Contre la réforme des retraites et la LPPR : le  5 mars, la recherche s'arrête
Imprimer


Santé, inégalités sociales et rapports de domination

Programme

Accueil / 9h30-9h45

Introduction par l’équipe d’organisation / 9h45-10h




Session 1 : Pratiques médicales et production des inégalités / 10h-12h

Discutante : Camille Foubert, chercheuse postdoctorante, INSERM-IRIS

La thématique des inégalités sociales et territoriales de santé est désormais saillante en santé publique et l’amélioration de l’accès à la médecine et aux services de soins est perçue comme l’une des solutions. Cette session déplace l’angle d’analyse : elle s’intéresse aux inégalités sociales de santé en portant une attention aux pratiques médicales en articulant la sociologie des rapports sociaux, la sociologie de la santé et la sociologie du travail. Dans quelle mesure, les pratiques et prescriptions médicales peuvent accentuer les inégalités sociales de classe, de genre et de race ? Autrement dit, comment les inégalités sont-elles produites par le système de soins ?

  • Louise Virole, chercheuse postdoctorante au SESSTIM, Aix-Marseille Université :
    « Rôle du système de santé dans la (re)production des rapports de domination de genre, de race et de classe. Enquête sur les parcours de soins de femmes enceintes primo-arrivantes »
  • Vincent Schlegel, Chargé de recherche à l’Irdes, chercheur associé au Cresppa-CSU :
    « “Tout le monde ne peut pas être autonome” : Les effets des programmes d’éducation thérapeutique sur les inégalités sociales de santé »



Session 2 : Mobilisations et ‘‘autonomie’’ des patient·es en actes et en questions / 13h15-15h15

Discutante : Marie-Hélène Lechien, Université de Limoges, GRESCO

La question de la domination dans le champ médical soulève en même temps celle de l’autonomie des patient.es, de leurs éventuelles résistances et de leurs modes de représentations collectives. Les mobilisations de patient.es sont-elles indépendantes des enjeux du champ médical ? Le refus de se voir assigner une identité de malade pour lui substituer des catégories alternatives est-il un indice de l’érosion du « pouvoir médical » ? Ou bien s’agit-il plutôt d’un indice de l’avènement d’un nouvel homo medicus, c’est-à-dire d’un patient expert de sa santé et qui est censé en prendre la responsabilité ? Cette autonomie des patient·es, à la fois revendiquée et imposée, participe-t-elle de la contestation des inégalités sociales de santé ou de leur reproduction ?

  • Lucile Quéré, postdoctorante, HESTS, HES-SO : « Contester le pouvoir médical sur le corps des femmes ? Profanes et professionnelles dans les mobilisations féministes de santé »
  • Raphaël Challier, post-doctorant, INSERM-IRIS : « La fabrique des réticences vaccinales. Entre rapports ordinaires à la santé et défiance institutionnelle »



PAUSE / 15h15-15h30




Session 3 : Dispositifs managériaux et expérimentaux en santé : quand l’assouplissement du cadre réglementaire accroit les inégalités sociales / 15h30-17h30

Discutante : Fanny Vincent, Maîtresse de conférences en science politique à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne

Les politiques publiques récentes privilégient des dispositifs expérimentaux (fonctionnement par appels à projet, nouveaux modes de financement, e-santé) qui assouplissent le cadre réglementaire classique en vue de favoriser de nouvelles organisations en santé. Grâce à leur socialisation plurielle, des acteurs multipositionnés dans l’espace de la santé (soignant, coordinateur, gestionnaire, militant) et pour partie caractérisés par un « esprit managérial » se révèlent alors être les mieux placés pour tirer leur épingle du jeu de ce nouveau contexte institutionnel. Quelle place occupent les inégalités sociales dans ces dispositifs, et quel impact ont les nouveaux modes d’organisation initiés par ces expérimentations sur ces inégalités de santé (territoires indifféremment financés, tri des patients qui font l’objet des expérimentations, etc.) ?

  • Deborah Ridel, docteure en sociologie, ingénieure de recherche à l’EHESP, Arènes : « Humanisation et sécurisation des urgences en question »
  • Matti Suchier, doctorant à l’Université Lumière Lyon 2, Centre Max Weber : « titre à venir »



Conclusion / 17h30-18h

Maud Gelly, Audrey Mariette et Laure Pitti (Cresppa-CSU)





Colloque "Métiers et filières de l’audiovisuel à l’ère du streaming"

Présentation

Depuis déjà plusieurs années, une « révolution numérique » redessine les contours des industries du cinéma et de l’audiovisuel. Les usages de technologies numériques affectent tout à la fois les manières de fabriquer les œuvres – outils et dispositifs de création, mais aussi profils et parcours des créateurs –, de les produire, de les distribuer et de les consommer. La domination actuelle des plateformes de vidéo en streaming (Netflix, Amazon Video, Disney+, parmi bien d’autres), consolidée durant la crise du Covid, constitue l’une des manifestations les plus visibles de cette transformation. Ce colloque se focalise sur les métiers, filières et circuits du cinéma et de l’audiovisuel en mutation aujourd’hui.

Il examine le travail de différentes catégories de professionnel.les de ces industries, sur la base d’enquêtes de terrain qui font la lumière sur l’activité de participant.es clés à la création des œuvres, qui restent pourtant souvent dans l’ombre : scénaristes, producteurs et productrices, mais aussi personnels techniques du cinéma, spécialistes des données intervenant dans la définition des stratégies de contenu, professionnel.les de la distribution et de la circulation internationale des films. Cette journée éclaire la mutation des pratiques professionnelles et du poids relatif de différentes catégories d’intervenant.es dans ces univers de création hautement collective. Elle interroge aussi la recomposition rapide des filières de l’audiovisuel en France au regard des dynamiques internationales dans lesquelles elles prennent sens. 


- 9 septembre 2022 : TREND vous invite au colloque International "Métiers et filières de l’audiovisuel à l’ère du streaming".

Lieu : 59-61 rue Pouchet, Paris, Salle des conférences (RdC).
Voir le programme de l’événement
S’inscrire pour participer et recevoir les documents utiles : https://colloquemetiersetfilieres.rsvpify.com

- 9 septembre 2022 : You are invited to the TREND International Symposium "Film and Television Professions and Sectors in the Streaming Era".
Location : 59-61 rue Pouchet, Paris, France, Conference room (ground floor).
View the program
RSVP to participate : https://colloquemetiersetfilieres.rsvpify.com


PROGRAMME


Matinée


10h : Mot d’ouverture : Christine Cadot, directrice de l’UMR CRESPPA & Violaine Roussel, coordinatrice du réseau international de recherche TREND

Table ronde 1 : METIERS EN MUTATION
Présidence : Audrey Mariette, Université Paris 8, CRESPPA-CSU

10h15-11h15

- Samuel Zarka, (Postdoctorant en sociologie, Centre d’études de l’emploi et du travail [CEET-CNAM]) : « Signé Netflix ». Les auteurs de films survivront-ils aux streamers ?

 
Descriptif
La production de contenus pour les plateformes de vidéo à la demande par abonnement (VàDA), dont Netflix est emblématique, occasionne un déplacement des cadres sociaux de la production en France. En effet, le pouvoir de prescription des plateformes produit un « choc de conventions », dans un monde centré jusque-là autour de la figure de l’auteur-réalisateur. Cette prescription est grosse de conflits potentiels avec les auteurs, réalisateurs ou showrunners (selon les cas), qui sont mis en cause dans leur qualité de décisionnaires des choix artistiques. Partant de recherches récentes, accomplies lors d’un post-doctorat de sociologie à l’EHESS, cette contribution analyse l’un de ces conflits comme opérateur de dévoilement des lignes de forces qui organisent la production pour les plateformes en France.

- Violaine Roussel, (Professeure de sociologie, Paris 8-CRESPPA/UCLA) : L’ascension des spécialistes des données à Hollywood

 
Descriptif
Le succès des services de vidéo en streaming (tel Netflix) manifeste des mutations majeures des industries cinématographiques qui affectent non seulement la distribution mais aussi la production des œuvres. Cette intervention aborde ces changements d’ampleur sous un angle jusqu’ici peu exploré : celui de l’ascension de nouvelles catégories de professionnels à Hollywood. En effet, différentes catégories de spécialistes des données jouent désormais un rôle clé dans la définition des stratégies de contenu et des choix de production. On examinera la transformation rapide de la place de ces professionnels, dont les parcours et les représentations contrastent avec ceux des acteurs traditionnels de la production, dans les organisations hollywoodiennes ; puis on questionnera les implications de cette transformation, notamment en termes de redéfinition des rôles de production.

Discutant : Maxime Besenval, (Doctorant à Sciences Po, CSO)


Pause


11h30-12h30
- Gwenaële Rot, (Professeure de sociologie, Sciences Po, CSO) : Le tournage à l’épreuve des changements de la « post-production »

 
Descriptif
Les métiers de fabrication des décors de films ou de séries connaissent, avec le développement des technologies numériques, un nouveau partage territorial et professionnel des interventions : aux métiers traditionnels de la décoration incombe la réalisation des premiers plans du décor tandis que, de plus en plus, les spécialistes de VFX prennent en charge, en phase de post-production, ce qui relève de l’arrière fond de l’image. Dans un studio spécialisé d’effets spéciaux et derrière leur écran d’ordinateur, ces spécialistes modifient, effacent, complètent ainsi les images tournées. Qui plus est, les évolutions technologiques très récentes (dispositifs de réalité virtuelle) sont de nature à remettre en cause ce processus séquentiel où les spécialistes de VFX interviendraient essentiellement en phase de post-production. Aujourd’hui il est possible, sous certaines conditions, de créer directement sur un plateau de tournage un environnement virtuel en 3D. Les activités dites de « post-production » font alors leur entrée sur le plateau puisque les effets visuels y sont fabriqués directement. C’est la chaîne de fabrication des images qui est ainsi profondément transformée. Dans cette contribution, qui repose sur une enquête exploratoire menée auprès de studios de tournages spécialisés dans l’usage de ces technologies, nous interrogerons ce que cette modalité du travail numérique fait à la vie de plateau. Dans quelles mesures les frontières du travail entre les différents spécialistes mobilisés sur un plateau sont-elles redessinées ?

- Ana Vinuela, (MCF, Cinéma et audiovisuel, Université Sorbonne Nouvelle, IRCAV) : La vente internationale de films, une activité en mutation

Les vendeurs internationaux constituent une catégorie d’intermédiaires culturels peu étudiée, malgré leur rôle central dans le processus de globalisation du cinéma indépendant. A partir d’une vingtaine d’entretiens réalisés avec des exportateurs français, il s’agira de décrire les logiques professionnelles qui structurent l’activité des sociétés de vente à l’international, en particulier celles dont les catalogues incluent des œuvres de cinéastes de différentes nationalités. J’examinerai ensuite la transformation du modèle économique de l’exportation du cinéma indépendant, basé sur la territorialité des droits et le pouvoir prescriptif des festivals, qui est aujourd’hui ébranlé par le rétrécissement du marché de la salle et le déplacement de la consommation vers les plateformes numériques. Ces transformations introduisent des nouveaux enjeux concernant la place des vendeurs dans la chaine de valeur du cinéma indépendant, et questionnent la diversité et la visibilité du cinéma d’auteur dans le contexte de la globalisation.

Discutant : Romain Lecler, (Professeur de science politique, UQAM)


Pause déjeuner


Après-Midi


Table ronde 2 : FILIERES ET CIRCUITS EN RECOMPOSITION
Présidence : Olivier Thévenin, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, Cerlis

14h-15h
- Lilian Mathieu, (DR CNRS, sociologie, ENS Lyon, Centre Max Weber) et Natacha Thiéry (Réalisatrice et MCF Cinéma, Université de Picardie-Jules Verne) : Concevoir et diffuser un documentaire de création (en temps de pandémie). Autour de Rêve de Gotokuji par un premier mai sans lune (Natacha Thiéry, 2020)

 
Descriptif
Rêve de Gotokuji par un premier mai sans lune est un essai documentaire de nature performative. Il s’adosse, d’une certaine manière, à ses propres conditions de réalisation, déterminées par le premier confinement. L’urgence à filmer répond à un sentiment de révolte : transgresser l’empêchement à mesure qu’on le nomme, tenter une contre-information venant contredire le discours officiel, transcender l’isolement par le travail du montage. C’est l’impossibilité de manifester le 1er mai 2020 pour la journée internationale des travailleurs, parallèle à la mémoire vivace d’un défilé inattendu, le 1er mai 2018 à Tokyo, qui nourrit le propos en rappelant l’état de conflictualité sociale préalable au confinement et en saluant des formes de protestation et de résistance en quelque sorte braconnées aux marges des interdictions de rassemblement. Fabriqué hors des circuits habituels, Rêve de Gotokuji…, non distribué, a cependant été diffusé. La discussion autour du film permettra ainsi d’aborder certains des obstacles auxquels se heurtent aujourd’hui les créateurs pour produire, distribuer et diffuser des œuvres dans un contexte de transformation des filières cinématographiques.

Discutant : Jean-Paul Fargier, (Critique, réalisateur, écrivain)


Pause


15h15-16h15
- Laure de Verdalle, (DR CNRS en sociologie, Laboratoire Printemps, UVSQ-Paris Saclay) : Produire des projets de création numérique : du webdocumentaire à la réalité virtuelle, la place des « nouveaux médias » dans des parcours de production

 
Descriptif
Cette communication repose sur un travail de terrain au long cours, engagé depuis une dizaine d’années auprès de producteurs et de productrices ayant investi le secteur des « nouveaux médias ». Des premiers webdocumentaires des années 2000 au développement récent de projets mobilisant les technologies liées à la réalité virtuelle, il s’agit d’interroger un nouvel espace de production, dont les contenus et les modèles productifs sont susceptibles de participer d’un mouvement plus large de recomposition des logiques professionnelles et des chaînes de fabrication des secteurs du cinéma et de l’audiovisuel. Nous nous intéresserons tout particulièrement aux profils des professionnel·les qui, depuis les années 2000, s’engagent dans la production de contenus « nouveaux médias » et à leur capacité à se maintenir dans le secteur, tout en contribuant à en faire évoluer les contenus, en s’appuyant sur l’institutionnalisation et la visibilité croissante des productions « nouveaux médias » en même temps que sur la recherche de modèles économiques pérennes.

- Aurélie Pinto, (MCF, Cinéma et audiovisuel, Université Sorbonne Nouvelle, IRCAV) : Un festival Netflix dans des salles Art et Essai ? Les frontières du cinéma en question

Après une présentation du récent historique des relations entre plateformes de streaming et salles de cinéma, en France et aux Etats-Unis, on s’intéressera dans cette communication aux récentes controverses suscitées par le projet d’organisation d’un festival Netflix dans des salles indépendantes françaises, puis à son remplacement par un Netflix Film Club à la Cinémathèque française et à l’Institut Lumière. Menée à partir de sources de la presse généraliste, spécialisée et professionnelle ainsi que d’entretiens, l’analyse de cette controverse permettra de mettre en perspective les jeux sur les frontières de l’univers cinématographique opérés par des acteurs aussi divers que Netflix, des salles Art et essai et des institutions historiques du cinéma.

Discutant : Jérôme Pacouret, (Postdoctorant à l’Institut MIAI Grenoble Alpes (Pacte, UGA) et docteur associé au CESSP)


Pause


16h30-17h20. Intervention de clôture
- Denise Mann, (Professeure, Film and Media studies, University of California, Los Angeles) : Netflix’s Self-Disciplinary Work Culture : Managing Transnational Production Flows

 
Descriptif
This talk examines the overt and covert infrastructural systems of governance being used by Netflix and several of the other major U.S. subscription video-on-demand services (SVODs) to supervise the material labor practices not only of the local language media practitioners but also the engineers and media executives hired to manage these overseas productions from inside overseas headquarters and small, regional offices. Netflix, for instance, has embedded itself in thriving, local media production hubs, such as Paris, Berlin, Madrid, and Seoul, to deliver local-language Original series, such as Lupin, Dark, Money Heist, and Squid Games, many of which have become transnational hits that are more popular outside the territories in which they originated. At the same time, Netflix and Amazon are partnering with L.A. studios and production companies to execute high production, effects-laden, Game of Thrones-style global hits, such as Netflix’s The Witcher and Amazon Studios’ Carnival Row, which are shot in small, regional markets, such as Budapest and Prague, to access inexpensive, skilled media practitioners and government incentives. Meanwhile, the media giants are converting their 20th century analog systems to 21st century direct-to-consumer (D2C) ecosystems by ramping up existing production hubs in overseas markets, and by enlisting seasoned Hollywood talent to deliver a myriad of online entertainment formats (TV series, games, behind-the-scenes promotions) derived from current, high-profile media franchises to reroute global consumers to the new streaming services. The shifting geopolitical policies and practices associated with these disparate overseas production models can no longer be explained simply by referencing the western-centric concept of “runaway Hollywood” or by invoking the unidirectional model of cultural imperialism that portrayed “the West and then the rest.” Instead, this presentation examines the contradictory effects of U.S. streamers’ multi-billion-dollar investment in local media industries as they pursue a foothold in global markets. This paper is a response, therefore, to Michael Curtin’s call for media scholars to consider the “topographies of contemporary media industries,” which are “growing more plastic and complicated as media institutions scale their ambitions and operations in an increasingly porous and dynamic environment.” [Michael Curtin, “Post Americana : Twenty-First Century Media Globalization,” Media Industries 7:1 (2020), 90]


17h30 Pot de clôture


BIOGRAPHIES DES INTERVENANT.ES
  • Denise Mann est professeure à UCLA (School of Theater, Film, and Television) où elle est responsable du Producers Program depuis 1996. Elle a coordonné entre 2014 et 2019 le programme Digital Incubator and Think Tank à UCLA. Ses ouvrages récents incluent : Wired TV : Laboring over an Interactive Future (2014) et Hollywood Independents — The Postwar Talent Takeover (2008). Elle est membre du comité éditorial de la revue Media Industries Journal (depuis 2014) et a été préalablement rédactrice en chef associée de Camera Obscura : Journal of Feminism and Film Theory (1986-1992). Avec Henry Jenkins (professeur à USC), Denise Mann codirige depuis 2010 la série de conférences internationales “Transforming Hollywood” qui rassemble annuellement chercheur.es, professionnel.les des industries culturelles et créateurs/créatrices pour échanger sur le futur de l’audiovisuel.
  • Lilian Mathieu est sociologue, directeur de recherche au CNRS (Centre Max Weber, ENS de Lyon). Spécialiste de l’étude des mouvements sociaux, il travaille notamment sur les liens entre art et protestation collective, sur les dimensions politiques des séries télévisées ainsi que sur les productions et pratiques culturelles en contexte autoritaire (régime de Vichy et dernière dictature Argentine, spécialement). Parmi ses dernières publications : Columbo. Class Struggle on TV Tonight (Brill, 2022) et Dynamiques des tournants autoritaires (codirigé avec Maya Collombon, Le Croquant, 2021).
  • Aurélie Pinto, sociologue, est maître de conférences au département Cinéma et audiovisuel de l’Université Sorbonne Nouvelle et membre de l’IRCAV. Elle a notamment publié Sociologie du cinéma (La Découverte, 2021) et a co-dirigé Culture et (in)dépendance. Les enjeux de l’indépendance dans les industries culturelles (Peter Lang, 2017) et le numéro « Indé vs. Mainstream, L’indépendance en pratiques dans les secteurs de production culturelle » (Sociétés contemporaines, 2018). Elle a également travaillé sur le label Art et essai, les salles indépendantes aux États-Unis, la transition numérique dans les salles de cinéma et la consommation des séries.
  • Gwenaële Rot est professeur des universités à l’Institut d’études politiques de Paris, chercheuse au centre de sociologie des organisations (CSO/CNRS). Ses recherches portent sur l’histoire de la sociologie, l’analyse du travail dans différents espaces productifs et en particulier dans le cinéma. Sur cette dernière thématique, elle a notamment publié : Planter le décor. Une sociologie des tournages (Presses de Sciences Po, 2019) ; « Les corps au travail sur les plateaux de tournage. Engagement corporel et co-opérations » in Thierry Arnal, Corine Maitte, Thierry Pillon, Didier Terrier (dir.), Le corps au travail. Performance, discipline, fatigue, (New Digital Frontiers, 2021, p.219-245) ; « L’épreuve de la prise de sons sur les plateaux de tournage. Entre maîtrise de l’environnement sonore et apprivoisement de l’imprévu » (Socio-anthropologie, vol. 41, 2020).
  • Violaine Roussel est professeure de sociologie à l’Université Paris VIII, chercheure au CRESPPA (Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, équipe LabToP), et chercheure associée au département de cinéma de UCLA (University of California, Los Angeles). Elle coordonne l’IRN TREND du CNRS (International Research Network « TRansforming ENtertainment in the Digital age »). Ses publications récentes incluent Representing Talent : Hollywood Agents and the Making of Movies (2017, University of Chicago Press) ; Penser les frontières sociales (2019, PUL, dir. avec L. Mathieu) ; Art et Contestation aux États-Unis (2019, PUF). Elle prépare actuellement un livre sur les spécialistes des données à Hollywood.
  • Natacha Thiéry est maîtresse de conférences en Esthétique du cinéma, théorie et analyse de film à l’université de Picardie Jules Verne et membre du CRAE. Elle y a dirigé le Master recherche « Analyse, Critique, Valorisation et Programmation ». Ses recherches portent sur des questions d’esthétique cinématographique et sur le nouage entre recherche et création. Écrire l’analyse de film. Un enjeu pour l’esthétique, est son dernier ouvrage, co-dirigé avec F. Costa, T. Faucon et C. Maury (Théorème n° 30, PSN, 2019). Elle prépare une monographie consacrée au cinéma d’Alain Cavalier. Parallèlement à ses travaux, elle réalise des essais documentaires.
  • Laure de Verdalle est sociologue, directrice de recherche au CNRS, membre du laboratoire Printemps (CNRS/UVSQ-Paris Saclay), associée au Centre Marc Bloch (Berlin). Ses travaux portent sur l’organisation du travail artistique et les carrières par projets. Elle a dirigé avec Gwenaële Rot un ouvrage consacré à la fabrique du film : Le cinéma. Travail et organisation, La Dispute, Paris, 2013. Plus récemment, elle s’est intéressée aux professionnel·es des mondes de l’art dont les interventions se situent à l’articulation des logiques artistiques et économiques : Aux côtés des artistes. Producteurs de cinéma et administrateurs du spectacle vivant, Sorbonne Université Presses, Paris, 2021.
  • Ana Vinuela est maîtresse de conférences en Sciences de l’information et de la communication au département Cinéma et audiovisuel de l’Université Sorbonne Nouvelle, et membre de l’IRCAV (Institut de recherche sur le cinéma et l’audiovisuel). Ses recherches portent sur les logiques des acteurs politico-institutionnels et la manière dont leurs interventions structurent et accompagnent les transformations des industries et des marchés de l’audiovisuel. Elle s’intéresse aussi aux stratégies et aux pratiques de plusieurs catégories d’intermédiaires : producteurs, distributeurs, vendeurs internationaux, agrégateurs et plateformes numériques.
  • Samuel Zarka mène une recherche postdoctorale, débutée à l’EHESS en 2020-2021, portant sur les transformations industrielles, organisationnelles et institutionnelles dont sont porteuses les plateformes de vidéo par abonnement (de type Netflix). Cette recherche prend la suite d’une thèse de sociologie soutenue en 2019 au Conservatoire National des Arts et Métiers, intitulée L’équipe de cinéma. Genèse et portée de la qualification du travail dans la production cinématographique en France. 1895-2018 (cette thèse a bénéficié du soutien de la Cinémathèque Française).


Les Éditions du Seuil : pratiques éditoriales en littérature et sciences humaines depuis 1980

Argumentaire du colloque

À l’heure où la concurrence des géants du numérique représente un défi majeur pour l’édition, ce colloque sera l’occasion de revenir sur l’évolution du positionnement d’une maison emblématique dans l’espace éditorial français, afin d’analyser les continuités, les ruptures et les lignes de force de ses pratiques éditoriales. Pour mettre en perspective cette évolution dans un contexte de mutation du monde de l’édition, le parti pris est de faire dialoguer plusieurs acteurs de la maison (directeurs.trices, éditeurs.trices, auteur.e.s…) avec des chercheur.e.s spécialisé.e.s en histoire de l’édition, en sciences humaines ou en littérature. Il s’agira de proposer une vision d’ensemble des transformations qui ont pu affecter les lignes éditoriales des collections depuis les années 80-90 jusqu’à nos jours.

Fondées en 1935 et dirigées pendant plus de quarante ans par Jean Bardet et Paul Flamand, les éditions du Seuil sont restées indépendantes jusqu’en 2004. La maison parvient à s’imposer comme le « plus jeune des grands » éditeurs dans les années 1950 puis, à la fin des années 1970, à rejoindre les confrères installés, Gallimard et Grasset, dans le trio des prétendants aux prix littéraires, le fameux « GalliGraSeuil ». Le Seuil est parvenu à concilier rigueur éditoriale et dynamisme commercial, littératures pour un large public (collection Cadre rouge), attention innovante aux littératures étrangères (collection Cadre Vert, principalement animée par Anne Freyer) et avant-garde esthétique (Tel Quel, Change), intérêt pour les mutations du monde (proximités avec Esprit, avec les collections Histoire immédiate de Simonne et Jean Lacouture, Combats de Claude Durand puis L’épreuve des faits d’Hervé Hamon et Patrick Rotman, ou encore avec Science ouverte) et pour les sciences de l’homme les plus avancées (les séries inventées par François Wahl qu’il animera, entre autres, avec Jacques Lacan, Paul Ricœur, Gérard Genette, Nicolas Ruwet, Françoise Choay…). Cette forte présence se poursuit dans les années 1980 sous la présidence très active de Michel Chodkiewicz, qui parvient à réinventer le Seuil après le départ des fondateurs puis, à compter de 1990 avec Claude Cherki, dont le mandat consistera à accentuer encore le développement commercial de la maison avec une diffusion-distribution renforcée, tout comme à poursuivre son développement éditorial (avec notamment le Seuil jeunesse de Jacques Binsztok). À des titres divers, les collections La Couleur des idées (Jean-Pierre Dupuy, Jean-Luc Giribone, Olivier Mongin), La Librairie du XXe siècle (Maurice Olender), Libre Examen (OlivierBétourné), Liber (Pierre Bourdieu) ou Économie Humaine (Jacques Généreux), affichent de nouvelles orientations pour le Seuil. Les littératures pour tous les publics sont largement explorées avec le Cadre rouge et le Cadre vert, Fiction & Cie de Denis Roche (fondée en 1974, puis reprise en 2004 par Bernard Comment) et les nouveaux alliés que sont depuis 1991 L’Olivier animé par Olivier Cohen puis, de 2000 à 2005, Verticales (Bernard Wallet, Yves Pagès et Jeanne Guyon).

Le milieu des années 2000 marque indéniablement un changement de paradigme : les actionnaires historiques du Seuil, emmenés par Claude Cherki, cèdent le Seuil au groupe fondé et dirigé par Hervé de la Martinière. La vente soulève des interrogations, la greffe est longue à prendre et le périmètre de l’entreprise est redéfini par le nouveau patron. Après plusieurs changements de direction, le Seuil déménage en 2010 puis se relancera sous la présidence d’Olivier Bétourné, de retour dans la maison qui l’avait vu découvrir le métier d’éditeur. En 2017, le Seuil passe sous le contrôle de Média- Participations. Le label est aujourd’hui dirigé par Hugues Jallon dont le travail à la tête des Éditions La Découverte est reconnu.

Alors que le catalogue du Seuil comporte plus de 16 000 titres et que la maison publie 350 nouveautés par an dans des secteurs très divers, la littérature et les sciences humaines continuent à cohabiter au sein d’un très grand nombre de collections prestigieuses. Les conditions du renouvellement d’une ligne éditoriale aussi ancienne se posent. La standardisation croissante des biens culturels et les nouvelles logiques de marketing confrontent les éditeurs à un risque d’uniformisation de leur production. Comment les changements du paysage éditorial ont-ils pu modifier les pratiques des acteurs et influencer leurs choix de publication ? Comment le Seuil a-t-il pu s’adapter à ces transformations et garder un cap dans ce contexte ?

Le colloque sera exclusivement centré sur le Seuil et sur la place de la littérature et des sciences humaines dans une maison d’édition pluraliste (nous laissons de côté volontairement les autres secteurs de poids développés dans les années 90, policier, jeunesse…, ainsi que les filiales). Les interventions de professionnel.le.s de l’édition et de chercheur.e.s auront pour ambition de questionner plusieurs axes :

  • Les pratiques éditoriales en sciences humaines : quelles sont les conditions de production des ouvrages en sciences humaines et sociales au Seuil ces quarante dernières années ? De quelle manière la maison accueille-t-elle encore le débat d’idées ? À l’heure d’une croissance inédite du volume de production, de la médiatisation accrue de quelques écrivains au détriment de la plupart, et de la course aux prix, que demeure-t-il de l’effervescence intellectuelle et des débats virulents qui animèrent l’histoire du Seuil des années 1960 aux années 1980 ? Que devient cette part du catalogue ? Comment s’est-elle renouvelée ?
  • Les pratiques éditoriales en littérature française, francophone et étrangère : sur quels critères repose la sélection des manuscrits publiés ? Sur le plan de l’écriture, quels aspects formels et esthétiques orientent les choix éditoriaux ? Quelles suggestions de transformation des manuscrits peuvent être proposées par les éditeurs ? Dans une période de mutation des processus de légitimation des écrivains, comment les éditeurs peuvent-ils préserver et enrichir le capital symbolique de collections littéraires, de plus en plus soumises à des impératifs économiques ?
  • Les circulations entre littérature et sciences humaines et sociales : seront aussi privilégiées les communications croisant ces disciplines. Après le tournant des avant-gardes formalistes dans les années 70, le retour au réel, à la catégorie du sujet, mais aussi à l’histoire, engagé par la littérature contemporaine, génère de multiples circulations entre les disciplines. On pourra explorer notamment les configurations novatrices par lesquelles les sciences humaines et sociales s’invitent dans les textes littéraires publiés au Seuil : comment certains ouvrages, s’inspirant par exemple de faits sociaux, inscrivent-ils en leur sein la reprise de l’histoire, de la sociologie, de l’anthropologie ou de la psychologie sociale dans des textes littéraires ? Quels écarts ou quels rapprochements la littérature contemporaine opère-t-elle avec les travaux scientifiques des historiens ou des sociologues ?


Les archives éditoriales dans le monde francophone

Le séminaire est lié à un programme du Groupe de recherches et d’études sur le livre au Québec de l’Université de Sherbrooke, qui vise à encourager dans la francophonie du Nord l’acquisition, la conservation (physique et numérique) et la valorisation des archives éditoriales, ainsi que l’analyse des documents d’archives des éditeurs. Le projet est dirigé par Anthony Glinoer.

Voir le site du projet : https://archiveseditoriales.net/


Fête de la science 2017

Tirage au sort et démocratie participative : de l’Antiquité à nos jours

Samedi 7 octobre 15h, site Pouchet du CNRS
Présentation des recherches sur le Klèrôtèrion et démonstration de son utilisation, par Liliane Rabatel et Nicolas Bresch, chercheurs à l’IRAA (Institut de Recherche sur l’Architecture Antique).
Mise en perspectives des utilisations du tirage au sort de l’antiquité à aujourd’hui, par Yves Sintomer, Senior de l’Institut Universitaire de France, professeur de science politique à l’Université Paris 8, chercheur au Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris (Cresppa-CSU)

Que fait le Genre aux Sciences ?

Vendredi 13 octobre à 19h30, Paris, Mairie du XVIIème
« Sexe et genre : quel dialogue entre les sciences ? », Anne-Marie Devreux, sociologue, directrice de recherche au CNRS, Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, équipe Cultures et Sociétés Urbaines (Cresppa-CSU)
« Féminisme et savoirs aux XIXe-XXe siècles », Florence Rochefort, historienne, spécialiste d’histoire des féminismes, chargée de recherche au CNRS, Groupe Sociétés Religions et Laïcités (GSRL).
« Quand le genre aide à comprendre le stress », Marie-Pierre Moisan, neurobiologiste, directrice de recherche à l’INRA, laboratoire NutrINeurO.
« Pourquoi n’y a-t-il pas eu de rappeuse star en France depuis Diam’s ? », Karim Hammou, sociologue, Chargé de recherche au CNRS, Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, équipe Cultures et Sociétés Urbaines (Cresppa-CSU)

La politisation des classes populaires

Samedi 14 octobre à 14h, Maison des Métallos, Paris, XIème
Séance animée par Amélie Beaumont, Doctorante à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, avec :
Philippe Durand, comédien et auteur de la pièce 1336, parole de Fralibs,
Paul Boulland, docteur en histoire, chercheur au Centre d’Histoire sociale du 20e siècle du CNRS (CHS),
Yasmine Siblot, professeure de sociologie à l’université Paris 8, Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, équipe Cultures et Sociétés Urbaines (Cresppa-CSU)
Raphaël Challier, doctorant en sociologie à l’université Paris-8 Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, équipe Genre, Travail, Mobilités (Cresppa-GTM)
Gérard Mauger, sociologue, directeur de recherche émérite CNRS au Centre européen de sociologie et de science politique (Cessp-CSE).


Exotisme musical et Atlantique noir.

Présentation de la journée


L’exotisme marque les productions musicales dont les racines sont définies comme éloignées de la culture européenne. La notion d’exotisme fait référence à l’intérêt entretenu par le sujet d’une énonciation pour quelque chose qui lui serait extérieur, en même temps qu’elle suppose la séparation – spatiale et / ou temporelle – entre ce sujet (le plus souvent européen) et l’objet de son goût (posé comme radicalement autre). Ce « goût des choses des Autres » (De l’Estoile 2007) prend une forme particulière au XIXe siècle sous l’influence des idéologies de la nation et du progrès. Il est perceptible tout au long du XXe et du XXIe siècles, et dans un contexte de mondialisation, plusieurs productions musicales liées à des groupes minoritaires, du jazz au rap en passant par la samba ou la Música Popular Brasileira (MPB) se voient définies comme exotiques à mesure qu’elles sont situées en rupture avec les normes d’une légitimité culturelle musicale souvent implicite.

Cette journée d’étude vise à faire entrer en dialogue une série de travaux en sociologie, en anthropologie et en histoire interrogeant les relations entre musique et exotisme au cours du XXe siècle. La France, le Brésil, les États-Unis ont la part belle dans les travaux qui seront présentés. Néanmoins, plutôt que de définir un ou plusieurs pays comme objet, nous prendrons comme point de départ la proposition formulée par Paul Gilroy (2010 [1993] : 34) : « considérer l’Atlantique comme un objet d’analyse un et complexe, et développer sur cette base une perspective explicitement interculturelle et transnationale ». En examinant des circulations musicales transatlantiques, nous proposons de mettre en discussion l’exotisme associé à la « prise du rythme pulsé (afro-)américain » (Roueff 2013 : 36 ; Fléchet 2013), et ses renouvellements des régionalismes et nationalismes musicaux de l’après-guerre (Vieira 2014) aux imaginaires du minoritaire au tournant du XXIe siècle (Hammou 2012).



Bibliographie

  • De l’Estoile Benoît, 2007, Le Goût des Autres, Flammarion.
  • Fléchet Anaïs, 2013, Si tu vas à Rio… La musique populaire brésilienne en France au XXe siècle, Armand Colin.
  • Gilroy Paul, 2010 [1993], L’Atlantique noir, Éditions Amsterdam.
  • Hammou Karim, 2012, Une histoire du rap en France, La Découverte.
  • Roueff Olivier, 2013, Jazz, les échelles du plaisir, La Dispute.
  • Vieira dos Santos Daniela, 2014, As Representações de Nação nas Canções de Chico Buarque e Caetano Veloso : do nacional-popular à mundialização, IFCH, Unicamp.


Interventions

Anaïs Fléchet : "Primitif", "typique", "authentique" ? L’exotisme musical brésilien en perspective historique

Olivier Roueff : L’avènement du rythme pulsé, ca 1902 : la racisation transatlantique des perceptions musicales

Keivan Djavadzadeh, Anaïs Fléchet, Vassili Rivron : Table ronde "Décrire l’exotisme : questions méthodologiques"

Daniela Vieira : Le rap à la São Paulo Fashion Week : diversité ou exotisme ?

Karim Hammou : Vendre du rap français en 1996. Innovations marchandes autour d’un produit culturel altérisé

Cécilia Pirès : La musique armoriale : construire une identité musicale du Pernambouc au temps de la dictature militaire brésilienne (1964-1985)



Programme consultable sur Calenda


Pensées critiques du genre : travail, corps, nation

Présentation du colloque


Le colloque international « Pensées critiques du genre : travail, corps, nation » a pour but de présenter le vaste panorama des recherches effectuées sur le genre au Cresppa, en dialogue avec celles menées ailleurs. Notamment, étant donné la polémique autour de « la théorie du genre », qui a commencé en 2011, il nous a semblé nécessaire de donner un aperçu de la richesse des thèmes regroupés sous l’appellation « études de genre ». Ces études et ces théories interrogent en effet de multiples façons les rapports sociaux de sexe ou le genre, autrement dit, la production et la hiérarchisation des genres dans des contextes historiques et géographiques divers et dans leur enchevêtrement à d’autres structures sociales et politiques.

Le colloque sera organisé en deux journées qui seront introduites par une soirée d’ouverture la veille. Il se déroulera sur le site Pouchet du CNRS. Mercredi 17 mai 2017 une projection du court-métrage An Alphabet of Feeling Bad, réalisé par l’artiste Karin Michalski avec la participation de la chercheuse Ann Cvetkovich, sera suivie d’un débat avec l’une et l’autre..

Les deux journées de colloque sont organisées en quatre demi-journées thématiques qui représentent chacune un thème de l’axe transversal du Cresppa « genre et rapports sociaux de sexe ».

1/ Épistémologies et théories féministes
2/ Travail et professions, carrières
3/ Corps, normes et sexualités
4/ Culture, nation et colonialité du pouvoir



Voir aussi le site du colloque sur sciencesconf.org (vidéos de la journée, résumés...)


Mercredi 17 mai 2017

14h30 : Ouverture du colloque, Annick Allaigre, présidente de Paris 8 Vincennes Saint-Denis (sous réserve) ; Jean-François Balaudé, président de Paris Nanterre (sous réserve) ; Carole Brugeilles, directrice du Cresppa-GTM et co-organisatrice du colloque ; Hervé Serry, directeur du Cresppa.


15h30 : Conférence de Françoise Vergès (FMSH) : Le ventre des femmes. Analyse d’une gestion par le patriarcat d’État et le capitalisme.


17h : Projection du film The Alphabet of Feeling Bad.
HD, 13 min., D 2012 de Karin Michalski (Réalisatrice, Berlin, Allemagne) avec Ann Cvetkovich (University of Texas, Austin, USA) en leur présence


17h30 : Conférence d’Ann Cvetkovich (Université du Texas, Austin, USA) : Feeling Bad Now : The Current State of Political Depression.
Modération : Cornelia Möser (GTM-CNRS)


18h30-20h00 : Buffet

Jeudi 18 mai 2017

PRODUCTIONS FÉMINISTES DE SAVOIRS

9h30-11h00 : Phénoménologies féministes
Hourya Bentouhami (ESPE, Université Toulouse 2–Le Mirail) : Phénoménologie politique du voile.
Sylvia Duverger (Labtop-Paris 8) : Le genre de la phénoménologie de l’éros (Levinas).
Alia Al-Saji (Université McGill, Montréal, Canada) : Englué dans l’image : une phénoménologie de la racialisation au travers des œuvres d’art.
Modération : Eleni Varikas (GTM-Paris 8)


11h30-13 h : Savoirs et disciplines : L’apport de la critique féministe
Fatiha Talahite (GTM-CNRS) : Critiques féministes de la rationalité économique.
Eve Gianoncelli (GTM-Paris 8) : Disciplines et indiscipline chez Viola Klein, pionnière de la sociologie du genre et féministe.
Artemisa Flores Espinola (CSU-Paris 8) : Apports des épistémologies et méthodologies féministes à la production de savoirs et à l’interdisciplinarité.
Modération : Anne-Marie Devreux (CSU-CNRS)


SEXUALITÉS, CORPS, NORMES

14h 30-16h00 : Corps, normes et socialisations sexuées
Sophie Vignon (GTM-Paris 8) : Neutralisation du féminin et du masculin chez les manadières et les gardianes dans la tauromachie camarguaise.
Marie Mengotti (GTM-Paris 10) : Education à la sexualité : transmission des normes liées au corps, aux relations sociales et au rapport à la connaissance dans les manuels de SVT du collège.
Lamia Yousfi (GTM-Paris 10) : Représentations autour du corps, pratiques sexuelles et avortements chez les femmes algériennes en France.
Modération : Catherine Louveau (GTM-Université Paris Sud, IEC)


16h30-18h00 : Sexualité, indicateur de modernité
Salima Amari (GTM-Paris 8) : Les lesbiennes d’origine maghrébine peuvent-elles parler ?
Cornelia Möser (GTM-CNRS) : Révolution, libération, émancipation. La sexualité dans la pensée féministe en France, en Allemagne et aux USA depuis 1960.
Manuela Picq (Amherst College, Massachussetts, USA) : Natively Queer : homosexualités indigènes qui défient les récits de la modernité sexuelle.
Modération : Jean-Raphael Bourge (Labtop-Paris 8)


18h30-20h Table ronde : L’actualité des mobilisations avec et contre le "genre"
Avec Emmanuelle Yvert (ENS, Labtop-Paris 8), Camille Masclet (Université de Lausanne, CSU-Paris 8), Étienne Lefort (CSU-Paris 8) et David Paternotte (ULB)
Modération : Marie Perrin (CSU-Paris 8)

Vendredi 19 mai 2017

DÉCLOISONNER LE TRAVAIL
Modération : Helena Hirata (GTM-CNRS)

9h30-11h00 : Première partie
Aurélie Jeantet (GTM-Paris 3), Haude Rivoal (GTM-Paris 8) : Etanchéifier le travail par la mise à distance des émotions, des femmes et de la vie privée.
Abigail Bourguignon (CESSP-CSE et CRAPE-Arènes), Sibylle Gollac (CSU-CNRS), Muriel Mille (PRINTEMPS-UVSQ) : Le genre de la valeur du travail. Quand les juges et les avocat-e-s font les comptes aux affaires familiales.
Discutante : Danièle Kergoat (GTM-CNRS)


11h15-13h00 : Deuxième partie
Alice Romerio (Labtop-Paris 8) : "Les financeurs nous attendent au tournant !" Les enjeux politiques des frontières bénévolat/salariat, militantisme/professionnalisme dans la reconnaissance du travail féministe au Planning familial.
Leila Boufraioua (GTM-Paris 10) : La transition études-emploi à Sidi Ifni (Maroc) : entre conservatisme et convergence des trajectoires genrées.
Régine Bercot (GTM-Paris 8) : Le devenir des femmes en chirurgie : la diversité des mondes de socialisation.
Discutante : Catherine Marry (Centre Maurice Halbwachs)


LE GENRE DANS LA CONSTRUCTION DE LA NATION ET SES AVATARS

14h30-16h00 : Genre, migration et crises
Glenda Andrade (GTM-Paris 8) : les dynamiques du genre dans l’exil : Le cas de réfugiées Syriennes dans l’espace urbain en Jordanie.
Marija Pavicevic (GTM-Paris 8) : Femmes et jeunes filles réfugiées en Serbie.
Somayeh Rostampour (GTM-Paris 10) : L’impact du mouvement nationaliste sur l’émergence des féminismes non-occidentaux.
Discutante : Jane Freedman (GTM-Paris 8)


16h30-18h00 : Genre et colonialité du pouvoir
Karima Ramdani (GTM-Paris 8) : Des « sabirs » politiques. Les Françaises musulmanes et leurs mobilisations politiques en France après 2004.
Malek Bouyahia (GTM-Paris 8) : L’usage des maux dans la fabrique d’une colonialité genrée.
Izadora Xavier (GTM-Paris 8) : « Race » et nationalité dans le discours des casques-bleus brésiliens en Haïti.
Franck Freitas (GTM-Paris 8) : « The Lady of Race »… Quand la déconstruction de la féminité éclaire la ligne de couleur.
Discutante : Jamila M. H. Mascat (Université d’Utrecht)


18-20h00 : Pot de clôture


Relation de service et intersectionnalité

Présentation du colloque


La notion d’intersectionnalité qui émerge aux États-Unis dans les années quatre-vingt-dix appréhende la domination comme un système complexe où s’imbriquent les rapports raciaux, de genre et de classe. En France, on parle plutôt d’intrication, de (re)articulation, de « consubstantialité » (Kergoat, 2009) des rapports sociaux. Ces diverses approches sont particulièrement utiles pour comprendre et rendre visibles les rapports de pouvoir qui configurent la relation de service dans le tertiaire.



Jeudi 16 mars

9h15 – Introduction
Artemisa Flores Espinola (Université Paris-Sorbonne, Cresppa-CSU), Armelle Testenoire (DySoLab), Guillaume Tiffon (Université d’Evry-Val-d’Essonne, CPN), Hervé Serry (directeur du Cresppa)


9h30 – Conférence
Héléna Hirata (Cresppa-GTM) « Le travail du care entre public, privé et intime : une perspective intersectionnelle »


11h – Catégorisation dans le recrutement/stéréotypes de genre
Présidente de séance : Suzy Bossard (Université de Bretagne Occidentale, LABERS) ; Discutante : Sophie Bernard (Université Paris Dauphine, IRISSO)}

Yamina Meziani-Remichi (Université Bordeaux Segalen, Centre Emile Durkheim), Oumaya Hidri Neys (Université de Lille 2, URePSSS) « Il faut que ça colle ! Le recrutement des « adjoints administratifs » dans une collectivité territoriale »
Sébastien Bauvet (CMH) « Le renforcement des rapports sociaux par les mécanismes de l’emploi dans la sécurité privée »
Julien Debonneville (Université de Genève, Institut des études genre), Olivia Killias (Université de Zurich) « Maid in Asia » Regard ethnographique sur l’intersectionnalité dans le recrutement des travailleuses domestiques philippines et indonésiennes.


14h – Catégorisation des usagers
Présidente de séance : Danièle Kergoat (Cresppa-GTM) ; Discutant : Gabriele Pinna (Cresppa-GTM)

Sabine Fortino (Université Paris Nanterre, Cresppa-GTM) « Des clients qui n’en valent pas la peine ? Intersectionnalité et relation de service dans le secteur public »
Céline Gabarro (Université Paris Diderot, Urmis) « Echapper à la relation de servitude en instaurant une relation d’aide. La réception des usagers de l’aide médicale d’Etat (AME) par les agents des caisses primaires d’assurance maladie »
Annalisa Tonarelli (Université de Florence) « Traiterez-vous comme ça votre femme ? ». Relation de service entre salariées de la cantine et ouvriers sidérurgique dans un contexte de crise industrielle en Italie.
Thibaut Menoux (ENS – CESSP) « Le carrefour doré des concierges d’hôtels de luxe. Intersectionnalité en situation d’asymétrie exacerbée »


16h15 – Relation de service ou servitude ?
Présidente de séance : Rose-Myrlie Joseph (LCSP) ; Discutante : Aurélie Jeantet (Cresppa-GTM)

François Aubry (Université du Québec en Outaouais), Frédérike Bergeron Vachon (Université du Québec en Outaouais), Yves Couturier (Université de Sherbrooke) « La sélection des préposés aux bénéficiaires au Québec : La "vocation" au croisement des dimensions de genre, de race et de classe »
Efhtymia Makridou (Université Paris 8, Cresppa-GTM) « Qui est le vulnérable ? Les relations complexes des employées avec les personnes âgées et leurs proches »
Claire Bodelet (EHESS, Cermes 3) « Drôles de prestations »
Colette Le Petitcorps (Institut de sciences sociales, Université de Lisbonne) « Reproduction et production des rapports sociaux dans les relations de service domestique à l’Ile Maurice »


18h15 – Cocktail

Vendredi 17 mars

9h30 – Syndicat/Conflit
Présidente de séance : Catherine Peyrard (Université de Rouen, DySoLab) ; Discutant : Jean Pierre-Durand (Université d’Evry-Val-d’Essonne, CPN)}

Sophie Béroud (Université Lyon 2, Triangle), Louis Boivin (Université du Québec en Outaouais), Catherine Vincent (IRES) « Faire grève dans une maison de retraite : un conflit imbriqué dans la relation de service et les rapports de pouvoir »
Mathieu Hocquelet (John F. Kennedy Institute, Freie Universität Berlin, CMH / CPN) « Grands syndicats des services nord-américains et organizing : de l’intersectionnalité des luttes à l’intersectionnalité dans la lutte ? »
Angelo Soares (Université de Québec à Montréal) « Violences dans les relations de service : l’apport de la consubstantialité des rapports sociaux au travail »


11h30 –Conférence
Nicky Le Feuvre (Université de Lausanne) « Les métiers ‘relationnels’ : enjeux méthodologiques et théoriques »


Conclusion



Programme également consultable sur Calenda


Le monde privé des ouvriers

Présentation de la journée


L’objet de cette journée d’étude est de revenir sur l’ouvrage d’Olivier Schwartz Le monde privé des ouvriers paru en 1990 (Presses Universitaires de France, collection « Pratiques théoriques » ; aujourd’hui disponible dans sa 3e édition, « Quadrige », 2012).

Cette enquête ethnographique menée au début des années 1980 dans le Nord de la France est originale par son objet (les relations familiales au sein d’une cité HLM), sa démarche (une présence de longue durée sur le terrain d’enquête) et ses analyses (associant une anthropologie de la vie ouvrière dans un contexte de désindustrialisation, une sociologie des classes populaires, une sociologie des rapports sociaux de sexe et la mobilisation d’analyses de psychologie et de psychanalyse).

Cet ouvrage a connu un retentissement important dans les sciences sociales des mondes populaires et continue à être mobilisé par les nouvelles générations de chercheurs. C’est en ce sens qu’il mérite que l’on analyse précisément les propositions méthodologiques et théoriques qu’il recèle. Cette journée visera à souligner et à préciser les éléments importants de l’ouvrage qui permettent de penser les différenciations internes aux classes populaires.

Une partie des interventions auront ainsi pour ambition de discuter, de manière critique, les propositions qui émergent dans cet ouvrage et qui peuvent nourrir les recherches menées sur les classes sociales. D’autres interventions, de plus jeunes sociologues, souligneront les emprunts partiels qu’ils ont puisés dans cet ouvrage pour mener leur propre recherche. Une table ronde clôturera la journée et abordera prioritairement la question de la politisation des classes populaire et des conditions de possibilité de l’enquête ethnographique dans le contexte actuel de la recherche et de l’enseignement supérieur. La journée se déroulera en présence d’Olivier Schwartz.

Axes et interventions


Table-ronde 1 : Ancrages
Dominique Memmi : Leurs désirs font désordre. L’aliénation féminine au prisme de la condition ouvrière
Nicolas Hatzfeld : Ethnographes et historiens : ouvriérismes et décalages
Animée par Cédric Lomba


Table-ronde 2 : Transversales
Cédric Lomba : Faire face aux conditions d’incertitude dans les mondes ouvriers
Nicolas Duvoux : « Mes meubles, ils dansent dans ma tête » : sociologie des objets et objet de la sociologie dans Le monde privé des ouvriers
Animée par Susanna Magri


Table-ronde 3 : Nouvelles perspectives sur la stratification
Lise Bernard : Quelques remarques sur Le monde privé des ouvriers et l’analyse de la stratification sociale
Ana Perrin-Heredia : « S’en sortir (ou pas) ». Conduites économiques et segmentation sociale
Animée par Pierre Gilbert


Table-ronde 4 : Questions de genre
Olivier Masclet : Le monde privé se décline t-il au féminin dans les classes populaires aujourd’hui ?
Mathieu Trachman : Comment travailler sur les violences conjugales ? Ethnographie, féminisme, santé publique
Animée par Carole Brugeilles


Echanges :
Avec Annie Collovald, Nicolas Renahy, Yasmine Siblot et Florence Weber
Animés par Nicolas Duvoux et Cédric Lomba



- Contacts : nicolas.duvoux(at)univ-paris8.fr ; cedric.lomba(at)cnrs.fr

- Programme détaillé sur calenda



Présentation de la journée d’étude

Voir toutes les vidéos de la journée sur Canal U


Journées d’étude « Interroger l’institutionnalisation de l’espace de la cause des femmes. Dynamiques, enjeux, effets »

Jeudi 1er décembre 2016

10h // Accueil

10h15-10h30 // Introduction
Marie Perrin (Université Paris 8, Cresppa-CSU) et Alice Romerio (Université Paris 8, Cresppa-Labtop)


10h30-12h30 // Les mouvements féministes à l’épreuve de leur institutionnalisation
Marion Charpenel (CNRS, CMH) : « La mémoire collective féministe à l’épreuve de son institutionnalisation ».
Camille Masclet (Unil, Crapul – Université Paris 8, Cresppa-CSU) : « Diffusion ou institutionnalisation du féminisme ? L’espace de la cause des femmes au tournant des années 1980 ».
Discussion : Anne-Marie Devreux (CNRS, Cresppa-CSU)


14h-16h30 // Ce que l’institutionnalisation fait à la cause des femmes (1)
Mathias Thura (Cessp, DIM-GID) : « Entre contrôle, dépolitisation et effacement : la difficile émergence de la cause des femmes militaires dans les armées ».
Zoé Haller (Université de Rouen, Dysola) : « La cause des femmes dans le militantisme syndical. L’exemple du débat sur la parité au sein de la FSU ».
Clémentine Comer (Université Rennes 1, Crape) : « Séparer le bon grain de l’ivraie : l’institutionnalisation sélective de l’égalité professionnelle agricole ».
Discussion : Catherine Achin (Université Paris-Dauphine, Irisso)


16h30 // Cocktail

Vendredi 2 décembre 2016

10h-12h30 // Ce que l’institutionnalisation fait à la cause des femmes (2)
Auréline Cardoso (Université Toulouse 2, Certop-Sagesse) : « Travailler pour la cause des femmes : du bénévolat à l’emploi précaire ? ».
Virginie Dutoya (CNRS, CED) : « Consultantes, expertes et activistes : les enjeux de la professionnalisation de la cause des femmes en Inde ».
Cécile Talbot (Université Lille 2, Ceraps) : « La prise en compte de la "cause des femmes" au sein d’une collectivité locale : institutionnalisation de l’égalité ou instrumentalisation ? ».
Discussion : Alban Jacquemart (Université Paris-Dauphine, Irisso)


14h-16h30 // Les processus d’institutionnalisation
Lison Guignard (ENS Cachan, ISP) : « A l’intersection entre mouvement et institution. Enjeux, dynamiques et effets de l’institutionnalisation d’un espace régional de la cause des femmes ».
Blandine Lefierdebras (Université Rennes 2, association « Histoire du féminisme ») : « La création du centre rennais d’information des femmes : un processus progressif d’institutionnalisation ».
Ranime Alsheltawy (Université Paris-Dauphine, Irisso) : « "Organiser à distance" : Interroger l’ONGisation de la cause des femmes de ménage en Egypte sous l’angle du genre globalisé ».
Discussion : Ioana Cîrstocea (CNRS, Cessp-CSE)


16h30-17h // Conclusion
Laure Bereni (CNRS, CMH) et Soline Blanchard (Université de Lausanne, Laccus)



Programme détaillé consultable sur Calenda


Colloque doctoral du Cresppa

Programme

Lundi 14 Novembre : Présentation de communications

9h30 : Accueil des participant-e-s et introduction par le comité d’organisation et Hervé Serry (Cresppa-CSU)


10h-12h15 : Axe « Conflits et Pouvoirs »
Camille François (Cresppa-CSU), Expulser : sociologie d’un travail préfectoral.
Izadora Xavier (Cresppa-GTM), Qui a le plus « gros humanitarisme » ? Comment les nations se font des soldats pour la paix.
Berrin Osmanoglu (Cresppa-LabToP), L’influence de la « proximité » au pouvoir sur les stratégies de compétition partisane en Turquie entre 1983 et 2002.


13h30-15h45 : Axe « Savoirs et cultures »
Maria Patricio Mulero (Cresppa-LabToP) , Barcelone, ville littéraire et ville d’écrivains. L’imaginaire littéraire de la Barcelone du 20e siècle et l’incertitude professionnelle du 21e siècle.
Gaël Marsaud (Cresppa-LabToP), Construire les « personnages » des films documentaires. Principes de sélection et de mise en scène pour un passage à l’image. Une étude des productions documentaires consacrées au réaménagement de la rue de la République à Marseille (2000-2010).
Ornela Mato (Cresppa-CSU), L’engagement du sociologue Bernard Mottez : chercheur sur la surdité et guide du « mouvement sourd. »


16h-18h15 : Axe « Corps, santé, déviance »
Emmanuelle Hoareau (Cresppa-CSU)} Improviser (sur) son usage des "drogues" ?
Konstantinos (Costa) Delimitsos (Cresppa-GTM), Les "exemples évocateurs rapportés par la presse" dans les travaux des « nouveaux experts en sécurité urbaine.
Takiyattou Baba-Toherou (Cresppa-GTM), Peut-on parler d’une uniformisation de parcours thérapeutiques des familles concernées par la drépanocytose à Lomé ? Entre expérimentation et imitation de soins.

Mardi 15 Novembre : Travail doctoral et précarité

9h30 : Accueil des participant-e-s

10h : Introduction : Lisa Ammon et Kévin Vacher (Cresppa-CSU)


10h15-12h : Séance 1 « Où en est l’université ? »
Christophe Charle (IHMC) (sous réserve)
Hugo Harari-Kermadec (IDHES) et Ugo Palheta (CIREL) pour le Collectif ACIDES (Approches Critiques et Interdisciplinaires des Dynamiques de l’Enseignement Supérieur), Marchandisation de l’université, marchandisation du travail universitaire ?


13h30-15h30 : Séance 2 « Le parcours du/de la combattant.e et des doctorant.e.s et des docteur.e.s sans postes »
Nawel Ait Ali (CEMS-EHESS), Des doctorant-e-s et des normes. Ethnographier le liminal
Collectif TMTC (Thésards Mobilisés dans le Travail Collectif), L’horizon vertical de la recherche : une enquête sur la socialisation de laboratoire des doctorant-e-s.


15h45-17h45 : Séance 3 « La précarité dans l’ESR : visibiliser, pourquoi ? Comment ? »
Adrien Mazières-Vaysses (Cresppa-LabToP), L’efficacité et les limites d’une catégorie : le cas des « précaires » dans les mobilisations sociales des années 2000
Observatoire de la précarité à Paris 1, Mobiliser autour d’un observatoire de la Précarité à Paris 1. Retour sur une lutte menée par les personnels « mobilisés » de Paris 1 contre la Loi Travail.
Collectif des travailleur-e-s précaires de Paris 8.


Politisations émergentes, politisations précaires ?

Présentation

L’observation dans les régimes démocratiques d’une défiance, variable mais importante, envers les formes les plus instituées de la participation politique – de la non - inscription et de l’abstention électorale à l’indifférence à la politique – est certainement l’un des résultats les plus robustes de la science et de la sociologie politique des dernières décennies. Même s’il commence à être nuancé, un tel constat est encore plus manifeste lorsqu’on se situe au sein des catégories populaires et des fractions les plus démunies de la société. Sans contester frontalement ces affirmations, il peut être intéressant d’interroger les définitions souvent implicites de l’activité politique légitime sur lesquelles elles s’appuient. La déploration savante d’un déficit démocratique n’est - elle pas tributaire d’une conception trop institutionnelle ou conventionnelle de la politisation ? En évoquant ce que nous appelons des politisations émergentes et/ou précaires, telle est la question autour de laquelle ces journées d’études, à la suite de quelques travaux novateurs, voudraient revenir.

Programme

Jeudi 28 janvier 2016

13h00 : Accueil

13h30 : Introduction : Laurent Jeanpierre (Cresppa-LabToP), Michel Kokoreff (Cresppa-GTM)


Première session animée par Danièle Linhart (Cresppa-GTM)
Clemens Zobel (Cresppa-LabToP) L’engagement associatif des jeunes migrants et descendants de migrants d’origine subsaharienne : politisation émergente ou dépolitisation néo-libérale.
Catherine Neveu (IIAC-TRAM) Politiser les centres sociaux : avancer sans imposer ?
Discussion


Deuxième session animée par Yasmine Siblot (Cresppa-CSU)
Lorrenzo Barrault-Stella (Cresppa-CSU), Bernard Pudal (Cresppa-CSU) Retour sur la question de la politisation des classes populaires.
Samir Hadj Belgacem (ETT-CMH) La politisation pratique des éducateurs de cité : précarité au travail, discriminations et absence de reconnaissance.


Discussion


Table ronde animée par Marion Guenot (Cresppa-LabToP), Thomas Posado (Cresppa-CSU) et Kevin Vacher (Cresppa-GTM) avec Deniz Cumendur (DIDF-jeunes), Karima Berriche (Quartiers Nords/Quartiers Forts Marseille) et Marco Lopez (Podemos Paris)


Vendredi 29 janvier 2016

9h00 : Accueil


Troisième session animée par Vanessa Codaccionni (Cresppa-CSU)
Camille Hamidi (Triangle) Rapports ordinaires au politique et ethnicité chez les jeunes : le cas des jeunes des quartiers populaires.
Raphaël Challier (Cresppa-GTM) Communistes sans en avoir l’air : politisation, dépolitisation et distance aux normes militantes chez les Jeunes Communistes en banlieue.


Discussion


Quatrième session animée par Laure Pitti (Cresppa-CSU)
Marion Carrel (CeRIES-IMM-EHESS) Organiser les habitants des quartiers populaires : vecteur de politisation ?
Nicolas Duvoux (Cresppa-LabToP) Dynamiques de politisation dans les quartiers populaires de Boston : fragilités et réversibilités.


Discussion


Cinquième session animée par Danielle Tartakowsky (Université Paris8-Saint-Denis)
Camille Peugny (Cresppa-CSU) La politisation des différents fragments des classes populaires : le poids de l’intégration professionnelle et des collectifs de travail.
Claude Dargent (Cresppa-GTM) Le sentiment d’injustice en mutation : les porteurs d’une nouvelle forme d’indignation sociale.


Discussion


Sixième session animée par Marion Charpenel (chercheuse associée au Cresppa-LabtoP)
Jérôme Bas (Cresppa-CSU) « Ce n’est qu’un début, nous ne nous tairons plus ! », la politisation du handicap dans l’après mai 68.
Sylvaine Bulle (Cresppa-LabToP) Quelle politique dans les ZAD ? Le cas de Notre Dame des Landes.


Discussion


17h30 : Conclusion : Laurent Jeanpierre (Cresppa-LabToP), Michel Kokoreff (Cresppa-GTM)



Voir les vidéos Canal U

Revoir :

Table ronde animée par Marion Guenot (CRESPPA-LabToP), Thomas Posado (CRESPPA-CSU) et Kevin Vacher (CRESPPA-GTM) avec Deniz Cumendur (DIDF-jeunes), Karima Berriche (Quartiers Nords/Quartiers Forts Marseille) et Marco Lopez (Podemos Paris), réalisation Thomas Guiffard.


Classes sociales en (trans)formation

Matinée autour de la sortie en français de Family Fortunes. Hommes et femmes de la bourgeoisie anglaise, 1780-1850, La Dispute, 2014 [1987], de Leonore Davidoff et Catherine Hall.

Matinée

  • Introduction : Danièle Kergoat, directrice de la collection « Le genre du monde » aux éditions La Dispute.
  • Retour sur la formation de la bourgeoisie anglaise : un processus « genré », Eleni Varikas
  • Comment traduire les catégories d’analyse ? Table ronde : Claude Grignon, Isabelle Clair, Célia Bense Ferreira Alves

Après-midi : Reconfigurations des classes sociales et renouvellements de leur analyse.

  • Introduction : Cédric Lomba
  • Table ronde. : Olivier Schwartz, Prisca Kergoat, Pap N’Diaye, Marion Rabier


Compte-rendu de la journée, Fanny Gallot, cgp.hypotheses.org



Ateliers et séminaires

12 janvier 2023  >>>  >>>   Haut de la page