Contre la réforme des retraites et la LPPR : le  5 mars, la recherche s'arrête

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Soutenance de thèse

Résumé :

Cette thèse en sociologie se fixe comme objectif d’appréhender l’éventail de facteurs structurels et de raisons individuelles étant à l’origine du développement du nombre de personnes sans-domicile en France. Au terme de ce travail, les différents rouages de la fabrique sociale du sans-abrisme seront mis à jour et il nous deviendra alors possible de comprendre comment un phénomène social, qui fait de nouveau partie des préoccupations majeures de nos institutions depuis une quarantaine d’années, n’ait toujours pas été résolu.

Je suis en mesure d’apporter une réponse détaillée à ce questionnement grâce au point de vue inédit que j’ai pu avoir sur les institutions chargées de prendre en charge le sans-abrisme. En effet, de 2015 à 2018, j’ai été embauché en tant que doctorant-chercheur CIFRE au sein du Service Intégré d’Accueil et d’Orientation (SIAO) du Val-d’Oise. Ainsi, j’ai été intégré au cœur du secteur de l’Accueil, de l’Hébergement et de l’Insertion (secteur AHI) de ce département, ce qui m’a permis d’avoir un regard de l’intérieur du fonctionnement de ces dispositifs. J’y ai mené une étude ethnographique approfondie du travail des acteurs AHI et du quotidien des personnes sans-domicile. Aussi, cette thèse a été l’occasion de décrire les principales étapes et dynamiques du processus de transformation de soi expérimenté par les personnes sans-domicile. À cette fin, j’ai recouru au concept de carrière de sans-domicile, dont la modélisation constitue l’un des apports de cette thèse. Dans cette perspective, un suivi de plusieurs années de 80 ménages sans-domicile a été réalisé.

Le jury est composé de :

Stéphane Rullac, Professeur ordinaire HETSL (HES-SO), LaRess (Suisse), directeur de thèse.
Pascale Pichon, Professeure des universités, Université Jean Monnet Saint Étienne, Centre Max Weber, présidente du jury.
Maryse Bresson, Professeure des universités, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, laboratoire Printemps, rapporteure ;
Emmanuel Jovelin, Professeur des universités, Titulaire de la Chaire du travail social et Intervention sociale CNAM, FOAP, rapporteur.
Julien Damon, Professeur associé Sciences Po, Conseillé scientifique de l’École nationale supérieur de sécurité sociale (En3s), examinateur.

Soutenance de thèse

Résumé :

Cette thèse propose une sociologie de l’encadrement de l’islam dans des quartiers en gentrification des villes européennes. Plus particulièrement, elle s’intéresse à la forme que ce processus d’encadrement, envisagé comme l’ensemble de pratiques et de discours qui contribuent à définir et à conditionner les expressions religieuses, acquiert dans des quartiers centraux subissant une transformation urbaine multidimensionnelle et un embourgeoisement progressif de leur population. La problématique de la thèse cherche ainsi à discerner ce qui conditionne la place et les formes de mise en visibilité de l’islam dans ces espaces urbains. Dans cette perspective, les différents chapitres du manuscrit décrivent un processus au travers duquel les manifestations religieuses (lieux de culte, magasins spécialisés, commémorations et festivités publiques, expressions corporelles et vestimentaires…) sont définies et régulées dans des contextes urbains particuliers. La recherche s’appuie sur les perspectives constructivistes et critiques de la sociologie des religions, du sécularisme et de la laïcité. Nous défendons ainsi la nécessité d’observer l’ensemble des acteurs -notamment ceux dits « séculiers » - et des processus qui contribuent à définir la place de l’islam dans l’espace public européen. La thèse s’inscrit également dans le tournant « spatial » des sciences sociales et, plus particulièrement, dans les contributions qui ont traité la relation entre les manifestations religieuses et l’espace urbain. Elle prétend approfondir cette analyse dialectique en observant comment cette relation se développe dans un contexte de gentrification. Elle entend ainsi ouvrir de nouvelles pistes de recherche dans le champ des études urbaines où la question des religions a été, pour l’instant, peu abordée dans la littérature sur la gentrification. La thèse repose sur une longue enquête qualitative (2016-2019) menée sous une perspective comparative dans deux quartiers issus de contextes nationaux différents : la Goutte d’Or (Paris, France), et le Raval (Barcelone, Espagne). La collecte des données s’est effectuée à travers 67 entretiens semi-structurés, dont 34 à la Goutte d’Or et 33 au Raval. Ces entretiens ont été complétés par une approche ethnographique à travers de près d’une centaine de séances d’observation d’activités citoyennes variées dans les deux quartiers. Enfin, un large corpus de documents a été constitué et analysé (comptes rendus des conseils d’arrondissement, articles de la presse locale, brochures et matériaux associatifs variés...). Le manuscrit est structuré en 6 chapitres. Le premier a un caractère introductif et sert à présenter le cadre théorique et la méthodologie, tandis que le second présente et justifie les terrains où l’enquête a été menée. Les résultats sont disséminés à travers les 4 chapitres restants.

Le jury est composé de :

Marie-Hélène Bacqué, Professeure des Universités, Université Paris Nanterre
Claude Dargent, Professeur des Universités, Université Paris 8 (Directeur de thèse)
Patrick Le Galès, Directeur de recherche, CNRS, Sciences Po (Rapporteur)
Nilüfer Gôle, Directrice d’études, EHESS
Mar Griera, Professeure des Universités, Université Autònoma de Barcelone UAB (Rapporteure)

Soutenance de thèse

Résumé :

La thèse montre les mécanismes par lesquels les identités coloniales vont se constituer en partant de l’hypothèse que l’infériorisation des autochtones a servi de référent et de cadre à la construction d’un soi européen. Celui-ci est défini comme supposément homogène en face d’une altérité indigène conçue elle aussi comme monolithique. Il s’agit de repérer les modalités mises en œuvre par le discours colonial pour produire cette altérité dépréciée qui visait à asseoir la domination coloniale. La pratique médicale va accompagner la politique d’annexion dans son élan « civilisationnel » et, en tant que tel, devenir un moyen indispensable pour asseoir une domination raciale de la colonie. Le discours hygiéniste, porteur d’une haute idée de la science et du progrès, ne sera pas uniquement l’alibi de la progression de la colonisation. Il sera aussi le lieu où la représentation de l’altérité indigène prendra sens et acquerra une signification effective. Ce discours d’une science qui déborde le cadre scientifique, en se faisant récit parfois littéraire et fictif, contribuera dans une grande part à modeler des catégories réelles dont l’idéologie coloniale se saisira. Il participera aussi à rendre concevable la mise en place du code de l’indigénat qui sera une entorse au contrat social que la Troisième République tentera de mettre en place. Ce code, qui faisait des autochtones des êtres diminués et incapables d’assimiler les idéaux du progrès, inscrivait l’exception raciale comme fondement des relations coloniales.

Le jury est composé de :

Azadeh KIAN, Professeure de Sociologie, Université Paris-Diderot
Judith SURKIS, Professeure d’Histoire, Université Rutgers (Rapporteure)
Jane FREEDMAN, Professeure de Sociologie, Université Paris VIII (Directrice)
Delphine PEIRETTI-COURTI, Professeure Agrégée (PRAG), Université Aix-Marseille
Oivier LE COUR GRANDMAISON, Maitre de conférences HDR, Université d’Evry (Rapporteur)

Soutenance de thèse

Résumé :

La promotion sociale par le sport, la musique - où le corps est utilisé comme argument de vente - se présente comme un des rares horizons envisageables pour une jeunesse noire des quartiers populaires. Une valorisation marchande du corps qui pourrait passer pour « anecdotique », si elle n’entrait pas en résonance avec une certaine histoire de l’altérité noire : celle d’une naissance en tant que corps marchandise produit dans le système esclavagiste. Je propose ici de faire une généalogie de la marchandisation du corps noir entre le XVIIIème et la fin du XXème siècle, soit entre l’ère esclavagiste et post-industrielle. Elle interroge deux visions antagonistes de l’émancipation noire aux États-Unis depuis l’abolition de l’esclavage (1865). La première se veut une critique du capitalisme qui a rendu possible la réduction des vies nègres en corps-marchandise. La deuxième vision renvoie à l’adhésion aux valeurs de l’économie de marché, qui implique une marchandisation de l’altérité noire. La focale se dirige vers la représentation des Noir.e.s américain.e.s, qui fournit les principaux modèles d’émancipation pour les classes populaires noires, notamment celles situées en France continentale. Une énigme est au cœur de cette recherche : comment expliquer que les termes à partir desquels s’est structurée la domination des Noir.e.s – la valorisation marchande du corps sous un régime capitaliste – se traduisent aussi en une voie de leur émancipation ? La réponse à cette énigme ancre cette thèse dans une approche résolument pluridisciplinaire, à la croisée de l’histoire, de la théorie politique, des sciences de l’information et communication.

Le jury est composé de :

Jane Freedman, Professeure des universités en sociologie, Université Paris 8 Vincennes, Saint-Denis – CRESPPA-GTM (Directrice de Thèse)
Maxime Cervulle, Professeur des universités en sciences de l’information et de la communication, Université Paris 8 – CEMTI
François Cusset, Professeur des universités de civilisation américaine, Université Paris 10 Nanterre
Estelle Ferrarese, Professeure des universités en philosophie, Université de Picardie Jules Verne – CURAPP (rapporteure)
Guillaume Johnson, Chargé de recherche - HDR au CNRS, Université Paris-Dauphine – DRM (rapporteur)
Cornelia Möser, Chargée de recherche - HDR au CNRS, CRESPPA-GTM

Soutenance de thèse

Résumé :

Depuis 2011, environ 6,6 millions de personnes ont dû quitter le territoire de la Syrie alors que la crise se poursuit. Elles ont cherché refuge dans plusieurs pays, en particulier la Turquie et la Jordanie. Cette thèse analyse, dans le contexte de l’exil urbain en Turquie et en Jordanie, les stratégies de survie des Syriens, qui sont traversées par des rapports de race, de classe et de genre. Cette étude a pour objectif de s’interroger sur les manières dont les réfugiés surmontent les contraintes et catégorisations qu’un milieu inhospitalier leur impose. En partant de questionnements sur les politiques migratoires, nous montrerons pour quelles raisons le statut passif accordé aux réfugiés est réducteur et rend problématique une réelle compréhension des rapports sociaux dans l’exil. L’idée est d’aller au-delà du constat de la vulnérabilité des réfugiés, sans pour autant passer sous silence les violences qu’ils subissent sur la terre de refuge. Afin d’analyser ce processus, l’étude s’appuie sur une série d’entretiens semi-directifs avec des Syriens en Turquie et en Jordanie. Cette approche méthodologique se complète par ailleurs par l’observation anthropologique/ ethnologique de ces espaces, à travers, notamment, l’accompagnement du travail d’ONG internationales et locales, l’observation des espaces de socialisation et la participation à des débats et des conversations autour d’un simple thé.

Le jury est composé de :

Jane Freedman, Professeure des universités en sociologie, Université Paris 8 – Cresppa-GTM (Directrice de Thèse)
Zeynep Kivilcim, Professeure, Université Humboldt de Berlin, Institut des sciences sociales
Stéphanie Latte Abdallah, Chargée de recherche - HDR au CNRS, CERI- SciencesPo, Paris (rapporteure)
Anaïk Pian, Professeure des universités en sociologie, Université de Strasbourg
Nicolas Puig, Directeur de recherche à l’IRD, Urmis Paris (rapporteur)

Soutenance de thèse

Résumé :

Mon travail se veut une étude des dimensions de l’émeute comme répertoire de l’action collective dans la société algérienne. L’objectif est de mettre en évidence la dimension politique de celle-ci, mais sans reléguer au second degré sa dimension socio-économique. La compréhension de ce répertoire présent en abondance dans le paysage social algérien, passe tout d’abord par l’étude des facteurs déclencheurs, et les logiques des acteurs qui l’entreprennent. Le contexte socio-politique algérien offre également des éléments clés dans la compréhension de la récurrence de ce phénomène social. Enfin, il y a également lieu de mettre en évidence les facteurs qui marquent le passage des émeutes au hirak, pourtant deux formes si différentes de l’action collective, et d’évaluer les conséquences politiques de ce changement.

Le jury est composé de :

Myriam AIT-AOUDIA, Professeure en science politique à l’université de Picardie Jules Verne (rapportrice)
Alain BERTHO, Professeur émérite d’anthropologie à l’Université de Paris 8
Assia BOUTALEB, Professeure de science politique à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (rapportrice)
Michel KOKOREFF, Professeur de sociologie à l’Université Paris 8 (directeur de thèse)


GTM dans les universités : Paris 8 et Paris Nanterre

GTM est impliqué dans trois écoles doctorales : Sciences Sociales - Université Paris 8 Responsables : Alphonse Yapi-Diahou et André Filler Pratiques et théories du sens - Université Paris 8 Responsables : Christian Doumet et Laurence Gavarini Économie, Organisations, Société - Université Paris (...) lire suite

Thèses en cours au GTM

Thèses soutenues depuis 2004

Directrice et directeurs de thèses



19 janvier 2023