Contre la réforme des retraites et la LPPR : le  5 mars, la recherche s'arrête


Crises du pouvoir, pouvoir des crises
Séminaire public Cresppa-GTM 2017-2018


Coordination : Jane Freedman et Cornelia Möser
Contact : Nadia Achamsi

Présentation


Depuis plus d’une décennie, le terme « crise » semble être omniprésent dans les discours politiques et médiatiques. Un terme polyvalent, appliqué aux situations économiques, politiques ou sociales que l’on veut faire passer pour exceptionnel. L’utilisation de « crisis labelling » par les dirigeants politiques peut apparaître comme une stratégie pour légitimer les politiques spectaculaires et les répressions contre certains groupes sociaux. Or l’analyse de la crise non pas comme état d’exception, mais comme partie intégrante de l’économie politique et des systèmes de gouvernance, est beaucoup plus ancienne. Venant du grec, ce terme évoque également le moment décisif d’un changement radical, vers la guérison ou vers le déclin. La crise, soit comme état de fait soit comme fonctionnement de pouvoir et de gouvernance politico-économique, touche une grande partie des travaux de recherche effectués au GTM. Serait-ce dans une crise de la représentation politique, la « crise des réfugié·e·s », la crise de la masculinité, du logement ou de « la famille », ou encore une précarisation des conditions de travail, nous sommes nombreuses·eux à être confronté·e·s dans nos recherches à des situations d’urgence et simultanément à une rhétorique d’urgence souvent en décalage avec la première. Saisir cette tension entre l’une et l’autre et examiner ses apports analytiques éventuels sera le fil conducteur du séminaire public de l’année 2017/18.
Dans quelle mesure une crise peut-elle représenter une chance, un changement, par exemple dans la masculinité dominante qui a souvent été analysée comme forme culturelle intégrante de l’oppression des femmes  ? Est-ce le déplacement des personnes qui constitue une crise, ou plutôt l’échec des politiques européennes d’accueil  ?
La « crise de la famille » révélant l’émergence de la légitimité des multiples formes de vie privée ?
En effet, il s’avère que parfois la rhétorique de la crise témoigne de changements politiques, sociaux et culturels qui sont critiqués voire attaqués en faveur d’un monde traditionnel et/ou imaginé, d’un autrefois nationaliste et familialiste.
De manière trans- et interdisciplinaire ainsi qu’en portant une sensibilité à la nature intersectionnelle des rapports sociaux analysés, les séances du séminaire public seront liées par ce questionnement sur le double caractère des crises : comprendre les dégâts et violences réels dans de nombreux champs sociaux, culturels et politiques tout en s’intéressant à la rhétorique de la crise et sa capacité de pouvoir et de légitimation de systèmes de gouvernance répressives.
Au lieu d’une conférence habituelle nous vous proposons une séance collaborative dans laquelle plusieurs membres du GTM présentent très brièvement comment cette tension entre pouvoir et crise apparaît dans leur travail de recherche.

Les séances ont lieu de 14-17h, dans la salle des conférences, exception faite des journées d’études (programmes détaillés à venir).
La participation est ouverte à tou.te.s et libre d’accès.



- Programme consultables sur Calenda

MAJ: 26 avril 2022

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