Margot Giacinti et Arthur Duhé ont choisi le CRESPPA pour effectuer leur recherche post-doctorale à l’issue de laquelle il et elle candidateront à une ERC Starting Grants dans l’un des 8 panels SHS.
Margot Giacinti et Arthur Duhé rejoindront le CRESPPA pour deux ans à compter dernier trimestre 2025.
Margot Giacinti est docteure en science politique de l'ENS de Lyon. Elle est par ailleurs chercheuse associée au laboratoire Triangle.
Sa recherche s’intitule AMPLIFIER "Analyser les Mobilisations, la Politisation et l'Intervention Légale sur les Féminicides en EuRope de l'Ouest ".
Résumé du projet : Défini depuis les travaux de Diana Russell comme "le meurtre d'une femme parce qu'elle est une femme", le féminicide a été théorisé publiquement pour la première fois à Bruxelles en 1976, lors du Tribunal international sur les crimes contre les femmes. A l'occasion symbolique du cinquantième anniversaire de cet événement fondateur en 2026, le futur projet ERC StG entend offrir la première évaluation socio-historique, qualitative et comparative de l'histoire complexe post-1976 de cette notion, de sa politisation (et de sa résistance à la politisation) et des réponses publiques, politiques et juridiques qui lui ont été apportées.
En comparant quatre pays (Belgique, Italie, France et Espagne) choisis pour leur riche histoire de mobilisations contre le féminicide et pour les divers outils qu'ils ont forgés pour combattre ce phénomène, notre objectif est (1) d'analyser, à travers des entretiens et l'étude d'archives militantes, la généalogie du concept de féminicide, d'abord formulé à Bruxelles et y revenant plusieurs décennies plus tard après avoir circulé aux Etats-Unis, en Amérique du Sud et en Europe du Sud ; (2) comparer les réponses nationales et supranationales aux féminicides, en analysant les politiques publiques développées dans chaque pays et par l'UE à la lumière des trajectoires de politisation passées ; (3) étudier quelles victimes de féminicides sont prises en compte par l'action publique, en distinguant les victimes traditionnelles des victimes marginales.
Arthur Duhé est docteur en Relations Internationales de l’Université d'Oxford et ancien Max Weber Fellow à EUI, Florence.
Son projet s'intitule "Bands of Brothers: Institutionalising Fraternal Communities" (BOBIFC).
Résumé du projet : Cette recherche au carrefour de l'Histoire des Relations Internationales, de la socio-histoire des idées et de la théorie politique explore l'émergence de l'ordre nationaliste du monde en analysant comment les images fraternelles ont façonné, légitimé et contesté le nationalisme entre 1848 et 1945. Si les nations sont fréquemment qualifiées de communautés imaginées, selon le terme de Benedict Anderson, le projet entend répondre à l'absence d'un cadre conceptuel explicite pour penser l'imagination, les imaginaires et les images. En intégrant des apports issus de la philosophie et de l'histoire, il affine ces concepts et examine comment certaines images politiques ont influencé la formation des ordres nationaux et internationaux. L'étude s'intéresse spécifiquement à la manière dont les images fraternelles, historiquement associées aux moments révolutionnaires, ont été institutionnalisées dans les discours nationalistes comme internationalistes. À partir de sources d'archives et d'analyses discursives et lexicométriques, elle cartographie l'évolution de ces images à travers divers contextes idéologiques, temporels et spatiaux. En adoptant une approche de longue durée et un cadre de "contextualisme sériel" (Armitage 2021), elle propose l'histoire longue d'une image politique unique : la métaphore fraternelle.