Docteure en sociologie, post-doctorante au Cresppa-CSU
Membre du laboratoire Gresco
Recherche en cours
2025-2026 : Ségrégation du handicap et logement ordinaire (SEGREGHAN), projet soutenu par l’IRESP et la CNSA, coordonné par Pierre Gilbert et mené avec Jérôme Bas, Aurélie Damamme et Hélène Steinmetz.
Ce projet propose d’apporter une meilleure connaissance de la ségrégation, ainsi que des conditions de logement et des trajectoires des personnes handicapées. Il se focalise sur deux groupes d’âge, peu étudiés sous cet angle : les enfants (0-19 ans) et les adultes avant l’âge de la retraite (20-65 ans). Il vise à mettre au jour la distribution dans l’espace résidentiel de la population handicapée vivant en logement ordinaire, en interrogeant les liens entre ségrégation du handicap et d’autres logiques de ségrégation (notamment socio-économique et ethno-racial). Il cherche, d’une part, à éclairer les spécificités de l’habitat des personnes handicapées par rapport à la population valide, en interrogeant les contraintes d’accès au logement, mais aussi les ressources mobilisées par les personnes concernées et leur entourage. D’autre part, il souhaite décrire les différenciations internes à la population handicapée, en étudiant les variations des situations résidentielles, en fonction notamment des appartenances de classe ou de genre, mais aussi selon le type et le degré de handicap. Il s’agit, en somme, de donner à voir à la fois les spécificités et la diversité interne des "mondes privés" du handicap.
Thèse soutenue
Aux marges du collège unique. Une sociologie de la scolarisation en SEGPA, thèse réalisée au sein du Groupe de recherches sociologiques sur les sociétés contemporaines (GRESCO - UR 15075), sous la direction de Gilles Moreau et de Fanny Renard, soutenue le 7 décembre 2023 à l’Université de Poitiers.
À partir d’une sociologie de la socialisation, cette thèse saisit les scolarités en Sections d’enseignement général et professionnel adapté [SEGPA] et les effets de celles-ci sur les élèves. Ces sections, qui remplacent en 1996 les « sections d’éducation spécialisée » créées en 1967, accueillent des élèves « en grande difficulté », de la 6e à la 3e. Dans une approche d’inspiration ethnographique, le terrain d’enquête a été effectué dans les SEGPA de 4 collèges différents d’un même département ainsi que dans la commission départementale d’orientation vers ces sections. L’analyse contribue aux sociologies de l’éducation et des personnels éducatifs, des jeunesses populaires et de leurs encadrements institutionnels, du handicap et des formations professionnelles ainsi qu’à une sociologie des institutions. Ce travail montre que cette scolarisation est différenciée – dans son accès, sa matérialité, ses agents, ses contenus et ses objectifs d’apprentissage – et différenciatrice des autres scolarités en collège – elle produit, pour les élèves, une mise à l’écart précoce des voies modales de scolarisation (le collège « ordinaire », l’accès au bac) et une progressive distanciation du rythme et du « jeu » scolaires ordinaires qui s’accroît de la 6e à la 3e. Ainsi, bien que les classes de SEGPA soient abritées au sein de collèges, enseignant·es, enseignements et fonctionnement de la section construisent une expérience scolaire relativement « à côté » du reste du collège. Plus précisément, et par rapport aux filières générales du collège « unique », la SEGPA se situe non seulement à la frontière du handicap, mais constitue aussi une forme de prolongement de l’école primaire et d’anticipation du lycée professionnel. Faire sa scolarité en SEGPA c’est finalement être dans un collège sans faire le collège.
