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Séminaire d’étude de la philanthropie en France
Année 2016-2017

Ce séminaire du LabToP-Cresppa (UMR 7217, CNRS-Paris 8-Paris 10) aura lieu les jeudis de 15h à 17h sur le site Pouchet du CNRS, 59/61 rue Pouchet, 75017 Paris, en salle 255. Il est ouvert à toutes les personnes intéressées par les thématiques abordées.
Organisation : Nicolas Duvoux (Université Paris 8/Cresppa-LabToP)
Contact : Nicolas Duvoux

Au cours de sa deuxième saison, ce séminaire continuera à croiser les approches disciplinaires sur la philanthropie. Il participe de la structuration des études sur ce domaine au plan français, francophone et international et associe historiens, philosophes, sociologues et politistes autour de la thématique des contributions privées au bien public.

Résumés des séances

- Séance 1 : Christian TOPALOV (EHESS) : « Paris aristocratique, Paris bourgeois et action charitable en 1900 »
On utilise l’analyse de réseaux pour dresser une carte des mondes de la charité parisienne, de façon à en donner une vision d’ensemble sans jamais perdre de vue les individualités qui les composent. Un modèle simplifié est construit en sélectionnant les personnes qui sont recensées dans les répertoires charitables comme jouant un rôle majeur dans au moins deux œuvres différentes. On définit comme un lien entre deux personnes le fait d’être affiliées à une même œuvre, et la chaîne de ces liens dessine une représentation du réseau charitable parisien. Celui-ci est divisé en diverses régions : celles de l’archevêché, des confessions protestante et israélite, de l’establishment réformateur, des œuvres semi-officielles de la haute bourgeoisie titrée des régimes précédents, de la bienfaisance républicaine, enfin. Ces régions sont toutefois interconnectées par une série d’institutions et de personnes qui sont précisément identifiées et dont on propose une typologie. Cette cartographie sociale permet de comprendre pourquoi la charité parisienne constituait une zone de trêve, voire de coopération entre les deux camps dont le conflit avait l’Affaire Dreyfus pour terrain et symbole.

- Séance 2 : Sylvain LAURENS (EHESS/CESSP), « La philanthropie comme composante du registre d’action patronal : le cas de Bruxelles »
Les firmes multinationales ne mobilisent généralement pas une seule forme de représentation pour porter leurs intérêts auprès des institutions de l’Union Européenne. Les plus mobilisées ont généralement, à côté de leur propre bureau bruxellois, une panoplie de relais pour se faire entendre. Elles contribuent généralement de front à plusieurs business associations, think tanks et table-ronde de décideurs. C’est en réinscrivant le financement de fondations dans cet arc du travail de représentation que l’on peut saisir l’utilité marginale du paravent philanthropique pour les milieux d’affaires. Ce mode d’intervention permet de faire ce que d’autres modes d’interventions ne permettent pas. A partir du cas bruxellois, cette communication se propose de donner quelques hypothèses sur ce pan de la représentation des intérêts économiques.

- Séance 3 : Diane RODET (MCF, Université Lumière Lyon 2, Centre Max Weber) « Des fondations d’ESS : pléonasme ou oxymore ? »
Cette communication vise à interroger la possible appartenance des fondations à l’ « économie sociale et solidaire ». On commencera par rappeler différentes définitions de ce secteur pour souligner les critères permettant d’y inclure les fondations. On indiquera les raisons pour lesquelles, loin d’aller de soi, l’ajout de ces formes d’organisation dans ces définitions est chaque fois questionné, tant du point de vue de leur mode de fonctionnement que des valeurs qui les sous-tendent. On montrera ainsi qu’en dépit d’une grande hétérogénéité, l’ « ESS » s’est précisément construite, dans ses représentations, contre la figure repoussoir de la charité.

- Séance 4 : Anne BORY (MCF, Université Lille I, Clersé), « Mécénat d’entreprise et lutte contre la pauvreté en territoire désindustrialisé »
Le mécénat d’entreprise français s’est orienté de façon croissante vers les associations engagées dans le domaine de la solidarité depuis les années 1990. Des enjeux d’image, divers dispositifs fiscaux et de multiples appels du pied de la part des pouvoirs publics ont largement encouragé à la fois cette redirection et le développement des politiques de mécénat au sein des grandes entreprises, mais également des PME. Une enquête collective menée sur le quotidien des classes populaires dans une ville désindustrialisée du Nord de la France a permis de mesurer la présence des entreprises au travers du mécénat, alors même qu’une grande partie des problèmes économiques et sociaux rencontrés par les habitants sont liés aux politiques d’investissement et de désinvestissement de ces mêmes entreprises (ou de leurs affiliés) depuis des décennies. Il s’agira ici de retracer la construction de certaines de ces politiques de mécénat et d’analyser leur imbrication avec les politiques sociales locales.

Programme

    • 20 octobre 2016 : 15 h00 - 17 h00 - Site Pouchet du CNRS, salle 255

    Séance 1 : Christian TOPALOV (EHESS)

    « Paris aristocratique, Paris bourgeois et action charitable en 1900 »

    • 8 décembre 2016 : 15 h00 - 17 h00 - Site Pouchet du CNRS, salle 255

    Séance 2 : Sylvain LAURENS (EHESS/CESSP)

    « La philanthropie comme composante du registre d’action patronal : le cas de Bruxelles »

    • 9 février 2017 : 15 h00 - 17 h00 - Site Pouchet du CNRS, salle 255

    Séance 3 : Diane RODET (MCF, Université Lumière Lyon 2, Centre Max Weber)

    « Des fondations d’ESS : pléonasme ou oxymore ? »

    • 27 avril 2017 : 15 h00 - 17 h00 - Site Pouchet du CNRS, salle 255

    Séance 4 : Anne BORY (MCF, Université Lille I, Clersé)

    « Mécénat d’entreprise et lutte contre la pauvreté en territoire désindustrialisé »


    14 octobre 2016

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