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Production scientifique

 

Thèses publiées ... 



  • Fabien Brugière, La sous-traitance en piste: les ouvriers de l'assistance aéroportuaire, [s.n.], coll. « Clinique du travail », 2017 - 318 p.
    Résumé : Depuis les années 1980, le développement de la sous-traitance constitue l’un des traits remarquables des évolutions du système productif. L’auteur analyse les effets de la sous-traitance, présentée comme un catalyseur de la modernisation, sur le travail et l’emploi des salariés. En se fondant sur une enquête de terrain accomplie en immersion au sein d’une société sous-traitante d’assistance aéroportuaire, l’auteur livre une analyse sociologique des évolutions de ce secteur libéralisé, à la fois spécifiques et représentatives du monde du travail contemporain. Il décrit les mutations de l’emploi et de l’organisation du travail dans le domaine des transports aériens, suite à sa déréglementation au cours des années 1990 et au développement concomitant de la sous-traitance. En effet, pour répondre aux exigences des compagnies aériennes donneuses d’ordres, le management impulse des réformes organisationnelles au niveau du travail en piste (individualisation des carrières, intensification du travail). Se développent ainsi des logiques de précarisation et de fragmentation des collectifs de travail. À la lumière de ces transformations productives, l’ouvrage aborde les politiques de sécurité et de sûreté mises en œuvre, la santé au travail, la délégation du « sale boulot », le déclin des solidarités professionnelles et les relations ethniques au sein de collectifs ouvriers principalement issus de l’immigration. En dépit de ses spécificités, le secteur aéroportuaire apparaît ainsi comme un laboratoire privilégié des évolutions actuelles du monde du travail.
  • Nora El Qadim, Le gouvernement asymétrique des migrations: Maroc/Union européenne, Paris : Dalloz, coll. « Nouvelle bibliothèque de thèses », 2015 - 507 p - (Préface de Virginie Guiraudon).
    Résumé : Ce livre examine les relations entre le Maroc et l'Union européenne autour des questions migratoires depuis 1999, en particulier sur les négociations depuis 2003 d'un accord de réadmission, c'est-à-dire d'un accord organisant le retour forcé de migrants en situation irrégulière. Il questionne l'eurocentrisme des analyses existantes des politiques extérieures de l'UE et propose d'adopter un autre regard sur ces politiques et sur le gouvernement des migrations. À partir d'une littérature critique des Relations internationales et des études de sécurité et de son projet d'analyses « non-occidentales », ou décentrées, cet ouvrage identifie ainsi plusieurs façons d'opérer ce décentrement dans l'étude de l'UE. Cet ouvrage constitue un apport novateur aux réflexions théoriques en relations internationales et sur l'UE en croisant la sociologie de l'action publique, la littérature sur l'Union européenne et les relations internationales.
  • Samuel Hayat, Quand la République était révolutionnaire. Citoyenneté et représentation en 1848, Paris : Seuil, 2014 - 416 p.
    Résumé : L’insurrection imprévue de février 1848 a fait naître une République. Mais que recouvre exactement le mot ? Loin de s’enfermer dans des discussions savantes, cette question fait l’objet de débats publics, de manifestations et d’affrontements, en particulier dans les rues de Paris. Deux conceptions opposées de la République se constituent. D’un côté, la République modérée, défendue par la majorité du Gouvernement provisoire puis de l’Assemblée nationale, selon laquelle la République se résume dans l’élection au suffrage « universel » (les femmes en restent exclues). D’un autre côté, la République démocratique et sociale, qui rallie des membres de clubs, des ouvriers, de simples citoyens, pour lesquels la République n’a de sens que si elle permet au peuple de participer directement aux affaires publiques, de garder le contrôle sur ses représentants et d’assurer l’émancipation des travailleurs. L’échec de l'insurrection de juin permet le triomphe de la République modérée et des institutions du gouvernement représentatif, mais la République démocratique et sociale se maintient, comme horizon révolutionnaire, au sein du mouvement ouvrier naissant. En retrouvant les discours et les controverses sur le sens de la citoyenneté et de la représentation, cette plongée dans le printemps 1848 laisse entrevoir la possibilité d'une République émancipatrice, non advenue mais dont la puissance révolutionnaire est toujours actuelle.
  • Kolja Lindner, Die Hegemoniekämpfe in Frankreich: Laizismus, politische Repräsentation und Sarkozysmus, Argument-Verlag, 2017 - 302 p.
    Résumé : “Wofür steht der Name Sarkozy ?”, fragte der französische Philosoph Alain Badiou. Für Hegemonie-Ambitionen, die politische Zugehörigkeiten jenseits des Rheins nachhaltig durcheinander­gebracht haben, antwortet Kolja Lindner. Wer zeitgenössische politische Ausein­andersetzungen in Frankreich verstehen will, sollte zu diesem Buch greifen. Wer Frankreich verstehen will, muss die Besonderheiten seiner politischen Kultur in Rechnung stellen. Ihre Wandlungsprozesse unter dem Eindruck von Kämpfen um politische Herrschaft sind Gegenstand der vorliegenden Studie. Diese fokussiert auf das Wirken des ehemaligen Ministers und Präsidenten Nicolas ­Sarkozy (2002–2012), der – unbenommen seines jüngsten Scheiterns in den offenen Vorwahlen zur Bestimmung eines bürgerlich-rechten Präsidentschaftskandidaten – die französische Politik nachhaltig geprägt hat. Im Zentrum der Analyse stehen der Laizismus, d. h. die jenseits des Rheins praktizierte Regulation des Verhältnisses von Staat und Religion, und die politische Repräsentation, der eine spezifische Konzeption von Staatsbürgerschaft zugrunde liegt. Verständlich werden so nicht nur die Situation der größten muslimischen Gemeinschaft Westeuropas und der Aufstieg des rechtsextremen Front National. Vielmehr werden auch die staatlichen Reaktionen auf islamistische Attentate und soziale Bewegungen erhellt, die Frankreich regelmäßig erschüttern.

  • Pascal Martin, Les métamorphoses de l'assurance maladie : conversion managériale et nouveau gouvernement des pauvres, Presses universitaires de Rennes, coll. « Le sens social », 2016 - 244 p.
    Résumé : La Sécu, tout le monde en parle, tout le monde la connaît ou croit la connaître. De cette institution, on retient les déficits récurrents et, du célèbre sketch de Coluche, que ses agents surveillent la pendule pour ne pas louper l’horaire de sortie. Or, elle est en réalité fort méconnue, au sens où elle n’est pas reconnue à sa juste valeur. Pour le coup, on ignore totalement les difficultés auxquelles ses agents d’accueil doivent faire face pour continuer à remplir une mission de service public auprès des usagers. En effet, avec la mise en œuvre de la réforme managériale de l’assurance maladie, décrite minutieusement dans cet ouvrage, la surveillance porte sur les objectifs chiffrés définis par la hiérarchie et la pendule qui concentre toute l’attention est celle qui mesure la durée des entretiens avec les « clients » à l’accueil. Ainsi, l’évaluation de la « qualité de service » et des compétences des agents se réduit à une norme strictement quantitative, au mépris de la satisfaction des besoins des usagers les plus précaires. De ce nouveau dispositif managérial sourd une véritable souffrance chez les agents les plus attachés à l’« utilité sociale » de leur mission. Du côté des usagers, ceux qui demandent à bénéficier de la couverture maladie universelle (CMU) complémentaire ou de l’aide médicale État (AME) doivent « prendre leur mal en patience » car l’accès au droit dans un département qui concentre les indices de précarité relève pour ainsi dire du « parcours du combattant ». À partir d’une enquête ethnographique réalisée dans une caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de la région parisienne, l’auteur nous immerge dans le quotidien des agents de base (street-level bureaucrats) positionnés à l’intersection entre la main gauche (missions sociales) et la main droite (missions régaliennes) de l’État.

  • Séverine Sofio, Artistes femmes. La parenthèse enchantée, XVIIIe-XIXe siècles, Paris : Editions du CNRS, coll. « Culture et Société », 2016 - 373 p.
    Résumé : En 1783, deux femmes sont reçues en même temps à l’Académie royale de peinture et de sculpture, ce qui est totalement inédit dans l’histoire de cette institution. En 1791, les députés de l’Assemblée souhaitant immortaliser la réception de la Constitution par Louis XVI, commandent deux tableaux sur ce thème ; l’honneur est immense et la responsabilité lourde : les deux artistes sélectionnés sont un homme… et une femme. Sous la Restauration, les tableaux les plus chers acquis par l’Etat sont ceux d’une peintre, tandis que les artistes produisant les centaines de copies de tableaux religieux commandés par l’administration, sont payés au même prix, quel que soit leur sexe, à une époque où le travail d’une femme est pourtant toujours moins rémunéré que celui d’un homme. Un peu plus tard, aux Salons de la monarchie de Juillet, un peintre sur cinq est une femme et, fait inédit dans l’histoire des arts en France, les prix récompensant les plus tableaux y sont alors accordés aux hommes et aux femmes dans les mêmes proportions. En 1840, néanmoins, une pétition est présentée à la Chambre des députés par plusieurs figures du monde des arts et des lettres pour réclamer une réforme du Salon : le jury est trop sévère, selon les signataires, et ce système inique fait des ravages parmi les artistes désespérés. Les pétitionnaires évoquent alors le souvenir d’une peintre, récemment disparue : mademoiselle Camille Eudes, morte de chagrin après avoir été refusée au Salon deux fois de suite. Pour la première et – jusque là – unique fois de l’histoire, c’est une figure féminine qui est choisie par un groupe d’artistes majoritairement masculins pour les représenter et incarner leur condition, dans un document public et officiel. Ces exemples, choisis parmi tant d’autres, témoignent du fait que, à Paris entre 1750 et 1850 environ, il se passe indéniablement « quelque chose » dans l’espace professionnel des beaux-arts – un « quelque chose » qui rend soudain la pratique du dessin ou de la peinture plus accessible aux femmes : des barrières s’abaissent, des contraintes se desserrent, de nouveaux usages émergent et une image positive de la dame artiste, temporairement, se banalise. C’est à l’explication de ce phénomène que ce livre est consacré, c’est-à-dire au faisceau de facteurs qui ont permis aux artistes femmes, à ce moment précis de l’histoire, de bénéficier à la fois de l’intérêt de leurs contemporains et de conditions de travail relativement égalitaires par rapport à celles de leur confrères. Pour saisir ce phénomène, on s’est attaché à reconstituer l’espace des beaux-arts et son évolution sur un siècle environ, c’est-à-dire à reconstituer ce qu’il est possible et impossible de faire ou de penser pour un-e artiste entre 1750 et 1850. Réintégrer ainsi les artistes des deux sexes dans la réalité de leurs conditions de vie et de travail permet de sortir l’art de sa gangue de mythes et d’éviter de le percevoir au miroir déformant du génie et de l’exceptionnalité. Ni recueil d’analyses d’œuvres, ni histoire des femmes dans l’art, cet ouvrage traite de la pratique des beaux-arts, de son organisation et de ses réalités professionnelles, institutionnelles et commerciales, à un moment où cette pratique se féminise, mettant ainsi en lumière les changements profonds qui le traversent entre 1750 et 1850. Or, bien qu’elle semble magique, cette suspension relative de l’infériorisation des femmes dans les beaux-arts, n’en demeure pas moins provisoire : si la parenthèse s’ouvre timidement dans les dernières décennies de l’Ancien Régime, elle se referme toutefois progressivement avant le milieu du siècle suivant.

22 février 2018


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