secteur les oblige désormais à composer avec les jeunes diplômés issus des formations logistiques dont le style de management se détache des formes traditionnelles d’expression de la masculinité et de l’autorité. Dans ces conditions, comment la masculinité perpétue-t-elle son hégémonie ? La thèse s’attache à montrer que la capacité de la masculinité hégémonique à se (re)produire tient à son processus d’hybridation. Les salariés les plus conformes à ce modèle de masculinité montrent un usage plus diffus de la violence (physique ou verbale) et une mise à distance de performances virilistes en lien avec la multiplication des exigences organisationnelles et sociales de mixité. Au sein des classes populaires notamment, le désir d’incarner une masculinité respectable et la nécessité de préserver un capital corporel entamé par des emplois pathogènes opère une fracture entre ouvriers. La thèse montre par ailleurs la coexistence d’une pluralité de masculinités hégémoniques spécifiques à chaque filière (transport, logistique, fonctions supports) et qui sont hiérarchisées entre elles. Pour autant, la mobilisation autour d’un idéal viril propre aux injonctions productives et à l’intensification des tâches propose un référentiel commun aux hommes, au-delà des clivages de classe, de race et des différents métiers de la chaîne logistique. Aussi, et malgré la volonté de certains dirigeants d’amorcer une réflexion sur l’égalité professionnelle, l’hybridité de la masculinité hégémonique n’interroge qu’à la marge une répartition genrée des emplois et l’inégale échelle de valeur entre les différentes formes de masculinités.

Le jury est composé de :

Régine Bercot (directrice de thèse), Professeure des universités, Université Paris VIII
Nicky Le Feuvre, Professeure ordinaire, Université de Lausanne
Arnaud Mias, Professeur des universités, Université Paris Dauphine
Sophie Pochic, Directrice de recherche au CNRS
Nicolas Renahy, Directeur de recherche à l’INRA

Soutenance de thèse

Résumé

La production scientifique sur les rapports des femmes à la politique est aussi importante que variée, comme en attestent les nombreuses recherches menées dans les différents champs disciplinaires qui se sont saisis de cette thématique (histoire, science politique, sociologie, psychanalyse….). Il n’existe cependant que très peu d’écrits sur la représentation politique des femmes africaines en ce qu’elles ont peut-être de spécifique dans leur capacité d’agir dans ce domaine. L’intérêt de cette recherche est donc de contribuer à l’avancement des connaissances en sociologie politique–s’agissant des femmes en général, des Africaines et notamment des Gabonaises en particulier. À cet effet, cette thèse se propose d’explorer les mécanismes par lesquels les femmes accèdent aux fonctions électives dans un pays marqué par des pratiques et logiques socio-culturelles limitant leur accès aux sphères de décision. La construction socio-culturelle du rapport au pouvoir des élues a été interrogée. Les capitaux personnels et professionnels, la culture sociale et politique, ont été tour à tour examinés afin de ressortir les éléments de l’identité de femme au Gabon et leur articulation avec les exigences de leur métier. L’analyse de genre, a permis de rendre compte de la dimension genrée des rapports sociaux de sexe, des phénomènes politiques, et des pratiques en œuvre non seulement dans les sociétés moderne et traditionnelle, mais aussi dans les institutions, tours à tours lieux de construction et d’expression des rapports de genre.

Le jury est composé de :

Claude Dargent, Directeur de thèse
Jane Freedman
Janine Mossuz-Lavau
Marion Paoletti, Rapporteure
Joseph Tonda, Rapporteur

Soutenance de thèse

Résumé

Créé en 1974, le Club de l’Horloge s’est donné comme projet originel de donner une doctrine à la droite qu’il juge affaiblie après les événements de mai 68. Ce projet doctrinal s’inspire fortement des travaux du Groupement de Recherche et d’Etudes pour la civilisation européenne (GRECE) fondé en 1968 par d’anciens militants d’extrême-droite du groupe Europe-Action. Plusieurs des fondateurs du Club ont été formés et ont occupé des responsabilités au sein du GRECE. Ils rompent formellement avec lui en 1979 après la campagne de presse sur la « nouvelle droite ». Laboratoire idéologique, le Club de l’Horloge joue un rôle important auprès des formations de la droite dans l’élaboration de leurs programmes, surtout après la défaite de 1981. Après la percée électorale du Front national en 1984 et son maintien dans le paysage politique, plusieurs fondateurs et responsables du Club de l’Horloge décident de rejoindre cette formation. Ils prennent rapidement des responsabilités au sein de ce parti, militant pour l’alliance entre la droite et l’extrême droite pensant que les programmes sont convergents. Marqués par leur formation idéologique d’origine, les membres du Club de l’Horloge ne voient pas l’antagonisme entre la droite et le FN et sous-estiment le poids de la communication politique sur les idées. Ils perdent rapidement après 1989 leur investissement politique au sein du RPR et de l’UDF et pris dans les jeux d’appareils, se retrouvent en dehors du Front national en 1999 Le Club de l’Horloge devient alors un « club fantôme », même si plusieurs de ses idées et de ses thèses continuent de structurer le débat politique français.

Le jury est composé de :

Nonna Mayer, Présidente
Claude Dargent, Directeur de thèse
Olivier Dard, Rapporteur
Florence Haegel, Rapporteure
Marie-Anne Matard-Bonucci
Stéphane François

Soutenance de thèse

Résumé

Les questions de l’immigration, des politiques d’intégration et du rôle de la religion au sein de la société française sont régulièrement débattus au rythme des faits divers et des évènements médiatiques. Tout en s’inscrivant dans les recherches sur la délinquance et le facteur religieux, cette étude s’intéresse particulièrement aux musulmans et à l’influence de leur religion sur l’intégration sociale et la délinquance. A travers plus d’une centaine d’entretiens, il s’agit de mesurer l’impact de la deuxième religion de France sur les musulmans : l’islam est-il facteur d’évitement de la délinquance ou l’inverse ? Favorise-t-il ou défavorise-t-il le lien social avec le reste de la société française ? Cette recherche souhaite donner des éléments de compréhension concernant les aspirations des habitants musulmans des quartiers défavorisés et leur perception de la France, de ses institutions étatiques, leur perception du rôle de l’islam dans leur parcours, notamment délinquant, et le lien aux autres membres de la société. Cette thèse présente donc l’analyse de ces entretiens à travers les thématiques structurant cette recherche : la place de la religion dans la vie des interviewés, leur pratique de l’islam dans le quartier de résidence, leur perception de l’influence de l’islam sur les musulmans de France, leur degré d’intégration et leur perception de l’avenir. Ces thématiques, correspondant à celles identifiées dans le guide d’entretien, sont à chaque fois traitées par l’étude des entretiens avec les interviewés du groupe A (« musulmans délinquants ») dans un premier temps, puis du groupe B (« musulmans non délinquants ») dans un second temps. Cette structure permet d’appréhender les différences de perception entre ces deux groupes sur chaque thématique.

Le jury est composé de :

Michel Kokoreff, Président
Claude Dargent, Directeur de thèse
Farhad Khosrokhavar, Rapporteur
Anne-Sophie Lamine, Rapporteure

Soutenance de thèse

Résumé

Chez les coiffeurs, l’injonction à satisfaire le client, lui apporter un moment de détente et de bien-être semble participer de leur rhétorique professionnelle. Cette insistance vis-à-vis du souci de la clientèle révèle par là même le poids de la relation de service dans l’activité de travail des coiffeurs. Dès lors, celle-ci est souvent décrite positivement. Pourtant, elle n’est pas sans poser problème et peut être l’objet de tensions. À partir d’une enquête ethnographique réalisée par observations participantes et par entretiens dans plusieurs salons de coiffure et dans deux établissements de formation au métier de coiffeur, cette thèse s’intéresse au rapport au travail des coiffeurs et plus spécifiquement à la relation qui lie ces derniers aux clients et à l’ambivalence qui en découle. En réalité, pour mener à bien cette relation, la profession construit un ensemble de dispositions spécifiques (savoir-être, travail émotionnel et relationnel) en direction des clients et auxquelles sont socialisés les apprentis au cours de leur formation en école et au salon de coiffeur. Toutefois, tout n’est pas créé dans la relation de service, certaines compétences s’appuyant sur des dispositions sociales de genre et de classe. Avoir ces dispositions est central pour permettre le bon déroulement de cette relation et ainsi pouvoir faire carrière dans la profession.

Le jury est composé de :

Mme Régine Bercot, Professeure des universités, Université Paris 8, Rapporteure
M. Marc Loriol, Chargé de recherche CNRS, HDR, IDHES, Rapporteur
Mme Valérie Boussard, Professeure des universités, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Membre du Jury, Directrice de thèse
Mme Marie Cartier, Professeure des universités, Université de Nantes, Membre du jury
Mme Sabine Fortino, Maître de conférences, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Membre du jury, directrice de thèse
M. Pierre Fournier, Professeur des universités, Université d’Aix-Marseille, Membre du jury

Soutenance de thèse

Résumé

Cette thèse porte sur les processus de constitution – problématiques – de femmes comme intellectuelles au XXe siècle. Pour ce faire, trois cas, nés vers 1900, sont étudiés : l’artiste et écrivaine proche des avant-gardes en général et des surréalistes en particulier dans le Paris des années 1920-1930 Claude Cahun, la journaliste martiniquaise du Paris colonial de ces mêmes années et figure militante et intellectuelle importante de la Martinique d’après-guerre Paulette Nardal ; et enfin Viola Klein, juive tchèque exilée en Angleterre et pionnière oubliée de la sociologie féministe. Cette étude repose sur une analyse conjointe de la trajectoire et de la production culturelle de chacune de ces femmes. Il s’agit de comprendre comment leur expérience intellectuelle s’enracine dans des processus de prise de conscience de soi en tant que sujet renvoyé à l’altérité, femme, mais aussi sujet racialisé, qui déterminent les formes d’entrée dans la pensée. Cette thèse rend également compte du positionnement complexe, dedans/dehors, de ces femmes par rapport aux mouvements (le surréalisme pour Cahun, la culture noire en général et la négritude en particulier pour Nardal), et disciplines (la sociologie de la connaissance et du travail pour Klein) « dans » lesquels elles s’inscrivent et ce qu’elles y apportent ainsi que la pluralité des formes de pensée et d’engagement qu’une telle position liminale révèle. Il s’agit enfin d’interroger le processus de diffusion et de réception des oeuvres et des idées, dans lequel les logiques d’invisibilisation et d’oubli, mais aussi de redécouverte, jouent un rôle fondamental. Ce dernier point ouvre sur une réflexion relative aux logiques (nationales, disciplinaires, idéologiques) de construction du savoir. Cette thèse, interrogeant le devenir sujet des femmes et ce que peut lui faire la postérité, se propose ainsi de contribuer à une histoire intellectuelle transnationale des femmes et du genre.

Le jury est composé de :

Brent Hayes Edwards, Professeur d’Anglais et de Littérature comparée, Université de Columbia (rapporteur)
Laurent Jeanpierre, Professeur de Science politique, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis (Président)
Martine Leibovici, Maîtresse de conférences émérite en Philosophie politique, Université Paris- Diderot Paris 7 (examinatrice)
Frédérique Matonti, Professeure de Science politique, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (rapporteure)
Enzo Traverso, Professeur en Humanities, Université de Cornell (examinateur)

Soutenance de thèse

Résumé

Les tunisiennes ont largement participé à la chute du régime de Ben Ali en janvier 2011 (Larguèche, 2013). Durant la période de transition démocratique, la résurgence d’une mouvance islamiste remettant en question les acquis postcoloniaux des femmes tunisiennes a suscité de grandes craintes. Mon travail porte sur un objet à la fois marginalisé, caché et décrié : la maternité célibataire en Tunisie.

Le jury est composé de :

Azadeh Kian, Professeure à l’Université Paris 7, Présidente
Jane Freedman, Professeure à l’Université Paris 8, Directrice de thèse
Carole Brugeilles, Professeure à l’université Paris Nanterre
Jacques Vallin, Démographe à l’Institut national d’études démographiques (Ined) (Rapporteur)
Patrick Bruneteaux, Chargé de recherche CNRS, CRPS, (Rapporteur)

Soutenance de thèse

Résumé

Le rapport de pouvoir qui régit les relations entre homme et femme engendre des inégalités qui sont la non-effectivité des droits des femmes, les stéréotypes ciblant souvent les femmes et les violences à l’égard des femmes. Ces inégalités notables en période normale ou de paix s’aggravent durant les crises sociopolitiques et de conflits armés où la violence sexospécifique est désormais érigée en arme de guerre pour détruire l’adversaire, son identité et son peuple. L’objectif de ces recherches est de relever les impacts, les enjeux du genre et de la réalité identitaire dans les crises et conflits tout comme dans le processus d’édification de la paix. A travers la vie sociopolitique du Togo et de la Côte d’Ivoire pris pour cas d’espèce, il s’agit d’observer la situation de crises et de conflits armés dans un pays, l’impact des appartenances identitaires et l’aggravation de l’inégalité du genre, puis relever les conséquences des crises et l’importance des femmes dont la négligence participe à l’échec des processus de paix, enfin viser la prise en compte des identités et du genre dans les processus de recherches de la paix.

Le jury est composé de :

Véronique Hertrich, Directrice de recherche, INED, Présidente du jury
Jane Freedman, Professeure à l’Université Paris 8, Directrice de thèse
Élisabeth Hofmann, Maîtresse de conférences à l’Université de Bordeaux
Comi-Molevo Toulabor, Directeur de recherche, LAM, Bordeaux (rapporteur)
Odile Journet-Diallo, Directrice de recherche, IMAF (rapporteur)

Soutenance de thèse

Résumé

Cette thèse étudie les conditions de travail des femmes en France afin de rendre compte de la difficulté à envisager puis établir des liens entre ces conditions et le développement de certains cancers. Ceci implique de s’intéresser à la façon dont les différences biologiques et culturelles servent d’argument pour expliquer les particularités féminines face au cancer. Ainsi, à partir d’une approche analytique de la division sexuelle du travail cette recherche vise à comprendre pourquoi l’hypothèse de l’existence des atteintes cancérogènes à la santé au travail ne serait plausible que pour expliquer l’origine des cancers dont souffrent des hommes. A partir de quels éléments invalide-t-on l’hypothèse d’une étiologie professionnelle dans l’explication des cancers dont souffrent des femmes ? S’appuie-t-on sur des différences concrètes, empiriques et contextualisées ou assiste-t-on plutôt à un processus de différenciation construit par un jeu de mise en visibilisation/invisibilisation du travail des hommes et des femmes ?
Cette thèse soutient que les femmes sont concernées par un phénomène d’invisibilisation des atteintes cancérogènes à leur santé au travail. Les processus de différenciation des hommes et des femmes se (re)produisent aux niveaux macro, méso et microsocial, ils se situent au niveau de la construction de la connaissance, de la production des conditions pour la reconnaissance de la maladie professionnelle, au niveau des mobilisations sociales, ainsi qu’au niveau du rapport subjectif des travailleur-se-s au travail et aux risques.

Le jury est composé de :

Mme. Régine BERCOT, Professeur de sociologie à l’Université de Paris VIII (Directrice de thèse)
Mme. Katherine LIPPEL, Professeur de droit à l’Université d’Ottawa (Rapportrice)
M. Arnaud MIAS, Professeur de sociologie à l’Université Paris-Dauphine (Rapporteur)
M. Roland PFFEFERKORN, Professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg (Président du jury)

Invitées :

Mme. Danièle KERGOAT, Sociologue, Directrice de recherche honoraire au CNRS
Mme. Annie THEBAUD-MONY, Sociologue, Directrice de recherche honoraire à l’Inserm

Soutenance de thèse

Résumé

Cette recherche s’intéresse à la présence de femmes manadières et gardianes dans un monde masculin. Il s’agit de comprendre comment ces femmes deviennent gardianes ou manadières, dans quelles conditions relatives aux normes sexuées elles investissent ce monde inhabituel pour des femmes. L’enquête s’appuie sur des séquences d’observation participante et sur des entretiens auprès de manadier-es et de gardian-es : 35 femmes et 10 hommes. Arrivées dans les années 80, les femmes intègrent les manades par 2 voies d’accès. Elles sont héritières par leur père ou converties suite à la rencontre d’un conjoint et à la pratique d’un sport masculin ou similaire. Le rapport père fille est un rapport privilégié, celle-ci jouant souvent le rôle du garçon manquant. Ces femmes ont connu des socialisations atypiques durant leur enfance s’adonnant majoritairement à des activités (jeux, sports) masculines. Elles préfèrent la compagnie des garçons en dévalorisant une certaine féminité mais certaines fréquentent aussi des filles. Ces différents canaux de socialisations leur procurent des dispositions plurielles. La plupart d’entre elles n’occupent pas les postes les plus physiques ou perçus comme masculins. Afin de se maintenir dans les manades, elles vont devoir prendre les codes des hommes et montrer qu’elles ont du caractère. Elles vont se masculiniser en infériorisant une catégorie de femmes dites fragiles et dangereuses. Pour autant, les femmes des manades ne veulent pas perdre leur féminité et s’attachent à la montrer. Le féminin comme le masculin sont des catégories instables. Pour les femmes comme pour les hommes, le contenu de ce qui est considéré comme masculin ne fait pas consensus.

Le jury est composé de :

Oumaya Hidri-Neys, Maîtresse de conférences HDR, Université de Lille, SHERPAS (rapporteure)
Helena Hirata, Directrice de recherche CNRS émérite, CRESPPA-GTM, Paris
Catherine Louveau, Professeure émérite, université Paris Sud, CRESPPA-GTM (directrice)
Christine Mennesson, Professeure Université Paul Sabatier, Toulouse III, CRESCO (rapporteure)
Emmanuelle Zolesio, Maîtresse de conférences, Université Clermont-Auvergne, ACTÉ Centre Max Weber

Soutenance de thèse

Résumé

En 1955, la commission Maspétiol du gouvernement français faisait un bilan économique négatif de la colonisation en Algérie. Ce bilan a été analysé par des historiens de l’économie sous l’angle des coûts/bénéfices pour la métropole et la colonie. Selon ce courant dit des coûts de la colonisation, les investissements et dépenses publics effectués en Algérie ont été financés par la métropole et par conséquent supportés par le contribuable métropolitain. La thèse défendue ici est que la principale cause de la négativité du bilan réside dans la structure de l’économie coloniale qui ne permettait pas de dégager assez de recettes publiques pour financer le développement économique et social, lequel nécessita l’appui financier de la métropole (plan de Constantine, 1958). Le bilan est dès lors envisagé comme le résultat de politiques poursuivies sur l’ensemble de la période coloniale, plus précisément de l’intervention de l’État dans l’activité économique depuis les débuts de la colonisation. Ce travail, en s’appuyant sur la littérature sur le bilan économique et plus largement sur l’économie de l’Algérie coloniale ainsi que sur des données d’archives inédites, montre que la politique dite de mise en valeur fut préjudiciable aux niveaux économique et social (1830-1900). Les mesures budgétaires, législatives et monétaires appliquées dans le cadre d’investissements publics économiques et sociaux ont été désavantageuses pour les finances publiques d’une part, et pour le développement humain de la population autochtone d’autre part. Les équipements réalisés (essentiellement dans les chemins de fer) ont plombé les dépenses publiques de la colonie sans contribuer à faire baisser les coûts de transport. L’investissement privé dans la viticulture d’exportation, soutenu par l’État, n’a pas participé au financement des recettes publiques en raison de l’absence d’imposition. Quant à la politique menée envers la population autochtone, elle s’est traduite par la dégradation de son patrimoine suite aux opérations d’expropriations des terres, ainsi qu’aux amendes et à la fiscalité appliquées par l’administration à son égard.
Est posée ensuite la question contrefactuelle de savoir ce qu’aurait été l’économie algérienne en l’absence de la colonisation. Pour y répondre, il est supposé que le système colonial se matérialisait dans la discrimination entre autochtones et européens, dont le fondement légal était le code de l’indigénat. Sous cette hypothèse, la question se reformule ainsi : la croissance économique (Pib/tête) de l’Algérie aurait-elle été plus importante si les dépenses publiques d’éducation et de santé n’avaient pas été discriminatoires entre indigènes et européens ? La base de données construite pour tenter de donner une réponse empirique à cette question identifie les dépenses publiques d’éducation et de santé et les répartit entre les deux types de population sur la période 1901-1937. Les données obtenues illustrent clairement le lien entre la politique coloniale et le bilan (répartition des dépenses d’éducation et de santé entre autochtone et européen et revenu par tête) au niveau descriptif. Mais sur le plan économétrique, les obstacles à l’établissement d’une relation de causalité entre les dépenses en capital humain et la croissance économique ont empêché cette recherche d’arriver au stade de la simulation contrefactuelle. Cet inachèvement est expliqué, d’une part, par l’état de l’art théorique sur la question, d’autre part, le fait que les limites des données disponibles ne permettaient pas d’aller plus loin dans la construction d’une relation de causalité, en remplaçant notamment le Pib/tête par un indicateur de développement humain. Cependant, l’inaboutissement du scénario contrefactuel n’invalide nullement les résultats établis par l’étude qualitative à partir de la littérature et des documents d’archives. Cette recherche ouvre la voie en montrant la possibilité d’une démarche cliométrique et contrefactuelle sur ce sujet. Cette thèse appelle pour le futur à une collaboration entre économistes économètres et historiens pour construire les données qui manquent.

Le jury est composé de :

Denis Cogneau, Directeur de Recherche IRD - Directeur d’études EHESS - Professeur d’économie associé à PSE Paris Jourdan
Joël Oudinet, MCF HC en sciences économiques, Université Paris 13, CEPN
Saïd Souam, Professeur en sciences économiques, Université de Paris Nanterre, EconomiX
Fatiha Talahite, chercheure CNRS - HDR en sciences économiques, CRESPPA-GTM (directrice de thèse)
Mehrdad Vahabi, Professeur en sciences économiques, Université Paris 13, CEPN
Abdallah Zouache, Professeur en sciences économiques, Sciences-Po Lille, Clersé

Soutenance de thèse

Résumé

Le mémoire de synthèse, intitulé « De la démocratie participative au croisement des savoirs », présente les déplacements qui ont caractérisé mon parcours de recherches depuis la soutenance de la thèse en sociologie en 2004. De l’analyse de la politique de la ville sous l’angle de la « participation des habitants », les objets de recherche ont évolué vers les dispositifs de démocratie participative tels que les conseils de quartier, puis se sont éloignés des institutions pour explorer « par le bas » la citoyenneté plurielle et la diversité des formes d’engagement dans les quartiers populaires. Sur le plan théorique, mes recherches situées à l’origine au croisement de la sociologie urbaine, de l’analyse des politiques sociales et de la sociologie pragmatiste des problèmes publics se sont élargies au champ de la démocratie participative et délibérative, puis à la sociologie de la citoyenneté étudiée dans ses dimensions relationnelles, processuelles et communautaires. Mon orientation récente sur les discriminations accompagne un déplacement vers une sociologie davantage attentive aux questions de genre, de classe et de race, tout en restant centrée sur les processus d’émancipation. Sur le plan méthodologique enfin, j’ai progressivement complété l’approche ethnographique par des coopérations de recherche avec les mondes militants et professionnels, jusqu’à pratiquer une forme plus poussée de recherche participative, sous la forme du croisement des savoirs avec des personnes en situation de pauvreté.

Le jury est composé de :

Marie-Hélène Bacqué, Professeur des universités à Paris-Nanterre
Michel Kokoreff (garant), Professeur des universités à Paris 8
Albert Ogien (rap.), Directeur de recherches au CNRS (Centre Marcel Mauss-EHESS)
Catherine Neveu (rap.), Directrice de recherches au CNRS (IAAC-EHESS)
Jacques Rodriguez, Professeur des universités à Lille 3
Deena White, Professeure titulaire à l’Université de Montréal

Soutenance de thèse

Résumé

Adoptant une perspective d’analyse au croisement entre sociologie de l’art et sociologie des professions, notre étude examine la participation d’un groupe d’intermédiaires français de l’art contemporain dans la construction de la carrière d’artistes turcs. En particulier nous avons étudié les expériences et les pratiques de travail de trois catégories de métiers opérant en tant qu’intermédiaires de l’art contemporain : directeur de musée/commissaire d’exposition, galeriste et responsable artistique dans le secteur associatif. En nous intéressant à la fois à la structure du champ artistique où ces acteurs opèrent, et à leurs pratiques professionnelles, notre objectif était de souligner l’importance du rôle des intermédiaires français dans le processus de consécration des artistes turcs à l’échelle internationale. Dans le premier volet de notre recherche nous analysons les antécédents historiques des relations entre les intermédiaires artistiques français et les artistes turcs. Dans le deuxième volet et cœur de notre recherche, nous présentons les résultats de notre étude empirique sur les activités professionnelles d’un groupe d’intermédiaires français opérant dans le secteur de l’art contemporain. Ils ont été ou sont engagés dans la promotion et diffusion des œuvres des artistes turcs travaillant dans le domaine de l’art visuel. En effet, à travers une enquête de terrain, nous montrons la diversité et les contradictions des pratiques de travail de trente-deux intermédiaires français de l’art contemporain, autour d’une thématique, celle des échanges artistiques entre France et Turquie à l’heure de la mondialisation.

Le jury est composé de :

Mme Régine Bercot, PR Université Paris 8 (Directrice de thèse).
Mme Anne Monjaret, DR CNRS EHESS (Présidente du jury)
Mme Verda Irtis MCF, HDR, Université de Galatasaray (Istanbul) ( rapporteur)
M. Bruno Péquignot, PR Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle (rapporteur)

Soutenance de thèse

Résumé

Cette thèse a pour objectif de comprendre les raisons du mal-être des salariés à la Cité des sciences et de l’industrie. Pour cela, deux approches originales sont proposées. Tout d’abord, l’histoire de l’organisation est considérée comme un élément-clef de la compréhension du phénomène. Elle permet notamment l’analyse approfondie du projet d’établissement, de ses évolutions, de ses incohérences, et leurs impacts sur les salariés. Nous analysons également la construction des grandes règles collectives ainsi que le modèle de gestion de la main d’œuvre. Nous montrons que le projet avance moins par vision stratégique que par effet d’opportunités et de réseaux. La gestion des équipes repose donc essentiellement sur les ressources individuelles, qui s’abîment au fur et à mesure des expériences vécues. En outre, c’est à partir de l’analyse des conflits interpersonnels et de leur émergence que nous avons réussi à démontrer qu’ils ne relèvent pas d’individus anomiques mais plutôt de la fuite des responsabilités des acteurs des espaces de régulation. Le phénomène de division des tâches et du champ des responsabilités favorise l’émergence de sujets tabous et de dysfonctionnements dans le temps long.

L’enquête a été conduite entre 2012 et 2014, à partir d’une évaluation des risques psychosociaux. Des entretiens individuels et en groupe avec les directeurs et délégués, des représentants syndicaux, les professionnels des équipes en charge de la santé et de la sécurité au travail, ainsi que plusieurs salariés ont été menés. Un questionnaire en ligne a été passé à l’ensemble des équipes. Des documents de travail contemporains ainsi que des archives métiers et des présidences depuis 1979 ont également été traités.

Cette thèse explore l’hypothèse selon laquelle l’organisation est une ressource dans la gestion des situations de travail, via des règles (les accords collectifs, les classifications, un système hiérarchique) et des acteurs (management, RH, collectif, IRP). Si le travailleur ne parvient pas à mobiliser les ressources organisationnelles, ou ne parvient pas à les rendre effectives pour la résolution d’un problème, il fait appel à ses ressources propres. Références et appuis mobilisables au quotidien, ces ressources impactent le regard et l’action d’un individu de façon objective et subjective.

Lorsque les individus ont épuisé les ressources individuelles et organisationnelles dont ils disposent pour gérer la situation de travail, plusieurs effets sont observés. Le bien-être se dégrade lorsque la situation de travail n’évolue pas ou lorsque les ressources mobilisées s’avèrent inutiles à plusieurs reprises. Le processus de reconnaissance est alors rompu. L’entrée en conflit des acteurs peut s’avérer être une solution à condition que ce conflit soit mené avec des objectifs atteignables. Le cas échéant, les ressources mobilisées perdent en valeur. Les individus sont stigmatisés et se considèrent comme étant en échec. Le problème est jugé difficilement soluble et les acteurs de la régulation tendent à fuir sa prise en charge.

C’est alors que les interactions professionnelles risquent de glisser d’une relation sociale encadrée par le support organisationnel, à des échanges uniquement régi par le rapport de force. Cela se traduit par le fait que les travailleurs font appel à des catégorisations qu’ils ont incorporées, fondées sur le sexe, la classe et la race ; au détriment de la prise en compte de leurs compétences professionnelles. Cette perte de visibilité de la compétence professionnelle est une source profonde de rupture, puisque celle-ci nécessite une révélation au long court pour être reconnues et partagées dans une organisation. Le conflit interpersonnel survient à ce moment. À ce niveau de mal-être social, la santé des individus est fortement dégradée.

Le jury est composé de :

Régine BERCOT, Professeure des Universités, Université Paris 8, Directrice
Valérie BOUSSARD, Professeure des Universités, Université Paris Dauphine, Présidente
Gilles HERREROS, Professeur des Universités, Université Lumière Lyon 2, Rapporteur
Marc LORIOL, Chercheur HDR-IDHE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Arnaud MIAS, Professeur des Universités, Université Paris Dauphine, Rapporteur

Soutenance de thèse

Résumé :

Cette recherche réalisée à partir d’une observation participante se propose d’explorer la problématique de la cohérence entre les dispositifs RH et les valeurs d’entreprise. Dans l’esprit de la mise en abstraction du travail, de plus en plus d’entreprises déploient des démarches compétences en vue de l’évaluation et de la formation des salariés. Les études de faisabilité conduites en amont des démarches compétences et les études de retour sur expérience couvrent les aspects ergonomiques, managériaux, techniques et économiques de ces dispositifs. Toutefois, leur cohérence par rapport au contexte de l’entreprise et notamment, par rapport à ses valeurs officielles, est encore peu étudiée. Or, la crédibilité des dispositifs RH est importante, car ces dispositifs se situent à mi-chemin entre la stratégie de l’entreprise et les situations réelles du travail. De par leur influence sur les pratiques managériales, les éventuelles incohérences entre ces démarches et le discours officiel ne manqueront pas de se manifester sur le terrain pour amplifier davantage cet écart, en remettant en cause la capacité des dirigeants de joindre les actes à la parole. En guise d’introduction, je propose une présentation du management par les valeurs, de ses origines et de sa finalité. Ensuite, je consacre une partie importante de la thèse aux problématiques de la mise en abstraction du travail au travers des dispositifs RH. La dernière partie regroupe mes interrogations sur la portée réelle des démarches compétence, sur leur capacité de satisfaire les intérêts de leurs destinataires et sur l’alignement de ces dispositifs avec les valeurs d’entreprise.

Composition du jury :

BOUSSARD Valérie, Professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense
DE GAULEJAC Vincent, Professeur émérite à l’Université de Paris 7 Denis Diderot
DURAND Jean-Pierre, Professeur à l’Université Évry Val d’Essonne
HANIQUE Fabienne, Professeur à l’Université de Paris 7 Denis Diderot
LINHART Danièle, Directrice de recherche émérite au CNRS

Soutenance de thèse

Résumé :

Au Maroc, lors de la première moitié du 20ème siècle, la transition à l’âge adulte des femmes et des hommes se caractérisait par le franchissement précoce de trois étapes successives, différentes selon le sexe. Chez les femmes, le premier seuil correspondait au départ du foyer parental, associé à l’entrée en union, suivie de la naissance du premier enfant. Tandis que chez les hommes, les trois événements étaient l’exercice d’une activité économique, le mariage et la venue du premier enfant. Ces différences genrées s’expliquaient par une distribution des rôles sexués dès l’enfance, c’est-à-dire par l’investissement des garçons dans la sphère publique (accès à la scolarité et à l’emploi) et des jeunes filles dans la sphère privée (tâches domestiques).
Cependant, en l’espace de quelques décennies, ces rôles traditionnels vont être remis en question. La démocratisation de l’enseignement et l’entrée dans la vie active des femmes vont profondément modifier les modes d’entrée dans la vie adulte (fin d’études, premier emploi, décohabitation parentale, mariage, et naissance du premier enfant).
Cette thèse révèle les mécanismes à l’œuvre lors de la construction des parcours de jeunesse, en prenant en compte le sexe, la génération et l’appartenance sociale des jeunes enquêtés. Elle repose sur une méthodologie quantitative et qualitative complémentaire, en se fondant sur une enquête biographique, réalisée dans la ville de Sidi Ifni (sud-ouest du Maroc), auprès des jeunes âgés de 15 à 35 ans (408 enquêtés), en 2009, et de 25 entretiens approfondis.

Composition du jury :

  • Maria Eugenia COSIO ZAVALA, Professeure émérite des Universités de Démographie – Directrice de thèse
  • Philippe ANTOINE, Directeur de recherche en Démographie, Institut de Recherche pour le Développement (IRD)
  • Carole BRUGEILLES, Professeur des Universités de Démographie, Paris-Ouest Nanterre la Défense
  • Youssef COURBAGE, Directeur de recherche en Démographie, Institut National d’Études Démographiques (INED)
  • Noureddine HARRAMI, Professeur des Universités de Socio-anthropologie, Université Moulay Ismail, Meknès (Maroc)

Soutenance de thèse

Le jury est composé de :

Mme Régine Bercot (Directrice de thèse), Mme Verda İrtiş , Mme Anne Monjaret, M. Bruno Péquignot.


GTM dans les universités : Paris 8 et Paris Nanterre

GTM est impliqué dans trois écoles doctorales : Sciences Sociales - Université Paris 8 Responsables : Alphonse Yapi-Diahou et André Filler Pratiques et théories du sens - Université Paris 8 Responsables : Christian Doumet et Laurence Gavarini Économie, Organisations, Société - Université Paris (...) lire suite

Thèses en cours au GTM

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Directrice et directeurs de thèses



12 septembre 2018

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