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Soutenance de thèse : Maxime Mellina


Maxime Mellina, « Le Sort ou la Raison. Persistance et disparition du tirage au sort en Suisse (1798-1831) », thèse pour le doctorat en science politique, en cotutelle entre l’Université de Paris 8 et de Lausanne, sous la direction de Biancamaria Fontana (Université de Lausanne) et Yves Sintomer (Paris 8).

mercredi 26 mai 2021 à partir de 15h00, en visioconférence

Composition du jury :

Biancamaria Fontana, Université de Lausanne, directrice de thèse
Yves Sintomer, Université de Paris 8, directeur de thèse
Silvia Arlettaz, Université de Fribourg
Antoine Chollet, Université de Lausanne
Yves Déloye, Sciences Po Bordeaux
Hélène Landemore, Yale University

Résumé de la thèse :

Après plus de deux cents ans d’absence, le tirage au sort suscite aujourd’hui un nouvel intérêt dans un nombre croissant de recherches académiques mais aussi au sein de groupes de militantes et militants souhaitant réformer les démocraties représentatives occidentales. Au sein du grand public et des médias, cette idée est souvent considérée comme farfelue. En effet, l’histoire politique connaît une étrange disparition à la charnière des 18e et 19e siècles. Un long processus n’a laissé qu’une procédure reconnue : l’élection. Le tirage au sort a été balayé par l’évidence de nouvelles institutions, alors qu’il était une méthode traditionnelle de sélection des responsables politiques pendant plusieurs siècles. Par quel processus d’amnésie une procédure peut-elle tomber dans un tel oubli ?

Cette thèse exhume les expériences suisses du tirage au sort, jusqu’ici inconnues. Celles-ci sont variées et tardives et représentent un terrain propice pour tenter de comprendre cette disparition. Si le sort est aujourd’hui associé à une pratique démocratique, il est en fait une technique historiquement très liée aux républiques aristocratiques où il était utilisé pour son impartialité dans des procédures complexes, le mêlant constamment à l’élection et à des restrictions de la citoyenneté. Les fondateurs des gouvernements modernes auraient très bien pu continuer de l’utiliser en complément à l’élection.

Pourtant, les révolutions modernes couronnent la philosophie du rationalisme, inspirée des Lumières, qui s’oppose à tout ce qui est invisible, incontrôlable et irrationnel. L’apparition de ces nouvelles idées permet de comprendre les fondements idéels des nouvelles institutions libérales-républicaines qui s’imposent à ce moment et avec lesquels le tirage au sort n’est plus compatible. Cette thèse, fondée sur l’examen de sources primaires, apporte ainsi de nouveaux éléments à l’énigme de la disparition du tirage au sort et, par effet miroir, à l’analyse de sa réapparition dans nos systèmes contemporains toujours marqués par ces imaginaires.


25 mai 2021

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