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Productions scientifiques issues des thèses

 

Articles scientifiques en langue française ... 



  • Salima Amari, « Certaines lesbiennes demeurent des femmes », Nouvelles Questions Féministes, vol.34, n°1, 2015 - p. 70-83.
    Résumé : Cet article a pour objet de (re)discuter la célèbre affirmation de Monique Wittig « Les lesbiennes ne sont pas des femmes » à partir d’une analyse approfondie des rapports que les lesbiennes entretiennent avec leur famille. Il présente les résultats d’une enquête menée par entretiens biographiques auprès de 20 lesbiennes, toutes d’origine maghrébine, et par l’observation d’une trentaine d’autres lesbiennes d’origine maghrébine dans différents contextes de sociabilité à Paris et en région parisienne. Fondés sur un continuum mesurant l’appropriation privée de ces femmes par les hommes dans l’espace familial, les résultats mettent en relief la formation d’une « typologie lesbienne ». Lorsque l’appropriation privée est faible, les lesbiennes arrivent à échapper à la catégorie des femmes et correspondent au postulat de Wittig selon lequel les lesbiennes ne sont pas des femmes ; ce sont les lesbiennes dissidentes. À l’inverse, lorsque cette appropriation est forte, les lesbiennes demeurent des femmes comme les autres ; ce sont les lesbiennes quasihétérosexuelles. Entre les deux, on trouve des lesbiennes qui évoluent à mi-chemin des deux catégories : les lesbiennes en devenir.

  • Mathieu Arbogast, « Plus de leur âge ? La sexualité des femmes de 50 ans dans les séries TV au début du XXIe siècle », Clio. Femmes, Genre, Histoire, n°42, 2015 - p. 165-179.
    Résumé : De manière continue depuis les débuts de la télévision, on observe que les femmes sont minoritaires dans les séries et plus jeunes que les hommes. L’écart d’âge joue un rôle considérable dans les rapports de genre asymétriques et inégaux, notamment dans les couples hétérosexuels. Les comédiennes de plus de 50 ans sont très rares, les personnages qu’elles incarnent proposent des scripts sexuels nouveaux et des représentations originales de la féminité et de la masculinité. Les concepts de masculinité et de féminité hégémoniques éclairent ces fictions télévisées, dans lesquelles l’aspect « excessif » des rapports de genre représentés est une dimension importante.

  • Mathieu Arbogast, « De si jeunes femmes.. Analyse longitudinale des écarts d'âges et des inégalités de genre dans les séries policières », Genre en séries : cinéma, télévision, médias, n°1, 2015 - en ligne : http://genreenseries.weebly.com/uploads/1/1/4/4/11440046/ges_n%C2%B01_arbogast.pdf (Consulté le 16 avril 2015) - 73-99 p.

  • Martina Avanza, Olivier Fillieule et Camille Masclet, « Ethnographie du genre. Petit détour par les cuisines et suggestions d’accompagnement », SociologieS, 2015 - en ligne : http://sociologies.revues.org/5071 (Consulté le 25 novembre 2015).
    Résumé : « How to see? Where to see from? What limits to vision? What to see for? Whom to see with? Who gets to have more than one point of view? Who gets blinded? Who wears blinders? Who interprets the visual field? What other sensory powers do we wish to cultivate besides vision? »Donna Haraway (1988, p. 588). L’idée de ce dossier est née, une fois n’est pas coutume, d’une expérience pédagogique. Depuis 2009, le master en sciences politiques de l’Université de Lausanne s’est doté d’une initiation au...

  • Clément Barbier, « Des études urbaines comparatistes à une sociologie croisée des politiques urbaines », Espaces et sociétés, n°163, 2015 - p. 25-40.
    Résumé : Relatant un parcours de recherche mené dans le cadre d’une recherche doctorale en cotutelle, cette contribution présente un emploi possible des méthodes de l’histoire croisée pour l’étude sociologique des politiques urbaines. Construite à partir de l’analyse comparée franco-allemande de deux projets de renouvellement urbain, la réflexion présente les apports heuristiques d’une démarche de sociologie politique croisée. Cette approche se caractérise par l’élaboration inductive des questions de recherche, l’attention particulière accordée aux contextes urbains étudiés et la prise en considération des circulations transnationales dans le travail de sociogenèse. Cet article esquisse, à partir de brèves illustrations, une voie pour des comparaisons internationales réflexives, questionnant et réajustant en permanence les catégories d’analyse mobilisées.

  • Pierre Barron, Anne Bory, Sébastien Chauvin, Nicolas Jounin et Lucie Tourette, « Derrière le sans-papiers, le travailleur ? », Genèses, n°94, 2014 - p. 114-139.
    Résumé : En 2008, une nouvelle figure politique apparaît dans l’espace public français : le « travailleur sans papiers ». Cet article décrit brièvement ce changement, puis explore ce qui le précède : les transformations de politiques publiques et de pratiques institutionnelles qui ont contribué à donner forme, à défaut de lui donner nom, au « travailleur sans papiers ». Puis il explore ce qui suit immédiatement : les effets et les contradictions qu’induit une identification de « travailleur sans papiers » sur les mouvements, principalement de grèves, qui s’en sont réclamés.

  • Jérôme Bas, « Des paralysés étudiants aux handicapés méchants », Genèses, n°107, 2017 - p. 56-81.
    Résumé : Les mobilisations de différents groupes de personnes handicapées contre les quêtes organisées en leur nom et contre la loi d’orientation du 30 juin 1975 « en leur faveur » passent pour un épiphénomène des années 1970. Le handicap serait le dernier de la liste des « nouveaux mouvements sociaux » émergeant à cette époque. La socio-histoire de ces mouvements restitue dans son contexte ce qui n’est ni un effet mécanique de « l’air du temps », ni le surgissement « spontané » d’une nouvelle subjectivité, au sein d’une population qui serait préconstituée. The mobilizations of various groups of disabled people against organized quests in their name and in opposition to the Law of Orientation of 30 June 1975 “in their favor” are taken for epiphenomena of the 1970s. Disability is said to be the last on the list of “new social movements” that emerged at the time. The social history of these movements reconstructs and contextualizes them, showing that they were neither a mechanical consequence of “the spirit of the time” nor a “spontaneous” burst of a new subjectivity from a supposedly pre-constituted population.

  • Jérôme Bas, « Rendre service. Travailler au contact du public dans un « accueil handicap » », La nouvelle revue de l'adaptation et de la scolarisation, n°77, mai 2017 - p. 69-82.
    Résumé : Après la loi de 2005 en France, le travail effectué par les personnels des services d’accueil des étudiants en situation de handicap est à la fois une aide, qui est due à l’étudiant, mais aussi l’administration d’une population, plus à distance. On observe alors en ethnographe les agentes qui bricolent entre deux types de pratiques administratives : compter et protéger., Summary: After the 2005 law in France, the work carried out by the staff of the “student with disability” services is both an assistance that is due to the student but also the administration of a population, more remotely. We then observe as an ethnographer the agents “tinking” between two types of administrative practices: “counting” and “protecting”.

  • Amélie Beaumont, « Le pourboire et la classe : Argent et position sociale chez les employés de l’hôtellerie de luxe », Genèses, n°106, 2017 - p. 94-114.
    Résumé : L’article prend pour point d’entrée l’argent des pourboires obtenus par les employés de l’hôtellerie de luxe afin de situer ce groupe professionnel dans l’espace social. A partir d’une enquête ethnographique de la loge d’un palace parisien, les pourboires sont étudiés à la fois au travail, par le biais des tactiques d’obtention dont ils font l’objet, et hors travail, en analysant les manières dont ils sont dépensés. Ces deux aspects pris conjointement permettent de montrer les conditions de possibilité d’une ascension sociale par l’argent favorisée par le contexte de travail.

  • Sylvain Bordiec, « Un refuge pour les jeunes et leurs aînés, pour les locaux et les extra-locaux », L'Homme et la société, n°191, 2014 - p. 95-112.
    Résumé : Fondé sur les enseignements d’une enquête menée entre 2003 et 2009 dans un quartier populaire de Paris partiellement intégré à la géographie prioritaire de la Politique de la ville, cet article propose de mettre au jour une dimension spécifique de cette forme de gestion territoriale de la question sociale, à savoir le processus d’extension sociale et spatiale de l’activité des associations locales ouvertes à la jeunesse et animées par des bénévoles. Si la Politique de la ville se donne pour objectif d’apporter des réponses au « problème des quartiers », celui-ci est sous-tendu par le « problème de la jeunesse » ; en d’autres termes, le problème des jeunes des quartiers populaires qui posent problème aux autorités sociales et politiques parce qu’ils rencontrent des difficultés d’ordre scolaire et professionnel et produiraient de l’« insécurité ». À l’heure de la contractualisation entre l’État et les mondes associatifs, à l’heure également des mots d’ordre du partenariat, de proximité et de sécurité, ces associations qui puisent leur légitimité dans leurs propositions de contribution au règlement de ce « problème » constituent des refuges durables non seulement pour les jeunes mais aussi pour leurs parents, non seulement pour les locaux mais aussi pour les extra-locaux. Cette diversification des participants est indissociable d’une extension des activités associatives qui puise quant à elle sa force dans les tensions existantes entre ces publics et les personnels des autres institutions publiques et parapubliques.

  • Raphaël Challier, « "Engagez-vous", qu’ils disaient : des discours politiques populistes aux expériences militantes populaires », Lien social et Politiques, n°74, 2015 - p. 171-185.
    Résumé : L’article traite dans un premier temps des usages du « populaire » dans le champ politique français. En parlant au nom des classes populaires, les professionnels de la politique construisent un imaginaire à propos de ces catégories, imaginaire porteur de nombreux implicites et qui mérite d’être déconstruit. Dans un second temps, il s’agit de confronter ces discours à la réalité des pratiques partisanes. Dans un portrait de deux jeunes militants – l’un de gauche (PCF), l’autre de droite (UMP) –, nous tenterons de montrer comment le sociologue peut proposer un regard plus empirique sur la politisation des classes populaires, notamment en interrogeant leur marginalisation au sein des collectifs militants.

  • Paula Cossart, Samuel Hayat et Emmanuel Taïeb, « Science politique/Histoire. Obstacles à l'hybridation », Revue française de science politique, vol.64, n°3, 2014 - p. 503-506.
    Résumé : Les socio-historiens sont très vraisemblablement des hommes de « bonne volonté », au sens où l’entendait Kant, c’est-à-dire ceux qui disjoignent l’action de ses résultats, parce que seule compte l’idée qui préside à l’action. En effet, prôner le dialogue interdisciplinaire, quand les disciplines elles-mêmes se fragmentent en sous-champs en voie d’expansion dont la connaissance précise devient très...

  • Catherine Delcroix, Elsa Lagier et Albena Tcholakova, « Comment la sociologie des migrations internationales permet-elle de repenser l’équilibre entre structures et actions ? », Migrations Société, n°164, 2016 - p. 25-34.

  • Fabien Deshayes, « D’amour ou de raison ? : Récit d’un mariage mixte en milieu pauvre », Sociologie et sociétés, vol.48, n°2, 2016 - p. 131-153.
    Résumé : Cet article narre un mariage mixte dans des familles pauvres, entre une femme française âgée de 60 ans et un homme algérien âgé de 44 ans, qui se sont connus quelques mois avant cette union. Des préparatifs à la cérémonie en passant par les conséquences de cette alliance sur le groupe familial, nous suivons chronologiquement les épreuves administratives que doit traverser le couple ainsi que les jugements des proches sur cet événement. En recueillant la parole des divers protagonistes concernés par ce mariage, ce texte souligne les bouleversements qu’il provoque. Cette union a des effets sur les équilibres antérieurs et modifie sensiblement la place des hébergés qui vivent dans l’appartement du couple ainsi que celle des proches. Ceux qu’il s’agissait d’épauler hier reculent dans la hiérarchie et se voient contraints d’envisager de nouvelles protections. Avec cette union, c’est tout le paysage des liens interpersonnels qui se recompose. L’étude ethnographique du mariage permet de lever le voile sur l’ampleur des liens d’interdépendance qui caractérisent les milieux pauvres, que ce soit par l’intermédiaire de transferts économiques, d’hébergements ou par tout un ensemble de services rendus., This article tells the story of a mixed marriage in two poor families, between a 60-year-old French woman and a 44-year-old Algerian man who met a few months before tying the knot. From the preparations to the ceremony and including the effects of this alliance on the family group, we chronologically follow the bureaucratic hardships the couple must endure as well as the opinions of their relatives regarding this event. By collecting the words of the different players involved in this marriage, the text underlines the disruptions it has caused. This union has impacts on past arrangements and has considerably changed the position of the lodgers who live in the couple’s apartment as well as that of their relatives. Those who yesterday enjoyed support are now pushed down the hierarchical ladder and are forced to consider seeking new protections. With this union, the entire landscape of interpersonal relationships is reconfigured. The ethnographic study of marriage sheds light on the importance of relations of interdependence in poor environments, whether it is through economic transfers, lodging or a whole set of provided services., Este artículo narra un matrimonio mixto entre dos personas pertenecientes a familias pobres, una mujer francesa de 60 años y un hombre argelino de 44 años, quienes se conocieron algunos meses antes de su unión. De los preparativos de la ceremonia a las consecuencias de esta alianza en el grupo familiar, hacemos un seguimiento cronológico de las dificultades administrativas que atraviesa la pareja, así como de los juicios de los parientes acerca del evento. Luego de documentar el discurso de los protagonistas concernidos por este matrimonio, el texto subraya los serios malestares que éste provoca. Esta unión tiene efectos sobre los equilibrios anteriores y modifica sensiblemente el lugar de quienes se encontraban albergados en el apartamento de la pareja, así como la vida de los parientes. Quienes ayer buscaban darse apoyo, retroceden en la jerarquía y se ven forzados a hacer frente a nuevas formas de protección. Esta unión lleva a una recomposición de todos los vínculos interpersonales. El estudio fotográfico del matrimonio permite revelar la amplitud de los vínculos de interdependencia que caracterizan los sectores pobres, ya sea a través de transferencias económicas, del alojamiento como tal, o por medio de un conjunto de servicios ofrecidos.

  • Fabien Deshayes, « Transferts économiques, sentiments et obligations en familles précaires », Recherches familiales, n°14, 8 mars 2017 - p. 23-35.
    Résumé : Dans les classes populaires les plus précaires, le manque d’argent structure les existences et les relations. L’enjeu consiste à se protéger soi-même tout en assurant la sécurité des autres membres de sa famille, au premier rang desquels figurent les plus vulnérables. À côté des revenus déclarés – le plus souvent les minimas sociaux – s’opèrent des transferts monétaires intra-familiaux qui visent à sécuriser autant que faire se peut les existences. À partir d’une enquête de type ethnographique, cet article montre que dans les familles populaires à faibles ressources, le care familial supplante souvent le recours aux institutions sociales, en raison de principes moraux (s’occuper des plus vulnérables), économiques (la sauvegarde économique du ménage) et affectifs (du fait de liens qui peuvent exister de longue date).

  • Diane Desprat, « Une socialisation au travail émotionnel dans le métier de coiffeur », La nouvelle revue du travail, n°6, 2015 - en ligne : http://nrt.revues.org/2149 (Consulté le 8 juin 2015).
    Résumé : Cet article s’emploie à mettre en évidence les processus de socialisation du travail émotionnel nécessaire au bon déroulement de la prestation de service ainsi que le contexte spécifique dans lequel il est sollicité. À partir d’une enquête menée dans plusieurs salons de coiffure et en Centre de Formation d’Apprentis (CFA), il montre en quoi ce travail émotionnel découle d’une socialisation multiple (la direction, les collègues de travail et les professeurs) et diffère selon que l’on est une femme ou un homme.
  • Anne-Marie Devreux, « Préface », in B. Skeggs, Des femmes respectables. Classe et genre en milieu populaire, traduit par Marie-Pierre Pouly, Marseille : Agone, coll. « L'ordre des choses », 2015 - p. 7-32.

  • Keivan Djavadzadeh, « Les politiques "Chyennes" du rap féminin hardcore. Autodéfinition et discours contre-hégémoniques dans l’album The Bytches », Recherches féministes, vol.27, n°1, 2014 - p. 183-200.
    Résumé : En 1991, Bytches With Problems (BWP), groupe de rap féminin hardcore, sort son unique album, The Bytches. Cet article se propose d’analyser les « politiques Chiennes » à l’oeuvre dans cet album. Il s’agit d’examiner comment des rappeuses ont investi un genre éminemment masculin, le gangsta-rap, et ont performé une image de féminité hors norme, celle de la « Chienne » (Bitch). En rejouant l’injure « chienne », en vidant ce mot de son pouvoir de blesser et en le dotant d’attributs « capacitants », les rappeuses ont donné à entendre un discours singulier et subversif dans le rap.

  • Keivan Djavadzadeh, « Les politiques sexuelles du blues », Hermès, n°69, 2014 - p. 75-77.
    Résumé : La tradition du blues féminin constitue un terrain d’investigation privilégié pour le Black Feminism qui, depuis les travaux pionniers de Daphne Duval Harrison jusqu’à l’ouvrage de référence d’Angela Davis, considère que l’on ne saurait saisir pleinement la pensée féministe noire sans la resituer dans l’héritage des chanteuses de blues des années 1920 telles que Bessie Smith, « Ma » Rainey ou encore Ida Cox. C’est dans les blues de ces chanteuses que l’on trouve les premières représentations de la sexualité des femmes noires. Jusque-là, celles qui étaient en position d’écrire leur histoire avaient été contraintes de taire les questions sexuelles et d’affirmer l’intégrité morale des femmes noires pour lutter contre les représentations culturelles héritées de l’esclavage les dépeignant comme hypersexuelles (Davis, 1999). Si cette stratégie pouvait se justifier historiquement, il en résulta un certain puritanisme sexuel et, surtout, une indicibilité de la sexualité des femmes noires (Hammonds, 2012). Pourtant, la sexualité a constitué après l’esclavage l’un des rares domaines dans lequel les femmes noires prolétaires pouvaient déployer leur puissance d’agir – un autre domaine étant celui de la migration, puisqu’après l’émancipation disparaissait l’interdiction faite aux Noirs de se déplacer librement. (...)

  • Keivan Djavadzadeh, « Du déracinement à la commercialisation de la nostalgie du Sud par les race records : le blues comme culture de survie », Volume !. La revue des musiques populaires, vol.11, n°1, 2014 - p. 115-129.
    Résumé : Cet article porte sur la commercialisation de la nostalgie du Sud par les enregistrements de blues féminin des années 1920 (race records). Au tournant du siècle, un important mouvement de migration voit de nombreux Africains-Américains du Sud rural (en majorité des hommes) rejoindre le Nord urbain que la bourgeoisie noire présente comme un nouveau Jourdain. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale accentue le phénomène : le flux d’immigrés européens cesse et les industriels du Nord n’ont d’autre choix que de démarcher et d’embaucher des Noirs du Sud dans leurs usines. Les espoirs sont néanmoins vite déçus et une crise identitaire frappe les migrants, stigmatisés car jugés inadaptés à la vie urbaine. Dans le même temps des femmes noires vont enregistrer le blues, entretenir la nostalgie du Sud et transmettre le souvenir de la migration. Si l’intégration des Noirs au modèle fordiste permit l’émergence d’un marché noir et la commercialisation du blues, j’affirme que c’est un besoin identitaire qui a rendu nécessaire le développement des race records : contre le désespoir qu’aurait pu inspirer le déracinement, les migrants tirèrent un parti créatif de la nostalgie qui les aida à survivre dans un monde hostile.

  • Christelle Dormoy-Rajramanan, « L’institutionnalisation de domaines d’études pluridisciplinaires autour de 68: Entre intérêts savants, économiques et militants », Revue d'anthropologie des connaissances, vol.11, n°3, 2017 - p. 351-377.
    Résumé : Cet article propose une analyse socio-historique de demandes et offres d’institutionnalisation de domaines d’études pluridisciplinaires dans l’enseignement supérieur et la recherche, au cours des années 1950-1970. En étudiant, d’abord, les débats relatifs à la politique de la science et de l’enseignement supérieur et les acteurs qui y ont pris une part active (responsables politiques et administratifs, patronat, enseignants-chercheurs, étudiants), apparaissent des intérêts économiques, savants et militants comme ressorts de l’injonction croissante à la « pluridisciplinarité ». Cette dernière figure parmi les revendications majeures de la mobilisation universitaire de mai-juillet 1968, présentée comme une condition de l’amélioration de la formation des étudiants et du renouvellement des savoirs, d’un point de vue épistémologique et/ou « critique ». Entérinée par la loi Faure de 1968, la « pluridisciplinarité » constitue l’un des trois piliers de la refondation des universités dans l’après-68 et une institution telle que l’université de Paris VIII-Vincennes aura notamment pour prérogative de l’expérimenter, avec des usages entre science et militantisme qui ont contribué à la construction et l’évolution de certains savoirs, notamment relatifs aux femmes.

  • Christelle Dormoy-Rajramanan, « L'ouverture de l’Université vers le monde extérieur autour de 1968 : entre consensus partiel, polarisation et compromis‪ », Formation emploi, n°132, 2016 - p. 15-32.
    Résumé : Le processus d’ouverture de l’Université vers le monde extérieur est ancien. A partir de documents d’archives et de témoignages, nous revenons sur les acteurs ayant pris part au débat sur la professionnalisation de l’Université au cours des années 1950-1960. Nous analysons leurs points de convergence et de division, ainsi que les effets de la mobilisation de « 68 » – liée à ce débat – sur la politique universitaire menée par le pouvoir politique.

  • Christelle Dormoy-Rajramanan et Laurent Jeanpierre, « Excentrée ou excentrique ? Positions de l’Université de Vincennes dans la science politique française des années 1970 », Revue française de science politique, vol.67, n°1, 2017 - p. 121-143.
    Résumé : À partir de l’étude du département de science politique de « Vincennes », de 1969 à 1980, cet article propose d’enrichir l’histoire de la discipline grâce à la prise en compte : des institutions secondaires, qui en sont parties prenantes ; du département d’enseignement comme unité d’analyse ; et de l’hétérogénéité des pratiques locales. Conduite à partir d’archives et de biographies d’enseignants-chercheurs, l’enquête insiste sur l’importance de l’État, du public étudiant et du capital social extra-universitaire des enseignants, comme paramètres d’analyse du développement des disciplines.

  • Sylvia Duverger, « Simone Iff : Du protestantisme au féminisme (1924-2014) », Nouvelles Questions Féministes, vol.34, n°1, 2015 - p. 158-166.
    Résumé : Née le 4 septembre 1924, à Vabre, dans le Tarn, Simone Iff est la quatrième fille de Marthe Capelle, ancienne sévrienne qui fut un temps professeure de lettres, et de son époux, le pasteur Frantz Balfet.À 18 ans, elle tombe enceinte. Ses parents quittent Sète pour Le Vésinet afin de parer au scandale, mais ils ne renient pas pour autant leur fille. Elle épouse en 1943 – elle a alors 19 ans – le futur...
  • Artemisa Flores Espinola, « Déchiffrer les inégalités dans le recrutement par concours des enseignant.e.s-chercheur.e.s (MCF) en sociologie en France », Socio-logos, 30 mars 2018 - p.

  • Artemisa Flores Espínola, « Rapports sociaux de sexe dans la recherche biomédicale : une lecture de la production de savoirs dans les publications féministes anglophones », Sociologie et sociétés, vol.49, n°1, 2017 - p. 61-87.
    Résumé : L’analyse féministe a porté une attention particulière aux sciences explorant la sexualité ou le comportement des sexes comme les sciences biomédicales. Cet article étudie les publications féministes anglophones sur la recherche biomédicale, en se plaçant dans la perspective des deux objectifs qui fondent le projet épistémologique féministe : d’une part, établir les apports de la critique féministe à la mise en évidence du sexisme et de l’androcentrisme dans la pratique scientifique ; d’autre part, proposer et soutenir des pratiques scientifiques féministes qui engagent à la libération des femmes, dans une perspective d’égalité sociale et politique, et ce, en expliquant comment de telles propositions moralement et politiquement engagées sont à même de permettre la production d’un nouveau mode de connaissance (Anderson, 1995). Après avoir retracé les origines et la nature des critiques féministes « réformistes », ce texte s’intéresse aux critiques « révolutionnaires » en mobilisant les épistémologies sociales, notamment celle de Longino. Comment les « épistémologies féministes » participent-elles d’une transformation des pratiques scientifiques (pour les sciences sociales comme pour les sciences biomédicales) et partant, d’une nouvelle forme de connaissance ?

  • Camille François, « Jouer de la vulnérabilité résidentielle. Le travail de relogement au cœur de la démolition des grands ensembles », Métropolitiques, 19 février 2016 - en ligne : http://www.metropolitiques.eu/Jouer-de-la-vulnerabilite.html (Consulté le 27 avril 2016).
    Résumé : Le rôle des « relogeurs », acteurs majeurs de la rénovation urbaine des grands ensembles, est méconnu. Œuvrant dans les coulisses des campagnes de démolition, leur travail consiste à satisfaire les objectifs de relogement des bailleurs… quitte à jouer ou se jouer des formes de vulnérabilité vécues par les locataires.

  • Camille François, « Une discrimination au délogement », Terrains & travaux, n°29, 2016 - p. 105-125.
    Résumé : Parmi l’ensemble des ménages endettés assignés au tribunal d’instance dans le cadre des procédures d’expulsion locative, un groupe se distingue par le traitement à la fois spécifique et défavorable qui lui est réservé : les résidents des foyers de travailleurs migrants. Croisant analyse statistique de 622 décisions de justice et approche ethnographique du travail des magistrat·e·s, l’article se propose de mettre en lumière et de discuter la nature particulière de la discrimination dont ces derniers font l’objet, et l’entremêlement des logiques juridiques et pratiques sur lesquelles elle repose.

  • Camille François, « Au mépris des locataires », Genèses, n°96, 2014 - p. 86-109.
    Résumé : L’ethnographie des pratiques de relogement que mettent en œuvre les bailleurs dans le cadre des projets de rénovation urbaine donne à voir des procédures marquées par une certaine inimitié des relogeurs à l’égard des ménages relogés. Prenant la forme d’un dégoût culturel portant sur le lieu de vie et la personne des locataires, et alimentant les divers procédés d’infériorisation sociale et symbolique qui rythment l’interaction avec ces derniers, cette aversion des relogeurs se présente en vérité comme un levier fondamental de la conduite des opérations de démolition, au sens où elle offre un support pratique à l’identification institutionnelle des ménages, et au remodelage de leurs aspirations résidentielles dans un sens conforme aux contraintes et intérêts du bailleur spécifiquement attachés aux projets de rénovation.

  • Maud Gelly, « Des inégalités en tous genres face au décès par sida et de leur ignorance par le système de santé », Revue Agone, n°58, 2016 - p. 135-150.
    Résumé : Les recherches sur les décès survenus avant 65 ans qui pourraient être évités montrent que, pour les femmes, la plupart de ces décès pourraient être évités en améliorant la prise en charge par le système de soins (dépistage, accès aux soins, qualité des soins), alors que chez les hommes la plupart de ces décès pourraient être évités en limitant la consommation d’alcool et de tabac et les expositions professionnelles. En d’autres termes, les conditions de travail expliquent la plus grande partie des inégalités entre hommes, alors qu’entre femmes c’est le système de soins qui est le plus producteur d’inégalités.

  • Maud Gelly et Bibia Pavard, « De la fabrique des militant-e-s à la fabrique des patient-e-s », Genèses, n°102, 2016 - p. 47-66.
    Résumé : L’article questionne empiriquement l’exceptionnalité des mobilisations contre le sida, en cherchant les éléments de rupture et de continuité entre deux mobilisations partageant la volonté commune de mobiliser les profanes : la pratique militante des avortements entre 1973 et 1975, et la mise en place du dépistage « communautaire » du sida entre 2007 et 2010. L’approche comparative souligne les effets du contexte politique sur les mobilisations, l’impossible filiation, et les transformations de cette forme de lutte.

  • Eve Gianoncelli, « La subjectivation en pratique : le devenir féministe de Viola Klein entre expérience de l’altérité et sociologie de la connaissance », Cahiers du Genre, n°61, 16 décembre 2016 - p. 49-72.
    Résumé : Cet article analyse le processus de subjectivation féministe de Viola Klein au croisement de son itinéraire et de sa production scientifique. Il s’agit d’abord de rendre compte de la manière dont l’imbrication des rapports de pouvoir intervient dans l’expérience et l’analyse sociologique de Klein tout en se traduisant par une exploration plus spécifique de la féminité. Dans un second temps, le propos s’attache plus spécifiquement au pro­cessus de subjectivation visible dans The Feminine Character, son ouvrage fondateur du féminisme moderne, en rendant compte en particulier des marques subjectives qui se donnent à voir dans le travail de recherche. Enfin, il se propose d’esquisser une généalogie entre la sociologie de la connaissance de Klein et les épistémologies féministes du point de vue et de la connaissance située.

  • Lucie Goussard, « Au-delà de l’emploi, quelle sauvegarde du travail ? », Travail et Emploi, n°138, 2014 - p. 53-67.
    Résumé : Cet article étudie la manière dont les salariés vivent l’épreuve d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) présenté comme idéal. S’appuyant sur soixante-dix entretiens réalisés trois ans après la fermeture du site, il montre ce que les restructurations font au travail. En effet, même lorsque tous les salariés sont reclassés, qui plus est dans une entreprise stable située à proximité de leur ancien lieu de travail avec un niveau de rémunération et des acquis sociaux préservés – autrement dit, même lorsque leurs conditions d’emploi ne sont pas fondamentalement altérées –, le travail, lui, est malmené. Certes protégés du chômage, nombre de ces salariés perdent leur intégration à un collectif, leur attachement à une entreprise, leur maîtrise d’un métier et leurs perspectives de carrière. Or, quand le rapport au travail est ainsi dégradé, c’est leur identité sociale et le sens qu’ils donnent à leur existence qui se trouvent à leur tour bouleversés.

  • Samuel Hayat, « Reconstruire l'égalité. », Critique, n°802, 2014 - p. 265-278 - (A propos de "P. Rosanvallon, La Société des égaux, Paris, Éd. du Seuil, « Les Livres du nouveau monde », 2011, 432 p.).
    Résumé : Depuis quelques décennies, la montée des inégalités entre les pays et au sein de chacun d’eux a redonné une importance à la question de l’égalité. C’est elle qui est au cœur de La Société des égaux, troisième et dernier volume de la trilogie de Pierre Rosanvallon consacrée aux « mutations contemporaines de la démocratie ». L’ouvrage fait suite à La Contre-démocratie. La politique à l’âge de la défiance, publié en 2006, et à La Légitimité démocratique. Impartialité, réflexivité, proximité, publié en 2008. Ces trois livres, adossés à des cours prononcés au Collège de France, où Pierre Rosanvallon a été élu en 2002, sont portés par une ambition commune : montrer que la démocratie ne peut fonctionner que parce qu’il s’y joue bien plus que la libre compétition électorale. En cela, cette trilogie constitue le pendant théorique de son histoire conceptuelle de la démocratie contemporaine. Dans les deux cas, il s’agit de rompre avec l’évidence du discours des démocraties sur elles-mêmes, que ce soit par un examen historique des transformations de la pensée de la démocratie ou par l’investigation théorique des discours et des institutions démocratiques. Dans les deux trilogies, il s’agit aussi de montrer quels conflits de valeurs sous-tendent l’histoire et le fonctionnement des démocraties et sur quelles « pathologies » ces conflits peuvent déboucher, en particulier lorsqu’ils se trouvent indûment résolus, c’est-à-dire arrêtés.

  • Samuel Hayat, « Se présenter pour protester. La candidature impossible de François-Vincent Raspail en décembre 1848 », Revue française de science politique, vol.64, n°5, 2014 - p. 869-903.
    Résumé : Battus dans les urnes et dans la rue au printemps 1848, les « démocrates-socialistes » entendent faire entendre leur voix à l’élection présidentielle de décembre. S’ils refusent le principe même de la présidence, ils se divisent sur la stratégie à adopter. Une partie d’entre eux, réunis autour du journal Le Peuple, entendent promouvoir un candidat impossible, qui incarne par sa personne leur protestation. Ils choisissent François-Vincent Raspail, un chef clubiste, savant et médecin des pauvres, alors en prison. Cette candidature donne lieu à une controverse au cours de laquelle deux conceptions de la politique s’affrontent. Malgré un faible score national, Raspail cristallise un vote de classe, faisant de cette candidature une étape dans la construction du mouvement ouvrier français.

  • Samuel Hayat, « Une politique en mode mineur », Politix, n°119, 21 décembre 2017 - p. 123-146.
    Résumé : Au sein de la Compagnie des Mines d’Anzin au XIXe siècle, la direction entend monopoliser le droit à organiser le monde commun des mineurs par l’imposition d’un ordre patronal. Mais face à celui-ci, un ordre communautaire se construit, reposant sur des normes et des pratiques propres aux mineurs et sur leur capacité à dire et faire le commun. La politisation ordinaire des mineurs repose alors indissociablement sur l’apprentissage de cet ordre communautaire et sur la mise en question de l’ordre patronal. Les grèves constituent des moments paroxystiques de l’affrontement entre ces deux ordres encastrés dans le monde commun des mineurs. La politisation des mineurs par la grève se trouve alors dans la continuité des formes ordinaires de leur politisation. Mais l’interaction entre ordres patronal et communautaire dans la grève aboutit à une division des mineurs et une réinterprétation de l’opposition entre ces ordres en termes de lutte de classes.
  • Alban Jacquemart et Camille Masclet, « Mixités et non-mixités dans les mouvements féministes des années 1968 », CLIO Femmes, genre, histoire, n°46, 2017 - p. 217-244.

  • Nicolas Larchet, « Mohamed’s Corner: Le patron d’un « magasin du coin » et ses clients à La Nouvelle‑Orléans », Ethnologie française, n°165, 2017 - p. 11-22.
    Résumé : Les relations entre les commerçants étrangers et les habitants des quartiers populaires noirs américains ont rarement retenu l’attention des ethnographes, si ce n’est pour souligner la position de ces premiers comme « minorités intermédiaires » pris dans les conflits entre communautés blanche et noire. À partir de l’observation du quotidien d’un commerçant mauritanien établi dans le quartier de Central City à La Nouvelle‑Orléans, nous découvrirons comment celui‑ci est parvenu à accomplir un petit « miracle social » : entretenir des relations de confiance et de proximité avec sa clientèle malgré toute la distance sociale et culturelle qui l’en séparait.

  • Kolja Lindner, « Eurocentrisme, postcolonialisme et marxisme :nouveaux regards ? », Raisons politiques, n°63, 3 novembre 2016 - p. 161-177.

  • Camille Masclet, « La quête des féministes », Genèses, n°95, 2014 - p. 120-135.
    Résumé : Comment s’y prendre pour retrouver les personnes qui ont participé à un mouvement social faiblement organisé il y a plusieurs décennies, lorsque l’enjeu de la recherche consiste à ne pas retrouver seulement celles qui étaient les plus visibles ou qui sont encore engagées ? A partir d’une enquête sur le mouvement féministe des années 1970, cet article présente les techniques mises en œuvre pour construire et recruter la population enquêtée, les enjeux soulevés par cette démarche et propose une réflexion plus générale sur l’articulation de différents modes de recueil de données.

  • Camille Masclet, « Le féminisme en héritage ? », Politix, n°109, 2015 - p. 45-68.
    Résumé : À partir d’une enquête sur les féministes de la deuxième vague en France, cet article porte sur la diffusion du féminisme dans la sphère familiale des militantes, un espace de transmission relativement peu exploré par la littérature. Il s’intéresse plus particulièrement aux processus de réception et d’appropriation d’un « héritage féministe » chez les enfants de militantes. Après une présentation générale de ces héritages et des mécanismes de leur transmission, l’analyse de quatre portraits d’enfants de militantes met en évidence des modalités variées de réception, allant de la simple intériorisation de contenus à des appropriations politiques et militantes. Informée par les autres cas rencontrés dans l’enquête, cette analyse permet de dégager des éléments plus généraux pour comprendre les variations observées.

  • Marie Mathieu, « Le Centre de Santé des femmes de Montréal d’hier à aujourd’hui. Des pratiques en mouvement », Nouvelles Questions Féministes, vol.37, n°1, 22 mai 2018 - p. 106-122.
    Résumé : Cet article revient sur l’action quotidienne d’un groupe de femmes qui a accompagné la bataille juridique pour le droit à l’avortement libre et gratuit pour toutes les femmes du Québec et qui en assure sa pratique depuis 1980 : le Centre de Santé des femmes de Montréal (CDSFM). S’appuyant sur le pan québécois d’une enquête doctorale sur la construction sociale des expériences contemporaines d’avortement, il donne à voir la manière dont se sont constitués le Centre et son service d’interruption de grossesse et présente les principes fondamentaux développés en son sein et leur traduction en actes. Enfin, il souligne les défis auxquels le CDSFM se trouve confronté depuis une vingtaine d’années. En effet, du fait de son institutionnalisation et d’évolutions récentes (la gratuité générale de l’avortement au Québec, tout comme l’individualisation et la médication croissante de la santé), le Centre se doit de repenser ses ancrages théoriques et ses pratiques pour pérenniser son activité., This article explores the daily work of a women’s group that fought for free access to abortion for all women in Quebec and has been practicing abortions since 1980, – the Montreal Women’s Health Center (MWHC). Based on data from Quebec collected during doctoral research about the social construction of contemporary experiences of abortion, this study shows how the Center and its abortion service were created, its fundamental principles and their translation into action. Finally, it highlights the challenges that the MWHC has been facing for the last twenty years. Because of its institutionalization and recent evolutions in women’s health care in Quebec (widespread free abortion as well as the increasing individualization and medication of health), the Center must now rethink its practices and its theoretical premises so as to perpetuate its activity.

  • Marie Mathieu et Lucile Ruault, « Prise en charge et stigmatisation des avortantes dans l’institution médicale : la classe des femmes sous surveillance », Politix, n°107, 2014 - p. 33-59.
    Résumé : Depuis 1975 et la délégation exclusive des avortements à la sphère médicale, l’emprise de l’État sur le travail reproductif des femmes a connu de profondes métamorphoses. L’article vise à nourrir une sociologie de l’action publique de santé, afin de saisir les recompositions de l’application de la politique de contrôle des naissances et les investissements professionnels qu’elle implique. En nous appuyant sur des matériaux variés – observation de différentes structures de prise en charge des avortements, ainsi qu’entretiens menés auprès de professionnelles de soin et de femmes ayant avorté en France –, il s’agit d’analyser les parcours institutionnels d’avortement. L’agencement des espaces, l’organisation des examens, les pratiques des professionnelles et la codification des interactions participent d’un étiquetage des usagères et d’une inertie des représentations. La stigmatisation des populations contrôlées et l’échelle de valeurs construite à propos des parcours procréatifs s’articulent avec un travail de rééducation des comportements des déviantes, alors enjointes à adhérer aux normes procréatives et contraceptives tout comme à un recours exceptionnel à l’avortement.

  • Isabelle Mayaud, « Sauver la critique, défendre les critiques. Les stratégies d’un porte-parole : l’Association syndicale professionnelle et mutuelle de la critique dramatique et musicale (France, 1877-1914) », Sociétés et représentation, n°40, 2015 - p. 75-93.
    Résumé : Le Cercle de la critique musicale et dramatique fondé en 1877 et transformé en 1902 en Association syndicale professionnelle et mutuelle est le premier représentant auto-proclamé de la profession. Cet article revient sur les premières années d’existence du groupe et examine les stratégies de regroupement déployées par le collectif dans un contexte de transformation de la morphologie sociale de la population des critiques. Notre enquête montre comment la négociation des statuts contribue à préciser la position du groupe dans la controverse relative à la régulation de la critique et à circonscrire les frontières de la vraie critique, en définitive à produire une définition des critiques légitimes.

  • Gabriele Pinna, « Luxe, genre et émotions dans l’hôtellerie », La nouvelle revue du travail, n°6, 2015 - en ligne : http://nrt.revues.org/2135 (Consulté le 8 juin 2015).
    Résumé : Dans l’hôtellerie de luxe, la distance sociale entre salarié.e.s et client.e.s impose aux salarié.e.s la reconnaissance du capital symbolique et de la supériorité sociale des client.e.s, tout en affichant enthousiasme et spontanéité. Les règles de sentiments sont genrées et se construisent autour d’une division sexuée du travail. Les femmes sont censées être dans l’empathie et la sensibilité, tout en ayant à subir la séduction et les comportements sexuels des clients et des collègues. Les hommes réalisent des tâches à forte valeur symbolique, propres à l’univers du luxe, ce qui implique une grande maîtrise de sa façade personnelle, mais ils sont aussi susceptibles d’entretenir une complicité avec certains clients lors de pratiques de galanterie et de séduction. Dans l’ensemble, les salarié.e.s peuvent prendre leurs distances avec ces contraintes émotionnelles, notamment en renversant symboliquement l’ordre social et émotionnel à travers le rire et la moquerie. Néanmoins, ils quittent souvent l’hôtellerie de luxe en raison de la souffrance éprouvée, symptôme d’une difficulté à gérer durablement le travail émotionnel.

  • Ana Portilla, « On the Run : l’ethnographie en cavale ? », Genèses, n°102, 2016 - p. 123-139.
    Résumé : On the Run : Fugitive Life in an American City d’Alice Goffman a connu un franc succès aux États-Unis avant de susciter une polémique quant à la véracité des propos de l’ethnographe et la légitimité de la méthode ethnographique. L’article propose de dépasser ce procès d’intention en interrogeant la portée sociologique de l’ouvrage. Il s’agira de restituer la controverse avant de montrer comment On the Run est rendu perméable à la critique par une survalorisation des effets sociaux du système pénal et un manque objectivation des conditions d’enquête.

  • Thomas Posado, « Le mouvement syndical vénézuélien face à la crise du printemps 2017. Entre marginalisation des uns et cooptation des autres », IdeAs. Idées d'Amériques, n°10, 17 novembre 2017 - en ligne : http://journals.openedition.org/ideas/2214 (Consulté le 15 mars 2018).
    Résumé : Introduction Le mouvement syndical vénézuélien est marqué, depuis ses origines, par « un haut niveau de politisation » (Ellner S., 1995 : 11). Il a connu de profondes mutations durant la présidence Chávez. En l’espace de dix ans, trois centrales syndicales sont successivement majoritaires. La confédération historique, la Confédération des travailleurs du Venezuela (CTV), perd son leadership en 2003 après avoir participé aux tentatives de renversement d’Hugo Chávez. Les partisans du chef de l’...
  • Thomas Posado, « Tournant à gauche en Amérique latine : fin de cycle ? », Recherches Internationales, n°107, 2016 - p. 33-46.

  • Chiara Quagliariello, « "Ces hommes qui accouchent avec nous". La pratique de l'accouchement naturel à l'aune du genre », Nouvelles Questions Féministes, vol.36, n°1, 2017 - p. 82-97.
    Résumé : Cet article propose une étude du rôle des conjoints dans le modèle de l’accouchement « naturel ». La recherche de l’auteure montre que la présence croissante des conjoints aux côtés des femmes, si elle est très appréciée par la majorité d’entre elles, n’est pas exempte d’ambiguïtés et de zones d’ombre, au point de former, parfois, un nouveau facteur de domination, aux dépens de l’hétérogénéité des parcours des femmes, de leurs conditions de vie et de leurs choix. La première partie de l’article se concentre sur les caractéristiques du rôle des conjoints avant, pendant et après l’accouchement. La seconde partie montre comment l’importance donnée aujourd’hui au rôle des conjoints peut conduire à certains glissements contradictoires, dont (1) la dévalorisation du travail procréatif mené par les femmes ; et (2) la cristallisation de nouvelles attentes de la part du personnel hospitalier vis-à-vis des parturientes.
  • Karima Ramdani, « Genre "race" et allochronisme. Les femmes "indigènes" au centre de l'altérité coloniale en Algérie », Cahiers du CEDREF, n°22, 2017 - p. 161-186.

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22 février 2018


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