Première séance: 28 mai 2021, 13h30 -15h00
Les contestations du et au Conseil des droits de l’homme des Nations unies
Intervenante : Mélanie Albaret (Université d'Auvergne)
Discutant.es : Anne-Frantz Dollin (Cresppa-Labtop) et Thomas Brisson (Cresppa-LabTop)
Présentation et modération : Auriane Guilbaud (Cresppa-LabTop)
A partir d’une enquête empirique au Conseil des droits de l’homme des Nations unies (CDH), ce projet analyse les modes de contestation au et du CDH, les processus onusiens de réappropriation de cette contestation pour l’atténuer et leurs effets sur le multilatéralisme. Cette recherche contribue à la réflexion conceptuelle sur la notion de contestation en croisant les littératures de relations internationales, de sociologie des mobilisations et de l'action collective. Elle permet également de mettre en perspective les analyses en termes de "crise" du multilatéralisme.
Deuxième séance: 13 septembre 2021, 15h00-17h00
Les inégalités émotionnelles dans le travail du care
Intervenant : Angelo Soares (Université du Québec à Montréal)
Discutante : Albena Tcholakova (Université de Lorraine)
Présentation et modération : Aurélie Damamme (Cresppa-GTM)
A partir des résultats d’enquêtes qualitatives au Québec et au Brésil, nous allons présenter la dynamique des émotions et du travail émotionnel dans le travail du care. Sous le prisme de la consubstantialité des rapports sociaux de sexe/genre, race/ethnie et classe sociale présente dans le travail du care, cette dynamique émotionnelle (re)produit un système d’inégalités, de hiérarchies et de ségrégation émotionnelles qui ne sont pas sans conséquences sur la compréhension de la charge de travail du care.
Troisième séance: 30 septembre 2021, 14h00 - 16h00
L’autonomie : terrains et concept
Intervenant.e.s :
Frédéric Blondel, maître de conférences à l’université Paris-Diderot
Julia Legrand, post-doctorante à la chaire Santé de SciencesPo
Romane Rozencwajg, doctorante au Cresppa-LabTop
Coordination et modération: Christophe Majastre, Cyril Mélot et Cornelia Möser
L’usage de la notion d’autonomie dans les recherches sociologiques et en théorie politique est au cœur de multiples controverses. Son usage critique comme instrument d’émancipation – hérité des mouvements ouvriers – fait l'objet de multiples appropriations savantes se déployant dans des directions diverses et parfois mêmes contradictoires. Il se heurte aujourd’hui à plusieurs critiques, notamment féministes, qui dénoncent l’androcentrisme de la notion. Par ailleurs, un certain nombre de travaux s’emploient à déconstruire l’hypothèse anthropologique de l’autonomie individuelle en explorant la dépendance humaine non pas comme un problème à dépasser, mais comme un fait à prendre en compte dans l'organisation sociale, la division du travail etc.).
Quatrième séance: 26 novembre 2021, 14h00 - 16h00
Africa’s Lawyers : From imperial agents to legal brokers in global markets
Intervenante : Sara Dezalay (Université de Cardiff)
Discutantes : Camille Al Dabaghy (Cresppa-Labtop) et Nora El Qadim (Cresppa-Labtop)
Sara Dezalay présentera l’agenda de recherche qu’elle dessine actuellement. Son parti pris consiste à éclairer les mutations de la globalisation à partir du droit et des professionnels du droit en Afrique, en faisant des juristes en Afrique, de leurs trajectoires individuelles et pratiques, un point d’entrée des relations asymétriques entre le continent africain et l’économie-monde, mar- quées par les formes diverses d’impérialismes coloniaux et post-coloniaux. La politiste propose ainsi un programme de recherche collectif visant à produire des données comparatives sur les relations entre évolution des champs juridiques en Afrique, trajectoires articulées champs nationaux du pouvoir d’État (africains et non-africains) et transformations du capitalisme global, à partir d’enquêtes sur des points nodaux entre ces dynamiques, tels que, pour ses travaux récents, la judiciarisation de la « crise migratoire » ou la transnationalisation des contestations judiciaires de l’exploitation et de la répartition des ressources naturelles.
Cinquième séance: 10 mars 2022, 13h30 - 17h00
La notion de classes de sexe. Retour sur la catégorie des classes de sexe : histoires, actualités, usages et transformations. Séance organisée par Cornelia Möser et Maira Abreu
Intervenant·e·s :
Maira Abreu (Cresppa-GTM) : Classes de sexe : éléments historiques sur l’émergence d’un concept
Cornelia Möser (Cresppa-GTM) : Les classes de sexe, le féminisme matérialiste et le lesbianisme politique : quels enjeux pour la pensée féministe d’aujourd’hui ?
Sibylle Gollac (Cresppa-CSU) : Les femmes travaillent, certains hommes accumulent. Peut-on penser les inégalités de patrimoine en termes de classes de sexe ?
Franck Freitas-Ekué (Cresppa-GTM) : Est-il encore pertinent d’interroger certaines catégorisations raciales en termes d’appartenance de classe ?
Claude Gauthier (ENS Lyon) : Lecture d’un extrait de la thèse de Tal Piterbraut-Merx en son hommage
Cette demi-journée souhaite revenir sur l’histoire, l’actualité et les usages et transformation d’une catégorie centrale de la théorie et recherche féministe française : la classe de sexes. Élaborée à différents endroits dans le monde et largement abandonnée dans la recherche féministe anglophone, cette catégorie connaît une certaine forme de renouveau en France dont la séance souhaite discuter la forme et la signification. Dans une première partie des intervenantes reviendront sur les histoires et critiques du concept en France et ailleurs. Dans une deuxième partie, il s’agira de discuter des usages, transformations et traductions contemporaines du concept pour analyser l’articulation des inégalités économiques de genre et de classe qui se jouent dans les familles et les politiques de race.
Sixième séance: 4 avril 2022, 14h00 - 16h30
Pandémie et (in)égalité
Intervenant·e·s
Judith Butler (philosophe, European Graduate School et Université de Californie à Berkeley)
Jacques Rancière (philosophe, European Graduate School et Université de Paris 8-Vincennes-St. Denis)
Séance organisée par Aurélie Damamme, avec l’appui du projet international "Who cares ? Rebuilding care in a post pandemic world".
Avec la pandémie et la globalisation du coronavirus l’affirmation selon laquelle le care s’appliquerait seulement aux êtres dépendants apparaît dépourvue de sens : nous sommes tous vulnérables, et la pandémie montre l’interdépendance entre les êtres humains. Les questions de l’égalité par rapport aux inégalités de classe, raciales et de genre; de l’interdépendance, par rapport au « principe d’indépendance » sont centrales. Judith Butler et Jacques Rancière interrogent les notions de « pandémie » et d’« interdépendance », d’« égalité » et d’« inégalité » face au coronavirus. Judith Butler évoque la pandémie à la lumière de la phénoménologie des sens, et la manière dont elle éclaire l'inégalité, l'interdépendance et les nouvelles violences du monde. Elle met aussi en relation les vies précaires et la crise sanitaire actuelle. Jacques Rancière analyse la façon dont la gestion de la pandémie confirme la logique du consensus qui est aussi celle de la présupposition inégalitaire. Le confinement nous fait interroger le sens du travail au sein d’un monde commun. Et une question finale : peut-on penser à l’après la pandémie?
Septième séance: 16 mai 2022, 14h00 - 16h00
Sociologie des espaces
À propos du livre de Sophie Gravereau et Caroline Varlet-Maurel: Sociologie des espaces, Paris, Armand Colin. "Collection U", 2019.
Intervenantes:
Sophie Gravereau (Anthropologue, Maîtresse de conférences à l’Université de Lille, (TVES))
Caroline Varlet-Maurel (Architecte historienne, enseignante à l’ENSA Paris La Vilette et à l’EHESS)
Discutant·e·s:
Salima Amari (Cresppa-GTM)
Pierre Joffre (Cresppa-CSU et CRH)
Cet ouvrage a permis d’observer et de comprendre le rapport à l’espace des acteurs sociaux. Son ambition est de rendre visible la considération motivée à l’espace par les individus (incarner, occuper, représenter, traverser). Quelle importance les gens ou les groupes sociaux accordent-ils à l’espace dans leurs pratiques sociales ? D’un point de vue matériel ou/et symbolique, comment l’espace se situe-t-il au cœur de leurs actions ? Ces questions amènent à considérer l’espace autrement que comme un cadre ou seulement une donnée physique. et à montrer comment il peut être un outil d’analyse à la fois pour les sciences sociales et pour les acteurs territoriaux.
11 janvier 2023: 14h00 - 17h00
Théoriser en féministe. Quels enjeux pour la pensée féministe d’aujourd’hui ?
Séance organisée et modérée par Cornelia Möser
Intervenantes:
Anaïs Choulet-Vallet (Université Jean Moulin Lyon 3)
Pauline Clochec (Université Picardie Jules Verne)
Delphine Frasch (ENS Lyon)
Margot Giacinti (ENS Lyon)
Léa Védie (ENS Lyon)
Discutant·e·s:
Maira Abreu (Cresppa-GTM)
Marie Garrau (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Il est indéniable que les féministes théorisent, et que leurs théorisations participent à transformer le monde. Mais peut-on — et doit-on — qualifier cette activité théorique ? Bien que les théories féministes partagent une visée politique émancipatrice, chercher à définir ce que signifie théoriser en féministe, c’est prendre le risque de masquer la pluralité des situations et des concepts. Dès lors, comment prendre en charge la diversité des contextes qui se trouvent derrière les connaissances ? Ne doit-on pas interroger ce que cette question — à la portée pourtant éminemment épistémologique — révèle des frontières du féminisme lui-même ? Comment aborder un phénomène qui est tout à la fois un engagement, une identité, une revendication, un outil ?
Dans cette séance du séminaire public du Cresppa, nous allons revenir sur la publication « Théoriser en féministe » avec les éditrices Anaïs Choulet-Vallet (philosophie, Université Jean Moulin Lyon 3), Pauline Clochec (philosophie, Université Picardie Jules Vernes Amiens), Delphine Frasch (philosophie, ENS Lyon), Margot Giacinti (science politique, ENS Lyon) et Léa Védie (philosophie, ENS Lyon) qui en présenteront la généalogie du projet, les enjeux théorico-politiques et nous présenterons également les contributions de la publication. Le livre et la présentation seront ensuite discutés par Maira Abreu (sociologie, Cresppa-GTM) et par Marie Garrau (philosophie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).
