Imprimer

Keivan Djavadzadeh

Docteur en science politique


Domaines de recherche

Études sur le genre, la race et l’ethnicité
Sociologie des médias et de la communication
Musiques et cultures populaires
Politiques des industries culturelles

 

Thèse soutenue

Doctorat en science politique, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis.

Wild Women Don’t Have The Blues. Genre, race et sexualité dans le rap féminin états-unien

Résumé de la thèse : De toutes les musiques populaires contemporaines, le rap, né dans le South Bronx à New York vers le milieu des années 1970, est probablement celle que l’on associe le plus communément à l’expression d’un discours masculin misogyne. Les rappeuses elles-mêmes décrivent fréquemment le rap comme un environnement masculin voire hostile aux femmes. Pourtant, de 1979 à aujourd’hui, plusieurs générations de rappeuses ont fait le choix d’investir cet espace, écoulant des dizaines de millions de disques et participant de manière significative au développement de cette musique, sans être reconnues à la hauteur de leur contribution la plupart du temps. Cette thèse, inscrite au croisement de la science politique et des sciences de l’information et de la communication, s’intéresse à la façon dont des femmes noires des classes populaires négocient leur place – et leur identité – dans une industrie dominée par les hommes. Grâce au rap, elles accèdent à une forme de visibilité sociale dans l’espace public qui leur permet de faire entendre un discours sur le genre, la race et la sexualité à rebours des représentations hégémoniques. La représentation étant un principe organisateur des relations sociales réelles, l’analyse du discours des rappeuses aide à mieux comprendre la façon dont se constituent et sont contestées les normes de genre, de race et de sexualité aux États-Unis. Le rap est aujourd’hui l’un des principaux lieux de (re)production de ces normes, et le terrain d’une guerre de position culturelle à propos des différentes idéologies de genre et de race. Dans le rap, des artistes femmes performent leur genre et leur race et construisent autrement leur identité, loin des modèles dominants de la féminité.

Soutenue le 16 novembre 2017 devant un jury composé de :

- Bertrand Guillarme (directeur de thèse), Professeur à l’Université Paris 8 (Cresppa-LabToP)
- Isabelle Garcin- Marrou (rapporteure), Professeure à Sciences Po Lyon (ELICO)
- Karim Hammou (examinateur), chargé de recherche au CNRS (Cresppa-CSU)
- Frédérique Matonti (rapporteure), Professeure à l’Université Paris 1 (CESPP)
- Tristan Mattelart (président du jury), Professeur à l’Université Paris 2 (CARISM)

 

Publications

Coordination d’ouvrages ou de dossiers de revues

Keivan Djavadzadeh et Pierre Raboud (coord.), « Pop et populaire : politiques du mainstream », Raisons politiques n°62, 2016 - 162 p.

Qu’est-ce que les cultures populaires peuvent apprendre à la théorie politique ? Comment se fabriquent les normes lorsqu’elles sont prises dans du divertissement et des logiques marchandes ? Comment y résister ? Ce dossier met au jour les différents processus de normalisation à l’œuvre dans des (...) Lire la suite...



Keivan Djavadzadeh-Amini et Myriam Paris (dirs.), « Du côté obscur  : féminismes noirs », Comment s’en sortir  ?, n°1, 2015 - 96 p.

« Les murs renversés deviennent des ponts. Féminismes noirs » Ce premier numéro de la CSS a été conçu en France dans un contexte marqué par une offensive raciste menée au nom de « l’égalité des sexes », qui bouleverse la cartographie des recherches et mouvements féministes. Cette situation nous engage à (...) Lire la suite...



 

Articles dans des revues à comité de lecture

 

Autres articles

  • « Les subalternes parlent ! », Vacarme, n° 67, printemps 2014.
  • « Le rap, entre stylisation et marchandisation », De ligne en ligne, n° 9, septembre 2012 (avec Malek Bouyahia et Franck Freitas).
 

Chapitres d’ouvrages

  • « Patricia Hill Collins : l’autodéfinition contre les images performatives », in Maxime Cervulle, Nelly Quemener et Florian Vörös (dir.), Matérialismes, culture et communication, vol. 2, Paris, Presses des mines, 2016.
 

Notices de dictionnaires et encyclopédies

  • Entrée « Culture populaire », in Juliette Rennes et al., Encyclopédie Corps, genre et sexualité, Paris, La Découverte, 2016.
 

Comptes rendus

 

Traductions

  • Frances Beal, « Être Noire et femme, un double péril », Comment S’en Sortir ?, n° 1, printemps 2015.
  

Communications

Séminaires
  • « Gangsta rap, masculinités de protestation et critique intersectionnelle », séminaire Recherches en étude culturelle, Université Lille 3, 8 février 2017.
  • « Du blues féminin au féminisme hip-hop. Politiques de la musique populaire africaine-américaine et Black Feminism », séminaire Genre, féminismes et mobilisations collectives », EHESS, 4 décembre 2015.
  • « Contester l’hégémonie masculine dans le gangsta rap : des rappeuses aux prises avec les masculinités de protestation », Séminaire doctoral du Cresppa, CNRS (site Pouchet), 23 novembre 2015.
Journées d’études et colloques
  • « Culture hip hop, raptivisme et réseaux sociaux », journée d’études « Artivisme & nouveaux médias : théories et pratiques », MSH Paris Nord, 12 décembre 2017.
  • « Décrire l’exotisme : questions méthodologiques », journée d’études « Exotisme musical et Atlantique noir », Site Pouchet du CNRS, 4 septembre 2017.
  • « Bitches… with attitude ! Quelle esthétique pour la scène gangsta rap féminine ? »,Colloque international « Conçues pour durer : perspectives francophones sur les musiques hip-hop », Maison des métallos, 3 février 2017.
  • « Les cultural studies et la sociologie de la culture : quel(s) paradigme(s) pour l’étude de la culture populaire en France ? », colloque international « Les désignations disciplinaires et leurs contenus : le paradigme des Studies », MSH Paris Nord, 20 janvier 2017.
  • « Patricia Hill Collins et la dialectique culturelle : nouveau racisme, images performativeset résistances », journée d’études « Approches postcoloniales et décoloniales de laculture », Maison de la recherche de l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, 11 janvier2017.
  • « White Skin, Black Maks : The politics of Cultural Appropriation and the Myth of a Post-Racial America », conférence internationale « Power and Identity : A Cross DisciplinaryConference », Université de Tokyo, Japon, 9 janvier 2017.
  • « Le genre du gangsta-rap : de la bitch à la Bitch », 7ème Congrès International des Recherches Féministes dans la Francophonie, Université du Québec à Montréal (UQAM), 25 août 2015.
  • « "You Can’t Do That". Assignations de genre et reproduction de la matrice hétérosexuelle dans le rock », colloque international « Straight From The Heart : Rock et amour », Université Paul-Valéry Montpellier 3, 16 avril 2014.
  • « Black women artists as organic intellectuals : a study of the role of blues women during the Great Migration », colloque international « African American Music In World Culture : Art as Refuge & Strength in the Struggle for Freedom », Université de Boston (Etats-Unis), 20 mars 2014.
  • « Penser les possibilités d’expression des discours contre-hégémoniques et leurs limites dans les industries culturelles », colloque « Penser l’émancipation », panel « Mainstream et culture commune », 2ème édition, Université Paris Ouest, 19 février 2014.
  • « Blacking Up : Le rock des années cinquante et soixante au prisme du blackface », colloque international « "This is the modern World". Pour une histoire sociale du rock », Université Charles-de-Gaulle Lille 3, 13 juin 2013.
  • « Coloniality of power, postcoloniality of Hip-Hop. The "becoming subject" of plural identities in French rap music », conférence internationale « Changing the tune. Popular music and politics in the XXIst century », MISHA, Université de Strasbourg, 7 juin 2013.
  • « "Let’s Talk About Sex". Politiques sexuelles du rap féminin africain-américain », Sixième Congrès International des Recherches Féministes Francophones, atelier « Sexe, classe et sexualités dans les productions culturelles », Université de Lausanne (Suisse), 30 août 2012.
 

Organisation de journées d’études

  • (avec Pierre Raboud) Organisation de la journée d’études « Mainstreaming popular culture. Les dynamiques hégémoniques dans la culture populaire » (Cresppa-LabToP/IHES) à l’Université Paris 8, 16 octobre 2014.
  • (avec des doctorant.e.s du LabTop et du Cresppa) Organisation de la journée d’études « Politiques de la scientificité 2 : Discipliner les savoirs » à l’Université Paris 8, 3 juin 2013.
  • (avec des doctorant.e.s du LabTop) Organisation de la journée d’études « Politiques de la scientificité et mises en scènes du savoir » à l’Université Paris 8, 4 juin 2012.
 

Valorisation de la recherche

  • Membre du comité scientifique pour le colloque « Interdisciplinarités étudiantes et échanges sur les musiques populaires », 3ème édition, FGO Barbara, 9 décembre 2016.
  • Intervenant extérieur (formateur) lors du café de l’aniamtion du CRIPS « Le rap est-il toujours sexiste ? », 25 novembre 2015.
  • Interviews pour plusieurs journaux (Les Inrocks, Slate, Rue 89 etc.)
 

Enseignements

Nombre total d’heures d’enseignement : 576 HTD

  • 2017-2018 : ATER (section CNU n° 71) – IUT Lille 2 (138 HTD)
  • 2017 : Vacataire – Neoma Business School (54 HTD)
  • 2016 : ATER (section CNU n° 4) temps plein semestrialisé – Université Paris 8 (96 HTD)
  • 2015 : ATER (section CNU n° 4) temps plein semestrialisé – Université Paris 8 (96 HTD)
  • 2011-2014 : Mission d’enseignement - contrat doctoral – Université Paris 8 (192 HTD)

Liste des enseignements :

  • Expression, culture et communication (L1)
  • Psychologie sociale de la communication (L1)
  • The Cultural and Creative Industries (M1)
  • The Economics of Culture (M1)
  • Textes en anglais (L3)
  • Questions contemporaines de Théorie politique (L2)
  • Introduction à la théorie politique (L1)
 

Allocations de recherche et distinctions

  • 2014 : Lauréat de la bourse Edouard Glissant.
  • Septembre 2013-janvier 2014 : Visiting Research Fellow au département d’Africana Studies de Brown University (Etats-Unis), sous la supervision de Tricia Rose
  • Juillet 2011 : Contrat Doctoral décerné par l’École Doctorale « Pratiques et Théories du Sens », ED 31, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis.

^