Pierre Joffre

Docteur en sociologie

Thèse

Pierre Joffre, « Un autre XVIIIe. Socio-histoire d’un micro-quartier parisien, de 1880 à nos jours », thèse de doctorat en sociologie réalisée à l’EHESS, sous la direction d’Isabelle Backouche (direction principale) et de Sylvie Tissot (codirection), 2 octobre 2024.


Plongeant dans un micro-quartier du XVIIIe arrondissement de Paris, dont la forme urbaine laisse présumer une occupation de populations favorisées, ce qui ne manque pas de surprendre dans un arrondissement qui compte parmi les plus populaires de la capitale, ce travail interroge les interactions entre le matériel, le social et les représentations depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à la période contemporaine. La thèse s’inscrit à la fois en histoire urbaine et sociale et en sociologie urbaine, inspirée par une analyse bourdieusienne de l’espace. Elle questionne d’abord la genèse du quartier, analyse ses spécificités relativement à l’arrondissement et à la ville, notamment eu égard à ses façades et à son parc de logements. Elle met en valeur l’importance de familles de propriétaires locaux·ales dont le travail sur l’espace le marque durablement, produisant le peuplement du début du XXe siècle et posant une première pierre dans le processus d’embourgeoisement qui le caractérisera tout au long du siècle. En parallèle, elle interroge le coût du logement pour ses habitant·es sur une longue période, en montrant comment la différenciation sociale de l’habitat – une des caractéristiques marquantes de cet espace – se reflète dans le marché local du logement. Elle questionne aussi de façon plus succincte le rôle des pouvoirs publics dans l’urbanisation locale et la présence ponctuelle de logements sociaux. L’évolution du peuplement entre 1880 et la période contemporaine compose une partie centrale de l’analyse, à travers diverses sources démographiques qui permettent une discussion de catégories telles que celles de « classes moyennes » ou d’« employé·es ». La perspective croisée entre habitat et positions socio-professionnelles nourrit cette discussion, car on constate une certaine homologie – constituée historiquement – entre le haut du quartier, caractérisé par des logements de qualité et un peuplement plutôt aisé et le bas du quartier, dont les caractéristiques sont inverses. Les représentations des habitant·es de la période contemporaine sont en partie produites par la matérialité urbaine qui est observée – héritage de l’histoire du quartier – ce qui contribue à renforcer la grille de lecture haut/bas, dans leurs perceptions d’elles et eux et des autres. C’est aussi autour de la notion de « mixité » souvent convoquée par les habitant·es contemporain·es que s’interroge cette thèse. Elle la traite essentiellement par une vision statistique, à travers la coprésence de classes sociales différenciées au début de la période – permise par la différenciation de l’habitat – et la coprésence de fractions des classes supérieures à la période actuelle – résultat du processus d’embourgeoisement. Ce dernier point permet alors d’interroger les relations sociales de ces fractions de classes et quelques-unes de leurs stratégies de distinction et d’appropriation symbolique et matérielle de l’espace, qui vont de l’échelle de l’immeuble à celle plus large du quartier.

Articles de blogs

2019, « La carte et le sociologue. La méthode cartographique, entre relation d’enquête et production de données », blog du Centre Norbert Elias[en ligne]

2017, « Ce que dessiner veut dire : une cartographie parisienne des frontières symboliques », carnet des étudiants du master Sociologie générale de l’EHESS[en ligne]

Principales communications

« Une "limite entre les pauvres et les riches" : le boulevard Barbès, frontière spatiale, frontière sociale ? », Journée des doctorants du RT9 – Sociologie de l’urbain et des territoires « Les frontières dans la fabrique de l’espace. Effets, processus et enjeux pour la recherche en sciences sociales », 11 octobre 2019, ENS (campus Jourdan), Paris.

« Après un parcours de sociologie, quel(s) avenir(s) professionnel(s) ? Un retour d’expérience », Conférence d’insertion professionnelle en Licence 2, 3 octobre 2019, Sorbonne université, Paris.

« Ce que dessiner veut dire : la méthode cartographique comme révélateur des frontières symboliques dans le XVIIIe arrondissement de Paris », Journée doctorale EHESS Marseille « D’écrire l’espace. Usages de la cartographie en sciences sociales », 19 juin 2018, EHESS, Marseille.

« Des normes sociales à l’épreuve du quartier. Les interactions du quotidien, révélatrices des rapports sociaux locaux. L’exemple du XVIIIe arrondissement de Paris », Journée des doctorants du RT9 – Sociologie de l’urbain et des territoires « Normes et usages de la ville. Quand les pratiques sociales interrogent les modalités de production urbaine », session Espaces Publics, 16 février 2018, ENSAPVS, Paris.

Formation, diplômes universitaires

2016-2017 : Master 2, Sociologie générale, École des hautes études en sciences sociales
 Mémoire : « Mon quartier, moi et les autres. Le rapport à la mixité sociale des classes moyennes et supérieures à l’échelle locale. Enquête dans deux micro-quartiers du XVIIIe arrondissement de Paris », sous la direction de Serge Paugam.

2009-2014 : Institut d’études politiques de Lyon, Master 2, Management du secteur public et des partenariats public-privé, spécialité Ingénierie des partenariats public-privé
 Mémoire de master 2 : « Le mécénat culturel d’entreprise en France dans le cadre de la loi du 1er août 2003, un exemple de partenariat public/privé réussi ? », 2014, sous la direction de David-André Camous.
 Mémoire de master 1 : « Les rapports entre le notariat et l’État : un exemple de l’impossible réforme des professions réglementées », 2013, sous la direction de Sophie Papefthymiou.

Pierre Joffre
Cresppa-CSU
59-61 rue Pouchet
75849 Paris Cedex 17
Lui écrire

  • Sociologie urbaine
  • Histoire urbaine
  • Classes sociales et ségrégation spatiale
  • Action publique
Mis à jour le 26/11/2025