Soutenance de thèse: Aya Khalil

« Des intellectuels beyrouthins en quête de libération. Une histoire sociale de l’arabisme contemporain (1967-2011) ». Thèse de doctorat en science politique réalisée à l’Université Paris 8, sous la direction de Thomas Brisson (direction principale) et de Razmig Keucheyan (co-direction)

La soutenance aura lieu le vendredi 27 mars 2026 à 14h en salle de conférence du site Pouchet du CNRS, 59-61 Rue Pouchet, 75017 Paris.


Composition du jury

Assia Boutaleb, professeure, Université Paris 1 (rapporteure)
Thomas Brisson, professeur, Université Paris 8 (directeur de thèse)
Laurent Jeanpierre, professeur, Université Paris 1 (président du jury)
Razmig Keucheyan, professeur, Université Paris Cité (co-directeur de thèse)
Ussama Makdisi, professeur, University of California, Berkeley (examinateur)
Malika Rahal, directrice de recherche, CNRS (rapporteure)


Résumé de la thèse :

Cette thèse contribue à une histoire sociale de l’arabisme contemporain (1967-2011). Son objet est l’arabisme (al-‘urūba), défini comme le sentiment d’appartenance à une « communauté imaginée » arabe au destin partagé. Souvent abordé à travers le nationalisme arabe (al-qawmīya al-‘arabīya), l’arabisme post-1967 a largement été sous-exploré dans la littérature, pâtissant du paradigme longtemps peu discuté de la rupture dans la vie intellectuelle arabe à la suite de la guerre de juin 1967. Adoptant une approche sociohistorique des idées, ce travail sur l’arabisme prend la forme d’une enquête sur les trajectoires sociales et les productions écrites de dix-huit intellectuels identifiés comme partie prenante d’une « unité de génération » intellectuelle arabiste et de gauche formée à Beyrouth lors des « années 1967-1968 », dans le contexte des Global Sixties. L’arabisme est analysé à travers les univers sociaux des enquêtés, leurs matrices de politisation, et les effets des événements politiques, des (re)socialisations et des mutations historiques sur leurs dispositions politiques. Pour ce faire, la thèse s’appuie sur deux corpus complémentaires : une enquête orale auprès des enquêtés et de leurs proches, et un large éventail de productions écrites des enquêtés. En croisant ces sources et en explorant étape par étape les devenirs de cette « unité de génération » intellectuelle beyrouthine, la thèse éclaire les conditions de production et de persistance de l’arabisme de la fin des années 1960 aux années 2000, ainsi que ses significations multiples et évolutives. Elle met en exergue les modalités par lesquelles l’arabisme se révèle une imagination politique certes moins vigoureuse à partir des années 1980 mais bien vivante de la pensée arabe contemporaine, continuant de nourrir des espérances collectives tout en ne cessant d’être réinventée. Ce faisant, la thèse invite à repenser les effets de la guerre de 1967 et des mutations politiques qui suivent sur la vie intellectuelle arabe.