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Production scientifique

 

Monographies et ouvrages scientifiques : en langue françaises  ... 


  • Adel Abderrezak, Thierry Pairault et Fatiha Talahite, La Chine en Algérie. Approches socio-économiques, Paris : MA Éditions – ESKA, 2017 - 186 p.
    Résumé : Cet ouvrage s’appuie sur quelques contributions à un colloque qui s’est tenu à l’Université Abdelhamid Mehri de Constantine les 10-11 mai 2015. Retravaillés puis réévalués par un comité scientifique, ces travaux apportent des éléments de réponse à certains questionnements soulevés par la présence économique chinoise en Algérie. Ils offrent une source d’information précieuse pour les acteurs économiques chinois et algériens tant par leurs données statistiques, économiques que par leurs observations sociologiques voire anthropologiques. Cet ouvrage soulève aussi de nouvelles interrogations et propose des réflexions qui devraient contribuer à nourrir les débats de politiques économiques en cours en Algérie et à encourager les chercheurs algériens et tout ceux qui travaillent sur ce sujet, à s’approprier cette question de la présence économique chinoise dans une dimension pluridisciplinaire.

  • Dominique Andolfatto et Sylvie Contrepois, Syndicats et dialoque social. Les modèles occidentaux à l’épreuve, P.I.E.-Peter Lang, 2016 - 292 p.
    Résumé : Une même question a été posée à une équipe de chercheurs spécialisés dans les relations du travail dans les principales économies post-industrielles de ce début du 21e siècle : comment a évolué la régulation sociale dans les entreprises depuis une trentaine d’années ? Leurs réponses montrent que les restructurations économiques, l’européanisation et la mondialisation ont conduit à d’importants changements, rarement volontaires, dans les relations entre les « partenaires sociaux » : organisations syndicales et patronales, sans oublier l’État, qui joue souvent un rôle d’arbitre. Ainsi, les modèles nationaux hérités du 20e siècle ont été remis en cause. Les particularismes se sont effacés pour laisser place à des cadres plus fragiles et plus fluctuants. Ce livre dresse un état des lieux précis des principaux changements qui ont affecté les syndicats et le dialogue social dans les entreprises en Europe et Amérique du Nord. Il permet de dépasser les idées reçues concernant les modèles anglo-saxon, scandinave, rhénan et latin.
  • Anne-Marie Autissier, Europe et culture: un couple à réinventer ? Essai sur 50 ans de coopération culturelle européenne, Toulouse : Attribut, coll. « La Culture en questions », 2016 - 303 p.
    Résumé : Où en est la belle utopie de l’Europe de la culture ? Comment la relancer ? Dans un contexte mondial chaotique, l’Union européenne se trouve en butte à d’innombrables fragmentations – politiques, existentielles, sociales. Son sursaut peut venir d’un choc culturel. Après des décennies de néolibéralisme, il est temps d’offrir des espaces de respiration et de partage aux Européens engagés dans la création, l’éducation populaire, les pratiques amateurs, la recherche sur les arts et la culture, l’éducation artistique et culturelle. Anne-Marie Autissier, pionnière par ses travaux dans la réflexion sur l’Europe de la culture, plaide pour que l’Union européenne engage ses États membres à faciliter la mobilité des artistes et des professionnels de la culture et à valoriser les expériences multiples qui se déploient aujourd’hui sur le continent. L’Europe doit rompre avec une posture contradictoire consistant à encenser la diversité culturelle d’un côté, et à la brider, de l’autre, au nom de la concurrence. Ce livre retrace l’histoire contemporaine de l’Europe de la culture, de ses référentiels (exception culturelle, dialogue interculturel, diversité culturelle...) de ses multiples programmes, de sa construction institutionnelle, de ses nombreux réseaux, de sa réglementation, de ses modes de coopération des pays et de ses acteurs.
  • Horst Bredekamp, Théorie de l'acte d'image, traduit par Frédéric Joly, Paris : La Découverte, coll. « Politique et sociétés », 2015 - 384 p - (Traduit avec la collaboration d'Yves Sintomer).
    Résumé : Dans ce livre, Horst Bredekamp tente de comprendre un paradoxe qui hante la pensée de l’image depuis toujours : l’image, en tant qu’artefact créé par les humains, ne possède pas de vie propre, et pourtant elle développe une présence, une puissance, qui emporte celui qui la regarde – comme en témoigne la longue controverse sur la force des images, de l’iconoclasme byzantin ou protestant jusqu’à la destruction des bouddhas de Bâmiyân. Platon, Léonard de Vinci, Lacan, Heidegger, Warburg : nombreux sont ceux qui ont tenté de percer ce mystère de la puissance effective de l’image. De la statuaire grecque jusqu’aux performances scéniques de Michael Jackson en passant par les automates, les tableaux vivants et l’œuvre de Niki de Saint-Phalle, Horst Bredekamp analyse plus de deux cents images afin de déployer une théorie originale et ambitieuse, celle de l’acte d’image. Conçue pour faire écho et contrepoint à la célèbre théorie de l’acte de langage, initiée par Searle et Austin, elle analyse la puissance spécifique recelée par l’image. Il n’y a alors pas d’autre choix que de replacer l’image au même niveau que le langage (et l’écriture) dans notre pensée de l’humain et de son histoire, de ses origines à nos jours. Traduit dans plusieurs langues, le livre de Horst Bredekamp est déjà une référence incontournable dans des disciplines aussi variées que la philosophie, la théorie esthétique, l’histoire de l’art et les études culturelles.
  • Christine Cadot, L’Europe imaginée. Lecture iconoclaste de la construction européenne, Paris : Presses de Sciences Po, 2015 - 150 p.
  • Cynthia Cockburn, Des femmes contre le militarisme et la guerre, traduit par Séverine Sofio, Paris : La Dispute, coll. « Le genre du monde », 2015 - 163 p - (Préface d'Arielle Denis).
  • Vanessa Codaccioni, Justice d’exception. L’État face aux crimes politiques et terroristes, Paris : CNRS Editions, 2015 - 316 p.
    Résumé : Qu’ont en commun d’anciens collaborateurs qui ont fui la France à la Libération, des activistes de l’OAS, des espions soviétiques, des gauchistes de mai 68 et de la Gauche prolétarienne, des autonomistes corses, basques et bretons ou des membres d’Action Directe ? D’avoir été jugés par la Cour de sûreté de l’État, une juridiction d’exception créée par le général de Gaulle à la fin de la guerre d’Algérie et supprimée par François Mitterrand au début de son septennat. Siégeant sans discontinuer pendant dix-huit ans et jugeant des milliers de militants, celle-ci illustre une tradition française de justice politique appliquée aux « ennemis intérieurs » qui prennent pour cible l’État. À travers une plongée inédite dans les archives de ce tribunal spécial, Vanessa Codaccioni identifie les nombreuses mesures prises par les gouvernements contre des activistes radicaux : les gardes à vue prolongées, les arrestations de nuit, le jugement par des militaires de carrière, ou encore les examens psychiatriques qui visent à faire de ces militants des êtres à part, anormaux. Contrairement à une idée reçue, ces dispositions exceptionnelles ne disparaissent pas au début des années 1980. Elles évoluent et se transforment pour être progressivement réintégrées dans l’arsenal sécuritaire et pour constituer le socle de la lutte antiterroriste. De la lutte contre l’OAS au jugement des « malfaiteurs terroristes » par une justice dérogatoire au droit commun aujourd’hui, c’est toute la généalogie de l’antiterrorisme que ce livre retrace.
  • Vanessa Codaccioni, La légitime défense. Homicides sécuritaires, crimes racistes et violences policières, Editions du CNRS, 2018 - 250 p.
    Résumé : "La légitime défense est au coeur de l'actualité politique et judiciaire : multiplication du nombre de femmes battues qui tirent sur leur mari ou leur compagnon violent, mobilisations pour soutenir des commerçants qui ont tué des voleurs, et, plus récemment, facilitation de l'usage des armes par la police dans le cadre du renforcement de la lutte antiterroriste.Si la légitime défense fascine et fait débat – est-elle un permis de tuer ou l'arme du faible ? –, elle a aussi ses partisans radicaux : des militants pro-armes réclamant un " droit de tirer " et un " droit de tuer " ceux qui représenteraient un danger pour eux-mêmes et pour la société.Parallèlement à l'étude de leurs mobilisations, Vanessa Codaccioni se penche sur les grandes affaires de légitime défense depuis la fin des années soixante-dix. Elle montre qu'il s'agit le plus souvent d'homicides sécuritaires, de crimes racistes ou de violences policières, et analyse la manière dont leurs auteurs tentent d'échapper à la justice, notamment par un renversement des figures du coupable et de la victime.Par l'étude socio-historique des homicides " défensifs " et des usages sécuritaires des armes, ce livre explore la manière la plus radicale de se faire justice. Il interroge plus généralement les liens entre politiques du " faire mourir ", pouvoir de mort et atteintes au droit à la vie dans les régimes démocratiques".
  • Baptiste Coulmont, Changer de prénom. De l’identité à l’authenticité, Presses universitaires de Lyon, 2016 - 145 p.
    Résumé : Changer de prénom, c’est chercher à « devenir soi-même » (ou redevenir soi-même). De nombreux travaux ont pointé les injonctions contemporaines à être authentique sans insister sur les outils aux mains des personnes cherchant à fabriquer leur authenticité. Pour le dire autrement : changer de prénom n’est pas seulement répondre à la question « qui suis-je ? » (à la question de l’identité ou de l’identification étatique), mais c’est aussi répondre à la question de l’authenticité : « qui suis-je en vérité ? ». Identité et authenticité sont en tension dans les dossiers judiciaires. Grâce à une étude de la jurisprudence, des observations dans plusieurs tribunaux et des recherches dans les archives des greffes, Baptiste Coulmont analyse comment le droit, petit à petit, en est venu à considérer le prénom non plus seulement sous l’angle de ses fonctions d’élément de l’état civil, à savoir sa capacité à identifier précisément un individu, mais aussi sous l’angle de ses fonctions connotatives : la capacité du prénom à indiquer l’appartenance à un groupe. S’est ainsi construit un droit à devenir soi-même, reconnu à présent par des juristes et des magistrats. On peut dès lors déployer une sociologie empirique de la fabrique de l’authenticité, en étudiant, à travers les archives judiciaires, les contextes où elle se manifeste concrètement. Autant d’histoires singulières qui racontent tour à tour le rapport de l’individu à son corps ou à son genre, ou encore à son sentiment d’appartenance nationale.
  • Antoine Delestre et Clara Lévy, L’esprit du totalitarisme : de Mussolini à Daesh, Paris : Editions de l'Aube, coll. « Monde en cours », 2016 - 168 p.
    Résumé : Les auteurs de ce livre partent d’un constat clair : il n’y a pas eu de pensée du totalitarisme comme il y a eu une pensée du capitalisme, de la démocratie, de la dictature... C’est donc à la fois un concept « repère » et une notion chargée de passion. Aujourd’hui, la montée des extrémismes - religieux, politiques - nous contraint à nous interroger plus que jamais sur ce qu’est le totalitarisme, un mot inventé par Mussolini ! Certains parlent d’un « totalitarisme islamiste ». D’autres, d’un « totalitarisme capitaliste », ou encore d’un « totalitarisme écologique » ! Mais que cela veut-il dire ? Quelle est l’histoire de ce mot et surtout, quelle est l’histoire du totalitarisme ? En étudiant à la fois l’organisation totalitaire, le déni de la réalité totalitaire, mais aussi les rôles que jouent les hommes dans cette organisation et la violence que le totalitarisme engendre, Antoine Delestre et Clara Lévy nous offrent les clés pour mieux comprendre une notion qu’il est urgent de maîtriser.
  • Nicolas Duvoux, Les oubliés du rêve américain. Philanthropie, État et pauvreté urbaine, Paris : Presses Universitaires de France, coll. « Le lien social », 2015 - 310 p.
    Résumé : Alors que le « rêve américain » n’a rien perdu de son attraction, Nicolas Duvoux a entrepris une enquête ethnographique auprès de fondations philanthropiques et du tissu associatif qui tentent de pallier la déliquescence des quartiers pauvres et minoritaires d’une grande métropole du nord-est des États-Unis : Boston. Véritable laboratoire des sciences sociales du XXIe siècle, Boston, mieux qu’aucune autre, fait ressortir le spectacle de la coexistence de la richesse et de l’ouverture d’esprit avec la pauvreté et la ségrégation raciale. L’enquête s’est déroulée auprès de ceux qui vivent dans l’envers du mythe étasunien, fait de pauvreté, de marginalité sociopolitique et de violence, comme auprès de ceux qui leur viennent en aide. Elle permet de cerner la forme et les limites de l’organisation communautaire qui cherche à se recréer autour du don philanthropique. Elle montre comment, sur les débris du ghetto, des philanthropes cherchent à régénérer la communauté indispensable pour faire vivre le rêve américain et justifier leur propre réussite.
  • Cédric Hugrée, Étienne Penissat et Alexis Spire, Les classes sociales en Europe: tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent, Marseille : Agone, coll. « Ordre des choses », 2017 - 263 p.
    Résumé : Les classes populaires européennes ont été touchées de plein fouet par la crise : l’expérience du chômage et de la précarité fait partie de leur quotidien et constitue un marqueur qui les distingue des autres classes. Un autre trait récurrent est la pénibilité physique au travail, qui touche davantage les actifs peu ou pas qualifiés dans la quasi-totalité des pays européens. Pourtant, ces inégalités dans le monde du travail n’ont guère été prises en charge politiquement : la délégitimation du monde ouvrier s’est accompagnée d’une occultation de la déstabilisation des classes populaires. Ces trente dernières années, les contours de l’Europe n’ont cessé de s’élargir, contribuant à y rendre plus visibles les inégalités. Experts et journalistes analysent ces évolutions à l’aide d’indicateurs de performance économique – productivité, taux de chômage – sans jamais s’interroger sur les conditions de travail ou les disparités selon les couches sociales. Dans un contexte où la crise économique et les réponses néolibérales incitent les peuples à se replier sur chaque espace national, il est temps de se demander ce qui rapproche et ce qui distingue les travailleurs européens. À partir de grandes enquêtes statistiques, cet ouvrage prend le parti d’une lecture en termes de classes sociales : contre la vision d’individus éclatés touchés par la crise, l’objectif est de rendre visibles les rapports de domination entre groupes sociaux. Une étape préalable nécessaire pour explorer les conditions de possibilité d’un mouvement social européen.

  • Aurélie Jeantet, Les émotions au travail, Paris : CNRS Editions, 2018 - 328 p.
    Résumé : Comment penser nos émotions dans la vie professionnelle ? Question délicate entre toutes tant le champ du travail se veut ordonné, rationnel, balisé. Et pourtant, le travail sollicite de manière vive la subjectivité, le corps et les affects. Chacun y cherche du plaisir, des échos sensibles à ce qu’il est, à ce en quoi il croit. Parallèlement, les dimensions de contrainte et d’exploitation y sont omniprésentes et de plus en plus intrusives, allant chercher du côté de l’intime dans le but de mobiliser, d’obtenir toujours plus de chacun. Instrumentalisation et déni des émotions, paradoxalement, cohabitent, générant une souffrance au travail qui semble croître dans tous les secteurs. L’idéal de maîtrise insinue qu’une bonne « gestion » des émotions serait la solution, et le management et la communication organisationnelle y contribuent d’ailleurs en mettant l’accent sur les émotions « positives ». Mais, tout en étant socialement construites, les émotions sont fondamentalement marquées du sceau de l’imprévisibilité. Elles ne peuvent être un simple « rouage » pour produire plus et mieux : elles introduisent un « grain de sable » qui vient parfois gripper la machinerie, pour le meilleur et pour le pire. L’attention aux émotions apparaît comme une manière de se relier aux autres, au monde et à soi, en se recentrant sur ce qui compte. Elle peut alors être pensée comme une forme de résistance et une voie d’émancipation. Au fil d’une démonstration appuyée sur des exemples concrets, Aurélie Jeantet redonne aux émotions la place qui leur revient, dans leur spécificité, leur diversité, leur ambivalence, leurs effets multiples, et leur caractère potentiellement subversif.
  • Nicolas Jounin, Voyage de classes des étudiants de Seine-Saint-Denis enquêtent dans les beaux quartiers, Paris : La Découverte, coll. « Cahiers libres », 2014 - 248 p.
    Résumé : Une demi-heure de métro sépare les quartiers parmi les plus pauvres de France de ses zones les plus riches. Partis de Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris, une centaine d’étudiants ont enquêté sur trois quartiers bourgeois du VIIIe arrondissement de la capitale. Pour s’initier à la démarche sociologique, ils ont dû se familiariser avec un monde nouveau et étrange, dont les indigènes présentent des coutumes et préoccupations insolites. Boire un café dans un palace pour observer ce qui s’y passe (et être traité comme un client illégitime), stationner dans les boutiques de luxe pour décrire leur organisation (et se faire mettre dehors), apprendre à manger un mille-feuilles à 14 euros avec des « bourgeoises », approcher des institutions prestigieuses où les femmes n’ont pas le droit de vote, se faire expliquer le Bottin mondain et l’arrangement des mariages, interviewer dans son hôtel particulier un grand dirigeant qui « fait partie de ces familles qui ont des châteaux un peu partout » : ce sont quelques-unes des expériences que ces étudiants du 93 ont vécues. En même temps qu’il leur a fallu dompter l’exotisme pour bien comprendre le milieu dans lequel ils pénétraient, ils ont dû encaisser l’humiliation des multiples rappels à l’ordre social que suscitait leur démarche. Des premières incursions anonymes et timides jusqu’aux face-à face sans échappatoire, ce livre raconte de manière crue et joyeuse les batailles livrées pour mieux connaître un monde social dominant. L’enjeu : renverser l’habitude qui veut que ce soit « ceux d’en haut » qui inspectent l’existence de « ceux d’en bas ».
  • Jean-François Laé, Dans l'oeil du gardien, Paris : Edition du Seuil, coll. « Raconter la vie », 2015 - 112 p.
    Résumé : Dans une cité HLM du nord de Paris en pleine rénovation, des gardiens sont au travail : ils surveillent, réparent, tempèrent. A travers leur regard, on entrevoit ce qui n’est pas montré d’habitude : des résidents qui s’observent, les plaintes quotidiennes, les vrais problèmes. On redécouvre aussi un métier de nouveau convoité : le gardien n’est plus l’homme à tout faire d’hier, il est devenu le médiateur de la cité.
  • Jean-François Laé, Une fille en correction. Lettres à son assistante sociale (1952-1965), CNRS Editions, 2018 - 250 p - (Préface de Philippe Artères).
    Résumé : Dans le sous-sol d'une association chargée de l'enfance à Avignon, sur des étagères en acier des années 1950, se succèdent trois cents mètres de dossiers noircis par le temps. " C'est un débarras ", me lance Chantal, la cheffe du service, " vous ne trouverez que du vieux papier ! ". Dans le sous-sol d'une association chargée de l'enfance à Avignon, sur des étagères en acier des années 1950, se succèdent trois cents mètres de dossiers noircis par le temps. " C'est un débarras ", me lance Chantal, la cheffe du service, " vous ne trouverez que du vieux papier ! ". Des fouilles surgissent 160 lettres entre Micheline – enceinte à 20 ans – et Odile, assistante sociale auprès du tribunal pour enfants. L'histoire commence ainsi. Une grossesse hors mariage et en situation de pauvreté, c'est une vie scellée dans un foyer maternel. Tandis qu'un cercle de femmes " sages " s'occupe de Micheline, celle-ci se révolte et s'enfuit. On la recherche dans tout le Roussillon. Odile la rattrape. Micheline aime sortir au bal ? L'assistante sociale l'en dissuade et la menace. Et pourtant, elle l'aime bien, cette échevelée ! C'est " ma fille ", écrira-t-elle un jour. C'est dans l'entrelacs de cette correspondance, sur le fil des relations entre Micheline et Odile, que se tisse le récit de Jean-François Laé autour des plaintes, de la soumission et de la révolte de ces jeunes femmes si tôt assignées. Filles célibataires, indisciplinées ou frondeuses, souvent en bisbille avec leurs familles, elles sont les oubliées de notre histoire. À travers la révolte de Micheline, Jean-François Laé poursuit inlassablement son exploration des vies " faibles ", fragiles, celles d'" anormaux " qui lancent un défi à l'ordre social.
  • Sébastien Lemerle, Le singe, le gène et le neurone: du retour du biologisme en France, Paris : Presses universitaires de France, coll. « Science histoire et société », 2014 - 245 p.
    Résumé : Qui n’a jamais lu ou entendu que l’être humain est un « singe nu » ? Que l’agressivité, c’est dans les gènes ? L’intelligence, une affaire de neurones ? La vie amoureuse, une histoire d’hormones ? Ces quarante dernières années ont vu se multiplier ce type de discours « biologisant », au sein de quantité de livres et d’articles s’appuyant sur la renommée de savants médiatiques tels Jacques Monod, Henri Laborit, Jean-Pierre Changeux, Jean-Didier Vincent, Boris Cyrulnik… Les principaux porte-parole, les relais culturels, de ces discours souvent contradictoires méritaient une analyse qui aille au-delà de l’habituelle évocation des progrès de la science. C’est ce que propose cet ouvrage. Derrière l’accession du gène et du neurone au rang d’icônes culturelles, derrière l’appel pressant qui retentit de toutes parts à changer nos grilles de lecture afin de mieux comprendre le monde qui nous entoure se profilent certaines mutations profondes de la vie intellectuelle survenues en France depuis le début des années 1970, sur fond de reflux des pensées critiques et de retour en grâce des philosophies du « sujet ».
  • Danièle Linhart, La comédie humaine du travail: de la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale, Toulouse : Erès, coll. « Sociologie clinique », 2015 - 158 p.
    Résumé : Avec Taylor, le « père » de l’organisation scientifique du travail, les ouvriers devenaient un rouage passif, astreint à une stricte conformité aux consignes et modes opératoires. Leur travail devait se dérouler indépendamment de leur état d’esprit, de leurs états d’âme et de leurs savoirs. Le management moderne semble aux antipodes d’une telle orientation. Il clame sa volonté de reconnaître la dimension humaine des salariés, mise sur leur subjectivité, leur personnalité et tend à « psychologiser » les rapports de travail. Pourtant Danièle Linhart soutient que la logique reste la même : dans les deux cas, s’organise en réalité une disqualification des métiers, de la professionnalité, de l’expérience qui tend à renforcer la domination et le contrôle exercés par les dirigeants. Le résultat est le même : un travail qui perd son sens, qui épuise. Pire encore, le travail moderne précarise subjectivement les salariés, qui, constamment mis à l’épreuve, sont conduits à douter de leur propre valeur et légitimité. En rapprochant Taylor des managers modernes, l’auteur questionne cette idéologie qui prend de plus en plus de place dans la réalité du travail telle qu’elle se dégage à travers ses propres enquêtes et celles des spécialistes en sciences sociales du travail.
  • Cédric Lomba, La restructuration permanente de la condition ouvrière. De Cockerill à ArcelorMittal, Editions du Croquant, coll. « Champ social », 2018 - 386 p.
    Résumé : Quand on évoque les restructurations industrielles, on pense d'abord aux fermetures d'usines et aux drames sociaux qu'elles engendrent. On oublie toutefois que ces fermetures sont l'aboutissement d'un long processus de restructurations partielles auxquelles ont dû faire face les travailleurs depuis de longues années. Pour comprendre comment les travailleurs vivent dans ce contexte d’incertitudes répétées, Cédric Lomba a multiplié les observations et les entretiens, pendant près de vingt ans, auprès des ouvriers d’usines métallurgiques d’une multinationale (ArcelorMittal) de la région de Liège en Belgique. Il présente ainsi l’évolution des mécanismes gestionnaires qui justifient les restructurations, les ajustements collectifs entre ouvriers dans les usines, les transformations du syndicalisme de base, les effets des réorganisations sur la santé au travail, sur les trajectoires professionnelles et sociales des ouvriers et, de façon plus générale, sur leurs modes de vie. Cédric Lomba est directeur de recherche au CNRS et membre du Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris. Ses travaux portent sur les mondes ouvriers de l’industrie, sur les rapports entre classes sociales et sur le militantisme au travail.
  • Clara Lévy, Le Roman d'une vie. Les livres de chevet et leurs lecteurs, Paris : Editions Hermann, coll. « Société et pensées », 2015 - 248 p.
    Résumé : Dis-moi ce que tu lis – et ce que tu aimes lire plus que tout –, je te dirai qui tu es ! À l’heure où recule la lecture d’ouvrages, résistent pourtant encore de très forts lecteurs et certains qui érigent un ouvrage au rang de « livre de chevet ». Ce livre de prédilection, pouvant même être celui de « toute une vie », est celui auquel on revient constamment. L’enquête dont les résultats sont ici présentés est fondée sur une centaine d’entretiens approfondis menée auprès de lecteurs entretenant une relation intense avec leur livre de chevet. Sont mis ici au jour les mécanismes, en particulier sociaux, qui fondent le lien unissant le lecteur à son livre de chevet (modalités de rencontre avec ce livre, puis diverses formes d’attachement qui se nouent progressivement...). La manière dont le livre de chevet devient « le livre d’une vie » est ensuite explorée, et en partie expliquée à partir des résonances identitaires que le lecteur y trouve ou y projette.
  • Dominique. Memmi, La revanche de la chair: essai sur les nouveaux supports de l'identité, Paris : Seuil, coll. « La couleur des idées », 2014 - 281 p.
    Résumé : Après avoir exhorté les pères à couper le cordon ombilical, on a ré-incité les mères à allaiter, puis valorisé le contact peau à peau avec leur nouveau-né, et certains les invitent à contempler leur placenta. Désormais, les parents d’un enfant mort-né sont encouragés à le toucher ou à le photographier. Alors que la confrontation avec le corps des défunts est supposée favoriser le « travail de deuil », la crémation est suspectée de nuire à celui-ci. Parallèlement, l’accès aux origines biologiques des personnes adoptées ou nées par don de gamètes est prôné pour leur bien-être identitaire. Et dans les organes transplantés s’insinue la personnalité du donneur, menaçant la greffe de rejet psychique. Ainsi s’opère, autour de la naissance et de la mort, depuis une vingtaine d’années et dans la plupart des pays occidentaux, une focalisation sur le corps comme support de l’identité. Quelle inquiétude sous-tend ces conceptions que les professionnels du psychisme, du soin et du funéraire sont souvent les plus soucieux de mettre en pratique ? Comment la chair a-t-elle été investie d’effets psychiques censés resserrer des liens vécus comme trop lâches et fortifier des identités éprouvées comme trop flottantes ? À travers des gestes dont la convergence était restée inaperçue, cette enquête révèle un tournant idéologique et culturel majeur.
  • Ugo Palheta, La possibilité du fascisme, La Découverte, coll. « Cahiers libres », septembre 2018 - 276 p.
    Résumé : Tentations autoritaires des États occidentaux, renouveau du nationalisme et du racisme, entrée dans la longue stagnation du capitalisme qui fait peu à peu voler en éclats les alliances de classes, etc. : autant de forces souterraines rendant plausible l'hypothèse d'un retour du fascisme en France. Pour Ugo Palheta, les gauches doivent urgemment inventer un nouvel antifascisme. Mouvement réactionnaire de masse contre l'égalité des droits ; migrants enlevés, tabassés et laissés pour mort par des milices à Calais ; large diffusion de thèses réactionnaires, xénophobes et islamophobes ; intensification du quadrillage répressif des quartiers populaires et violences policières impunies ; manifestations interdites et criminalisation croissante de toute contestation ; scores inégalés du Front national à toutes les élections depuis 2012. Sous des formes disparates et encore embryonnaires, mais dont la seule énumération dit le pourrissement actuel de la politique, c'est le fascisme qui fait retour. Et celui-ci s'annonce non comme une hypothèse abstraite mais comme une possibilité concrète. Pourtant, la possibilité du fascisme est généralement balayée d'un revers de main par les commentateurs : comment la République française, patrie autoproclamée des droits de l'homme, pourrait-elle engendrer le monstre fasciste ? La France ne s'est-elle pas montrée " allergique " au fascisme tout au long du XXe siècle, comme le prétendent certains historiens français ? Le Front national n'a-t-il pas renoncé au projet ultranationaliste, raciste et autoritaire qui le caractérisait depuis sa création ? N'assiste-t-on pas au renouveau du capitalisme français sous les auspices d'un jeune président réalisant enfin les " réformes " prétendument nécessaires ? C'est à démonter ces fausses évidences que s'attache ce livre, scrutant ainsi la trajectoire d'un désastre possible, enraciné dans la triple offensive – néolibérale, autoritaire et raciste – dont Emmanuel Macron est la parfaite incarnation, mais un désastre résistible, pour peu que le danger soit reconnu à temps et qu'émerge un nouvel antifascisme, capable de mener de front le combat contre l'extrême droite et celui contre les politiques destructrices qui favorisent son ascension.
  • Bernard Pudal et Claude Pennetier, Le souffle d'Octobre 1917 : l'engagement des communistes français, Ivry-sur-Seine : Les éditions de l'Atelier, 2017 - 376 p.
    Résumé : Il y a cent ans, la révolution russe d’Octobre 1917 générait une espérance planétaire. Pourquoi, portés par le souffle de cet événement, des centaines de millions de personnes ont-elles cru au communisme ? Se distinguant des interprétations de François Furet (une illusion) et de Stéphane Courtois (un système criminogène), cet ouvrage, basé sur les autobiographies de communistes français, révèle les motivations singulières de militants convaincus par la révolution bolchévique et analyse ce que fut ce système : un nouveau type de pouvoir basé sur la domination d’une élite issue du peuple.
  • Hervé Serry, Aux origines des Éditions du Seuil, Paris : Seuil, coll. « Cadre rouge », 2015 - 138 p.
    Résumé : Les Editions du Seuil ont été fondées en 1935 par Henri Sjöberg, un publicitaire en mal d’engagement dans la tourmente des années d’avant-guerre. Son mentor, l’abbé Jean Plaquevent, joua un rôle considérable dans ces débuts.Deux ans plus tard, Jean Bardet et Paul Flamand, deux jeunes bourgeois partageant le même goût pour l’action, prennent les rênes du petit attelage.1935-1940 : voici racontées, pour la première fois, les tribulations de quatre aventuriers de l’esprit qui fondèrent l’une des institutions intellectuelles et littéraires les plus influentes de la France contemporaine.Hervé Serry est sociologue, directeur de recherche au CNRS, spécialiste des mondes de l’édition. Ce volume est publié à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de la création des Editions du Seuil.
  • Jacques Siracusa, Rendre comptes. Un examen critique des usages de la quantification en sociologie, Paris : Hermann, coll. « Société et pensées », 2014 - 316 p.
    Résumé : Comme on expose un patrimoine à valoriser, il s’agit de présenter un ensemble de controverses ; puis d’en tirer quelques conséquences. Les controverses sont celles suscitées par l’usage des statistiques en sociologie, que celles-ci soient administratives ou issues de sondages par questionnaires. L’auteur rapporte le point de vue des « pro » comme celui des « anti » statistiques et montre que nombre de difficultés, débattues depuis près d’un siècle, conduisent à poser ces questions : comment les données ou les résultats quantifiés sont-ils interprétés dans la discipline ? Qu’est-ce qui justifierait ces interprétations ou rendrait intelligibles les conclusions étayées du sociologue ? La réponse de l’auteur, sous forme d’éclaircissement, est une contribution à l’étude de l’argumentation en sociologie et un examen de la délicate conciliation des cultures littéraire et mathématique.

  • Séverine Sofio, Artistes femmes. La parenthèse enchantée, XVIIIe-XIXe siècles, Paris : Editions du CNRS, coll. « Culture et Société », 2016 - 373 p.
    Résumé : En 1783, deux femmes sont reçues en même temps à l’Académie royale de peinture et de sculpture, ce qui est totalement inédit dans l’histoire de cette institution. En 1791, les députés de l’Assemblée souhaitant immortaliser la réception de la Constitution par Louis XVI, commandent deux tableaux sur ce thème ; l’honneur est immense et la responsabilité lourde : les deux artistes sélectionnés sont un homme… et une femme. Sous la Restauration, les tableaux les plus chers acquis par l’Etat sont ceux d’une peintre, tandis que les artistes produisant les centaines de copies de tableaux religieux commandés par l’administration, sont payés au même prix, quel que soit leur sexe, à une époque où le travail d’une femme est pourtant toujours moins rémunéré que celui d’un homme. Un peu plus tard, aux Salons de la monarchie de Juillet, un peintre sur cinq est une femme et, fait inédit dans l’histoire des arts en France, les prix récompensant les plus tableaux y sont alors accordés aux hommes et aux femmes dans les mêmes proportions. En 1840, néanmoins, une pétition est présentée à la Chambre des députés par plusieurs figures du monde des arts et des lettres pour réclamer une réforme du Salon : le jury est trop sévère, selon les signataires, et ce système inique fait des ravages parmi les artistes désespérés. Les pétitionnaires évoquent alors le souvenir d’une peintre, récemment disparue : mademoiselle Camille Eudes, morte de chagrin après avoir été refusée au Salon deux fois de suite. Pour la première et – jusque là – unique fois de l’histoire, c’est une figure féminine qui est choisie par un groupe d’artistes majoritairement masculins pour les représenter et incarner leur condition, dans un document public et officiel. Ces exemples, choisis parmi tant d’autres, témoignent du fait que, à Paris entre 1750 et 1850 environ, il se passe indéniablement « quelque chose » dans l’espace professionnel des beaux-arts – un « quelque chose » qui rend soudain la pratique du dessin ou de la peinture plus accessible aux femmes : des barrières s’abaissent, des contraintes se desserrent, de nouveaux usages émergent et une image positive de la dame artiste, temporairement, se banalise. C’est à l’explication de ce phénomène que ce livre est consacré, c’est-à-dire au faisceau de facteurs qui ont permis aux artistes femmes, à ce moment précis de l’histoire, de bénéficier à la fois de l’intérêt de leurs contemporains et de conditions de travail relativement égalitaires par rapport à celles de leur confrères. Pour saisir ce phénomène, on s’est attaché à reconstituer l’espace des beaux-arts et son évolution sur un siècle environ, c’est-à-dire à reconstituer ce qu’il est possible et impossible de faire ou de penser pour un-e artiste entre 1750 et 1850. Réintégrer ainsi les artistes des deux sexes dans la réalité de leurs conditions de vie et de travail permet de sortir l’art de sa gangue de mythes et d’éviter de le percevoir au miroir déformant du génie et de l’exceptionnalité. Ni recueil d’analyses d’œuvres, ni histoire des femmes dans l’art, cet ouvrage traite de la pratique des beaux-arts, de son organisation et de ses réalités professionnelles, institutionnelles et commerciales, à un moment où cette pratique se féminise, mettant ainsi en lumière les changements profonds qui le traversent entre 1750 et 1850. Or, bien qu’elle semble magique, cette suspension relative de l’infériorisation des femmes dans les beaux-arts, n’en demeure pas moins provisoire : si la parenthèse s’ouvre timidement dans les dernières décennies de l’Ancien Régime, elle se referme toutefois progressivement avant le milieu du siècle suivant.
  • Éléni Varikas, Eleni Varikas: pour une théorie féministe du politique, iXe, coll. « racine de iXe », 2017 - 272 p.
    Résumé : Rassemble plusieurs de ses textes majeurs d'Eleni Varikas, édités par Isabelle Clair et Elsa Dorlin. "Philosophe et polyglotte, Eleni Varikas explore la dimension politique de la domination – la sujétion des femmes et des esclaves, leur exclusion de la démocratie, la naturalisation des inégalités et des oppressions. Faisant du genre un « concept voyageur », elle travaille sur la modernité avec Locke et Adorno, Virginia Woolf et Hannah Arendt, Donna Haraway et Angela Davis. Ce recueil invite à repenser le concept d’universalisme à la lumière de l’infériorisation des femmes, et celui de la liberté moderne à la lumière de l’esclavage et de la colonialité. Les textes sont tour à tour présentés par Michelle Perrot, Toni Negri, Catherine Achin, Elsa Dorlin, Martine Leibovici, Michaël Löwy, Keith McLelland et Sonya Dayan-Herzbrun. Présentés dans un ordre chronologique qui restitue son cheminement intellectuel, ils [les textes] sont tour à tour introduits par des compagnes et des compagnons de vie et de pensée dont la lecture souligne, depuis des points de vue divers, l’importance de son travail."
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9 octobre 2018


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