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Maladies industrielles et mobilisations collectives
Années 2010-2014


Organisé par Pascal Marichalar (CMH, puis IRIS) et Laure Pitti (CRESPPA-CSU)

Le lundi de 10h à 13h, une fois par mois, site Pouchet du CNRS (années 2010-2013) puis le jeudi, 14h-17h, EHESS (année 2013-2014)

Présentation du séminaire


L’objectif de ce séminaire de recherche est d’explorer un champ encore peu stucturé des études en sciences sociales sur les liens entre travail et santé : l’histoire et la sociologie des mobilisations contre les effets sanitaires néfastes des activités de production.

En France ou à l’étranger, des travaux retracent l’institutionnalisation d’une forme de « compromis » rendant acceptables, aux yeux des employeurs et des pouvoirs publics, les accidents du travail et maladies professionnelles induits par l’activité de production (Buzzi et al, 2006 ; Carnevale et Moriani, 1986 ; Draper, 2003 ; Hepler, 2000 ; Omnès et Pitti, 2009). De nombreuses études se penchent plus particulièrement sur une forme d’exposition professionnelle et montrent comment certaines activités industrielles peuvent se perpétuer en dépit de l’existence de savoirs médicaux attestant de leur dangerosité pour les salariés (Johnston et McIvor, 2000 ; IJOEH, 2003 ; Markowitz et Rosner, 2003 ; Rosner et Markowitz, 2006 ; RHMC, 2009). Des travaux, enfin, mettent en lumière la mise sur agenda médiatique et politique des questions de santé publique en lien avec le travail, que celles-ci concernent les salariés ou les riverains des usines (Eliasoph, 2010 ; Henry, 2007 ; Henry et Gilbert, 2009). Dans ce panorama, les travaux sur les mobilisations collectives portées par les salariés eux-mêmes et/ou les riverains concernant les impacts sanitaires de la production restent encore peu nombreux.

Centré sur les « maladies industrielles », selon l’expression du sociologue Paul Jobin, et non exclusivement professionnelles, ce séminaire entend étudier ces mobilisations à l’intérieur et à l’extérieur des lieux de travail, cherchant ainsi à éclairer les croisements mais aussi parfois les logiques de concurrence entre maladies professionnelles et maladies environnementales. Comment s’articulent les luttes des salariés et des riverains - parfois en contradiction lorsque l’emploi des premiers est menacé, parfois en convergence (Ishimure, 1990 ; Collectif intersyndical sécurité, 1977) ? Comment les acteurs de ces mobilisations se réapproprient-ils les savoirs médicaux et techniques institués - ou encore contribuent-ils à leur avancée ?

« Maladies sociales avec des aspects médicaux », selon l’expression du pneumologue Irving Selikoff, les maladies industrielles n’ont d’existence que dans un champ de forces où leur réalité, leur gravité et leur étiologie sont remises en cause à chaque instant. Du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui, l’objet de ce séminaire est ainsi d’analyser les conditions de possibilité de mobilisations qui les prennent pour objet, fruits d’alliances improbables entre salariés, riverains, chercheurs, médecins et avocats.

Programmes 2010-2014


- Quatrième année 2013-2014


Jeudi 23 janvier, 14h-17h
Séance introductive : Maladies industrielles & mobilisations collectives, quelle actualité scientifique et sociale ?


Jeudi 27 mars, 14h-17h
Les accidents du travail dans la sidérurgie : le destin probable des ouvriers
avec Cédric Lomba, CRESPPA-CSU


Jeudi 3 avril, 14h-17h
Le métier d’inspecteur du travail, ses évolutions, ses contradictions
avec Marie Szarlej, CENS.


Jeudi 22 mai, 14h-17h
Pour quoi faire reconnaître sa maladie professionnelle (et pourquoi elle n’est pas reconnue)
avec Cécile Durand, GISCOP 93, et Anne Marchand, sociologue, Université d’Evry et GISCOP 93.


Jeudi 12 juin, 14h-17h
Les travailleurs sous-traitants de l’industrie nucléaire
avec Marie Ghis, CEMS.



- Troisième année 2012-2013 [en ligne sur Calenda]



- Deuxième année 2011-2012 [en ligne sur Calenda]



- Première année 2010-2011 [en ligne sur Calenda]


Journées d’étude du séminaire Maladies industrielles et mobilisations collectives

  • 27 mai 2013 : Punir les crimes industriels
  • 16 octobre 2012 : Le travail nucléaire


Lundi 27 mai 2013, site Pouchet du CNRS
Punir les crimes industriels : avancées et résistances du traitement pénal des désastres industriels
Organisée par Pascal Marichalar et Laure Pitti

Présentation
Considérer le monde du travail sous l’angle du droit pénal, c’est ­à­ dire des infractions et crimes qui y seraient commis, reste une pratique encore très marginale en France, alors qu’elle se développe ailleurs autour de grands procès.
Les entreprises restent pourtant des lieux où, tous les jours, des salariés sont exposés à des conditions de travail connues comme étant dangereuses, qui entraînent chez un nombre important d’entre eux des maladies et des accidents graves. Cette prise de risque délibérée de la part des responsables des conditions de travail, tolérée ou cautionnée par les pouvoirs publics, concerne également les riverains des sites d’activités à risques, comme l’a montré la catastrophe de l’usine AZF.
L’objet de cette journée d’étude est de questionner la non ­pénalisation dans le monde du travail en France en mobilisant à la fois les sciences sociales (sociologie, histoire) et les pratiques et discours des catégories d’acteurs confrontées à ces questions dans leur travail et leur vie quotidienne (avocat, inspecteur du travail, représentant syndical, salariés et riverains dans la région de Fos Etang­ de Berre...), afin de mesurer les avancées et de comprendre les obstacles dans le traitement pénal de ces questions tel que prévu par les textes.


Programme

10h­10h30 : Introduction
Pascal Marichalar et Laure Pitti, sociologues (SAGE­-CNRS / Cresppa-­CSU, Univ. Paris 8)

10h30­11h00 : Justice pénale et santé au travail : le cas de Turin
Pascal Marichalar, sociologue (SAGE-­CNRS)

11h­11h30 : L’action pénale internationale dans les questions de santé au travail. Actions françaises sur une pollution au plomb au Sénégal
François Lafforgue, avocat, cabinet Teissonnière et associés

11h30­12h00 : Discussion

13h30­14h00 : Action pénale, une piste supplémentaire pour l’action syndicale sur les conditions de travail
Eric Beynel, commission santé et conditions de travail, Solidaires

14h00­14h30 : L’Inspection du travail : possibilités et limites du recours au pénal en France
Sylvie Catala, inspectrice du travail

14h30­15h00 : Discussion

15h15­17h : * * * Projection d’un film * * *
« Tumeurs et silences. Fos Etang­ de ­Berre : pollutions industrielles et cancers », 2013, réalisé par Jacques Windenberger, montage Anna Thillet.

Débat avec la salle.

17h­17h30 : Conclusion de la journée
Annie Thébaud-­Mony, sociologue (IRIS-­INSERM, GISCOP 93).




Mardi 16 octobre 2012, site Pouchet du CNRS
Le travail nucléaire
Organisée Pascal Marichalar et Laure Pitti

Programme
Pierre Fournier (Université Aix-Marseille, LAMES),
autour de son livre Travailler dans le nucléaire (Armand Colin, 2012)

Gabrielle Hecht (Sciences Po/EHESS/University of Michigan)
autour de son livre Being Nuclear. Africans and the Global Uranium Trade (MIT Press, 2012)

Paul Jobin (Université Paris-Diderot, CEFC Taipei),
autour de ses travaux sur « Les travailleurs de Fukushima et les controverses épidémiologiques sur les faibles doses de rayonnement

MAJ: 25 mai 2022