Docteur en science politique de l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis et Chercheur associé au CRESPPA/LabToP (UMR 7217 du CNRS)
Recherche récente
L’axe principal de ma recherche s’inscrit dans le prolongement de mon Doctorat de Science politique. Mes travaux s’intéressent à la hiérarchisation de l’espace international autour de la puissance que confère l’arme nucléaire, aux rapports de pouvoir qui existent dans cet espace et aux luttes bureaucratiques qui s’y font jour. L’approche proposée s’articule autour des concepts classiques de la sociologie des relations internationales que nous croisons utilement avec la sociologie de l’action publique. Si ma thèse a pris pour objet les politiques de « lutte contre la prolifération nucléaire », mon terrain s’est lui porté sur les diplomaties française et britannique.
Thèse soutenue
Thèse : « Luttes diplomatiques et “lutte contre la prolifération nucléaire”. Collaboration stratégique et homogénéisation des politiques de non-prolifération françaises et britanniques face à l’administration américaine », Thèse de doctorat en science politique réalisée à l’Université Paris 8, sous la direction de Thomas Brisson, soutenue le 2 mars 2026.
Résumé de la thèse :
Le soutien à la politique internationale de non-prolifération nucléaire, entendu comme l’action diplomatique menée pour accompagner les efforts multilatéraux visant à réduire les velléités d’un État à développer un programme nucléaire à des fins militaires, apparaît aujourd’hui comme l’un des engagements prioritaires des diplomaties françaises et britanniques. Paris et Londres agissent de concert sur ces questions, comme le montrerait le dossier de long court dit du « nucléaire iranien ». Pourtant, leurs autorités n’ont pas toujours eu une approche commune en matière de lutte contre la prolifération nucléaire. Concurrentes sur le marché de l’atome civil, les deux puissances nucléaires européennes adoptèrent des postures opposées lors de la négociation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). D’un côté le Royaume-Uni participa à sa rédaction et en promut l’application ; de l’autre, la France se retira des négociations et s’engagera dans des collaborations bilatérales souvent désignées comme proliférantes.
Comment dès lors expliquer que leurs attitudes, si éloignées aux origines, se soient non seulement rapprochées, mais également homogénéisées au point de mettre en œuvre une approche diplomatique commune pour endiguer les crises de prolifération ?
Pour en rendre compte, notre thèse montre que la formulation par la France et le Royaume-Uni d’une politique de lutte contre la prolifération n’est pas seulement le fruit de décisions souveraines. Elle est surtout la résultante des luttes au sein d’un espace hautement hiérarchisé entre puissances nucléaires et dominé par les États-Unis. S’il est établi que l’espace international discrimine entre États dotés et non dotés, le champ des puissances nucléaires et des politiques de non-prolifération, loin d’être homogène, est marqué également par d’importantes inégalités. À cet égard, les États-Unis apparaissent comme la puissance dominante capable d’imposer sa définition du problème de la prolifération en exportant sa politique de non-prolifération dans les arènes multilatérales. C’est dans ce contexte que les attitudes françaises et britanniques se révèlent l’une à l’autre et qu’elles dépassent, par l’entremise des diplomates et ingénieurs qui œuvrent au sein des administrations à leur rapprochement, leur statut de concurrent pour s’opposer conjointement aux effets de l’internationalisation de la politique américaine.
Notre recherche montre dès lors que l’homogénéisation de leurs politiques est l’aboutissement d’un processus d’autonomisation vis-à-vis de la puissance dominante. À maints égards, ce refus originel de se voir dicter un « agir » par l’administration américaine est une grande constante de l’appréhension des questions proliférantes – bien plus que le problème de la prolifération nucléaire per se. Elle est d’ailleurs une ligne structurante autour desquels se matérialisent encore aujourd’hui les luttes bureaucratiques et se constituent les groupes d’influences qui participent activement à la fabrication des postures nationales dans les dossiers de non-prolifération.
Pour comprendre ce qui se joue réellement au cœur des politiques de lutte contre la prolifération en France et au Royaume-Uni, nos travaux mobilisent des concepts issus de la sociologie des relations internationales et de l’action publique, et s’appuient sur un corpus empirique qui comprend un examen approfondi des archives diplomatiques et de défense françaises et britanniques, des productions littéraires académiques et des coupures de presse. L’analyse est complétée de plus de 90 entretiens et échanges informels avec des décideurs, diplomates, ingénieurs et experts qui furent ou sont toujours impliqués dans la conduite des politiques de non-prolifération françaises et britanniques.
Mots clés : Non-prolifération, Lutte contre la prolifération, Nucléaire, Politique publique, Homogénéisation, France, Royaume-Uni, Bilatéralisme
Enseignements
2025-2026 | Introduction aux Relations internationales (L1 de Science politique - Université Paris 8)
2021-2022 | Organisations internationales (L2 de Science politique - Université Paris 8)
2019-2024 | Médias et Espace public (L3 de Science politique - Université Paris 8)
Articles dans des revues à comité de lecture
À paraître :
« Résister à l’internationalisation de la politique américaine : une lutte franco-britannique pour défendre la surgénération et le retraitement du combustible usé lors de l’INFCE (1977-1980) », Revue du Rhin Supérieur, n°8, 2026, 19 p.
Autres activités scientifiques
Actes de colloque
« Actualité de la décentralisation dans l’espace francophone ». Francophonie et décentralisation, Université francophone de Lyon, 30 juin 2021, 35 p.
« Existe-t-il une Francophonie des territoires ? ». Francophonie et décentralisation, Université francophone de Lyon, 24 juin 2021, 51 p.
« Francophonie et diplomatie parlementaire ». Institut international pour la Francophonie, Université Lyon 3, Lyon, 18 janvier 2021, 45 p.
Séminaires de recherche
« La presse, les journalistes et l’IA ». Intervention auprès des étudiant.es du diplôme Communication, Environnement, Engagement, Mobilisation (CE2M), Sciences Po Lyon, 30 juin 2025