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Malek Bouyahia, avec Maria Eléonora Sanna (dir.), Polysémie du voile, Paris : Éditions des Archives Contemporaines, 2013 - 205 p.


Comment se fait-il que le voile soit devenu en si peu de temps un enjeu décisif pour la société européenne ? Comment cette thématique, cantonnée au début des années 90 à quelques cas relevant du fait divers, est passée en l’espace d’une décennie à la rubrique événement ? Le voile, désormais islamique, symbolise et éclaire à lui seul l’ensemble des tensions que les sociétés européennes entretiennent avec les minorisés « d’origine » ou issues d’ailleurs. Les populations dites musulmanes, homogénéisées et réduites à leur seule identité religieuse, se retrouvent ainsi enserrées dans un agenda à la fois médiatique et politique qui limite l’appréhension des voiles aux seules dimensions du légal et du moralement acceptable. Dès lors, les débats sur et autour du voile posent comme une évidence que les problématiques de l’égalité de genre, du sexisme ou encore de l’homophobie soient adressées quasi exclusivement à la communauté musulmane.

Cet ouvrage aborde le voile islamique comme outil heuristique permettant de comprendre la manière dont les femmes musulmanes sont devenues les alibis, donc produites en tant que tels, d’un discours universaliste qui refuse et récuse tout particularisme. Il permet également d’interroger toute revendication identitaire et/ou antiraciste qui ferait l’impasse sur le caractère genré du port du voile. Les articles ici réunis montrent alors une polysémie du voile qu’il ne s’agit pas uniquement de rechercher dans des situations diversifiées, appréhendées en termes d’usages et coutumes, mais de la reconnaître notamment dans le va-et-vient entre le centre et la périphérie (entre l’Europe et ses anciennes colonies) et dans les spécificités inhérentes à tel ou tel contexte socio-historiques.


 
4 novembre 2013