Jules Braly-Novat

Doctorant à l’université Paris 8

Vie Scientifique

Colloque :
 Le transanimalisme et ses enjeux saisis par l’approche des imaginaires politiques de l’Animal, 3.12.21, dans : « Transanimalisme » L’animal augmenté : entre utilités et protections, organisé par la Chaire Normandie pour la Paix
  “L’imaginaire moderne de l’Animal : Vers un spécisme welfariste ?”, 4.06.25, dans : Animal Liberation, 1975-2025 and Beyond, organisé à l’Université Rennes 2

Publications :

 Braly-Novat, J. "Le transanimalisme et ses enjeux saisis par l’approche des imaginaires politiques de l’Animal" in : Bévière-Boyer, Bénédicte, Amandine Cayol, et Émilie Gaillard. Transanimalisme : L’animal augmenté, entre exploitations et protections. Le Kremlin-Bicêtre : MARE MARTIN. 2024. 244 p.

Enseignements :
 Sociologie des Mouvements Sociaux - séminaire de L3 dans la licence de Science Politique de l’université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis. Assuré de 2020 à 2022

Thèse en cours

L’animal et ses significations : les transformations de l’imaginaire social de la frontière Humain-Animal au tournant des années 2010 en France

Thèse en préparation à l’Université Paris 8, sous la direction d’Yves Sintomer

Présentation du projet

Notre rapport à « l’Animal » est-il en train d’évoluer ? Suite à la controverse antispéciste des années 2010, la question animale a été au cœur de nombreux débats médiatiques et politiques, laissant entrevoir de grandes transformations sociales. Certaines évolutions institutionnelles comme la reconnaissance législative de la sensibilité animale en 2015, la montée de nouveaux acteurs comme le Parti Animaliste ou encore la légitimation du champ des études animales pouvaient laisser penser que nous assistions à un changement de paradigme dans notre manière de considérer l’Animal. Cependant, 10 ans après la loi de 2015, on ne note aucune évolution législative significative, aucune institutionnalisation politique de la lutte antispéciste conséquente. Ainsi, quel regard porter sur la controverse antispéciste ? Était-ce un simple effet de mode ou les premiers pas vers une transformation de l’ordre symbolique de l’Animal ?

Cette recherche entend proposer une méthode nouvelle de traiter question pour éviter l’écueil habituel de traiter la question animale uniquement en termes abstraits et théoriques, ou au contraire, uniquement par le biais utilitariste en se limitant au traitement matériel de l’Animal. Afin de combiner les dimensions symboliques et matérielles du sujet, on propose de l’aborder à l’aide de l’imaginaire social : à partir de trois auteurs, Cornélius Castoriadis, Charles Taylor, et Paul Ricoeur, on développe une approche nouvelle, celle de l’imaginaire social de l’Animal. Cette méthode nous donne un cadre théorique qui permet de traiter et déconstruire la formation des significations de l’« Animal » : sa définition et sa diffusion, de même que les ramifications sociales et politiques du concept. On s’attache ici à démontrer que le concept n’est pas simplement le fruit de traditions, de simples usages, ou même de classifications scientifiques neutres. Si ce sujet a souvent été délaissé par les SHS, on considère pourtant à la manière des Critical Animal Studies, que l’Animal est le résultat de processus sociaux et de rapports de pouvoirs, et qu’il participe à la structuration de nos espaces physiques, politiques et moraux. Ainsi on veut participer à l’intégration des animaux non humains au sein des SHS, en démontrant tous les enjeux sociaux et politiques qui se matérialisent à travers l’Animal.

A partir de corpus de productions militantes, juridiques, et médiatiques ainsi que des politiques publiques, ma thèse entreprend dresser un panorama dynamique de l’imaginaire social de l’Animal en France et ses transformations. Au fil de cette recherche, je me concentre sur le challenge de l’imaginaire hégémonique de l’Animal, soit le rapport à l’Animal hérité du cartésianisme, un imaginaire mécaniste et réificateur. La lutte animaliste, qui gagne de l’ampleur en France dans les années 2000 et qu’on désigne ici comme controverse antispéciste, conteste la domination de l’Animal justifiée par l’imaginaire cartésien, et lui oppose l’imaginaire de la libération animale, porté des auteurs comme Singer, Regan, Donaldson & Kymlicka. Je m’interroge sur les effets de cette controverse, ainsi que du backlash qu’elle a engendré, sur une possible évolution de l’imaginaire hégémonique. 15 ans après le début de la controverse, 10 ans après sa plus grosse victoire, l’imaginaire spéciste mécaniste de l’Animal est-il toujours dominant ? Est-ce que le paradigme antispéciste est en train de s’imposer, ou est-ce que l’imaginaire hégémonique s’est simplement adapté en l’intégrant en son sein ? Dans ce cas, peut-on encore dire que l’imaginaire hégémonique est le même que pré-controverse ?

BRALY-NOVAT Jules

Jules Braly-Novat
Cresppa-CSU
59-61 rue Pouchet
75017 Paris
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  • Théorie politique
  • Citoyenneté
  • (Anti) Spécisme
  • Imaginaires sociaux et politiques
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Mis à jour le 04/12/2025