Selma Tilikete. « Changement climatique, expertise et tirage au sort. Quelles assemblées citoyennes pour quelles écologies politiques ? », thèse de science politique réalisée à l’Université Paris 8, sous la direction de Yves Sintomer (direction principale) et d’Hélène Guillemot (Centre Alexandre Koyré, co-direction).
Composition du jury
Mme Sara Angeli Aguiton Chargée de recherche – CNRS, Centre Alexandre Koyré (Examinatrice)
Mme Soraya Boudia Professeure des Universités – Université Paris-Cité (Rapporteuse)
Mme Valérie Deldrève Directrice de recherche – INRAE, ETTIS (Rapporteuse)
Mme Hélène Guillemot Chargée de recherche - CNRS, Centre Alexandre Koyré (Co-directrice de thèse)
M. Laurent Jeanpierre Professeur des Universités - Université Paris 1 Sorbonne (Examinateur)
M. Yves Sintomer Professeur des Universités - Université Paris 8 (Directeur de thèse)
Résumé de la thèse
En quelques années, les assemblées citoyennes ont gagné en légitimité dans des espaces clefs d’élaboration des normes climatiques, en Europe et à l’échelle globale (Smith 2024). Cette expansion a été soutenue par l’action d’une « nébuleuse réformatrice » très internationalisée (Topalov 2000) composée d’acteurs variés, mais qui se retrouvent autour de la promotion du tirage au sort comme procédure adaptée au problème climatique.
À partir d’un croisement entre la science politique et les Science and Technology Studies, cette thèse propose dans un premier temps de comprendre cette tendance récente par une sociologie historique croisée. Dans les assemblées observées, la relative diversité des pratiques et discours d’expertise semble rendre visibles et en partie produire des conceptions du changement climatique et des formes d’assemblées tirées au sort distinctes, promues par des acteurs spécifiques.
Cette thèse propose dans un second temps de rendre compte de ces corrélations, à partir du concept de coproduction (Jasanoff 2004). Elle se termine par une typologie des écologies politiques à l’œuvre derrière la promotion du sort en matière de climat, et de leurs importances respectives sur les terrains. Ces écologies politiques mêlent une définition du changement climatique et un projet de réforme politique.
Cette thèse s’appuie sur une méthode sociologique qualitative menée sur quatre assemblées citoyennes sur le climat multi-échelles et multi-contextes : la Convention Citoyenne pour le Climat (2019-2020), le Panel Citoyen sur le climat de Wallonie (2021), l’European Citizens’ Panel on Climate Change, Environment and Health (2021-2022) et la Global Assembly (2021).
Mots-clés: changement climatique ; expertise ; tirage au sort ; assemblées citoyennes ; climate assemblies ; participation ; démocratie écologique ; écologie politique ; Science and Technology Studies ; coproduction