Contre la réforme des retraites et la LPPR : le  5 mars, la recherche s'arrête
Imprimer

Soutenances de thèses

 

Soutenance de thèse

Le jury est composé de :

Laure BERENI, Directrice de recherche au CNRS (Centre Maurice Halbwachs – ENS), Rapporteure
Anne-Marie DEVREUX, Directrice de recherche émérite au CNRS (Cresppa-CSU), Directrice de thèse
Francis DUPUIS-DÉRI, Professeur (IREF-REQEF Université du Québec à Montréal), Rapporteur
Sibylle GOLLAC, Chargée de recherche au CNRS (Cresppa-CSU), Examinatrice
Lilian MATHIEU, Directeur de recherche CNRS (Centre Max Weber – ENS), Examinateur
Pascale MOLINIER, Professeure des Universités (UTRPP-EA – Paris 13) Examinatrice

Résumé de la thèse

Cette thèse analyse les modalités et les conséquences de la mobilisation d’hommes en tant que pères dans la partie la plus active du mouvement masculiniste français, les associations de pères séparés et divorcés.
Ce travail est fondé sur une enquête qualitative constituée de 24 entretiens semi-directifs approfondis avec des militants et des bénéficiaires de 7 associations différentes, ainsi que 32 observations de permanences d’accueil et de conseil menées dans 3 de ces associations, terrain qui s’enrichit de l’analyse de nombreuses sources écrites produites par le mouvement. Ces matériaux permettent d’étudier le discours construit et diffusé par les associations afin d’en comprendre la construction argumentative, d’analyser ses effets sur les pratiques collectives et individuelles des pères concernés ainsi que sur leur subjectivité.
Dans une première partie, la structuration actuelle du mouvement français pour les droits des pères est reconstituée dans une cartographie insistant sur ses spécificités dans l’espace des mouvements sociaux mais aussi dans l’espace international. Les revendications et les répertoires d’action mobilisés sont étudiés en lien avec leur rôle dans la production sociale d’un groupe de « pères séparés, injustement privés de leurs enfants ».
La seconde partie de la thèse analyse la construction de la structure argumentative du mouvement en insistant sur les conséquences matérielles des conseils fournis aux pères venus consulter les associations, et la portée des analyses et des revendications diffusées. Les discriminations dénoncées par les pères de ces associations révèlent leur attachement à la position socialement dominante qu’ils occupent dans les rapports sociaux de sexe et qui se trouve partiellement écornée par le divorce ou la séparation.
Enfin, la troisième partie analyse le rôle du mouvement pour les droits des pères dans la production et le renforcement de leur subjectivité de dominants et montre comment ce mouvement incitent les pères à dissimuler la conscience masculine de domination.
Cette thèse articule ainsi la sociologie des mouvements sociaux et celle des groupes dominants avec l’étude des rapports sociaux de sexe et le féminisme matérialiste.

Soutenance de thèse

Résumé
Le service militaire d’une durée de 9 mois constitue une obligation légale pour les jeunes hommes grecs. Cette conscription constitue une étape incontournable dans la vie sociale des grecs : après la libération de l’armée, les jeunes sont considérés comme des hommes socialement validés, comme adultes indépendants, prêts à trouver un emploi stable et à fonder une famille. Toutefois, il s’avère qu’un nombre important de conscrits mettent fin à leurs jours durant le service. Cette thèse étudie ce phénomène tabou qui relève d’un paradoxe : comment une institution qui prétend fabriquer les « vrais » hommes et les préparer à la vie civile peut-elle provoquer des comportements suicidaires ? Par le choix (et la nécessité) d’une méthodologie plurielle, une mosaïque de données complémentaires les unes des autres permet d’analyser ce phénomène : entretiens semi-directifs de conscrits, parmi lesquels des appelés ayant fait une tentative de suicide, d’officiers et de sous-officiers de carrière qui ont vécu le suicide d’un appelé, de parents dont le fils s’est suicidé durant son service militaire, de psychiatres militaires, de militants et de journalistes ; analyses des statistiques disponibles sur le suicide et venant de sources multiples ; analyse de contenu d’articles de presse et d’archives militaires ; enfin, observation participante réalisée au cours d’un stage de trois mois dans l’un des trois hôpitaux militaires du pays. Inspirée par l’approche durkheimienne étudiant le suicide comme un fait social, l’analyse s’appuie sur la théorie des rapports sociaux de sexe et sur le concept goffmanien d’institution totalitaire. Cette thèse se situe ainsi au croisement d’une sociologie du suicide, d’une sociologie de l’armée et d’une sociologie du genre pour éclairer à la fois les causes du suicide dans l’armée et le traitement social qui en est fait par l’institution.

Mots clés : suicide, service militaire, institution totalitaire, rapports sociaux de sexe, masculinité, psychiatrie militaire, Grèce contemporaine.

Composition du jury :
Christel COTON, Maîtresse de conférence, Université Paris 1 - Panthéon - Sorbonne - CESSP
Baptiste COULMONT, Professeur, Université Paris 8, Cresppa - CSU
Anne-Marie DEVREUX, Directrice de recherche, Cresppa - CSU (directrice de thèse)
Jules FALQUET, Maîtresse de conférence (HDR), Université Paris 7 - LCSP
Marc LORIOL, Directeur de recherche, IDHES-ISST (rapporteur)
Athéna SKOULARIKI, Professeure associée, Université de Crète (rapporteuse)

Soutenance de thèse

Résumé
Cette thèse étudie le processus de patrimonialisation de Barracas, ancien quartier industriel au sud-est de Buenos Aires, Argentine, mené notamment par l’administration locale et par des investisseurs immobiliers. Depuis le début du « boom » immobilier en 2003, Barracas n’apparaît plus dans le discours public uniquement comme une partie d’un sud couramment qualifié comme dégradé, mais aussi comme un quartier historique qui renaît.
Reposant sur deux approches (des études en communication et une sociologie urbaine critique) et sur l’analyse de documents et d’entretiens, la thèse montre les rapports entre les sens donnés au patrimoine et les stratégies d’intervention sur le quartier. Si depuis les années 1980 des travaux de valorisation culturelle menés par des acteurs locaux, par de nouveaux arrivés et par des dépendances de la mairie ont donné des sens hétérogènes au patrimoine, depuis 2005 les promoteurs immobiliers chargés de la réhabilitation d’anciennes usines comme bureaux et logements haut de gamme auront tendance à son unification autour du « patrimoine industriel ». Or le développement immobilier a entrainé une contradiction entre la démolition de bâtiments préexistants pour la construction d’immeubles en hauteur et la mise en relief du caractère « patrimonial » du quartier, qui s’exprime depuis 2007 lorsque l’association Proteger Barracas rejette les démolitions au nom du « patrimoine du quartier » et de l’identité des « voisins ».
La patrimonialisation est centrale dans la requalification de Barracas car c’est à travers des désaccords autour du sens du patrimoine que les acteurs impliqués luttent pour définir la direction du processus de changement urbain.

Composition du jury :

Margarita Martínez, professeure, Instituto de Altos Estudios Sociales (IDAES) – Université Nationale de - San Martín (UNSAM), rapporteure
Jean-Yves Authier, professeur, Université Lyon 2, rapporteur
Ivana Socoloff, chargée de recherche, Instituto de Estudios de América Latina y el Caribe (IEALC), UBA
Eleonora Elguezábal, chargée de recherche, Institut National de la Recherche Agronomique

1er mars 2020