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Directions d’ouvrages et de dossiers de revues

 

Catherine Achin, Armelle Andro, Coline Cardi, Virginie Descoutures, Noé Le Blanc, Juliette Rennes et Olivier Roueff (dirs.), « Famille pour tous  ? », Mouvements, n°32, 2015 - 180 p.

Extrait de l’éditorial :

« Depuis les années 1960, toute une série de disjonctions entre sexualité, procréation, filiation et parentalité ont fait accepter l’idée que l’institution familiale est inscrite dans l’histoire et qu’il est donc possible de composer autrement les types de liens qui s’y enchevêtrent habituellement. La révolution contraceptive, la légalisation de l’IVG et le développement de la PMA ont contribué à délier la sexualité de la procréation. La fin de l’autorité maritale et paternelle et la banalisation des unions informelles ont amorcé la difficile dissociation entre patriarcat et alliance. Aujourd’hui, l’ouverture du mariage et de l’adoption contribue à disjoindre l’alliance et la filiation de l’hétérosexualité. Il reste encore à interroger les relations entre vie amoureuse et éducation des enfants : de fait, les coparents et les familles recomposées dissocient, d’ores et déjà, partenariat parental et partenariat amoureux. Il reste enfin à poursuivre la mise en question du lien entre la reproduction biologique et la filiation, comme s’y proposent plusieurs auteur.e.s du dossier.

À force d’accumuler les « dissociations », il est possible que nous soyons parvenus à un point de basculement : que reste-t-il alors de « la famille » ? Et surtout, que voulons-nous en faire ? Et s’il était temps de regarder ce qui advient au fil de ces processus : une sorte d’épurement tendant vers ce qu’il serait souhaitable, selon nous, de conserver de « la famille » – mais pour le porter bien ailleurs, là où la question de savoir finalement si l’on parle toujours de famille ou d’autre chose n’importe plus. Autrement dit, et si « la famille » n’était qu’une métaphore, mais au sens fort, performatif, du terme ? Plus précisément, un langage pour qualifier et produire une certaine forme de relations : dire « on est comme une famille » enregistre et installe tout à la fois une certaine intensité affective, une certaine intimité de partage, une certaine réciprocité de concernement, une certaine entraide et sollicitude entre plusieurs personnes. Il s’agit alors bien de qualités génériques, que seule la pratique spécifie et concrétise et qui pourrait qualifier autant les affects d’amour que d’amitié ou de filiation avant qu’elles y soient investies et modelées par eux. » Tout lire

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20 avril 2016

Catherine Achin

Professeure à l’Université Paris Dauphine
IRISSO
Associée du CSU

Coline Cardi

Maîtresse de conférences à l’Université Paris 8
Cresppa-CSU
Page personnelle

Olivier Roueff

Chargé de recherche au CNRS
Cresppa-CSU
Page personnelle

Virginie Descouture

Docteure en sociologie
Cresppa-GTM
Page personnelle




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