Rosanna Sestito. « "Une fleur ne fait pas le printemps. Pour une vie heureuse, il faut beaucoup d’enfants.” Politiques reproductives, inégalités sociales et ethnoraciales en Iran (2014-2022) », thèse de doctorat en sociologie réalisée à l’Université Paris Nanterre, sous la direction de Carole Brugeilles (direction principale) et de Lucia Direnberger (LEGS, co-direction)
Composition du jury
Geneviève Pruvost, directrice de recherche au CNRS, présidente
Christine Detrez, professeure des universités à l’ENS de Lyon, rapportrice
Priscille Sauvegrain, maîtresse de conférences à l’Université Sorbonne, rapportrice
Myriam Paris, chargée de recherche au CNRS, examinatrice
Carole Brugeilles, professeure des universités à Paris Nanterre, directrice de thèse
Lucia Direnberger, chargée de recherche au CNRS, co-directrice de thèse
Résumé
Cette thèse propose une analyse sociologique des transformations des politiques reproductives au sein de la République islamique d’Iran entre 2014 et 2022. Dans un contexte marqué par des politiques natalistes, les femmes sont au cœur d’une dynamique de gouvernementalité du biopouvoir. Des normes procréatives leur sont imposées, souvent légitimées par un discours paternaliste invoquant le développement de la nation ou le bien-être supposé des femmes. Cet encadrement se traduit notamment par des pratiques coercitives et violentes, destinées à discipliner leurs corps et réprimer leurs résistances. Ce processus tend à les confiner à la sphère domestique et à leur rôle reproductif. Les politiques reproductives n’encadrent pas le corps des femmes de la même manière en fonction de leur classe sociale et de leur appartenance ethnoraciale. S’appuyant sur une enquête ethnographique, des observations participantes et des entretiens, cette recherche analyse les rapports de pouvoir et leurs imbrications. Elle met en évidence comment le personnel médical participe à la construction et à la transmission des normes façonnant les pratiques reproductives jugées socialement acceptables. Ces obstacles structurels entravent fortement l’accès effectif de ces femmes aux droits reproductifs. À l’intersection de multiples rapports de pouvoir, cette situation met en lumière les inégalités sociales auxquelles elles sont confrontées dans le cadre des politiques reproductives. La recherche révèle les processus d’altérisation ethnoraciale et les rapports de classe à l’œuvre dans les pratiques des professionnel.le.s de santé.
Mots clefs
- Genre ; santé reproductive ; inégalités sociales et ethnoraciales ; régime de gouvernementalité ; discriminations ; régulation des naissances ; accouchement ; justice reproductive ; Iran
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