Résumé de la recherche en cours : Ma thèse explore l’articulation entre les dimensions objectives (alone) et subjectives (lonely) de la solitude. En m’appuyant sur les données de l’enquête Envie (Ined, 2023), je souhaite saisir dans quelle mesure l’isolement relationnel et la solitude ressentie se recoupent – tout en veillant à la manière dont les caractéristiques socioéconomiques des individus pèsent sur cette articulation. Ma recherche se focalise sur la jeunesse, une période associée à une intensification de la sociabilité qui a tendance à passer sous les radars des travaux sur la solitude. Parce que la jeunesse est une période associée à une sociabilité riche, en même temps qu’un âge où le sentiment d’être seul est plutôt prévalent, elle peut nous offrir un éclairage nouveau et original sur les logiques sociales de la solitude. Mais la jeunesse n’est pas monolithique et les données de l’enquête Envie permettront une analyse approfondie des différences qu’il peut exister dans les solitudes entre jeunes. La méthodologie mixte sur laquelle je m’appuie combine une approche populationnelle de la répartition de la solitude avec une approche qualitative par entretiens post-enquête. Ce travail vise ainsi à saisir les logiques sociales qui transforment le sentiment de solitude soit en une expérience de relégation, soit en une ressource identitaire valorisable.