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Maladies de pauvres, pauvres soins ?
Santé et stratification sociale


Vendredi 14 février 2014, site Pouchet du CNRS

Journée d’étude organisée par Maud Gelly et Laure Pitti, Cresppa-CSU.

Présentation


Les inégalités sociales devant la maladie et la mort sont un fait établi depuis les travaux de Louis-René Villermé au XIXe siècle. Elles ont constitué un champ de recherche constant, bien que marginal, pour l’épidémiologie puis pour les sciences sociales. Les effets sanitaires des inégalités sociales ont acquis une visibilité académique plus grande et une légitimité politique en France à partir du début des années 2000, avec la mise à l’agenda de la réduction des inégalités sociales de santé (et notamment la loi relative à la lutte contre l’exclusion de 1998 ou la loi de santé publique de 2004). Cet objectif est souvent associé à la lutte contre les déserts médicaux, inscrite dans la loi Hôpital, Santé, Patients, Territoires (dite loi HPST) de 2009 comme dans la prochaine loi de santé publique, actuellement en préparation.

En dépit de l’omniprésence, dans le débat public, de la question des inégalités de santé et de l’émergence d’une médecine dite de la précarité, la question des classes sociales et les enjeux de stratification sociale en matière de politiques sanitaires demeurent peu pris en compte, tant en santé publique qu’en sociologie de la santé. Cette journée d’études, associant sociologues, épidémiologistes et géographes, entend mettre en question(s) la dissolution des inégalités sociales de santé dans les seules inégalités territoriales d’accès aux soins, et revenir, à partir d’enquêtes empiriques, sur les concepts mobilisés dans ce champ de recherche (précarité, classes et inégalités sociales). Quels sont les effets de la stratification sociale sur la santé (des dominé.e.s) ? Comment les soins accentuent-ils les logiques de différenciation (de classe, de genre, de race) ? De quelles ressources les soignant.e.s et les patient.e.s disposent-ils pour y faire face ?



Programme



9h30 : Penser la santé au prisme des classes sociales, introduction de la journée, Laure Pitti et Maud Gelly (CRESPPA-CSU)

10h-11h30 : Santé et stratification sociale : quels modèles d’analyse ?

  • Failles et dissimulation dans l’abord des inégalités sociales de santé, Pierre Aïach (IRIS-EHESS)
  • La construction sociale du territoire et son impact sur les trajectoires thérapeutiques : le cas de Rivière des Galets (Île de la Réunion), Zoé Vaillant (Université Paris Ouest Nanterre La Défense-LAVUE Mosaïques)
  • Des inégalités d’exposition professionnelles aux inégalités face au décès par cancer : l’exemple des cancers broncho-pulmonaires, Émilie Counil (EHESP-IRIS, Giscop93 Université Paris 13)
  • Discutante : Audrey Mariette (CRESPPA-CSU)

11h45-13h : S’engager pour… Quand la santé devient terrain (de) critique

  • L’hétérotopie de la clinique. Traiter la tuberculose à l’hôpital, Janina Kehr (Institute of the History of Medicine, Université de Zürich)
  • Médecins Sans Frontières, 1979. « Professionnalisation » versus
  • « bénévolat » : une lutte des classes autour de la maîtrise de l’appareil, Elsa Rambaud (CESSP-Université Paris 1)
  • Discutante : Laure Pitti (CRESPPA-CSU)

14h15-15h : Maladies de dominé.e.s, traitements de dominant.e.s

  • Le nouveau gouvernement des pauvres, Pascal Martin (CESSP-IRIS - EHESS)
  • Dénoncer, nier, reconnaître les refus de soins à l’hôpital, Caroline Izambert (CRH-EHESS)
  • Injectables et implants contraceptifs, ou la place des objets techniques dans l’analyse des inégalités en matière de contraception, Hélène Bretin (Université Paris 13, IRIS-EHESS)
    Discutante : Coline Cardi (CRESPPA-CSU)

16h-16h30 : Conclusion de la journée Laure Pitti et Maud Gelly (CRESPPA-CSU)

MAJ: 23 avril 2022