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Bibliographie 2014-2018

 

  • Mathieu Arbogast, « Plus de leur âge ? La sexualité des femmes de 50 ans dans les séries TV au début du XXIe siècle », Clio. Femmes, Genre, Histoire, n°42, 2015 - p. 165-179.
    Résumé : De manière continue depuis les débuts de la télévision, on observe que les femmes sont minoritaires dans les séries et plus jeunes que les hommes. L’écart d’âge joue un rôle considérable dans les rapports de genre asymétriques et inégaux, notamment dans les couples hétérosexuels. Les comédiennes de plus de 50 ans sont très rares, les personnages qu’elles incarnent proposent des scripts sexuels nouveaux et des représentations originales de la féminité et de la masculinité. Les concepts de masculinité et de féminité hégémoniques éclairent ces fictions télévisées, dans lesquelles l’aspect « excessif » des rapports de genre représentés est une dimension importante.

  • Mathieu Arbogast, « De si jeunes femmes.. Analyse longitudinale des écarts d'âges et des inégalités de genre dans les séries policières », Genre en séries : cinéma, télévision, médias, n°1, 2015 - en ligne : http://genreenseries.weebly.com/uploads/1/1/4/4/11440046/ges_n%C2%B01_arbogast.pdf (Consulté le 16 avril 2015) - 73-99 p.

  • Lorenzo Barrault-Stella, « Produire un retrait de l’État acceptable. Les politiques de fermetures scolaires dans les mondes ruraux contemporains », Gouvernement et action publique, n°3, 2016 - p. 33–58.
    Résumé : Cet article étudie les politiques contemporaines de fermetures scolaires dans les mondes ruraux dans le cadre de la réforme de l’État en France. Basée sur des entretiens, des rapports, des statistiques et des observations lors d’une analyse localisée, l’enquête menée aux niveaux national et local souligne les perspectives de rationalisation budgétaire et organisationnelle au principe de la restriction du service public d’enseignement du premier degré. La restitution conjointe des oppositions politiques nationales, du travail ministériel, de l’élaboration de l’offre scolaire au sein des administrations locales et des négociations avec les syndicats enseignants et les élus locaux éclaire la manière dont ces réformes impliquant un retrait de l’État éducateur sont rendues acceptables.

  • Lorenzo Barrault-Stella, « Jugar con la acción pública educativa. Los usos sociales del mapa escolar en Francia », Sudamérica : Revista de Ciencias Sociales, vol.1, n°4, 2016 - p. 95-113.
    Résumé : El presente artículo aborda un instrumento de la política educativa, el mapa escolar, y los usos que los actores, básicamente familias, instancias administrativas y autoridades políticas, hacen de él.  Se subraya la existencia de múltiples juegos institucionales y sociales a los que da lugar el mapa escolar. A pesar de su fuerza propia, este instrumento aparece como relativamente flexible tanto para los agentes públicos como para las familias, dado que puede ser objeto de acondicionamientos, autoriza situaciones que no son alcanzadas por la norma, y permite arreglos negociados caso por caso. El análisis del instrumento mapa escolar desde el punto de vista de sus usos institucionales y sociales, es decir, por medio de la observación de las distintas maneras en que los actores (agentes públicos y usuarios) se lo apropian (o no), permite actualizar ciertas estructuras relacionales de la acción pública educativa. Las diferentes maneras de relacionarse con el instrumento, así como las luchas en torno a su definición y sus usos, señalan las tensiones y las relaciones de fuerza de este sector de intervención pública. En última instancia, lo que se revela es la existencia de una pluralidad de mapas escolares determinados por contextos y relaciones entre actores.

  • Lorenzo Barrault-Stella et Clémentine Berjaud, « Political practices from the sidelines: A qualitative approach to political ambivalence in contemporary working-class youth in France », French Politics, vol.13, n°3, 2015 - p. 221-240.
    Résumé : As a supplement to the classic works of electoral studies, this article investigates the relationships to politics and vote of working-class youth from the Parisian banlieues on the basis of a qualitative field study conducted during the 2012 presidential campaign. In doing so it addresses the general question of why and how a population that is usually seen as disconnected from politics votes anyway. We show that disinterest in politics does not equate to dispossession. Internal divides within the working class, elliptic appropriations, personal references and everyday life all contribute to the construction of opinions that translate into electoral positions. Finally, this article constitutes a methodological contribution to electoral sociology in addition to quantitative works.

  • Lorenzo Barrault-Stella, Sandrine Garcia et Anne-Élise Vélu, « Faire preuve de sa spécificité pour se maintenir. Le travail d’entretien du territoire professionnel des rééducateurs de l’Éducation nationale (2007-2015) », Sociologie du Travail, vol.58, n°3, 2016 - p. 296-317.
    Résumé : Résumé Fondé sur des archives, des entretiens et des enquêtes ethnographiques dans plusieurs écoles, cet article analyse les modalités par lesquelles un groupe professionnel peu connu, les rééducateurs de l’Éducation nationale (appelés « maîtres G » et chargés d’accompagner les élèves en difficulté d’apprentissage), défend une expertise spécifique et entretient son territoire dans la période contemporaine. Entre 2007 et 2012, la profession voit sa juridiction menacée politiquement par un projet visant à supprimer cette fonction, dans un contexte de concurrence exacerbée avec d’autres professionnels de la lutte contre l’échec scolaire. Les rééducateurs se défendent à travers leur organisation nationale, la Fédération nationale des associations des rééducateurs de l’Éducation nationale (FNAREN), et obtiennent une extension de leurs prérogatives à la faveur de l’alternance politique de 2012. Mais c’est surtout à travers leurs pratiques professionnelles quotidiennes qu’ils mettent en œuvre un important travail d’inférence, visant à prouver la singularité de leur expertise (à mi-chemin entre celle des enseignants « ordinaires » et celle des psychologues) et l’efficacité de leurs traitements. L’observation de situations de travail, de la constitution de leurs clientèles et de leurs relations avec les autres professionnels de la lutte contre l’échec scolaire avec lesquels ils sont en concurrence potentielle, permet de souligner la manière dont ils entretiennent en acte la juridiction du groupe, son crédit et sa légitimité en mettant en avant leur spécificité professionnelle. Abstract Drawing on archives, interviews and ethnographic surveys in several schools, this paper seeks to analyse the methods whereby a little-known professional group — remedial teachers within France's national education system (also known as ‘G masters’) — continues to maintain its specific expertise and professional territory. Over the period 2007-2012, the profession saw its jurisdiction and its existence come under political threat, in a context of fierce competition with other professionals dedicated to addressing educational failure. Defending their interests through their national organisation (FNAREN), remedial teachers eventually succeeded in maintaining their prerogatives as a result of the change of government in 2012. However, it was essentially through their day-to-day practices in schools that they managed to maintain status, by seeking to demonstrate the exclusivity of their expertise (half-way between ‘ordinary’ teachers and psychologists) and the effectiveness of their solutions. Observing their work in situ, how they build their clientele within schools and their tangible relationships with other professionals also involved in combating educational failure, with whom they are potentially in competition, highlights the way in which they maintain the jurisdiction, credibility and legitimacy of their activity, by emphasising their own professional specificity.

  • Lorenzo Barrault-Stella et Cécile Hess, « Sur quelques techniques enseignantes du maintien de l’ordre. Ethnographie du travail de conformation au sein d’un collège populaire », Education et sociétés, n°36, 2015 - p. 103-117.
    Résumé : À partir d’une enquête ethnographique, le travail institutionnel de conformation des élèves difficiles mis en œuvre par les enseignants dans un collège populaire urbain en France est analysé. Le recours à la sociologie politique des institutions vise à saisir les techniques par lesquelles les enseignants tentent de (r)établir de l’ordre et de rendre les élèves conformes aux attentes de l’institution, notamment ceux des milieux populaires régulièrement considérés comme les plus déviants. Il permet aussi d’observer comment les professionnels de l’école et leurs publics ajustent chacun leur rôle en situation et négocient leur autonomie dans un environnement fortement marqué et normé par le politique, éclairant au passage quelques mécanismes étatiques d’encadrement des classes populaires dans l’institution scolaire.

  • Lorenzo Barrault-Stella et Nazli Nozarian, « La mobilisation d’étudiants dans une enquête autour de bureaux de vote », Pôle Sud, n°44, 2016 - p. 21-34.
    Résumé : Cet article vise à partager une expérience collective de passation de questionnaires sortie d’urnes associant des étudiants et prenant place au sein d’une enquête ethnographique relative aux inégalités de politisation. Pointant de manière réflexive les intérêts et les limites de ce type de démarche de production de matériaux quantitatifs de première main, le texte ouvre la boîte noire de la « cuisine empirique », en abordant concrètement les modalités de construction d’un collectif d’étudiants en vue de la passation de QSU lors des trois scrutins des élections municipales et européennes de 2014 en France. Ce partage peu commun de quelques « ficelles » et savoir-faire en matière d’investigations autour de bureaux de vote s’inscrit dans les réflexions collectives sur la fabrique de matériaux d’enquête fiables dans le contexte contemporain de faible financement de la recherche.

  • Yannick Barthe, Damien de Blic, Jean-Philippe Heurtin, Éric Lagneau, Cyril Lemieux et Dominique Linhardt, « Sociologie pragmatique : mode d'emploi », Politix, n°103, 2013 - p. 175-204.
    Résumé : En trente ans, la « sociologie pragmatique » (aussi dénommée « sociologie des épreuves ») a produit des enquêtes empiriques touchant à l’ensemble des domaines de la vie sociale. En conformité avec les postulats théoriques qu’ils entendaient défendre, les chercheurs qui se reconnaissent dans ce courant sociologique ont mis au point des façons sensiblement nouvelles de conduire l’enquête, de collecter les données, d’explorer les terrains, de penser par cas et de se servir des controverses et des affaires comme points d’entrée dans l’ordre social et dans la question de sa problématique reproduction. L’objectif de cet article est de caractériser en dix points le style pragmatique en sociologie et de préciser ce que sont ses réquisits méthodologiques et ses conséquences pratiques dans la conduite du travail d’enquête.

  • Régine Bercot, « Le devenir des femmes en chirurgie », Travail et Emploi, n°141, 2015 - p. 37-52.
    Résumé : Comment expliquer que la chirurgie soit si peu attractive pour les femmes ? Dans quelle mesure leur absence est-elle rédhibitoire ? Les femmes de la génération actuelle entretiennent un rapport au travail très différent de leurs aînées. Majoritaires au concours d’entrée en médecine, elles sont peu attirées par la chirurgie, en tous les cas par certaines spécialités chirurgicales. On peut de fait y distinguer deux « mondes sociaux », se caractérisant par deux ethos différenciés dans lesquels les femmes s’insèrent puis font carrière. Le premier monde, celui de la chirurgie traditionnelle, est incontournable car il est au centre de la formation. D’autres spécialités développent, quant à elles, un ethos alternatif plus favorable à l’entrée des femmes, auxquelles elles ne peuvent toutefois accéder que par la suite. Étant donné les modalités d’un apprentissage effectué sur le mode du compagnonnage, l’accueil fait aux étudiants (externes et internes) et les interactions avec les chirurgiens seniors jouent un rôle essentiel sur l’envie de devenir chirurgien-ne. Nous verrons que les femmes doivent négocier leur identité sociale durant la formation pour se ménager l’aide des seniors et pouvoir supporter ce passage en chirurgie traditionnelle.

  • Régine Bercot, Jussara Brito, Chantal Horellou-Lafarge, Simone Oliveira, Lucia Rotenberg et Mary Yale Neves, « Saúde, gênero e reconhecimento no trabalho das professoras : convergências e diferenças no Brasil e na França », Physis, vol.24, n°2, 2014 - p. 589-605.
    Résumé : O presente artigo trata do reconhecimento do trabalho das professoras e suas implicações sobre a saúde em dois diferentes contextos econômicos e sociais: de um país da América Latina (Brasil) e de um país europeu (França). Baseia-se, principalmente, nas contribuições teóricas da psicodinâmica do trabalho e das ciências sociais, apresentando exemplos oriundos de diversas pesquisas. Observa-se que, apesar das diferenças em relação às condições laborais das professoras nos dois países, o não reconhecimento de seu trabalho está presente em ambos os contextos. Os baixos salários (mesmo considerando-se as especificidades de cada um desses contextos) e a falta de valorização dos esforços feitos no cotidiano profissional são a prova disso. No entanto, na França, o mal-estar das professoras advém, sobretudo, de dúvidas sobre a utilidade social do trabalho docente, frente às inúmeras reformas e às defasagens no nível de escolaridade dos alunos. No caso do Brasil, o malestar decorre especialmente da precariedade das condições de trabalho, que sinalizam a desvalorização da profissional, destacando-se o número excessivo de alunos por turma e a necessidade de complementação salarial. Nos dois casos registra-se a importância do reconhecimento pelos alunos e do trabalho em equipe na preservação da saúde.

  • Céline Bessière et Sibylle Gollac, « Des exploitations agricoles au travers de l'épreuve du divorce. Rapports sociaux de classe et de sexe dans l'agriculture », Sociétés contemporaines, n°96, 2015 - p. 77-108.
    Résumé : L’augmentation des séparations conjugales touche toutes les catégories socioprofessionnelles, y compris les agriculteurs. Cet article s’appuie sur un corpus d’une vingtaine de dossiers judiciaires de divorces impliquant un agriculteur ou une agricultrice entre 2009 et 2011. Il examine les modalités selon lesquelles les exploitations agricoles résistent (ou non) au divorce. L’analyse se concentre sur les disparités entre agriculteurs. Les dossiers judiciaires de divorce témoignent de l’existence de groupes sociaux d’agriculteurs inégalement dotés en capitaux économiques, culturels et sociaux, au sein desquels les séparations conjugales n’ont pas les mêmes conséquences. L’article met également en lumière le fait que l’institution judiciaire ne reconnaît pas la contribution économique (productive ou aujourd’hui de plus en plus souvent financière) des femmes dans les exploitations agricoles. Ainsi, la perpétuation de la domination masculine, selon des modalités renouvelées, participe à la reproduction de rapports de classe dans l’agriculture.

  • Céline Bessière, Sibylle Gollac et Muriel Mille, « Féminisation de la magistrature : quel est le problème ? », Travail, genre et sociétés, n°36, 2016 - p. 175-180.
    Résumé : Alors que les femmes n’ont accédé à la fonction de magistrate qu’en 1946, elles représentent aujourd’hui 60 % des juges en poste et constituent 80 % des promotions de l’École nationale de la magistrature. Anne Boigeol a montré combien cette féminisation rapide d’une profession des classes supérieures a suscité de fortes résistances en son sein. Dans les années 1950, les rapports des jurys de concours,...

  • Catherine Bonvalet et Céline Clément, « Un baby-boom, des baby-boomeuses? Trajectoires professionnelles des femmes françaises issues du baby-boom », Enfances Familles Générations, 2015 - en ligne : http://www.efg.inrs.ca/index.php/EFG/article/view/463 (Consulté le 25 novembre 2015).
    Résumé : In the normal scheme of things in the 1960s, life outside the family was reserved for men only, while women were considered “queens of the household.” Though raised according to this model, generations of women born post-war would nevertheless free themselves of it and gain more autonomy by developing new lifestyles both within their relationships and families but also outside of these private spheres. Once women were able to receive an education and take control of their fertility—choosing when and how many children to have—their life trajectories began to diversify, in particular in terms of their careers, as evidenced by their large-scale and permanent entrance into the job market starting in 1960. This was a major sociological change at the time and a radical transformation of employment status, with women moving from staying at home, to working some of the time, and leading to the model we have today, that of full-time employment and even holding multiple jobs (Maruani, 2000). Yet while the baby-boom generations are often viewed as the initiators of this latter model, a number of different employment models currently coexist. The goal of this article is to describe, over the long term, these various employment models by way of 32 life histories of women from the first-generation of baby boomers (i.e., born between 1945 and 1954) taken in Paris and the surrounding region. These activity profiles constructed starting from childhood—in particular stemming from maternal imprinting (Battagliola, 1987), to modes of entry into adulthood, the root of social differentiation and female trajectories (Blöss et al. , 1996), to the end of their working lives—can then be explored and used to establish a typology (knowing full well that such models are both highly changeable and permeable, since women may move from one model to another, especially if they separate). Such changes do not occur for everyone or at the same moment in life, which results in a heterogeneity of career paths but also in different visions women’s place in the family and in society, since these different models greatly influence how families are organized and represented, and they influence women’s trajectories, especially in terms of their conjugal relationships.

  • Paul Bouffartigue et Sabine Fortino, « Genre(s) au travail. Présentation du Corpus », La nouvelle revue du travail, n°10, 2017 - en ligne : http://nrt.revues.org/3037 (Consulté le 5 avril 2017).
    Résumé : Ce corpus de la Nouvelle Revue du Travail se propose d’explorer l’intérêt et les apports d’une lecture genrée des dynamiques des mondes du travail contemporain. Nous avons souhaité questionner ensemble « rapports de genre » et « rapports au travail » dans un contexte où s’exacerbent, dans ces deux registres comme dans leurs intersections, les tensions entre les dynamiques d’émancipation et le renouvellement ou l’aggravation des logiques de domination. Il s’agissait en particulier de soumettre...

  • Rafik Bouklia-Hassane et Fatiha Talahite, « ‪La féminisation de l’immigration algérienne dans les pays de l’OCDE au tournant du XXIe siècle‪ », Hommes & Migrations, n°1311, 2016 - p. 63-70.
    Résumé : La dynamique de féminisation de la migration internationale comporte des déterminants socio-économiques qu’il importe de distinguer. Dans leur décision migratoire, les femmes comparent différents facteurs entre leur pays d’origine et de destination : taux de chômage, possibilité de participer au marché du travail, structure démographique des populations concernées... Dans le cas de l’émigration algérienne, c’est moins le regroupement familial que la volonté d’intégration économique qui détermine la migration des compétences féminines.

  • Jean Boutier et Yves Sintomer, « La République de Florence (12e-16e siècle): Enjeux historiques et politiques », Revue française de science politique, vol.64, n°6, 2014 - p. 1055-1199.
    Résumé : Les communes médiévales et renaissantes ont réinventé le politique, entendu au sens d’un débat public sur les choses de la cité appuyé sur des procédures électives et délibératives permettant aux citoyens une participation politique institutionnalisée. La Commune de Florence occupe une place centrale dans cette évolution, mais ce moment important de l’histoire occidentale reste largement méconnu chez les auteurs francophones, et tout particulièrement chez les politistes. Cet article introduit le numéro de la Revue française de science politique sur l’histoire politique de Florence, centré sur les procédures institutionnelles permettant de prendre des décisions et de choisir les magistrats. Il en souligne certains des principaux enjeux pour les recherches sur le politique, bien au-delà des spécialistes de l’histoire florentine.

  • Thomas Brisson, « Pour une sociologie des critiques postcoloniales: Tu Weiming et le néoconfucianisme nord-américain », Sociétés contemporaines, vol.93, n°1, 2014 - p. 89-109.
    Résumé : L'article propose une analyse sociologique des critiques postcoloniales formulées par des intellectuels arabes, indiens ou asiatiques. Partant du constat que la plupart de ces critiques émanent d'intellectuels résidant et travaillant en Occident (le plus souvent dans les universités américaines) il cherche à approfondir l'analyse des déterminations qui forment le cadre dans lequel s'élaborent ces pensées de rupture : à l'effet propre du déplacement ou de l'exil s'ajoute à la fois celui de disciplines et d'espaces académiques auxquels appartiennent ces intellectuels, ainsi que celui d'une histoire politique internationale plus générale. La pertinence de cette grille d'analyse qui cherche à rendre compte de productions intellectuelles en combinant trajectoires singulières, espaces de savoir et déterminations politiques globales, est mise à l'épreuve à partir du cas particulier de Tu Weiming, intellectuel sino-américain considéré comme l'un des représentants les plus importants du courant néo-confucéen.

  • Carole Brugeilles, « L'accouchement par césarienne, un risque pour les droits reproductifs ? », Autrepart, n°70, 2015 - p. 143-164.
    Résumé : La possibilité d’accoucher par césarienne est souvent associée à l’amélioration de la santé de la reproduction et au respect des droits qui lui sont associés. Dans les pays du Sud, elle est rarement pratiquée dans certains contextes, ce qui est préjudiciable à la santé et ne garantit pas les droits reproductifs, alors que dans d’autres, sa fréquence élevée suscite des controverses. Cet article propose de discuter les relations complexes de l’accouchement par césarienne avec la santé et les droits reproductifs. L’utilisation massive de la césarienne représente-t-elle une limite à la santé reproductive et une entrave à l’exercice des droits reproductifs ? L’analyse est fondée sur une synthèse bibliographique de références principalement médicales, épidémiologiques et de santé publique, les sciences sociales étant relativement en retrait sur cette question. Une attention particulière est portée à l’Amérique latine, sous-continent très concerné par « l’épidémie de césariennes ».

  • Carole Brugeilles, « Las cesáreas. ¿Un medio para regular la fecundidad? », Coyuntura Demográfica, n°6, 2014 - p. 35-41.

  • Xavier Bry, Nicolas Robette et Olivier Roueff, « A dialogue of the deaf in the statistical theater? Adressing structural effects within a geometric data analysis framework », Quality & Quantity. International Journal of Methodology, vol.50, n°3, 2015 - p. 1009-1020.
    Résumé : Since their introduction in the late 1960s, the “moderate”, and moreover “metrological” and “hypermetrological” uses of regression models quickly became the dominant quantitative approach in the Anglo-Saxon social sciences. This “sociology of the variables” has been the subject of many critical insights, with little impact on its dominance. By contrast, the French situation is quite different, mainly because of the strong association between Pierre Bourdieu’s research program and the correspondence analysis methods. In this context, the relationship between geometric data analysis and regression models has turned into a “dialogue of the deaf”. Complementarity is sometimes emphasized, correspondence analysis being associated with exploration and description of the data, and regressions being used to explain, reject or confirm assumptions. But regression models may also be used in order to analyze structural effects within a framework of geometrical data analysis, e.g. by visualizing graphically the results of a regression (Rouanet et al. in Math Sci Hum 160:13–46, 2002; Lebaron 2013). We propose a new multi-step approach, “Standardized Factor Analysis”, which relies on geometric analysis and uses linear regression in a second stage in order to uncover structural effects in the original space. We illustrate it with data about tastes for cinema in France. We conclude by raising a more general set of questions about causality: social determinisms, even well established, are partial in the sense that they produce their effects only when associated with each other.

  • Sylvaine Bulle, « La règle et la pratique. La cas du conflit israélo-palestinien dans le dernière décennie (2004–2014) », International Review of Sociology, vol.25, n°2, 2015 - p. 299-317.
    Résumé : Cette contribution analyse le gouvernement par les normes dans le conflit israélo palestinien depuis une décennie. L’hypothèse est que le droit et l’ensemble des dispositifs sécuritaires et juridiques, s’ils sont intimement liés à l’ordre du contrôle et d’une certaine domination, donnent lieu à différentes représentations cognitives. L’enjeu est pour certains agents de se saisir des règles à l’œuvre dans les dispositifs de contrôle et d’en faire un usage pratique, voire stratégique. L’étude questionne ainsi la porosité morale des dispositifs de gestion de ce conflit et la diversité des conduites morales. Différents cas de figures (la mobilité économique et résidentielle, la lutte contre les expropriations ou la conquête des droits au travail) permettent de poser un regard contrasté sur la qualification de cette réalité sécuritaire par les citoyens Palestiniens de Cisjordanie ou de Jérusalem. L’étude s’appuie sur un ensemble de matériaux d’enquête, qui renvoient à des évènements différents propres à fonder des configurations socio spatiales, permettent d’analyser certaines justifications ou les motifs d’action de citoyens, pris dans les dispositifs juridico-normatifs.

  • Sylvaine Bulle, « Se réapproprier un village abandonné en Galilée : une « prise » territoriale comme forme de contestation », Politix, n°117, 2017 - p. 145-169.
    Résumé : L’article examine la réappropriation d’un village abandonné, en Haute-Galilée (Nord d’Israël), depuis 2013, par un collectif de jeunes Israéliens arabes issus de la troisième génération de réfugiés palestiniens. Cette action collective, irrégulière, relève d’une forme d’activisme d’un nouveau type consistant à occuper discrètement des lieux contestés, comme un village détruit depuis la guerre de 1948, sans véritablement atteindre ni attendre une visibilité ou une visée politique de grande portée et propre à la cause palestinienne. Il s’agit là d’un agir contestataire, qui consiste à se replier sur un territoire originel et à marquer ainsi une forme de rupture avec l’État israélien. Trois aspects sont traités ici. Le premier concerne le ressentiment de jeunes Palestiniens à l’égard du cadre politique national, qui déclenche l’occupation discrète d’un village qualifiée de « prise » territoriale. Le second concerne le langage de cette occupation, analysée pragmatiquement à partir d’un milieu de vie reconstruit. Enfin, la portée politique de l’action collective de réappropriation d’un territoire est interrogée, dans la mesure où elle relève de la mise à l’épreuve de l’État d’Israël, au regard non seulement d’une dénonciation du modèle national, mais aussi dans le but de s’en détacher. This article examines the reappropriation of an abandoned village in Upper Galilee (Northern Israel) since 2013 by a group of young Israeli Arabs, descendants of the third generation of Palestinian refugees, thereby transforming the space. This irregular collective action is a form of activism consisting of discreetly occupying contested places, such as a village destroyed during the war of 1948, without seeking any political visibility. It highlights an aspect of a discreet struggle against instituted totalities such as the Israeli State and its political frame. The first aspect of the analysis concerns the resentment of young Palestinians—descendants of refugees—towards national policies. The second aspect concerns the style of the spatial contestation, analyzed pragmatically here, and valorizing the living environments. Finally, the political scope of the collective action of the reappropriation of a territory is examined, insofar as it puts the State of Israel to the test, with regard not only to a denunciation of the national level model, but also in terms of how it aims to break away from it. It interrogates the hypothesis of autonomy or secession in such a project, embodied in a defined territory, referring to the discourses and practices of the occupiers.

  • Sylvaine Bulle, « Faire de sa vie une enquête: Le cas d'un mouvement de contestation en Israël comme critique ordinaire et critique radicale », Lien social et Politiques, n°71, 2014 - p. 103-123.
    Résumé : En Israël où une contestation sociale importante a vu le jour dans le contexte des « Printemps des peuples ». Elle fut marquée par l’apparition de mobilisations non cadrées et d’espaces inédits de débat et de critique, comme la création d’une assemblée et d’un tribunal du peuple qui s’est tenu à la fin de 2012. Il s’agit, dans cette étude, d’appréhender ces nouveaux engagements en public qui donnent vie au langage ordinaire sans que celui-ci ne soit dénoué de ses fonctions critiques et argumentatives. L’enjeu général consiste à lire ces différentes actions sous le prisme du renouvellement de la critique sociale. Un enjeu particulier consiste à se demander dans quelle mesure et par quelles voies ces « indignations ordinaires » (au sens où la critique est « prise » dans l’environnement quotidien des acteurs) peuvent être des indignations radicales, portant sur une remise en question les institutions. L’article porte en particulier sur le tribunal du peuple qui s’est tenu en 2011 en Israël, dans le sillage du soulèvement populaire.

  • Aude Béliard, Aurélie Damamme, Jean-Sébastien Eideliman et Delphine Moreau, « "C’est pour son bien". La décision pour autrui comme enjeu micro-politique », Sciences sociales et santé, vol.33, n°3, 2015 - p. 5-14.
    Résumé : Les sociétés occidentales contemporaines postulent et promeuvent la figure d’un individu autonome et responsable (Ehrenberg, 2010). Différentes politiques publiques et lois récentes en témoignent, à travers le développement de dispositifs visant à garantir l’autonomie des personnes, à la préserver et à encourager son développement (Winance, 2007), que ce soit dans les domaines sanitaire, social et médico-social ou dans celui de la protection des majeurs. Dans le contexte français, l’évolution législative a tendu à redistribuer la légitimité à décider du côté du patient, mais dans certaines limites et sans lui attribuer la pleine souveraineté sur les décisions qui le concernent (Thouvenin, 2007). Les possibilités de protection juridique et administrative des personnes considérées comme incapables de décider pour elles-mêmes ont aussi été remaniées par la loi de 2007 sur les tutelles (Eyraud, 2013). Celle-ci réaffirme la frontière entre problèmes sociaux (renvoyés à des mesures de protection administrative) et problèmes médicaux (justifiant les mesures juridiques). De même, la réforme des soins sans consentement en psychiatrie, en introduisant le contrôle systématique des hospitalisations par le juge des libertés, a modifié l’équilibre de répartition des pouvoirs entre instances médicales et judiciaires. Paradoxalement, au-delà de la promotion de cette figure de l’individu acteur de sa propre vie, usager et citoyen (Breviglieri, 2008), ces dispositifs reflètent la production publique d’interrogations politiques et morales au sujet de personnes qui voient leur capacité à décider pour elles-mêmes tout à la fois mise en doute et protégée, suscitée et soumise à évaluation. ...

  • Coline Cardi, « Les quartiers mères-enfants : l’ "autre côté" du dedans », Champ pénal/Penal field, vol.XI, 2014 - en ligne : http://champpenal.revues.org/8762 (Consulté le 22 janvier 2014).
    Résumé : À partir d’une étude ethnographique des « quartiers mères-enfants » en prisons de femmes, réalisée sur la base d’archives, d’entretiens et d’observations, cet article éclaire la dimension genrée du traitement pénitentiaire et, au-delà, du contrôle social des femmes. Les dispositions législatives spécifiques aux conditions de détention des mères sont, dans les textes réglementaires et dans les pratiques, plutôt avantageuses et témoignent, en miroir, de la logique de protection qui entoure les mères devant la justice pénale. Cependant, ce traitement en apparence plus favorable pour certaines, se solde en fait par d’autres types de contrôles. Protégées, les mères sont aussi placées sous surveillance, parce que perçues comme une population à risque. Le risque n’est pas ici seulement d’ordre sécuritaire : il désigne le danger éducatif et psychologique que peuvent représenter ces femmes, potentielles « mauvaises mères ». On observe ainsi la mise en place de disciplines au féminin à l’intérieur de la prison, mais aussi aux marges du carcéral, dans des dispositifs régis par le droit civil et le droit social quand ils touchent à la famille et à la protection sociale. Entrent ainsi en interaction, dans l’espace même de la détention et de la pénalité, des dispositifs et des législations rarement appréhendés ensemble. En ce sens, si la nurserie se présente comme une zone d’exception au sein de l’univers carcéral, il est en fait à l’image des logiques d’encadrement de la maternité qui président dans et hors les murs et se partagent entre pénalité et protection.

  • Coline Cardi et Stéphanie Latte Abdallah, « Vécus de la carcéralité des mères et des pères », Champ pénal/Penal field, vol.XI, 2014 - en ligne : http://champpenal.revues.org/8815 (Consulté le 22 juin 2014).
    Résumé : La question des liens familiaux des femmes et des hommes incarcéré.e.s, si elle est longtemps restée dans l’ombre, a connu un regain d’intérêt en France depuis une quinzaine d’années. Cet essor des recherches françaises résulte du croisement récent de domaines de la sociologie qui s’étaient jusqu’à présent développés séparément : la sociologie de la prison, la sociologie de la famille et la sociologie du genre. Il est également le résultat des évolutions en matière de droits des détenus (et, ...

  • Coline Cardi et Geneviève Pruvost, « Thinking Women’s Violence »traduit par Will Bishop, Sylvia Schafer, , History of the Present, vol.5, n°2, 2015 - en ligne : http://www.jstor.org/stable/10.5406/historypresent.5.2.0200 (Consulté le 24 octobre 2016) - 200-216 p.
    Résumé : Exhuming, denaturalizing, historicizing, and politicizing women's violence implicitly means pointing out something fundamentally unthought that undergirds a major share of the research on violence. Such studies tend to consider only masculine forms of violence and relegate the minority participation of women to the margins without noting the gendered dimension of the categories in use. The task before us, then, is not only to qualify the minimal participation of women by showing their more active role, but also to interrogate the social order that undergirds the assignation of women to the position of "a-violence," not to be confused with the political position of nonviolence . . .

  • Vanessa Codaccioni, « La pathologisation de l’activisme radical », Genèses, n°107, 2017 - p. 10-31.
    Résumé : L’article, qui s’appuie sur le dépouillement d’archives d’une juridiction d’exception, la Cour de sûreté de l’État, vise à comprendre la systématisation du recours à l’expertise psychiatrique dans le cadre de la répression des « ennemis publics ». Il essaie dès lors d’en dégager les conditions de possibilité, en insistant sur le bouleversement des logiques répressives induit par la création d’un nouveau tribunal spécialisé dans le jugement des crimes et des délits politiques. Ce faisant, il éclaire aussi les modalités de résistance à cette pratique, inédite par sa banalisation, et la manière dont elle peut être détournée par les militants. Il s’agit surtout de montrer en quoi l’expertise psychiatrique participe d’une pathologisation du militantisme radical, par des procédés complémentaires d’anormalisation/normalisation des illégalismes commis ; et, plus généralement, comment elle favorise le long processus de dépolitisation des crimes et des délits. The article, which is based on research in the archives of the French State Security Court (a court of special jurisdiction), seeks to understand the process through which recourse to psychiatric expertise became systematic in the suppression of “public enemies.” It then turns to discerning its conditions of possibility, stressing the disruptive impact that the creation of a new tribunal specialized in ruling on political crimes and misdemeanors had on repressive approaches. In so doing, it also sheds light on ways of resisting this new practice as it became commonplace, and how it can be appropriated by activists. It ultimately demonstrates how psychiatric expertise contributes to the pathologization of radical activism through the complementary procedures of abnormalization/normalization of the committed illegal acts, and, more generally, how such expertise favors the gradual process of depoliticizing crimes and misdemeanors.
  • Vanessa Codaccioni, « La place de l’autorité judiciaire dans l’antiterrorisme : des juridictions politiques à l’avènement d’une justice d’exception policière et administrative », Les cahiers de la justice, n°3, 2016 - p. 549-557.

  • Vanessa Codaccioni, « Justice populaire et mimétisme judiciaire. Les maoïstes dans et hors la cour de sûreté de l’État », Droit et société, n°89, 2015 - p. 17-33.
    Résumé : À travers les usages politiques de la forme procès par les membres de la Gauche prolétarienne au début des années 1970, cet article interroge les liens entre mimétisme judiciaire et justice populaire. Il met en évidence la difficile dialectique entre lutte anti-judiciaire et appel à la justice du peuple, et analyse le caractère indépassable du procès pour les opposants réprimés. Plus généralement, en se focalisant sur les récupérations militantes de l’appareil juridictionnel existant (les procès politiques et les tribunaux populaires), il s’agit ici de rendre compte de la fascination exercée par la Justice sur ceux qui veulent se réapproprier le monopole de la violence physique étatique, et l’utiliser pour punir ceux épargnés par la loi et, au-delà, créer un nouvel État.

  • Vanessa Codaccioni, « Au cœur de la généalogie de l’antiterrorisme, une juridiction d’exception : la cour de sûreté de l’Etat », Archives de politique criminelle, n°38, 2016 - p. 47-58.

  • Sylvie Contrepois, « Deindustrialisation, regeneration, mobilisation…and human drama in capitalist economies », Labor History, vol.56, n°1, 2015 - p. 83-88 - (Review Symposium).
  • Maria E. Cosio Zavala, « La frontière Mexique-États-Unis », Questions internationales, 79-80, 2016 - p. 58-60.

  • Baptiste Coulmont, « Police économique : le petit commerce pornographique sous l'œil de la police, 1965-1971 », Regards croisés sur l'économie, n°14, 2014 - p. 25-37.
    Résumé : Avant 1973, le commerce pornographique est un commerce clandestin, étroitement surveillé par la police des mœurs. En utilisant les rapports d’enquête, cet article montre que cette brigade qui semble spécifique agit comme une police économique, en repérant sous l’angle du marché, de l’échange et de l’organisation économique tout un ensemble de pratiques.

  • Baptiste Coulmont, « Le petit peuple des sociologues. Anonymes et pseudonymes dans la sociologie française. », Genèses, n°107, 2017 - p. 153-175.
    Résumé : Alors que l’usage des prénoms pour faire référence aux personnes enquêtées était inexistant en 1960, un travail d’objectivation quantitative portant sur un large corpus de textes sociologiques établit qu’un tiers des articles y font recours aujourd’hui. Cette forme d’écriture a quatre justifications : elle permet de saisir l’enquêté comme le personnage d’un récit, d’indiquer son origine sociale, de se positionner théoriquement, et aussi de retranscrire certains modes d’interpellation pendant l’enquête. Si cette volonté de singularisation semble présider au choix du prénom, l’enquête révèle que les enquêtés recevant un prénom sont surtout des membres des classes populaires ou des enfants – un petit peuple.
  • Baptiste Coulmont, « Des prénoms qui ont du chien. Le partage des prénoms entre hommes et chiens. », Annales de démographie historique, n°1, 2016 - p. 151-170.

  • Baptiste Coulmont, « Changing One’s First Name in France: A Fountain of Youth? », Names, vol.62, n°3, 2014 - p. 137-146.
    Résumé : A change of name is a change of identity. Many studies have focused on changes in ethnic identity, because those who change their name are often descendants of migrants or migrants themselves. This article focuses on first name changes in France. It shows that those who change their first name are indeed overwhelmingly the descendants of migrants, but that their identity change is multidimensional. Changing one’s first name is also a way to get a younger first name.

  • Baptiste Coulmont, « Églises africaines à l’affiche à Paris », Afrique contemporaine, n°252, 2015 - p. 138-139.
    Résumé : Depuis le début des années 2000, des affiches pour des événements organisés par des pasteurs d’Églises africaines ou caribéennes inondent les quartiers africains de Paris et de sa banlieue. Deux cents ont pu être recueillies dans le quartier de Château Rouge, à Paris, entre 2008 et 2011. Leur ressemblance est frappante : elles semblent suivre une formule graphique et sémantique qui se prête rapidement à l’analyse quantitative.

  • Thierry Coville, Nasser Mohajer et Mehrdad Vahabi, « Faits politiques et économiques majeurs depuis la révolution de 1979 », Revue internationale des études du développement, n°229, 2017 - p. 171-182.
    Résumé : 16 janvier 1979 Le Chah d’Iran Muhammad Reza Pahlavi et l’impératrice Farah quittent brusquement l’Iran le lendemain de la nomination du nouveau Premier ministre, Shapour Bakhtiar, par le Parlement iranien (Majles).1er février 1979 Retour triomphal de l’ayatollah Khomeini au pays et formation du gouvernement provisoire de l’Iran dirigé par le Premier ministre Mehdi Bazargan, le chef...

  • Claude Dargent et Guy Michelat, « Système symbolique catholique et comportements électoraux », Revue française de science politique, vol.65, n°1, 2015 - p. 27–60.
    Résumé : Avec constance, les sciences sociales établissent depuis un siècle le lien étroit qui unit catholicisme et vote de droite en France. Malgré les profondes transformations qui ont affecté champ religieux et champ politique, cette relation se vérifie de nouveau lors de l’élection présidentielle de 2012. Croissant avec la fréquence de l’assistance à l’office, la propension des catholiques à voter à droite se révèle indépendante de leurs autres caractéristiques sociodémographiques. Par ailleurs, libéralisme économique et ethno-autoritarisme, qui s’accompagnent d’attitudes et de comportements politiques conservateurs, vont également de pair avec une augmentation du degré d’intégration au catholicisme. Cependant, même une fois contrôlée la position sur ces deux échelles d’attitudes, l’effet de la pratique catholique sur le vote de droite demeure.

  • Aurélien Dasre, Angela Greulich et Ceren Inan, « Two or Three Children? Turkish Fertility at a Crossroads », Population and Development Review, 2016 - en ligne : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01298998 (Consulté le 22 avril 2016).

  • Aurélien Dasré et Angela Greulich, « The quality of periodic fertility measures in EU-SILC », Demographic Research, vol.36, n°17, 2017 - en ligne : http://www.demographic-research.org/volumes/vol36/17/ (Consulté le 5 février 2017) - 525-556 p.
    Résumé : Background: The European Union Statistics on Income and Living Conditions (EU-SILC) are increasingly used in demographic analysis, due to their large country coverage, the availability of harmonized socioeconomic measures, and the possibility to merge partners. However, so far there exists no comprehensive analysis of the representativeness of the fertility behavior reported by EU-SILC. Objective: This paper quantifies the quality of periodic fertility measures in EU-SILC. Methods: We compare periodic fertility measures obtained with EU-SILC to unbiased measures from the Human Fertility Database (HFD) for several European countries, by applying a cross-sectional perspective. Results: We show that EU-SILC measures of periodic fertility are biased downward, mainly due to attrition, while births of order one for ages 20‒29 are particularly underreported. However, we find no evidence of socioeconomic differentials in attrition. Conclusions: Our results suggest that for the majority of European countries, EU-SILC can be used for the analysis of childbearing behavior when respecting the measures of precaution mentioned in this article. Contribution: These precautions contain, for example, applying a retrospective approach and differentiating by rotation groups when calculating aggregate measures of periodic fertility.

  • François Dubet, Jean-Pierre Durand, Gaëtan Flocco, Michel Lallement et Danièle Linhart, « Clairvoyance ou aveuglement des travailleurs : qu’en disent les sociologues ? », La nouvelle revue du travail, n°5, 2014 - en ligne : https://nrt.revues.org/1999 (Consulté le 26 novembre 2015).
    Résumé : La subjectivité des travailleurs est un objet fréquemment étudié par la sociologie. Certaines approches privilégient des analyses en termes d’implication, d’identité et de sens du travail. Elles considèrent que les travailleurs entretiennent un rapport réaliste et authentique avec leur activité. Ces derniers font alors preuve de clairvoyance vis à vis des situations qu’ils vivent, prenant de la distance et émettant de la critique. À l’inverse, d’autres approches saisissent la subjectivité sous l’angle de l’idéologie, de la manipulation, voire de l’aliénation, estimant qu’elle constitue un vecteur privilégié de la domination capitaliste. Les travailleurs sont de cette façon leurrés et aveuglés par rapport à une domination qui est d’autant plus efficace. Ce « Controverses » aborde ce débat en croisant les regards que portent trois sociologues du travail sur leur posture — avec leur engagement dans la recherche — face aux subjectivités des travailleurs.

  • Claire Ducournau et Karim Hammou, « Production et réceptions d’un classique », Biens symboliques / Symbolic Goods, n°1, 15 octobre 2017 - en ligne : http://revue.biens-symboliques.net/122 (Consulté le 2 décembre 2017) - (Table ronde. Relire Le Savant et le Populaire de Claude Grignon et Jean-Claude Passeron (Seuil, 1989).

  • Nicolas Duvoux, « La peur de l'ethnographe », Genèses, n°97, 2014 - p. 126-139.
    Résumé : Cet article s’intéresse à la gestion de la peur par le sociologue qui enquête dans un environnement défavorisé et marqué par une forte prévalence de la délinquance et de la criminalité. Il réexamine de manière réflexive une enquête de terrain ethnographique réalisée, pendant huit mois, dans plusieurs quartiers paupérisés et ségrégés de la ville de Boston. Il montre comment la peur, en partie reflet de la distance sociale entre le chercheur et son objet, peut également constituer une voie pour comprendre les pratiques et les représentations des populations des quartiers où s’est déroulée l’enquête.

  • Nicolas Duvoux, « La philanthropie contre la pauvreté urbaine. Étude de cas à Boston », Revue française des affaires sociales, 1-2, 2014 - p. 144-168.
    Résumé : Cet article analyse une action privée de lutte contre la pauvreté dans un quartier défavorisé de la ville de Boston. Après avoir construit le cadre comparatif dans lequel cette étude de cas prend sens, il décrit l’action d’une fondation philanthropique. Celle-ci apparaît comme une application d’origine exogène au quartier, des principes du « community organizing » mettant l’accent sur la participation des habitants. L’étude de cas décrit les modes d’action de cette fondation et leurs justifications. L’article analyse ensuite des éléments de la réception de cette action de lutte contre la pauvreté par les habitants qui y participent de manière volontaire.

  • Nicolas Duvoux et Michèle Lamont, « How Neoliberalism Has Transformed French Symbolic Boundaries ? », French Politics, Culture and Society, vol.34, n°1, 2014 - p. 57-75.
    Résumé : This essay considers changes in the symbolic boundaries of French society under the influence of neo-liberalism. As compared to the early nineties, stronger boundaries toward the poor and blacks are now being drawn, while North-African immigrants and their offsprings continue to be largely perceived as outside the community of those who deserve recognition and protection. Moreover, while the social reproduction of upper-middle-class privileges has largely remained unchanged, there is a blurring of the symbolic boundaries separating the middle and working class as the latter has undergone strong individualization. Also, youth are now bearing the brunt of France's non-adaptation to changes in the economy and are increasingly marginalized. The result is a dramatic change in the overall contours of the French symbolic community, with a narrowed definition of cultural membership, and this, against a background of growing inequality, unemployment, and intolerance in a more open and deregulated labor market.

  • Carine Erard et Catherine Louveau, « La tête et les jambes. Les effets paradoxaux du goût du sport sur l’orientation scolaire et professionnelle des normaliennes en sciences du sport et Éducation physique », Sciences Sociales et Sport, n°9, 2016 - p. 83-113.
    Résumé : Cette contribution s’attache aux effets paradoxaux de la possession de compétences et de capital sportifs sur les parcours des normaliennes en sciences du sport et éducation physique. Elle analyse les stratégies d’orientation de ces jeunes femmes que le goût du sport, central conduit à opter pour des orientations scolaires, puis professionnelles, oscillant entre conformité et atypisme, le plus souvent en deçà de ce à quoi elles peuvent prétendre. Ces « oscillations » entre reproduction des normes de genre et détachement à l’égard des référentiels masculins de réussite expriment la tendance à la reproduction du monde social travaillée par P. Bourdieu (Bourdieu, 1994) ainsi que la possible activation de dispositions apparemment contradictoires selon les contextes et les moments d’un parcours (Lahire, 2004).

  • Sabine Fortino, « Invisibilisation de la pénibilité au travail, mixité et rapports de genre », La nouvelle revue du travail, n°4, 2014 - en ligne : http://nrt.revues.org/1422 (Consulté le 27 mai 2015).
    Résumé : L'article s'emploie à mettre à jour les modalités sexuées d'une reconnaissance de la pénibilité au travail à partir d'une enquête comparative réalisée auprès de deux catégories socioprofessionnelles d'une entreprise de transports (conducteurs et agents commerciaux). Il montre que l'invisibilisation des atteintes à la santé des femmes tient pour beaucoup aux mécanismes de répartition du travail entre les sexes et aux représentations sociales traditionnelles de la pénibilité au travail, souvent fondées sur une approche associant le travail considéré comme pénible aux seules activités masculines en milieu technique/industriel.

  • Sabine Fortino, « La mise au travail des émotions. Travail émotionnel des conducteurs de train et emergence de nouvelles actions revendicatrices », Terrains/Théories, n°2, 7 janvier 2015 - en ligne : http://teth.revues.org/279 (Consulté le 13 mai 2016).
    Résumé : La prise en compte des émotions au travail commence à trouver sa place, en France, dans les analyses sociologiques du travail contemporain. Cependant, l’étude du travail émotionnel se cantonne souvent aux métiers de service ou de care alors qu’elle s'avère également heuristique pour analyser les activités techniques. L’article se propose d’analyser le cas des conducteurs de train dont le travail émotionnel (souvent dénié mais sans cesse présent) est de plus en plus contrarié par les nouvelles exigences managériales de performance et de productivité, entraînant fatigue accrue, nervosité dans l’espace public et privé. Les normes émotionnelles de métier, dans un secteur d’activité traditionnellement masculin (et centré sur les valeurs valorisées de la virilité) jouent également contre l’expressivité et la mise au travail des émotions qui reviennent alors par la « petite porte » des cauchemars et des fantasmes. Face à l’expression moins réprimée que par le passé d’une pénibilité au travail, voire d’une souffrance, que les conducteurs trouvent de plus en plus inacceptables, quel rôle peut jouer le syndicalisme ? Comment transformer le registre revendicatif bien rodé d’un syndicalisme « français » plus enclin à négocier des primes qu’à changer le travail ?

  • Sabine Fortino, Aurélie Jeantet et Albena Tcholakova, « Émotions au travail, travail des émotions : présentation du corpus », La nouvelle revue du travail, n°6, 2015 - en ligne : http://nrt.revues.org/2071 (Consulté le 21 mai 2015).
    Résumé : Le travail, qui occupe une place centrale dans nos sociétés, sollicite sans cesse les émotions. Au cœur des rapports sociaux et des conflits, il engendre tout à la fois violence ou solidarité, suscitant des sentiments d’injustice, de colère, d’envie, de haine, mais aussi de satisfaction et de plaisir. Dans le cadre de leurs activités professionnelles quotidiennes, le travail mobilise les individus dans leur « entier », corps et âme, les incitant à s’appuyer sur des savoir-faire techniques mai...

  • Pierre Fournier, Cédric Lomba et Séverin Muller, « Enquêter en milieu rétif. L’industrie pharmaceutique sous observation collective », ethnographiques.org, n°32, 2016 - en ligne : http://www.ethnographiques.org/2016/Fournier,Lomba,Muller (Consulté le 24 octobre 2016) - (Enquêtes collectives).
    Résumé : Si l'enquête collective propose un espace de confrontation de points de vue sur un même objet, elle recèle aussi des vertus pour aborder des institutions complexes et peu ouvertes à la recherche ethnographique. En témoigne une recherche sur l'industrie du médicament qui a mobilisé une dizaine de sociologues, économistes et historiens. La division du travail a permis de surmonter les refus d'enquête et de trouver de nouvelles voies d'investigation, ainsi que de tenir l'objectif d'une connaissance empirique précisément fondée sur un objet complexe. Au-delà, deux types de comparatisme ont été ouverts par la pratique collective de l'enquête. Interne au secteur pharmaceutique tout d'abord, par l'accès des différents chercheurs à des terrains distincts, mis en correspondance. Externe ensuite, par la mobilisation de chercheurs apportant chacun la connaissance préalable d'un univers ayant une parenté ponctuelle avec la pharmacie. L'article interroge enfin l'écriture que la forme collective a favorisée pour saisir comment elle répond aux attendus épistémologiques de l'enquête ethnographique et aux modalités d'évaluation individuelle de la recherche., Investigating in a hostile environment. The pharmaceutical industry under collective observation. While collective investigation offers an opportunity to compare viewpoints on a single object, it can also result in ways to approach complex institutions that are not very open to ethnographic research. This research project on the pharmaceutical industry, which involved ten sociologists, economists and historians, attests to the obstacles involved. The division of work made it possible to overcome access denied to the field and to find new means of enquiry, as well as to keep up with the objective of gaining precise empirical knowledge of a complex object. In addition, collective work paved the way to two forms of comparison : internal comparisons within the pharmaceutical sector, since different researchers had access to distinct fields of enquiry which could then be contrasted ; and external comparisons, as each researcher involved brought knowledge of another sector that shared some characteristics with the pharmaceutical industry. Finally, the article examines the type of writing that was favored by collective work in order to understand how it meets both the epistemological requirements of ethnographic enquiry, and the individual assessment of research.

  • Jane Freedman, « Engendering Security at the Borders of Europe: Women Migrants and the Mediterranean ‘Crisis’ », Journal of Refugee Studies, vol.29, n°4, 2016 - p. 568-582.
    Résumé : The dangers facing migrants attempting to reach the EU by boat have been highlighted in many reports and media articles. However, although more and more women are among those trying to reach Europe, little attention has so far been paid to the gendered nature of the insecurities facing these migrants. This article examines the experiences of women arriving in Kos, Greece, as part of a journey to seek protection in Europe, and analyses the ways in which gendered forms of violence, gendered divisions of space and relations of power create specific insecurities for these women.
  • Jane Freedman, « Peur, honte, humiliation ? Les émotions complexes des demandeurs d'asile et des réfugiés en Europe », Migrations société, vol.29, n°168, 2017 - p. 23-34.

  • Jane Freedman, « Genre, justice et droit pénal international », Cahiers du genre, n°57, 2014 - p. 39-54.
    Résumé : L’établissement de la Cour pénale internationale (cpi) et l’adoption du Statut de Rome ont été vus par beaucoup comme un pas en avant dans la défense des droits des femmes à l’échelle internationale, et surtout dans la lutte contre les violences fondées sur le genre dans les conflits armés. Mais l’inclusion du ‘genre’ dans le Statut n’a pas été acquise sans lutte, surtout de la part des ongs des droits des femmes. Dans cet article, nous retraçons l’histoire des débats sur le genre dans le droit pénal international pour rendre compte du processus par lequel les crimes liés au genre ont été reconnus dans le Statut de Rome. Puis nous analysons l’application du droit pénal international dans certains cas de crimes liés au genre pour montrer les obstacles qui persistent à une vraie prise en compte des enjeux de genre par le droit, et enfin nous discutons la façon dont la jurisprudence de la cpi pourrait avoir une influence plus large sur la reconnaissance du genre dans d’autres sphères du droit international ou national.

  • Jane Freedman, « Sexual and gender-based violence against refugee women: a hidden aspect of the refugee "crisis" », Reproductive Health Matters, vol.24, n°47, 2016 - p. 18-26.
    Résumé : La « crise » actuelle des réfugiés en Europe a créé de multiples formes de vulnérabilité et d’insécurité pour les réfugiées, notamment plusieurs formes de violence sexuelle et sexiste. Les femmes, seules ou avec leur famille, sont de plus en plus nombreuses à tenter de parvenir en Europe pour y chercher protection, mais elles sont soumises à la violence pendant le voyage et/ou à l’arrivée dans un pays de destination. Le manque de logements adéquats ou d’installations d’accueil pour les réfugiés et les migrants en Europe, ainsi que la fermeture des frontières qui a augmenté la nécessité d’avoir recours à des passeurs pour atteindre l’Europe, exacerbent la violence et l’insécurité.

  • Sibylle Gollac, « Le genre caché de la propriété dans la France contemporaine », Cahiers du Genre, n°62, 2017 - p. 43-59.
    Résumé : Cet article étudie le genre du droit de propriété à partir des difficultés rencontrées dans l’analyse statistique des inégalités de patrimoine entre hommes et femmes, liées aux sources, qui saisissent le patrimoine des ménages ou des foyers fiscaux et non des individus, mais aussi aux formes juridiques collectives de propriété. Or, après reconstitution de patrimoines individuels, la richesse des femmes s’avère inférieure à celle des hommes. On constate en outre que les femmes ne détiennent pas les mêmes droits sur la richesse que les hommes : elles sont plus souvent propriétaires de biens sans en avoir les droits de gestion. Enfin, à droit de propriété formellement égal, leur position dans les rapports de domination entre propriétaires d’un même bien limite leur pouvoir sur le patrimoine.

  • Sibylle Gollac, « Deux femmes détestables ? Dire les inimitiés en famille », Genèses, n°96, 2014 - p. 9-34.
    Résumé : Cet article explore, à partir de deux monographies au long cours, les conditions de l’expression d’inimitiés au sein de la famille en se concentrant sur deux figures : une sœur et une belle-sœur. Ces inimitiés constituent des mises en cause autant que des rappels à l’ordre de l’appartenance au groupe familial, tant du point de vue des solidarités quotidiennes que des enjeux de reproduction du statut social du groupe. Leurs modes d’énonciation varient bien selon qu’elles portent sur une consanguine ou sur une alliée, mais leurs traits communs révèlent aussi le poids du genre dans l’expression des sentiments au sein de la famille.

  • Sibylle Gollac et Cédric Hugrée, « Avoir trente ans dans le secteur public en 1982 et en 2002 les transformations d’une filière de promotion sociale par le diplôme », Revue française d'administration publique, n°153, 2015 - p. 23-43.
    Résumé : Dans la poursuite des réflexions sur les clivages générationnels en matière d’accès au salariat qualifié, cet article propose de comparer les caractéristiques des trentenaires salariés du public et du privé entre 1982 et 2002 en termes d’origine sociale, de sexe et de diplômes. Dans un premier temps, on interroge les conséquences de la contraction indéniable de l’emploi public qualifié pour cette classe d’âge, en matière d’accès des femmes et des enfants des classes populaires à ce secteur d’emploi. Dans un second temps l’examen des destinées professionnelles des trentenaires salariés du public et du privé révèle deux mouvements paradoxaux : d’une part, en 2002 plus qu’en 1982, les trajectoires sociales observées dans le public sont plus favorables pour les femmes et les enfants des classes populaires que celles observées dans le privé ; de l’autre pourtant, le secteur public, en raison de sa contraction, a perdu son rôle de promoteur social des jeunes diplômés issus de ces groupes sociaux.

  • Auriane Guilbaud, « Les partenariats public-privé sanitaires internationaux: diffusion et incarnation d’une norme de coopération », Mondes en développement, vol.170, n°2, 2015 - p. 91–104.
    Résumé : Cet article analyse l’institutionnalisation des partenariats public-privé sanitaires internationaux se développant depuis la fin des années 1990. Il montre que la formulation lâche et imprécise d’une norme de coopération avec les entreprises dans un cadre de réforme du système onusien et selon un processus « top down », puis sa clarification par l’intermédiaire du Pacte Mondial et des Objectifs du Millénaire pour le développement, enclenchent une phase de diffusion orientée autour de la notion de « partenariat », qui reste suffisamment vague pour faire l’objet d’appropriations diverses. Parmi celles-ci, on peut distinguer l’émergence d’une forme spécifique, les partenariats public-privé sanitaires internationaux, qu’il est alors possible de définir de manière pertinente.

  • Auriane Guilbaud, « L’engagement multilatéral des petits États : pratiques, usages et trajectoires », Critique internationale, n°71, 18 mai 2016 - p. 9-18.

  • Auriane Guilbaud, « Rapports de l'OMS et vision du monde », Recherches Internationales, n°103, 2015 - p. 79-92.

  • Bertrand Guillarme, « La gestation pour autrui: pour une critique de la critique », Contemporary French Civilization, vol.39, n°3, 2014 - p. 381–394.
    Résumé : Les argumentaires des critiques de la Gestation pour autrui doivent également être soumis à la critique. À la différence des Etats-Unis, l'accent est mis en France sur les couples de même sexe, et c'est souvent sur le mode de l'évidence qu'on rejette le recours à la GPA. Mais pareille justification par la réprobation sociale ne saurait fonder la loi. Reste à discuter les critiques fondées sur l'intérêt de l'enfant, ou, au nom du féminisme, contre les illusions de la « propriété de soi » dans le « contrat sexuel », ou encore au refus d'un droit à la parenté. Aux critiques de la marchandisation (qui demanderaient à prendre en compte l'option de la gratuité dans la GPA), il ne s'agit pas tant d'opposer une liberté du marché qu'une liberté civile, en l'occurrence, la liberté de procréer: celle-ci procède de l'autonomie au sens rawlsien, et elle renvoie à l'équité, soit d'un égal droit à la liberté. Il en va donc du contrat social démocratique.

  • Jean-Marie Guillouët, Caroline A. Jones, Pierre-Michel Menger et Séverine Sofio, « Enquête sur l’atelier : histoire, fonctions, transformations », Perspective. La revue de l’INHA, n°1, 2014 - p. 27-42.
    Résumé : Une stylisation de l’histoire de l’atelier d’artiste fait dépendre ses fonctions du degré d’individualisation du travail créateur, des innovations esthétiques et de l’économie de la production artistique. La périodisation qui suit fournit une trame sommaire. Indistinction entre art et artisanat d’abord : les ateliers sont situés dans les monastères, dans les demeures des mécènes de la cour ou se confondent avec le domicile ou avec la boutique d’artisan en ville. Variabilité croissante des emp...

  • Karim Hammou, « Mainstreaming French rap music. Commodification and artistic legitimation of othered cultural goods », Poetics, vol.59, 2016 - p. 67-81.
    Résumé : By analysing the changes in the commodification of French rap music in the 1990s and 2000s, this paper presents artistic legitimation as a conflict-ridden social process in which for-profit companies plays a crucial role. In the first section, I describe how French rap music is commodified through various paths of commodification (aesthetic, oppositional and mainstream) and their interplay over time. Some of these paths rely on the framing of rap music as a cultural good associated with minority groups, and are key in the first steps toward a legitimation of French rap music as an art form. In the second section, I show how resource mobilisation is an active driver for the artistic delegitimation of French rap music. In the context of market competition, the status of rap music as an “othered” cultural good offers significant opportunities for devaluation. This case study helps to pinpoint how cultural goods may achieve an ambivalent artistic legitimation based on false consensus, which I distinguish from both full-fledged artistic legitimacy and utter artistic illegitimacy.

  • Mathieu Hauchecorne, « Un néo-personnalisme transatlantique ? », Raisons politiques, n°67, 24 octobre 2017 - p. 95-118.
    Résumé : Cet article prend pour objet la manière dont Ricoeur s’approprie les théories rawlsienne et post-rawlsiennes de la justice. Il entend notamment démontrer que la philosophie morale et politique que Ricoeur développe en lisant Rawls réfracte à bien des égards la position qu’il occupe au sein du champ religieux, et actualise à l’intérieur du champ de la philosophie française des années 1980 une intention politique et religieuse qui demeure proche du personnalisme et de l’existentialisme chrétien qui animaient Ricoeur dans sa jeunesse. Après être revenu sur la genèse du projet philosophique Ricoeurien dans les décennies d’après-guerre, l’article se centre sur l’étude comparée des livres 7 à 9 de "Soi-même comme un autre" et d’"Amour et justice", pour y suivre la trace de cet ethos chrétien.

  • Mathieu Hauchecorne, « Une vie de philosophe: À propos de John Rawls, Justice et critique, traduit et présenté par Luc Foisneau et Véronique Munoz-Dardé, Paris, éditions de l'EHESS, coll. Audiographie, 2014. », Raisons politiques, vol.56, n°4, 2014 - p. 105-112.
    Résumé : Le petit opus que publient les éditions de l'EHESS sous le titre Justice et critique pourrait a priori passer pour un ouvrage mineur. Jamais publié sous forme de livre dans le contexte étasunien, cet entretien accordé en mars 1991 par le philosophe John Rawls à deux étudiants de Harvard ne compte en effet qu'une trentaine de pages de petit format et ne présente guère de thèse nouvelle par rapport à celles déjà exposées par Rawls dans ses articles ou ouvrages antérieurs et déjà disponibles en français. Ce serait pourtant une erreur de minorer l'importance de cette publication dans le contexte français dans la mesure où ce volume peut s'avérer un document précieux aussi bien pour ceux qui s'intéressent à la destinée de l'œuvre de ce philosophe, qu'aux lecteurs soucieux d'en recontextualiser les principales thèses ou de comprendre les conditions de leur genèse.

  • Odile Henry, « Comment se forment les dispositifs de jugement? », Revue Française de Socio-Économie, n°12, 2014 - p. 171–190.
    Résumé : Comment certaines activités professionnelles à forte dimension symbolique – telles que les activités de conseil – parviennent-elles à susciter la croyance nécessaire au maintien et au développement de leurs marchés ? À condition d’être placée dans une perspective historique attentive aux effets de champs, la distinction opérée par Lucien Karpik entre croyance impersonnelle et croyance personnelle est dotée d’une valeur heuristique pour l’analyse du fonctionnement du marché du conseil. Héritier des luttes qui ont opposé depuis le milieu du xixe siècle les ingénieurs « civils » ou « conseils », adossés à l’industrie privée, aux ingénieurs de l’État, le modèle de la profession libérale, dont les avocats offrent une incarnation exemplaire, est porté par une fraction des ingénieurs-conseils. Disputant leur marché aux hauts fonctionnaires et aux entrepreneurs, ces ingénieurs-conseils cherchent à imposer à leur profession certaines garanties impersonnelles d’indépendance et de compétence. Avec l’extension, lors de la Première Guerre mondiale, des activités de conseil au nouveau domaine des « sciences du travail », ce modèle libéral est bientôt concurrencé par une autre forme de régulation de la profession, fondée sur des réseaux de relations personnelles associant élites patronales et ingénieurs spécialistes de rationalisation du travail. Cet article analyse les luttes qui ont opposé au cours de la première moitié du xxe siècle ces deux fractions du groupe des « conseils » et les conditions de l’échec, dans le contexte autoritaire de Vichy, des projets de création d’un ordre des ingénieurs-conseils.

  • Odile Henry, « Dénaturaliser l’institution. L’apport de la sociologie historique de Pierre Bourdieu à la critique du travail », La nouvelle revue du travail, n°4, 2014 - en ligne : http://nrt.revues.org/1559 (Consulté le 27 mai 2015).
    Résumé : Cette communication explore les dimensions critiques de la sociologie historique encouragée par Pierre Bourdieu, et la contribution d’une telle approche à une sociologie critique du travail. À partir de l’analyse de la sociogenèse du groupe des consultants (xixe-xxe siècles), l’article met tout d’abord en relation les traits structuraux du groupe professionnel qui émerge alors et les savoirs qui sont produits (et tout particulièrement la spécialisation d’un savoir managérial). Il éclaire les multiples ressorts de la croyance dans le marché, ou plus exactement dans le marché comme ultime principe régulation du groupe et de l’ordre social, croyance à la production de laquelle les différentes générations de consultants étudiés ont activement participé. En opposant à l’histoire institutionnelle produite par les acteurs une telle histoire structurale, la sociologie historique contribue ainsi à dénaturaliser l’institution. Précisant les orientations théoriques et méthodologiques contenues dans une telle approche, la seconde partie de l’article discute les conditions d’un engagement sociologique fondé sur la défense de l’autonomie de la discipline et visant à affaiblir la portée de la doxa managériale.

  • Helena Hirata, « Care Work », Sur: International Journal on Human Rights, vol.13, n°24, 2016 - p. 53-63.
    Résumé : Care work has been carried out for a long time by women, for free, inside the domestic space. Factors such as the development of care-related professions, the increasing number of women in the paid labour market, as well as migratory flows in the context of increasing globalisation have generated not only a new international division of labour but also redefined care work. In this article, the author presents some categories of the sexual and international division of labour through a comparative study between Brazil, France and Japan. In addition to the societal differences, different care actors such as the state, the market and the family, come together but act in an unequal and asymmetrical way. Care work continues to be carried out mostly by women in all three countries, and is likely to remain so, since it is a precarious, low-paid job, little recognised and under valued. Thus, the author stresses the importance of taking into account the inequalities of gender, class and race that are implicated in the context of the internationalisa tion of care work. [ABSTRACT FROM AUTHOR]

  • Helena Hirata et Danièle Kergoat, « Rapports sociaux de sexe et psychopathologie du travail », Travailler, n°37, 2017 - p. 163-203.
    Résumé : Les auteures présentent d’abord la problématique générale de la division sexuelle du travail. Elles montrent ensuite pourquoi il est nécessaire d’investiguer aussi la sphère hors travail, si l’on veut rendre compte du travail effectif et de la productivité des femmes. Vient ensuite une discussion critique du plaisir et de la souffrance au travail par la psychopathologie du travail. En s’appuyant sur des matériaux recueillis dans les enquêtes sur le travail des femmes, elles examinent les conséquences de la méconnaissance des rapports sociaux de sexe sur la problématisation du rapport au travail, tant au niveau individuel que collectif.

  • Cédric Hugrée, « Les sciences sociales face à la mobilité sociale », Politix, n°114, 2016 - p. 47-72.
    Résumé : Ce texte revient sur deux débats centraux dans les travaux sur la mobilité sociale des dernières années : celui discutant des déclassements des générations les plus récentes et celui interrogeant les échelles d’observation des parcours sociaux entre parents et enfants. Dans un premier temps, l’analyse des destins de la cohorte 1975 conduit à nuancer l’idée d’une banalisation des déclassements de génération en génération et de groupes sociaux en groupes sociaux. On montre notamment que si les enfants des classes moyennes et supérieures nés au milieu des années 1970 connaissent une érosion réelle mais limitée de leurs perspectives, les enfants des classes populaires connaissent de meilleurs destins que ceux estimés, par Louis Chauvel, il y a près de 15 ans. Dans un second temps, le texte revient sur l’intérêt d’une table détaillée de mobilité sociale pour changer l’échelle d’objectivation des déplacements sociaux entre parents et enfants. Cette approche s’avère particulièrement riche pour observer les déplacements de faible amplitude et pour interroger certaines modalités spécifiques de reproduction sociale. On défend finalement l’idée que ce n’est pas tant la mobilité observée, mais bien la mobilité détaillée qui est sans doute « la plus proche de l’expérience sensible qu’ont les individus des phénomènes de mobilités ». Ainsi, loin de fermer la porte à la connaissance ethnographique ou qualitative des déplacements sociaux, ces premiers résultats issus d’exploitations secondaires de grandes enquêtes de la statistique publique les sollicitent et favorisent en retour l’identification de cas, si chers au raisonnement ethnographique.

  • Cédric Hugrée, « De « bons » élèves ? Comment décroche-t-on une licence à l’université », Regards croisés sur l'économie, n°16, 2015 - p. 51-68.
    Résumé : En matière d’inégalités scolaires, l’université française des années 2010 n’est déjà plus exactement celle du début des années 1990, au moment de la seconde explosion scolaire. Les nouveaux pourfendeurs de la sélection à l’entrée de l’université s’alarment notamment que les bacheliers généraux « fuient » les premiers cycles universitaires. À partir des premiers traitements des données du Panel de suivi des élèves entrés en sixième en 1995, cet article entend décrire les parcours scolaires et sociaux des étudiants titulaires d’une licence depuis leur entrée au collège. Finalement, loin de révéler une baisse généralisée du niveau scolaire des titulaires d’une licence au début des années 2000, ces premières données quantitatives montrent que la configuration universitaire actuelle est désormais marquée par la cohabitation de plus en plus prolongée de parcours scolaires opposés au sein de nombreuses filières et des licences universitaires.

  • Cédric Hugrée et Laure de Verdalle, « Incontournables statuts. "Fonctionnaires" et "indépendants" à l’épreuve des catégorisations ordinaires du monde social », Sociologie du Travail, vol.57, n°2, 2015 - p. 200-229.
    Résumé : Résumé Depuis les années 1990, la nomenclature française des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS), outil historique de description quantitative des inégalités entre les groupes sociaux, apparaît fragilisée par un ensemble de critiques. Parmi celles-ci, l’hypothèse d’une baisse de la pertinence du statut est avancée. L’objet de ce texte est donc de mettre le statut à l’épreuve, en tant qu’il constitue un élément de catégorisation du monde social. Inspirée d’une expérience méthodologique conduite par Luc Boltanski et Laurent Thévenot au début des années 1980, notre démarche s’intéresse aux catégorisations ordinaires du monde social. Elle a consisté à soumettre à 547 enquêtés un jeu de 33 cartes représentant des salariés (sur contrats de durée déterminée ou indéterminée), des travailleurs indépendants (à leur compte ou employeurs), ainsi que des fonctionnaires ou assimilés, et à leur demander de constituer des groupes de cartes. Les classements effectués confirment la centralité du statut en montrant que l’indépendance et la fonction publique constituent en France deux pôles incontournables de représentation de l’espace social.

  • Cédric Hugrée, Etienne Penissat et Alexis Spire, « The Distinctive Features of Public Sector in Europe : A Comparative Study Based on the Social Morphology of Wage Earners », Comparative Sociology, vol.14, n°2, 2015 - p. 252 – 273.
    Résumé : This article aims to point out that there are still substantial differences between public and private workers. Using the Eurostat Statistical classification of economic activities in the European Community, we define the public workers as those who are employed in Administration, Health and Education. The measure of targeted jobs is provided by the Labour Force Survey ( lfs) which is a large sample survey among private households. By following this approach, we can present several significant results. In every European country, public workers have an average aggregate employment tenure higher than private workers, a higher proportion of women and a higher proportion of high skilled workers. Beyond these global differences, we point out that the divide between public and private sector is differently shaped, according to the country and to the social status.

  • Cédric Hugrée, Etienne Penissat et Alexis Spire, « Les différences entre salariés du public et du privé après le tournant managérial des États en Europe », Revue Française de Sociologie, vol.56, n°1, 2015 - p. 47-73.
    Résumé : Cet article revient sur les travaux abordant le clivage public-privé à l’échelle européenne, dans les années 1990-2000, en concentrant l’attention sur quatre pays : l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et la Suède. Au-delà des spécificités juridiques et historiques propres à chacun de ces pays, l’objectif ici est de mettre en lumière les différentes façons de prendre en compte l’importance du secteur d’emploi dans l’analyse des hiérarchies sociales. Dans de nombreuses recherches menées à un niveau national, l’opposition entre secteurs public et privé est une dimension importante qui gagne à être articulée à une analyse en termes de classes sociales. En dépit des réformes managériales des États en Europe, le fait de travailler au service de la collectivité induit encore aujourd’hui un ensemble de spécificités : un rapport particulier à l’État, à l’intérêt général ou encore à la chose publique, perceptible dans des pratiques culturelles, syndicales et politiques.
  • Florence Hulak, « Le tribunal de l’histoire. Vérité historique et vérité judiciaire », Revue philosophique de la France et de l'étranger, vol.141, n°1, 2016 - p. 3-21.
    Résumé : Quelle est la pertinence du modèle judiciaire pour penser le statut de la vérité historique ? Ce modèle prend deux formes distinctes mais complémentaires. La première conçoit cette vérité par analogie avec la vérité factuelle que le juge d’instruction découvre à travers l’analyse critique des témoignages et des indices. La seconde l’assimile à la vérité partagée qui émane de la confrontation délibérative des récits concurrents devant le tribunal. Contre ce double modèle judiciaire, deux thèses sont défendues. D’abord, l’histoire ne saurait renoncer à une visée proprement scientifique, qui ne se confond pas avec l’imputation de responsabilités. Ensuite, l’hétérogénéité des visées de connaissance et d’imputation ne renvoie pas simplement à un partage entre pratiques professionnelles : si l’historien peut être amené à assigner des responsabilités en mobilisant méthodes ou connaissances historiques, ce n’est pas par cette activité qu’il poursuit une vérité de type historique.

  • Michel Joubert et Chantal Mougin, « Vulnérabilités sociales et engagement associatif. Enjeux d'une démarche d'action communautaire sur un quartier précarisé », Annales de la recherche urbaine, n°110, 2015 - p. 18-33.
    Résumé : Analyse d'une démarche associative engagée dans une cité de Seine-Saint-Denis particulièrement touchée par la précarité : axée au départ sur le terrain du soutien scolaire, son action s'étend progressivement aux besoins d'insertion, de loisirs et de convivialité. Au travers d'une approche innovante de l'accueil et de l'écoute, elle développe des actions de médiation, de soutien aux familles, d'insertion des jeunes, de promotion de la santé, de prévention des conduites à risque, ainsi que des activités de loisirs, le tout dans une approche soucieuse de développer les liens et échanges interculturels. Derrière cette diversité, les intervenants effectuent un travail de fond au sein de la communauté centré sur la valorisation des ressources et des capacités d'agir des personnes (reconnaissance, empowerment). Nous avons cherché à comprendre auprès d'eux les ressorts des actions visant à réduire de cette manière les vulnérabilités sociales, ainsi que les valeurs portées par les interventions. Les écarts créés par cette manière de travailler laissent entrevoir les contours de voies alternatives pour l'action sociale.

  • Nicolas Jounin, Fatine Ahmadouchi, Yasmina Kettal, Nina Krumnow, Alice Mimoun et Laëtitia Mokrani, « Le faciès du contrôle: Contrôles d’identité, apparence et modes de vie des étudiant(e)s en Île-de-France », Déviance et Société, vol.39, n°1, 2015 - p. 3-29.
    Résumé : Cet article interroge les modalités des contrôles d’identité menés par les forces de l’ordre et notamment la sélection qui y préside, à partir d’une enquête par questionnaire auprès d’étudiants. Le look et le sexe ont des liens significatifs avec la probabilité d’avoir été contrôlé au moins une fois. La race présente également un lien significatif lorsqu’on opère un contrôle par des variables indiquant des pratiques de transport et de loisir. Au-delà de cette disparité, on voit apparaître des écarts, voire la formation d’une « clientèle policière », à travers la répétition et la manière dont se déroulent les contrôles.

  • Michel Kokoreff, « Trafics de drogues, entre globalisation et localisation », L'Ordinaire des Amériques, n°216, 2014 - en ligne : http://orda.revues.org/1268 (Consulté le 27 mai 2015).
    Résumé : Tenant compte de matériaux empiriques accumulés au long de diverses recherches, cet article explore la tension inhérente à toute analyse du trafic de drogues : alors que le phénomène se trouve au cœur des processus de globalisation, il fait régulièrement l’objet de deux approches complémentaires. Soit il est question des processus abstraits de circulation des produits incriminés (via une géopolitique des drogues) ; soit il est question de pratiques localisées, le plus souvent dans des quartiers populaires, où le trafic apparaît associé à des conditions difficiles de vie de la population et à des taux particulièrement élevés de chômage, objet d’une socio-anthropologie de la pauvreté.

  • Louise Langevin, Anne-Marie Devreux et Coline Cardi, « The Regulation of Gender in the Co-Existence of Levels of Law: Conversations between Europe and Canada », Canadian Journal of Women and the Law, vol.28, n°3, 2016 - en ligne : http://utpjournals.press/doi/10.3138/cjwl.28.3.i (Consulté le 31 janvier 2017) - i-viii p.

  • Jean-François Laé, « Ferme ta caisse ! », Sociologie et Sociétés, vol.48, n°2, 2016 - p. 121-130.
    Résumé : Le récit est une arme pour combattre le chiffre, pour redonner de la chair aux mots et aux gens. Pour autant, quel type d’attention voulons-nous poser ? Par les variations de sens, par le soulèvement des émotions, la narration exerce sur la pensée une force réflexive : un trait interprétatif, une préhension singulière, une posture sociale. Sa qualité sensible forme une modalité transmissible : une ambiance au travail, des bruits et des échos sur « les cheffes », des sentiments de crainte, des flashs sur les relations d’assujettissement. Une sociologie publique est à ce prix : faire passer un sens accessible à tous.Dans le récit qui suit, je me suis attaché aux récits de trois jeunes filles en stage dans un supermarché du nord de Paris. Comment entrer « dans la place » ? En usant du « je », comme si nous étions à l’intérieur, nous nous heurtons aux clients, à leurs paniers ; aux caddies, à leurs achats ; au travail domestique, au nettoyage ; aux landaus des mères, aux promenades dans les rayons. Dans les coulisses, sans une parole ni un regard, les caissières se reposent et se surveillent. Énervement, fatigue, insulte, affolement, tandis que déjà la terrifiante voix de la cheffe hurle « aux caisses »., Storytelling is a weapon to fight numbers, to give back flesh to words and people. But what do we want to focus on ? Through variations of meaning, by evoking emotions, narration exerts a reflexive force on thought : an interpretative feature, a particular insight, a social posture. Its sensitive quality embodies a communicable modality : an atmosphere at work, noises and echoes on the “bosses”, feelings of fear, flashes on relations of subjugation. This is the price of public sociology : to transmit meaning that is accessible to all. In the following narrative, I have followed the stories of three young women interns working in a northern Paris supermarket. How can one “get in” ? If we speak in the first person singular, “I”, as if we were inside, we offend the customers, their baskets ; shopping carts, their purchase items ; domestic work, cleaning ; the landau of mothers, the strolls in the aisles. In the wings, without a word or a gaze, the cashiers are resting and watch over each other. Irritation, fatigue, insults, panic, while the terrifying voice of the boss is already screaming, “Go back to work.”, La narración es un arma para combatir las cifras, para darle carne a las palabras y a la gente. No obstante, ¿qué tipo de atención deseamos darle ? Por medio de variaciones de sentido y de la insurrección de las emociones, la narración ejerce una fuerza reflexiva sobre el pensamiento : un rasgo interpretativo, una aprehensión singular, una postura social. Su calidad sensible da forma a una modalidad transmisible : un ambiente en el trabajo, ruidos y ecos acerca de los sentimientos de temor, destellos acerca de las relaciones de sometimiento. Una sociología pública conlleva ese precio : alcanzar un sentido accesible para todos. Este texto toma los relatos de tres chicas jóvenes en el contexto de una pasantía en un supermercado al norte de París. ¿Cómo entrar “en el lugar” ? Utilizando el “yo”, como si estuviésemos al interior, nos chocamos con los clientes, con sus cestos, con los ayudantes, sus compras, con el trabajo doméstico, la limpieza, los coches de las madres, las circulaciones entre las estanterías. Sin palabras ni miradas, las cajeras descansan y se vigilan. Ansiedad, cansancio, insultos, aturdimiento, mientras se escucha la temible voz de la jefa gritar “a sus cajas”.

  • Jean-François Laé et Numa Murard, « L’argent, c’est du temps », Terrains/Théories, n°1, 24 novembre 2014 - en ligne : http://teth.revues.org/393 (Consulté le 16 juillet 2015).
    Résumé : La formule selon laquelle « le temps, c'est de l'argent » s'applique à ceux qui ont le pouvoir de transformer le temps en argent. Pour les autres, dans la pauvreté économique engendrée par le chômage de masse, il faut inverser la formule : « l'argent, c'est du temps ». Le temps de tenir un peu, de trouver une autre ressource, de rembourser une dette. De l'observation empirique, l'article tire les conclusions théoriques sur les rapports entre la synchronisation des activités et le degré de désencastrement de la vie économique, ainsi que sur le degré d'articulation de l'argent au système des besoins.

  • Frédérique Leblanc, « Être commerçant dans l’Est parisien, une opportunité pour « gentrifieur » », Ethnologie française, n°165, 2017 - p. 87-98.
    Résumé : À la faveur de la gentrification de l’est de Paris, se sont installés des commerçants indépendants que leur activité antérieure ou leur niveau de diplôme situait dans la partie cultivée des classes moyennes. L’article montre que, loin de représenter pour eux un déclassement, cette nouvelle situation professionnelle est une modalité particulière d’appropriation de la ville et un moyen de mettre en scène leurs propriétés sociales et leur mode de vie. La présence de ces nouveaux commerçants renforce le processus de gentrification.

  • Sébastien Lemerle, « Trois formes contemporaines de biologisation du social », Socio. Sociétés, idéologies, système mondial, n°6, 2016 - p. 81-95.
    Résumé : Depuis la seconde moitié des années 1960, ont réapparu dans l’espace public des points de vue sur le culturel et le social inspirés par les sciences biologiques à destination d’un public de plus en plus large. Cet article propose une typologie des différentes formes de « biologisation » existant aujourd’hui dans le cadre français.

  • Sébastien Lemerle et Carole Reynaud-Paligot, « Causalisme et contextualisation : sur les usages de la biologie par les sciences sociales », Revue européenne des sciences sociales, 54-1, 2016 - p. 159-182.
    Résumé : L’articulation des sciences de la vie aux sciences sociales est une question qui n’a cessé de susciter interrogations et débats durant la dernière décennie. À partir de quatre exemples (neurosciences sociales, naturalisme social, épidémiologie des représentations et génétique comportementale), l’article traite du type de dialogue existant de nos jours entre ces deux champs de connaissance. Il aborde ensuite deux questions paraissant concentrer les principaux problèmes : celle des régimes de causalité en vigueur dans les deux approches et celle de la relation entre facteurs biologiques et « contexte » social. Enfin, il montre que ces débats n’épuisent pas toute de la réflexion que les sciences sociales doivent mener au sujet du bio-naturalisme, qu’il soit théorique ou appliqué.
  • Danièle Linhart, « Les collectifs de travail, enjeux pour les salariés et le management », Soins, vol.59, n°790, 2014 - p. 33-35.
    Résumé : Les collectifs jouent un rôle important dans la régulation des difficultés liées au travail. Mais ils ont été fortement déstabilisés par les politiques managériales qui y voyaient des ferments d’opposition. Désormais, le management cherche à recréer du collectif pour améliorer la coopération et l’efficacité.

  • Danièle Linhart, « Idéologies et pratiques managériales : du Taylorisme à la précarisation subjective », Sociedade e Estado, vol.28, n°3, 2014 - p. 519-539.
    Résumé : Cet article développe l'idée que tout nouveau modèle capitaliste d'organisation du travail produit une rhétorique idéologique et morale destinée à légitimer une forme de mise au travail qui s'avère contradictoire à l'essence des démocraties politiques, à savoir que chaque individu s'appartient à lui-même. Taylor et Ford ont fait de grands efforts pour convaincre l'opinion publique qu'il n'y avait pas de conflits d'intérêts entre les ouvriers et leurs patrons, tout en attaquant systématiquement leurs ressources dans le cadre d'un rapport de forces bien réel. Le management moderne français suit la même voie et cherche à séduire et convaincre les salariés tout en développant une stratégie de précarisation subjective fondée sur une politique de changement perpétuel pour les déstabiliser.

  • Clara Lévy, « Le livre de chevet au prisme du genre », Ethnologie française, vol.46, n°161, 2016 - p. 21-30.
    Résumé : Ce texte propose une analyse des modalités d’élection puis d’usages de leur livre de chevet par les lectrices et les lecteurs. Autour du livre préféré s’organise une série de pratiques genrées, d’abord dans le choix de l’ouvrage préféré, puis dans l’acceptation ou le contrôle des émotions dues à la lecture. Enfin, l’identification aux personnages principaux du livre de chevet concerne, pour un personnage du même genre que soi, à la fois des lectrices et des lecteurs – alors que la transgression identificatoire de genre concerne plutôt les lectrices que les lecteurs.

  • Audrey Mariette et Laure Pitti, « Médecin de première ligne dans un quartier populaire », Revue Agone, n°58, 2016 - p. 51-72.
    Résumé : « Dans les études en médecine, c'était très classique comme formation, comme mode de pensée, très normatif. Mais il y avait quand même une minorité qui était ouverte à ces problématiques : aller soigner les gens dans les quartiers populaires. Il y a eu plus tard une autre tendance, mais là, c'était une génération de jeunes qui ont plus été attirés par le profil à la Kouchner, d'un médecin qui va vers le Tiers-Monde et qui joue au médecin humaniste qui soigne les populations dans les pays en développement. Nous, on n'était pas là-dedans, c'était le mouvement d'avant, qui était d'aller vers les ouvriers, en fait, la démarche de 68 d'aller dans les quartiers difficiles et de faire une médecine différente, avec très vite un questionnement sur les pratiques. »

  • Antoine Mazières, Mathieu Trachman, Jean-Philippe Cointet, Baptiste Coulmont et Christophe Prieur, « Deep tags: toward a quantitative analysis of online pornography », Porn Studies, vol.1, 1-2, 2014 - p. 80-95.
    Résumé : The development of the web has increased the diversity of pornographic content, and at the same time the rise of online platforms has initiated a new trend of quantitative research that makes possible the analysis of data on an unprecedented scale. This paper explores the application of a quantitative approach to publicly available data collected from pornographic websites. Several analyses are applied to these digital traces with a focus on keywords describing videos and their underlying categorization systems. The analysis of a large network of tags shows that the accumulation of categories does not separate scripts from each other, but instead draws a multitude of significant paths between fuzzy categories. The datasets and tools we describe have been made publicly available for further study.

  • Dominique Memmi, « Care, stigmatisation sociale et femmes : un lien inexorable ? Ou : quand le cadavre se dissout dans le « relationnel » », Sociétés contemporaines, n°105, 2017 - p. 5-29.
    Résumé : Le lien entre care, stigmatisation sociale et femmes est-il inexorable ? Et si non, à quelles conditions ? La dévalorisation relative des métiers (voire des simples activités sociales) où prédominent les femmes d'une part, le care d'autre part, est assez générale dans nos sociétés. On travaillera ici la relation entre ces trois éléments à partir d'un objet où ils sont ­ et plutôt se trouvaient il y a peu ­ complètement absents : le métier d'infirmier en chambre mortuaire. L'investigation de ce rapport permet quelques constats. On apprend d'abord que parier sur le care dans un métier peut s'avérer une stratégie payante. La « féminisation » d'une profession peut ensuite s'avérer, elle aussi, avantageuse : il faut pour le comprendre s'émanciper de raisonnements déterministes et naturalisants. Mais dans ces deux cas, la réussite suppose d'exigeantes conditions.

  • Dominique Memmi, « Une discrète naturalisation de la maternité : le for intérieur féminin face aux aléas de la reproduction », Sociologie, vol.7, n°4, 7 décembre 2016 - p. 413-422.
    Résumé : Le milieu du xx e  siècle a vu la généralisation autour de pratiques jusque‑là interdites ou impossibles (avortement, contraception, procréation médicalement assistée, changement de sexe) ou dans des lieux où l’autorité traditionnelle s’était vue fortement contestée (école, famille) d’un nouveau gouvernement des conduites « par la parole ». Une décennie après en avoir fait le constat et la théorie (Memmi, 2003), que peut‑on dire aujourd’hui de ce dispositif, en ce qui concerne tout au moins, l’administration du début de la vie ? Trois constats sont à faire. Ce dispositif a plutôt continué à étendre son empire. Il a continué à délaisser certaines de ses cibles potentielles. Il a enfin révélé une de ses significations profondes : la naturalisation de la vocation féminine à la maternité doit désormais passer par d’autres voies que par le passé. Lesquelles ?
  • Cornelia Möser et Eleni Varikas, « Generation als Strategie », Ariadne : Forum für Frauen- und Geschlechtergeschichte, n°65, 2014 - p. 64-71.
    Résumé : In dem gekreuzten Interview „Generation als Strategie“ möchten Eleni Varikas und Cornelia Möser die Erzählung der feministischen Generationen kritisch beleuchten. Im Austausch zwischen zwei Feministinnen aus verschiedenen Altersgruppen bieten sie alternative Denkweisen zum Zusammenhang von Alter, Wissensvermittlung und -weitergabe und Machtverhältnissen an. Eleni Varikas, nomadische Feministin griechischen Ursprungs, lebt seit langer Zeit in Frankreich, und forschte und lehrte dort an der Universität Paris 8 in Politikwissenschaft und Etudes féminines et sur le genre (etwa: Weiblichkeits- und Genderstudien). Seit 2012 ist sie emeritiert. Sie stand in zentralen Fragen (Frauengeschichte vs. Gendergeschichte, politische Parität, Kopftuchdebatte, etc.) fast durchgängig im Kontrast zu den von ihrer vermeintlichen Generation vertretenen Positionen. Cornelia Möser ist eine deutsche Genderforscherin und Kulturwissenschaftlerin am französischen CNRS (Centre national de la recherche scientifi que). Beide sind Kolleginnen am Forschungszentrum Cresppa (Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris). de recherches sociologiques et politiques de Paris).

  • Vanessa Nurock, « Faut-il décerveler la morale ? Un examen philosophique de la neuroéthique », Cités, n°60, 2014 - p. 43-52.
    Résumé : Les neurosciences et les sciences cognitives peuvent-elles et doivent-elles nous dire comment juger et agir moralement ? Parmi les divers champs de recherches auxquels s’intéressent ces sciences, on pourrait être surpris de constater l’essor croissant, ces dix dernières années, des recherches portant sur la cognition morale ou éthique. À tel point qu’a été inventé le mot « neuroéthique », pour désigner...

  • Luca Paltrinieri, « L’archive comme objet : quel modèle d’histoire pour l’archéologie ? », Les Études philosophiques, n°153, 2015 - p. 353-376.
    Résumé : Au cours des années 1967-1969, non seulement Foucault réalise une sorte de bilan de ses travaux précédents, mais il élabore une méthodologie historique pour le travail à venir. Dans cet article nous parcourons quelques lignes de ce travail d’élaboration conceptuelle qui précède L’Archéologie du savoir. Nous verrons comment l’archéologie prend progressivement ses distances par rapport à l’histoire des idées et des mentalités, traiterons ses lectures de philosophie analytique et présenterons les trois principes autour desquels s’organise la démarche historique de l’archéologie : la critique du causalisme, l’hypothèse du discontinuisme, la définition de l’archéologie comme activité de diagnostic. Nous discutons dans ce cadre une série de matériaux publiés et inédits, et montrons comment Foucault, à partir d’une réflexion sur la méthodologie archéologique, a dégagé les grandes lignes des enquêtes généalogiques des années 1970.

  • Luca Paltrinieri, « Les "Critical Management Studies" entre micro-émancipation et utopie », Travailler, n°36, 2016 - p. 121-138.
    Résumé : L’article est une présentation générale, presque un bilan, du courant principalement anglais des Critical Management Studies (cms), à partir du premier recueil d’articles, publié en 1992, par Hugh Willmott et Mats Alvesson, qui restent les deux chercheurs les plus influents du courant. La volonté de rompre le discours mythique de la théorie managériale conventionnelle héritait d’une solide tradition de critique des pratiques de gestion, dont au moins deux courants majeurs étaient très actifs au cours des années 1980 : le Labour Process Theory (lpt), qui s’inspirait des travaux de Harry Braverman et l’histoire de la comptabilité. Les cms se distinguent toutefois de ces courants pour la forte influence de la « théorie critique » (Foucault, Bourdieu, les travaux de l’école de Francfort et plus particulièrement Habermas) qui est mobilisée pour étudier les concepts et les pratiques du management. Voulant distinguer leur approche de la pure description de la domination, Alvesson et Willmott proposent une théorie et une pratique de la « microémancipation » fondées sur l’étude ethnographique des situations de travail et la description de la résistance face aux injonctions managériales. Cette volonté de partir des situations empiriques pour penser la démocratisation des relations de travail a permis d’engendrer une série d’études de terrain sans toutefois réussir à déboucher sur une théorie d’ensemble de l’émancipation (qui était pourtant proposée par le lpt). L’article suggère qu’en se coupant d’une perspective plus large de l’émancipation sociale pour valoriser les approches microémancipatoires, les auteurs des cms auraient perdu de vue le souffle utopique venant du travail lui-même et de sa transformation au cours des vingt dernières années, ce qui les aurait paradoxalement éloignés des perspectives réelles d’émancipation.
  • Luca Paltrinieri et Massimiliano Nicoli, « Il management di sé e degli altri », Aut-aut, n°363, 2014 - p. 49-74.

  • Virgílio Borges Pereira et Yasmine Siblot, « Comparer les classes populaires en France et au Portugal », Actes de la recherche en sciences sociales, n°219, 2017 - p. 56-79.
    Résumé : Cet article vise à expliciter les difficultés rencontrées lors de la comparaison entre des travaux portant sur les classes populaires en France, et sur les mondes ouvriers au Portugal, tout en soulignant le caractère fructueux d’une telle confrontation intellectuelle. Les travaux discutés démontrent bien dans les deux cas la pertinence de l’analyse des positions et rapports de classe pour comprendre les inégalités sociales. Cependant, et la structure des espaces sociaux et la manière de définir les classes et de les identifier empiriquement ne sont pas identiques. D’un côté, la structure des emplois, le poids respectif de l’industrie et du monde rural, les politiques de scolarisation, la place de l’État ou encore les pratiques migratoires diffèrent. De l’autre, des formes de catégorisation distinctes sont mobilisées pour penser le monde social. C’est particulièrement manifeste en ce qui concerne les classes populaires. Alors que la sociologie française opère un élargissement progressif depuis la sociologie de la classe ouvrière vers la sociologie des classes populaires, tendant à rapprocher dans les analyses les mondes ouvriers et employés, ces deux univers sociaux demeurent largement séparés dans la sociologie portugaise.

  • Camille Peugny, « Pour une prise en compte des clivages au sein des classes populaires », Revue française de science politique, vol.65, n°5, 2015 - p. 735-759.
    Résumé : Cet article met en évidence l’hétérogénéité du rapport à la politique des classes populaires. Grâce aux données de l’enquête Participation électorale 2012 de l’Insee et aux quatre premières vagues de l’European Social Survey, deux dimensions de la participation politique des employés et des ouvriers sont questionnées : la participation électorale lors des scrutins présidentiel et législatif de 2012, ainsi qu’une dimension plus subjective, renvoyant à la capacité de se saisir des questions politiques. Des variations importantes sont mises en évidence entre les différentes catégories d’employés et d’ouvriers qui ne peuvent pas uniquement être imputées à l’effet des variables socio-démographiques habituelles. La position très détériorée des employés des services à la personne conduit à insister sur l’importance des collectifs de travail dans la structuration du rapport au politique.

  • Camille Peugny, « Loin des urnes. L’exclusion politique des classes populaires », Métropolitiques, 23 mars 2017 - en ligne : http://www.metropolitiques.eu/Loin-des-urnes-L-exclusion.html (Consulté le 27 mars 2017).
    Résumé : À l’approche des scrutins présidentiels et parlementaires, la question de l’égalité d’accès au vote est de nouveau posée. En mesurant de façon exhaustive les différentes formes de non-participation électorale (nationalité, non-inscription et abstention), Camille Peugny met au jour l’ampleur de l’exclusion politique qui touche les classes populaires et souligne le rôle des collectifs de travail dans leur inégale politisation.
  • Camille Peugny, « Opfert Frankreich seine Jugend ? Eine Bestandsaufnahme », Aus Politik und Zeitgeschichte, n°48, 2016 - p. 19-23.
  • Antoine Pietri, Tarik Tazdait et Mehrdad Vahabi, « Economics of Empire-building: Price and Predatory Competitions », Journal of Institutional and Theoretical Economics, vol.173, n°2, 2017 - p. 253-278.

  • Nora El Qadim, « Postcolonial challenges to migration control: French–Moroccan cooperation practices on forced returns », Security Dialogue, vol.45, n°3, 2014 - p. 242-261.
    Résumé : Analyses that develop a postcolonial critique of international relations and security studies have outlined the project of ‘decolonizing’ these disciplines and have underlined the importance of taking into account actors from the South. I seek to do so here through the study of migration policies, in particular by looking for the agency of state actors in so-called countries of origin. This article shows that the study of practices of cooperation is a good strategy for decolonizing the study of international relations. Based upon the example of mid-level cooperation on deportation between France and Morocco, this article focuses on two devices and the practices used for international cooperation on migration controls: the posting of immigration liaison officers and the statistical evaluation of cooperation. This case study shows that such practices open brokering spaces in the transnational security field and allow state actors from the South to challenge the dominance of the North.

  • Alain Quemin, « La culture et ses clichés : analyse sociologique des oeuvres de l'Ecole de photographie d'Helsinki », L’Année sociologique, vol.65, n°1, 2015 - p. 149-168.
    Résumé : La présente contribution part du constat que, dans la sociologie de l’art, domaine qui s’est pourtant considérablement développé depuis une vingtaine d’années, la sociologie visuelle au sens d’analyse des images reste encore très peu développée. Pourtant, cela n’est nullement dû à une impossibilité de procéder à une sociologie des œuvres visuelles. Afin d’étayer cette position, l’article vise, à partir d’un exemple particulier, à illustrer comment la sociologie de l’art peut analyser des œuvres visuelles. C’est la production de l’École de photographie d’Helsinki, présentée dans un ouvrage de synthèse, qui est ici retenue. Sont tout d’abord exposées les conditions d’émergence de la recherche, puis sont livrées quelques caractéristiques des artistes appartenant au mouvement considéré. L’objectivation sociologique appliquée aux images à travers notamment l’analyse de leur thématique et d’autres caractéristiques est alors mobilisée. Il s’agit de faire ressortir en quoi cette école de photographie qui se confond avec un pays ou, plus précisément encore, avec une ville, s’accompagne de certains traits culturels communs aux différents artistes et que nous pouvons relever à travers leurs œuvres, ici des photographies.

  • Alain Quemin, « The Impact of Nationality and Territory on Fame and Success: Lessons from Reputational and Economic Rankings in the Visual Arts Sector », Sociologia y Antropologia, vol.5, n°3, 2015 - p. 825-855.
    Résumé : A nacionalidade e o território afetam grandemente a fama artística, embora os atores no mundo contemporâneo da arte tendam a negar o fato. Os artistas mais reconhecidos geralmente pertencem a um seleto número de países ocidentais entre os quais o Reino Unido e a Alemanha, mas também os Estados Unidos, e ganham a parte do leão. Isso se reflete na representação desigual dos países na elaboração de classificações como a Kunstkompass, utilizada para objetivar a fama e visibilidade dos artistas. O número muito pequeno de países que concentram os artistas mais famosos também indica a homologia com a nacionalidade dos mais poderosos atores do mundo artístico contemporâneo, tal como relacionado na ArtReview Power 100. Na conclusão, mostro que, ao menos para os anos recentes dos principais artistas, as nacionalidades daqueles mais evidenciados em instituições e daqueles mais bem sucedidos no mercado divergem.

  • Alain Quemin, « Omar Ba : l’animal peint, entre figuration et hybridation, métaphore de la vie et du pouvoir », Legeia. Dossiers sur l'art, 145-148, 2016 - p. 157-170.

  • Alain Quemin, « L’inégale distribution du succès en art contemporain entre les nations à partir des palmarès des “plus grands” artistes dans le monde : analyse sociologique », Proteus, n°8, 2015 - p. 24-38.
    Résumé : À partir d’une étude empirique de deux classements recensant les artistes contemporains les plus célèbres/visibles/reconnus, le Kunstkompass et le CapitalKunstmarkt Kompass, nous ferons apparaître l’impact de la nationalité des artistes et du territoire — entendu ici comme leur pays de résidence — sur leur accès au succès et sur le processus de consécration. Il s’agit d’illustrer la répartition extrêmement inégale du succès entre pays en art contemporain. Après avoir retracé l’émergence des opérations systématiques d’évaluation en art, nous présenterons le mode d’élaboration de nos deux indicateurs. Puis, à travers les deux palmarès retenus, nous montrerons que le fait de considérer le pays de résidence et non plus la nationalité, loin de produire une dispersion des résultats, fait, au contraire, apparaître une concentration des artistes les plus reconnus entre un nombre très restreint de pays.

  • Alain Quemin, « Qui détient le pouvoir en art contemporain ? Fonction dans le monde de l’art, genre et pays des "acteurs de la consécration" », Sociologie et Sociétés, vol.XLVII, n°2, 2015 - p. 27-52.
    Résumé : En 2002 a été publié pour la première fois le « power 100 », classement annuel des personnalités du monde de l’art les plus puissantes. Réunissant quelques artistes mais aussi des galeristes, directeurs de maisons de ventes aux enchères, collectionneurs, directeurs et conservateurs de musée, commissaires et critiques, ce palmarès peut faire l’objet d’une analyse sociologique. Position ou fonction dans le monde de l’art, genre (homme ou femme) mais aussi pays d’appartenance constituent trois facteurs importants pour mieux comprendre comment le pouvoir s’organise dans le monde international de l’art contemporain. Par ailleurs, dans la mesure où ce palmarès censé révéler le pouvoir dans le monde de l’art — impliquant tout particulièrement celui de labelliser et consacrer les artistes — existe de façon concomitante aux classements d’artistes les plus reconnus, il devient possible de tester l’hypothèse d’homologie bourdieusienne entre caractéristiques de ceux qui construisent les réputations et ceux qui les obtiennent, les artistes.

  • Nicolas Robette et Olivier Roueff, « An eclectic eclecticism: Methodological and theoretical issues about the quantification of cultural omnivorism », Poetics, vol.47, 2014 - p. 23-40.
    Résumé : Cultural eclecticism has been the focus of most sociological debates pertaining to cultural practices since the publication of Richard Peterson's first articles on the topic. Underlying these debates surrounding results, the prevailing definitions and methods are particularly striking for their… eclecticism. And although it is not explicitly stated, it appears that sociologists disagree over the parameters of inquiry – how the object of study is constructed and all manner of methodologies, rather than over hypotheses and whether or not they are valid. In this paper, we shall extend and systematize assertions that appear in various works on omnivorousness. Our aim is to determine the theoretical implications of the three groups of choices that seem critical in statistical methods of studying cultural eclecticism: choices concerning indicators of taste; methods of constructing a scale of cultural legitimacy; and indicators of cultural omnivorousness.

  • Nicolas Robette et Olivier Roueff, « L’espace contemporain des goûts culturels. Homologies structurales entre domaines de pratiques et entre classes sociales », Sociologie, vol.8, n°4, 2017 - p. 369-394.
    Résumé : Cet article vise deux objectifs. D’une part, il s’agit de tester statistiquement l’hypothèse des homologies structurales. Dans La Distinction, les graphiques globaux (Bourdieu, 1979, pp. 140‑141) étaient réalisés à la main à partir de plusieurs analyses partielles (de Saint‑Martin, 2013, pp. 29‑44). Or, grâce à l’enquête Pratiques culturelles des Français menée en 2008 par le ministère de la Culture et grâce à l’analyse factorielle de tableaux multiples (AFM), il est ici possible d’observer la morphologie de quatre espaces de goûts culturels différents (télévision, musique, cinéma, livre), ainsi que celle des espaces gustatifs spécifiques aux classes bourgeoises, intermédiaires et populaires, afin d’évaluer méthodiquement si leurs principes structurants respectifs sont similaires et d’interpréter les éventuelles variations observées. D’autre part, l’objectivation statistique actualise au passage les descriptions de La Distinction, qui concernent essentiellement les années 1960. Elle permet aussi de remettre à l’agenda l’interprétation du « milieu » de l’espace social en établissant qu’il existe de nombreuses raisons, pour une modalité de goût, de se situer dans la région médiane de l’espace social. Tout concourt ici à remettre en cause la possibilité d’objectiver statistiquement un univers de goûts qui serait spécifique aux classes dites « moyennes ».

  • Nicolas Roinsard, « Conditions de vie, pauvreté et protection sociale à Mayotte : une approche pluridimensionnelle des inégalités », Revue française des affaires sociales, n°4, 2014 - p. 28-49.
    Résumé : En mars 2011, Mayotte devient le 5e département français d’outre-mer. Compte tenu de la structure de l’économie locale, l’île devient en même temps le département le plus pauvre, et le plus inégalitaire, au niveau national. Le principe de l’« Égalité » sociale et de l’introduction du droit commun dans ce nouveau département reste timide à ce jour, laissant de fait aux solidarités privées un rôle primordial d’amortisseur social. Cet article se propose de décrire les effets et les enjeux de la départementalisation sur la production et la régulation des inégalités, approchées ici de manière pluridimensionnelle : à la fois celles qui structurent la société mahoraise dans son ensemble (inégalités ethniques et de nationalité, de genre, de génération et de classe), et celles qui situent Mayotte dans son environnement régional et politique, en qualité de carrefour migratoire révélateur des inégalités de régime de protection sociale d’un territoire à l’autre.

  • Olivier Roueff, « Elite Delights: The Structure of Art Gallery Networks in India », South Asia Multidisciplinary Academic Journal, n°15, 2017 - en ligne : http://samaj.revues.org/4271 (Consulté le 19 mai 2017).
    Résumé : In recent years, researchers have expressed renewed interest in the visual arts, which can be seen as one of the main providers of upper-class symbolic goods and status signals for cultural elites. India has not yet been included in that body of work. Although important insights do exist on India, a systematic empirical inquiry has yet to be made. The present article offers a step in that direction, through the statistical analysis of 101 Indian galleries and the 4,249 artists they present in their catalogs. Does the way galleries share artists reveal specific characteristics about the Indian art world? Is the usual opposition between “commercial” and “artistic” galleries relevant for contemporary India? What are the roles of auctions and international fairs? Do Indian galleries prefer representing artists, or storing and exhibiting their works? What insights do their strategies and hierarchies offer about the cultural standards of Indian elites? This article offers a typology of Indian art galleries based on a network analysis (blockmodeling). It reveals a hierarchized system, the weight of the auction market, and a strong economic and aesthetic boundary between international experimental art and national modern art.

  • Violaine Roussel, « Une économie des émotions », La nouvelle revue du travail, n°6, 2015 - en ligne : http://nrt.revues.org/2117 (Consulté le 8 juin 2015).
    Résumé : Cet article prend pour objet le travail émotionnel des agents artistiques à Hollywood. Ce monde du spectacle forme un système professionnel complexe au sein duquel les représentants des artistes tiennent un rôle clé. Dans cet univers, l’expression intense des émotions est omniprésente. A l’écart d’une explication psychologisante et d’une dénonciation du « faux-semblant » émotionnel qui caractériserait Hollywood, cet article montre que l’activité des agents constitue un travail de relation qui est pour une large part un travail émotionnel : il décrypte la manière dont ce travail est appris dans de grandes agences artistiques puis pratiqué dans des configurations qui rassemblent professionnels de la production hollywoodienne. Il examine enfin la création et l’entretien par les agents de liens forts et intimes avec les artistes, et les dilemmes affectifs et pratiques qu’ils engendrent pour les agents.

  • Pascal Sebille, « La historia migratoria de los residentes urbanos de hoy », Coyuntura Demográfica, n°6, 2014 - p. 51-56.

  • Pascal Sebille, Xavier Arnauld de Sartre, Monica Castro, William Santos de Assis, Sylvain Dolédec et Patrick Lavelle, « Sustainable development policies and the spread of land-sharing practices – A statistical assessment in a frontier region of the Brazilian Amazon », Journal of Rural Studies, vol.48, 2016 - p. 65-76.
    Résumé : Agrarian reform has become at highly topical issue in Brazil and is proceeding mainly along the Amazonian pioneer fronts, thus jeopardising the continuity of forest cover. Although it is sometimes accompanied by highly proactive policies for sustainable development, the results of these policies are extremely variable. In this article, we compare four sites where agrarian reforms have been applied; they are located along the boundary between eastern Amazonia (deforestation arc) and central Amazonia (along a pioneer front) and are variously covered by sustainable development policies. In each of these sites, we surveyed plant cover, existing production systems, the characteristics of the local populations and their quality of life in the sites themselves. We bring out discrepancies between sustainable development policies applied in the sites and their environmental preservation status. These discrepancies cannot be accounted for by the characteristics of the populations and do not bear any relation to people's quality of life in the different sites. While effects of context and of local levels of acceptance account for the success or failure of sustainable development projects, the agrarian reform policies we investigated are characterized by impacts that are negative for the environment but positive for the quality of life of local populations. By proposing a series of multivariate analyses and their combination through a scalar analysis, this article also puts forward an original methodology for studies of relationships between people and their environment.

  • Yves Sintomer, « Les futurs de la démocratie au XXIe siècle », Raison publique, n°20, 2016 - p. 175-191.
    Résumé : Le siècle qui a commencé est marqué par un paradoxe politique. D’un côté, la démocratie apparaît comme un régime plus attrayant que jamais pour les peuples qui en sont privés. Les révolutions arabes s’inscrivent dans une série qui a vu nombre de dictatures s’effondrer. L’Europe du Sud, l’Amérique latine, l’Europe de l’Est, une partie de l’Afrique et de l’Asie ont ainsi adopté au moins formellement...

  • Yves Sintomer, « Les types purs de domination légitime : forces et limites d’une trilogie », Sociologie, vol.5, n°3, 2014 - p. 319 -333.
    Résumé : L’édition critique allemande de l’œuvre de Weber et les traductions françaises récentes de certains de ses textes fondamentaux offrent l’occasion d’un nouvel éclairage sur les types purs de la domination légitime. Cet article revient sur la genèse des trois idéaux‑types et s’interroge ensuite sur la question de la trilogie. Il montre que d’autres choix étaient en théorie possibles, insistant notamment sur la domination féodale ou sur la légitimation de la domination par les produits qu’elle offre aux dominés, ce qui permet en retour de mieux saisir la spécificité de la conceptualisation wébérienne. L’idée évoquée et vite abandonnée par Weber d’un quatrième mode, démocratique, de domination légitime, est symptomatique de la difficulté du sociologue à conceptualiser et à analyser concrètement la démocratie ou les résistances des subalternes. Ces réflexions incitent à penser un idéal‑type pur de la démocratie ou de la démocratisation, qui devrait être mobilisé aux côtés des modes purs de la domination légitime pour penser les dynamiques sociopolitiques empiriques.

  • Jacques Siracusa, « L'avant, l'apprêt et l'après du questionnaire – Le cas de l'enquête COI-TIC 2006 », Bulletin of Sociological Methodology/Bulletin de Méthodologie Sociologique, vol.123, n°1, 2014 - p. 41-55.
    Résumé : The Before, During and After of a Questionnaire – The Case of the COI-TIC 2006 Survey: This study focuses on the elaboration of a questionnaire for a large-scale survey on organizational changes and communication technologies. Preparatory meetings were observed, and then studies using the gathered data were consulted. It is a question of reporting the main considerations at the origin of the construction of the questionnaire. These considerations are above all pragmatic, dependent on the experiences and knowledge of the designers. Strategies are negotiated, but the resulting agreements are precarious. Collective work to collect responses is structured by the instrument and guided by some objectives, all of which allows the possibility of multiple redefinitions of the data, with little concern for what was done during the preparatory work.

  • Jacques Siracusa, « L’évaluation à l’université : un cas en sociologie », Education et sociétés, n°34, 2014 - p. 153-169.
    Résumé : Cet article traite, à partir d’une étude de cas, un thème qui, depuis les travaux de Bourdieu et Passeron, a été quelque peu abandonné : l’évaluation à l’université. L’étude des résultats d’une promotion d’étudiants en licence de sociologie met en évidence le caractère à la fois consensuel et conservateur des évaluations. Il s’agit de proposer une interprétation plausible de ces constats en s’attachant à certains aspects de la situation : le parcours universitaire des étudiants, l’organisation pédagogique et quelques particularités de la sociologie. Dans cet environnement, s’adapter au public revient à instaurer une communication et un contrôle des connaissances qui font prévaloir les acquis scolaires des étudiants.

  • Jacques Siracusa, « ‪Quelques usages du terme "tendance" en sociologie ‪ », Revue européenne des sciences sociales, vol.55, n°2, 12 décembre 2017 - p. 211-235.
    Résumé : Le terme « tendance » est d’usage ancien, d’abord associé au domaine des forces physiques et à l’idée d’orientation morale. Aujourd’hui, de multiples sens sont répertoriés. En sociologie, il est très tôt associé à des analogies fondatrices et à des considérations psychologiques, causales et statistiques. Cette étude présente un bref panorama de ses usages typiques dans la discipline. La variété de ses supports empiriques reflète celle des stratégies de recherche, notamment en matière d’explication des actions. Comme de nombreux concepts sociologiques, il manifeste une grande élasticité : sa signification dépend du contexte d’emploi dont la description est souvent complexe. Mais il présente un autre avantage : il peut avoir une fonction d’affaiblissement et d’ellipse ; et son emploi dispense alors le sociologue de précisions à apporter quant à ce contexte.

  • Jacques Siracusa, « Le penchant quetelésien de Durkheim », L'Année sociologique, vol.67, n°1, 2017 - p. 255-255.
    Résumé : L’œuvre d’Adolphe Quetelet a été presque exclusivement étudiée par les historiens des statistiques. L’étude présente ici les innovations de Quetelet en matière d’analyse empirique de la société, puis celles de Durkheim, dans Le Suicide, à la lumière des précédentes ; et précise ce qui peut être aisément interprété comme des emprunts. À cette fin, l’examen distingue deux démarches de Quetelet : la première correspondant à la construction du penchant de l’homme moyen, la seconde à sa théorie probabiliste. La première, la moins connue des deux, est celle dont l’ouvrage de Durkheim et sa psychologie collective s’inspirent le plus, au point d’en reproduire quelques analogies et ambiguïtés originelles.

  • Séverine Sofio, « Les marchands de couleurs au XIXe e siècle, artisans ou experts ? (Paris, Tours) », Ethnologie française, n°165, 2017 - p. 75-86.
    Résumé : Après un bref historique de la catégorie des marchands de couleurs, issue d’une branche de la corporation des épiciers et apparue en tant que telle à la fin du xviiisiècle à Paris, on s’intéresse, dans cet article, à leurs rapports avec les artistes et les amateurs d’art de l’Empire jusqu’à la Troisième République à Paris. On propose ensuite une typologie de ces commerçants à la fois artisans et détaillants, en fonction des produits et services qu’ils proposent, et des clientèles qu’ils visent. Enfin, une étude cartographique de leurs différentes implantations à Paris et à Tours révèle les transformations de ce commerce dans la capitale et en province au cours du siècle.

  • Séverine Sofio, « "Toutes les directions sont incertaines et combattues" : les peintres, les critiques et l’imposition de la bataille romantique », Sociétés et représentations, n°40, 2015 - p. 163-182.
    Résumé : Dans les années 1820-1830, la critique devient une pratique non seulement légitime, au carrefour des espaces artistique, littéraire, politique et journalistique, mais aussi relativement homogène dans les formes qu’elle prend, dans le profil de ceux qui la pratiquent ou dans ses supports. C’est aussi le moment où l’on voit à l’œuvre, pour la première fois, son extraordinaire force de prescription. On revient ainsi dans cet article sur les évolutions croisées des espaces journalistique, littéraire et artistique qui ont fait converger, temporairement, les intérêts d’une génération de critiques et de peintres dans le contexte d’un monde de l’art déboussolé par la fin de l’École de David. Pour rendre lisibles les enjeux du Salon, les critiques, issus de l’espace littéraire, ont importé dans le domaine des beaux-arts la grille de lecture de la « bataille romantique » et imposé ainsi une lecture binaire des controverses qui structurent alors le monde de la peinture. La fortune critique de cette dialectique « classique versus romantique » dans l’appréhension de l’art de cette période est telle qu’elle a durablement marqué l’histoire de l’art et fonctionne encore parfaitement aujourd’hui.

  • Fatiha Talahite, « Genre et théorie économique », Regards croisés sur l'économie, n°15, 2014 - p. 13-28.
    Résumé : L’économie est l’une des dernières sciences humaines et sociales à avoir intégré le genre. Cet article interroge la résistance de la science économique au genre et montre comment celui-ci fut finalement introduit, à travers trois moments clés de cette histoire : le débat sur la valeur du travail domestique ; la critique féministe en épistémologie et histoire de la pensée économique ; la construction d’une économie néoclassique du genre à partir des travaux de Gary Becker. Grâce à l’importante production qui en a résulté, l’économie a certes pu rattraper son retard, mais elle a absorbé le genre sans avoir été ébranlée dans ses fondements. L’économie du genre s’est moulée dans les divisions de la science économique.

  • Fatiha Talahite, « Pour une économie politique genrée des droits de propriété », Cahiers du Genre, n°62, 2017 - p. 19-42.
    Résumé : Cet article éclaire les racines historiques de l’inégal accès à la propriété selon le genre dans les deux systèmes juridiques d’origine européenne, la Common Law et les codifications dites continentales, devenus hégémoniques avec l’expansion coloniale, l’État postcolonial et la mondialisation. La généralisation du modèle occidental de propriété privée, processus auquel participe l’application de la Convention des Nations unies pour l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes, conduit à creuser les inégalités de genre, tout en détruisant la diversité des systèmes de droits. Faut-il alors renforcer les droits individuels de propriété des femmes ou revenir aux droits ‘coutumiers’ ? La nouvelle théorie des commons pourrait permettre de dépasser cette alternative.

  • Sylvie Tissot, « Categorizing Neighborhoods: The Invention of ‘Sensitive Areas’ in France and ‘Historic Districts’ in the United States: », International Journal of Urban and Regional Research, vol.42, n°1, 2018 - p. 150-158.
    Résumé : This essay offers a reflexive return to two research projects to demonstrate the value of Bourdieu's emphasis on the symbolic for the analysis of contemporary urban transformation. Bourdieu's insistence that we track the social genesis and diffusion of spatial categories of thought and action directs us to the empirical study of the struggles between agents and organizations that promote and/or oppose these categories, as well as the political, economic and other interests animating the agents. A retracing of the parallel invention of the ‘at-risk neighborhood’ (quartier sensible) coined for and targeted by French urban policy since the late 1980s and the emergence of ‘historic’ or ‘diverse’ neighborhoods touted by gentrifying residents, cultural organizations and real estate agents in the United States since the 1960s challenges misleading oppositions between materiality and representations that often underpin and cramp urban research.

  • Sylvie Tissot, « Loving Diversity/Controlling Diversity: Exploring the Ambivalent Mobilization of Upper-Middle-Class Gentrifiers, South End, Boston: Diversity and ambivalent gentrifiers in South End, Boston », International Journal of Urban and Regional Research, vol.38, n°4, 2014 - p. 1181-1194.
    Résumé : This article centers on a group of upper-middle-class gentrifiers living in a neighborhood in the South End of Boston, and their complex attitude towards diversity. I use data from my fieldwork in the South End, based on ethnographic observation and 77 interviews with residents active in local organizations, such as neighborhood associations. These residents explicitly stress their endorsement of diversity, in terms of class, race, but also sexual orientation, and their commitment to maintaining it. I examine the meaning they give to this principle, the actions they take in its name and the kind of relations they establish with those ‘others’ who embody such diversity. I argue that the gentrifiers' love of diversity, which cannot be reduced to sheer hypocrisy, is intrinsically linked to their capacity to control it, thus shedding light on the changing definition of social distinction in upper-middle-class culture.

  • Mehrdad Vahabi, « A positive theory of the predatory state », Public Choice, vol.168, 3-4, 2016 - p. 153-175.
    Résumé : While the distinction between public and private goods is essential in developing a normative theory of non-predatory states, the focus of this article is on a positive theory of predatory states. Since the predatory relationship between the state and its subjects depends on the power of the state to grab or to appropriate coercively and the subject’s ability to escape or hide, the boundaries of the state are decided by the nature of the assets that can be taken more or less easily. Accordingly, I will introduce a new distinction between captive and fugitive assets that positively captures the frontiers of a state space. The US railroading in the nineteenth century provides an illustration regarding the explanatory power of an asset-appropriating perspective of the state compared to a public goods approach.
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