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NGUYÊN-QUANG Trung - CRESPPA - UMR 7217-CSU

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Trung Nguyên-Quang
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Thèse en cours

16 juin 2022

Trung Nguyên-Quang

Doctorant à l’université Paris 8


Domaines de recherche

  • Homosexualités et études queer
  • Sociologie du genre et de la sexualité
  • Sociologie de la race
  • Intersectionnalité
  • Sociologie de la domination
  • Sociologie de l’État
 

Thèse en cours

Trung Nguyên-Quang, « L’accusation d’homophobie. Enquête sur une catégorie du jugement et la construction de la distinction sexuelle », thèse à l’Université Paris 8 et à l’Ined, sous la direction de Sylvie Tissot, professeure de science politique, et de Wilfried Rault, directeur de recherche en sociologie.

Dans un contexte où la tolérance à l’égard des sexualités minoritaires est devenue un critère de progressisme et un gage de libéralisme moral, cette enquête se propose d’analyser les processus de construction de la distinction sexuelle, entendue dans le sens de l’appropriation de la norme égalitaire en matière de sexualités et de genre, et son incidence sur la recomposition des rapports sociaux de sexe, de classe et de race. L’enquête s’intéressera aux usages de l’accusation d’homophobie en tant que catégorie spécifique du jugement, et à ses effets d’identification et de désidentification. Adossée à un travail d’archives et à une enquête ethnographique en milieu scolaire et au Défenseur des Droits, ainsi qu’à une campagne d’entretiens, l’enquête se propose d’examiner la variabilité non seulement des usager.es de la catégorie d’homophobie, mais aussi des critères de légitimation de son usage, afin de voir à qui, et dans quelles circonstances, le recours à cette catégorie du jugement est socialement profitable ou coûteux. Il s’agira d’interroger non seulement la production et les usages institutionnels de la norme égalitaire sexuelle et de genre, mais également ses réinterprétations par des acteurs.rices confronté.es aux normes de l’État. À plus forte raison, l’enquête s’intéressera à la manière dont, dans leurs interactions quotidiennes et professionnelles, ces agent.es de l’État se positionnent et se distinguent les un.es des autres en se construisant une distinction sexuelle appuyée sur un ethos gayfriendly et féministe qui condamne l’homophobie. Partie prenante d’une approche intersectionnelle et située de son objet, cette thèse formulera l’hypothèse que la variabilité de l’accusation d’homophobie permet à cette catégorie du jugement de s’ajuster à des critères qui ne sont pas strictement propres à l’orientation sexuelle et/ou au genre, mais qui sont également indexés à des enjeux de race et de classe. En délimitant ce qui est estimé comme contrevenant ou pas à l’égalité, l’accusation d’homophobie, et la norme égalitaire sur laquelle elle s’appuie, participerait de manière négative au contrôle des sexualités et des genres minoritaires. L’objectif de ce travail est double : d’une part, voir comment la construction de la distinction sexuelle, parce qu’elle produit des privilèges nouveaux à celleux qui la revendiquent, permet de légitimer, voire de respectabiliser, des positions sociales dominantes et des pratiques de domination se jouant selon des logiques de classe, de race, de genre et de sexualité ; d’autre part, afin d’interroger la construction du sujet sexuelle minoritaire dans un contexte où l’égalité des sexualités est non seulement le bras armé de la domination d’État, mais aussi le masque respectable d’interactions quotidiennes inégalitaires.