Travail et consommation, XIXe-XXe-XXIe siècles

jeudi 27 et vendredi 28 avril 2017, Université Paris Est Créteil, salle des thèses

[fr]Journées d’études internationales organisées par : [en]International symposium organized by :
Anaïs Albert (historienne, Centre d’histoire du XIXe, Université Paris 1) ; Amélie Beaumont (doctorante en sociologie et science politique, CESSP/Cresppa-CSU, Université Paris 1) ; Jackie Clarke (historienne, School of Modern Languages and Cultures, University of Glasgow) ; Fanny Gallot (historienne, CRHEC, UPEC-ESPE).

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Cette manifestation est soutenue par le DIM Gestes de la Région Ile-de-France, le CHREC et le Cresppa-CSU.
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The action is financed by DIM Gestes of Région Ile-de-France, and the laboratories CHREC and Cresppa-CSU.


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La division du travail scientifique en sous-champs de recherche distincts conduit souvent à fractionner des objets autrement bien plus liés dans l’expérience des individus ou la vie des institutions. Le décloisonnement des sous-champs de recherche est alors un bon moyen de renouveler les discussions scientifiques de manière féconde. En croisant les travaux sur la consommation et ceux sur le travail, c’est un tel décloisonnement que nous souhaitons favoriser lors de ces journées d’études afin de faire dialoguer ces ensembles de travaux couramment disjoints.

Le travail et la consommation sont en effet intimement liés et surtout se mêlent dans les quotidiens salarié-e-s si bien qu’il est parfois difficile de dissocier d’un côté le temps du travail et de l’autre, celui de la consommation, notamment lorsque les travailleurs/euses consomment le produit, matériel ou immatériel, de leur travail. Qu’il s’agisse de la production de biens ou de services, les salarié-e-s peuvent parfois être mis à contribution dans la conception ou la vente de produits alors même que cela n’est pas initialement prévu dans leur travail. Ce sont alors leurs qualités de consommateur ou consommatrice qui se trouvent mobilisées. Enfin, la consommation peut également être pensée comme un travail, que ce soit en tant que partie du travail domestique féminin ou comme un travail gratuit d’évaluation des produits.

En d’autres termes, ces journées d’études ambitionnent de repenser les liens entre travail et consommation dans la lignée de ce que propose Frank Trentmann (2004) lorsqu’il souligne que « toute discussion sérieuse autour de la société de consommation doit recenser les pratiques et les significations de la consommation en tant que phénomène indissociable de structures sociales et d’activités qui ont lieu loin des comptoirs des magasins. Au lieu d’opposer des grilles de lecture – la consommation contre la production – et de faire se succéder des phases historiques – la société de consommation après la société des classes –, le défi du renouvellement de la recherche dans ce domaine sera celui de l’intégration de ces différentes dimensions. »

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The division of scholarly research into distinct sub-fields often leads to a fractured understanding of objects of study that are in fact inter-connected when viewed at the level of individual experience or institutional life. Breaking down these barriers between sub-fields can thus provide a fertile means of generating new scholarly perspectives. Such is the aim of this symposium, which will bring together research on consumption and on work, in an effort to promote dialogue between what are currently rather disconnected fields.

And yet work and consumption are intimately linked and, above all, intermingled in the daily lives of working people, so much so that it is sometimes difficult to dissociate work-time from time for consumption, notably when the latter brings the worker into contact with the (material or immaterial) product of his or her labours. Whether in production or service work, employees can find themselves involved in the development and sale of products even where this was not initially expected to be part of their work. It is their qualities as consumers that are brought into play in such situations. Finally consumption itself can be conceived as a form of work, whether as an aspect of domestic work or as unpaid work evaluating products and services.

In other words, this symposium aims to rethink the relationship between work and consumption in the spirit proposed by Frank Trentmann (2004), who argues that: ‘Any serious discussion of consumer society must trace the practices and meanings of consumption as they are woven into social structures and actions that lie beyond the shop counter. Instead of oppositional models of analysis (consumption versus production) and of sequential models (consumer society after class society), the challenge of the next generation of work will be one of integration.’

Programme




Jeudi 27 avril 2017

  • 9h30 - Ouverture et introduction des journées
    par Isabelle Poutrin, directrice du CRHEC et les organisatrices
  • 10h - Conférence introductive
    Anne-Marie Dujarier (LCSP, Université Paris 7) « Travailleurs et consommateurs : quel rapport social ? De l’autoproduction aux plateformes numériques ».
  • 11h00 - Session 1 : Travail domestique et consommation, Discussion : Clyde Plumauzille, CRH, EHESS.
    Marie Charvet, CENS, Université de Nantes: « l'entretien du linge dans les lavoirs publics au XiXe siècle : consommation d'un service ou « travail lucratif » ? »
    Jan WIndebank, University of Sheffield: « Constructing household work strategies in dual-career couples and dilemmas over the purchase of household services in france and the uK: between self-provisioning and consumption. »
  • 14h00 - Session 2 : La consommation des travailleurs/euses comme enjeu politique, Discussion : Olivier Chaibi, IDHES, Upec.
    Sylvain Celle, Clersé, Thomas Chevallier, Ceraps, Vianney Schlegel, Clersé: « Économie morale et politisations au sein de la coopérative de consommation socialiste de l'union de Lille (1892-1914). »
    hugo Mulonnière, GRhis/Cresppa-CSU, Université de Rouen: « les services de la main-d’œuvre nord-africaine face à la question de l’alimentation des travailleurs (1939-début des années 1960) »
    Anne De Rugy, Sophiapol, Université de Paris Ouest Nanterre: « travailler autrement, consommer moins : un engagement existentiel anticonsumériste ? »
  • 16h15 - Session 3 : Travailler entre consommateurs/rices, Discussion : Mathieu Cocq, IDHES, ENS Cachan.
    hannah Frydman, Rutgers University-New Brunswick: « Changing Hands: Work and Consumption in the everyday economies of early twentieth-Century Parisian Classified advertising. »
    Kirrily Freeman, Saint Mary’s University Halifax: « the Work of Consumption: framing leisure as labour in Vichy, Queen of Spas. »



Vendredi 28 avril 2017

  • 10h00 - Session 4 : Consommations partagées : les sociabilités des travailleurs/euses, Discussion : Nicolas Hatzfeld, IDHES, Université d’Evry.
    Margaret Cassidy, Adelphi University: « earning their Place at the Soda Shop Counter: the labor and Consumption of Working Class Youth in Victorian-era american Cities. »
    Ana Portilla, Cresppa-CSU/CMH-ETT, EHESS: « la consommation d’alcool chez les ouvriers immigrés du bâtiment : entre distinction et logiques de stigmatisation. »
    Frédéric Rasera, Centre Max Weber, Université Lyon 2: « On n’a pas les mêmes délires » : des sociabilités électives entre footballeurs professionnels socialement différenciées. »
  • 13h30 - Session 5 : Les travailleurs/euses de la vente et leurs produits, Discussion : Pascal Barbier, Cessp, université Paris 1.
    Delphine Corteel, Regards, Université de Reims: « Qu’est-ce qu’une « boutique solidaire » ? enquête ethnographique dans une association de réemploi. »
    Cyrine gardes, Centre Georg Simmel, EHESS: « le client est roi mais toi, t'es pas sa reine ! ». Rapport aux produits, aux clients et au travail des vendeurs des magasins de bricolage low-cost. »
  • 15h15 - Session 6 : La consommation des ménages avec et sans travail, Discussion : Hélène Ducourant, Latts, UPEM.
    Thomas Amossé, CEE, Marie Cartier, CENS, Université de Nantes: « la consommation des ménages populaires stables en france : combiner données statistiques et monographies de ménages (1985-2011). »
    Pierre blavier, PSE, EHESS: « Réduire ses dépenses en contexte de récession. »
  • 16h45 - Conclusion des journées d’études