Contre la réforme des retraites et la LPPR : le  5 mars, la recherche s'arrête
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Motion de l’AG du Cresppa du 12 mars 2020

L’AG du CRESPPA, réunie le 12 mars 2020, réaffirme son opposition à la réforme des retraites, à la casse des services publics, à la précarisation et la marchandisation de l’enseignement supérieur et de la recherche publics. Dans le contexte de la répression du mouvement social et du recours autoritaire à l’article 49.3 pour imposer la casse des retraites par répartition, nous appelons à poursuivre et renforcer le mouvement social en cours et nous nous associons aux journées d’action déterminées lors de la 2e coordination nationale des 6 et 7 mars 2020 :

  • Jeudi 12 mars : journée contre toutes les précarités (étudiant·es et des travailleur·ses de l’enseignement et la recherche
  • Vendredi 13 mars : 5e grève mondiale pour le futur – mobilisation des jeunes pour le climat
  • Samedi 14 mars : marche pour le climat et journée internationale de lutte contre les violences policières
  • Semaine du 16 mars : convergence de l’université et de la recherche avec la semaine de mobilisation dans l’éducation nationale
  • Jeudi 19 mars : temps fort national – l’université et la recherche à l’arrêt
  • Vendredi 20 mars : journée de visibilisation de la situation des étrangèr·es dans l’enseignement et la recherche / contre-journée de la francophonie
  • Samedi 21 mars : marche des solidarités
  • Mardi 31 mars : grande date de convergence avec tous les secteurs en grève
  • Vendredi 3 et samedi 4 avril : 3e coordination nationale des facs et des labos en lutte

Nous revendiquons toujours :

  • l’annonce d’un plan de création massif de postes titulaires, EC, C, ITA et BIATSS, de nature à résorber la précarité délétère qui gangrène nos métiers ;
  • la fin des logiques de mutualisation de moyens qui accroissent la dégradation de nos conditions de travail et notre isolement ;
  • l’affirmation d’un service public de la recherche et de l’enseignement supérieur compromis par les multiples réformes de ces dernières années.

L’AG exprime sa solidarité avec les personnels en grève dans tous les départements et laboratoires, et au-delà avec le mouvement social en cours dans de nombreux secteurs professionnels contre la casse des droits sociaux et des services publics.


Refus de la répression et des violences policières

L’AG du CRESPPA, réunie le 12 mars 2020, condamne les répressions policières et au-delà institutionnelles, particulièrement inquiétantes ces dernières semaines contre les mouvements féministes.

Nous apportons notre soutien aux personnes qui ont subies intimidations et violences lors des marches féministes du 7 mars à Paris, du 8 mars à Nantes, et le 9 mars lors du blocage féministe de l’Université Paris 8. Ces mouvements et actions féministes ont permis et permettent encore de rappeler aujourd’hui que les violences sexistes et sexuelles existent dans les universités et les laboratoires de recherche comme partout ailleurs. Aussi, en tant que qu’UMR associée à Paris 8, nous appelons l’Université P8 à prendre la mesure des agressions sexistes et sexuelles en son sein et de permettre à toutes et tous d’étudier et de travailler dans de bonnes conditions.


Contre la réforme des retraites

"En tant que travailleurs invisibles, la cessation de travail ne suffit pas. Il nous faut rendre notre grève visible."
https://blogs.mediapart.fr/community-managers-en-greve/blog/150120/travailleuses-et-travailleurs-du-numerique-bloquez-et-occupez-vos-plateformes


https://universiteouverte.org/


Motion de l’assemblée générale du Cresppa du 23 janvier 2020

L’AG du CRESPPA, réunie le 23 janvier 2020, exprime sa solidarité avec Gilles Martinet, doctorant de l’IHEAL, victime de violences policières alors qu’il participait à la manifestation pacifique contre le projet de Loi de Programmation Pluriannuel de la Recherche au Trocadéro le 21 janvier dernier. Elle condamne plus largement les violences policières qui répriment régulièrement les mouvements sociaux ainsi que les personnes les plus précarisées et les plus discriminées.

L’AG prend note des propositions de F. Vidal. Elle n’y trouve cependant aucun des engagements nécessaires à assurer un service public de l’enseignement et de la recherche de qualité. Notamment :
- l’annonce d’un plan de création massif de postes titulaires, EC, C, ITA et BIATSS, de nature à résorber la précarité délétère qui gangrène nos métiers ;
- la fin des logiques de mutualisation de moyens qui accroissent la dégradation de nos conditions de travail et notre isolement ;
- l’affirmation d’un service public de la recherche et de l’enseignement supérieur compromis par les multiples réformes de ces dernières années.
La promesse douteuse d’une revalorisation salariale ou d’un statut privilégié pour quelques-uns ne doit pas faire illusion. Ni l’accès à une retraite décente, ni des conditions de travail dignes, ni un véritable service public de l’enseignement supérieur et de la recherche ne sont possibles sans l’accès à un emploi permanent pour l’ensemble de celles et ceux qui font vivre nos métiers aujourd’hui.

Enfin, l’AG exprime sa solidarité avec les personnels en grève dans tous les départements et laboratoires.


Motion des non-titulaires du CRESPPA – 23 janvier 2020

Nous, précaires et non-titulaires du CRESPPA, doctorant.e.s contractuel.le.s, ATER, chômeur.euse.s, docteur.e.s sans poste, vacataires de l’enseignement supérieur, allocataires du RSA, mobilisé.e.s depuis début décembre, appelons nos collègues titulaires enseignant.e.s-chercheur.e.s et chercheur.e.s à s’engager activement dans la grève contre la réforme des retraites et la LPPR. Cela signifie arrêter toutes les activités administratives, de recherche et d’enseignement. Nous rappelons que la motion “Appel à mobilisation du CRESPPA” votée à 91% des votants le 9 janvier 2020 affirmait : “il est impensable de faire comme si de rien n’était en reprenant les cours et en participant au fonctionnement habituel de l’université et des institutions de recherche.”

En tant que précaires, nous sommes les premièr.e.s touché.e.s par la destruction du système de protection sociale (de l’assurance chômage et des retraites) et des services publics de l’ESR (LPPR). Face à la diminution du nombre de contrats décents et de postes de titulaires, nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à dépendre de l’assurance chômage et du RSA pour pouvoir continuer de travailler et vivre.

Pour nous, la situation est déjà intenable et urgente. C’est pourquoi nous appelons nos collègues titulaires à rejoindre l’ensemble des secteurs en lutte depuis 50 jours. Nous ne pourrons obtenir de meilleures conditions de travail sans gagner la bataille contre la réforme des retraites.

Comme l’exprime le communiqué des précaires de l’ESR d’Ile-de-France en date du 11 janvier 2020, “les personnels titulaires qui ne cessent pas véritablement toute activité, freinent la grève des enseignant·eschercheur.euses contractuel·les, des BIATSS et des étudiant·es, qui se trouvent obligé⋅es d’effectuer le travail qui leur est donné par les enseignant⋅es et chercheur⋅euses titulaires.”

Dans un contexte de concurrence accrue, les coûts de notre mobilisation sont nettement plus élevés que ceux de nos collègues titulaires (retard sur les thèses et publications, stigmatisation des précaires les plus mobilisé.e.s à l’approche des campagnes de MCF etc.). Alors que les non-titulaires assurent la majorité des tâches d’enseignement, maintenir les cours (y compris « alternatifs ») constitue une double charge de travail pour les précaires mobilisé.e.s et entretient le flou auprès des étudiant.e.s : cette position est donc inefficace et constitue une entrave à la mobilisation.

On ne soutient pas la grève, on la fait !
La mobilisation est croissante dans l’ESR, en témoigne par exemple l’importance du cortège ESR lors de la manifestation unitaire du jeudi 16 janvier 2020. Des collègues de sciences sociales sont déjà en grève, comme par exemple celles et ceux des départements de Sociologie, Anthropologie et Culture de l’Université de Lille, de l’UFR 11 (science politique) de Paris 1, d’Histoire de l’Université de Bordeaux Montaigne et de l’UFR Culture et communication de Paris 8. Les collègues d’autres disciplines sont également mobilisé.e.s, l’AG des UFR de mathématiques et de l’institut Gaspard Monge ont notamment décidé la rétention des notes d’examens et le blocage administratif des activités universitaires.

C’est pourquoi, dans ce moment crucial où se joue le succès des luttes contre la réforme des retraites et la LPPR, nous appelons à ce que nos collègues titulaires de l’ESR cessent leurs activités de recherche et d’enseignement, et mettent en place des caisses de grèves pour soutenir les précaires.


Le CRESPPA déclare le laboratoire mobilisé contre la réforme des retraites et le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR)

Si elle était appliqué en l’état, la loi sur la réforme des retraites conduirait à :

  • l’allongement de la durée des carrières, avec le passage du départ à la retraite de 62,5 à 64 ans (avec l’introduction d’une décote) ;
  • la baisse des pensions ;
  • la remise en cause de la logique de solidarité nationale, fondement du principe de retraite par répartition.
    Ce projet de loi entraînerait une dégradation des conditions de vie des futur.es retraité.es (baisse du pouvoir d’achat, départ tardif à la retraite).

De son côté, le projet de LPPR annonce :

  • la remise en cause du statut des Enseignant.e.s-Chercheur.e.s et des Chercheur.e.s avec la disparition de la référence aux 192h équivalent TD ;
  • l’amplification de la contractualisation et de la précarisation dans l’ESR (tenure tracks, CDI de projets, etc.) et des personnels BIATSS et ITA ;
  • la remise en cause des fonctions du CNU et de la collégialité́ de l’évaluation des carrières par les pairs (ces fonctions seraient alors assurées par les universités, ce qui ouvrirait la voie à des logiques localistes).
    Cette réforme généralise la précarisation, asservit toute pensée à la logique managériale, anéantit la liberté d’étude et de recherche.

DANS CES CONDITIONS, IL EST IMPENSABLE DE FAIRE COMME SI DE RIEN N’ÉTAIT EN REPRENANT LES COURS ET EN PARTICIPANT AU FONCTIONNEMENT HABITUEL DE L’UNIVERSITÉ ET DES INSTITUTIONS DE RECHERCHE

Nous appelons donc dès à présent tou.te.s les collègues, personnels de l’ESR, précaires ou titulaires, à :

  • RENDRE VISIBLE LEUR MOBILISATION dans leurs signatures électroniques et réponses automatiques d’absence (cf. suggestion ci-après)
    « J’accuse réception de votre message. Étant mobilisé.e contre le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche et contre le projet de réforme des retraites, j’ai strictement réduit mes activités d’enseignement et de recherche, et ne suis donc pas en mesure de vous répondre dans l’immédiat »
  • PRATIQUER LA GRÈVE DE LA RECHERCHE : suspendre les activités scientifiques (reporter les colloques et journées d’étude, suspendre le travail d’expertise et d’évaluation, refuser de siéger dans les différentes instances de l’ESR, etc.)
  • SE JOINDRE À OU RELAYER À L’ÉCHELLE DES DÉPARTEMENTS PÉDAGOGIQUES la mobilisation sous la forme de différentes actions (report des examens, réunion d’information auprès des étudiant.e.s, rétention des notes, etc.)

NOUS APPELONS ENFIN À PARTICIPER AUX JOURNÉES DE MOBILISATION NATIONALE, AINSI QU’AUX ACTIONS DE SOUTIEN AUX GRÉVISTES DE LA RATP ET DE LA SNCF EN ÎLE-DE-FRANCE (PIQUETS, CAISSES DE GRÈVE, AG, ETC.)


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