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Colloques, JE, conférences

vendredi 9 juin 2017 , 09h30 - 17h30 :  Salle de conférences (Site Pouchet du CNRS)

59-61 rue Pouchet, 75017 Paris


Anthropocène. Dernière frontière de la modernité ?

Organisation : Christine CADOT (ANR NatCat)
contact : christine.cadot@univ-paris8.fr

Cette journée d’études, organisée par le CRESPPA-LabTop, interrogera les récits de l’anthropocène à partir de travaux issus de disciplines variées : philosophie, biologie, sociologie, écologie, science politique. C’est dans cette perspective que ce nouveau récit de l’histoire géologique sera interrogé de façon critique. Ce nouveau récit est en effet celui d’un temps où l’activité humaine est devenue la contrainte géologique dominante. Si ce récit est régulièrement associé au chimiste, météorologue et Prix Nobel Paul J. Crutzen, qui rendra le terme célèbre en 2002, l’idée d’un impact humain durable sur l’environnement n’est pas nouvelle – on en trouve trace chez Buffon en 1778 – mais va s’accélérer avec la création du Club de Rome, en 1972 où la question est alors directement liée aux questions relatives au développement d’un modèle économique intensif en capital et en énergie. Ce récit court le risque de nous faire sentir impuissants face aux défis climatiques et environnementaux, abandonnés face aux seules solutions techniques proposées par les scientifiques. Mais cet événement anthropocène (C. Bonneuil et J.-B. Fressoz) court aussi le risque de nous faire tomber dans une fascination morbide pour le récit de la fin de la dichotomie entre humanité et nature (« Welcome to the Fabulous Anthropocene Era ») au nom d’un anthropos indifférencié et dépolitisé.
Ce récit de l’anthropocène n’est donc pas seulement celui d’une nouvelle intelligibilité du passé. Il est un récit qui place l’homme au centre de son monde, interrogeant du même coup la position anthropocentrée du discours qui n’inviter pas à l’optimisme. Qu’en est-il des considérations liées au maintien de la biodiversité, y compris par l’usage de techniques de géo-ingénierie, lorsque l’homme devient la mesure du temps, tout en gouvernant l’espace terrestre des souverainetés nationales ? Quelles conséquences en terme d’extinction des espèces, y compris au sein de l’espèce humaine ? Dans cette « modernité politique » issue de la pensée du droit naturel, y-a-t-il une autre pensée de l’anthropocène en discours qui rende possible la fin de l’anthropocène comme pratique de domination de l’homme sur la nature ?

Programme JE Anthropocène 9 Juin





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