Doctorant à l’Université Paris 8 en cotutelle avec l'Unisersité de Montréal
Doctorant à l’Université Paris 8 en cotutelle avec l'Unisersité de Montréal
Mon projet de thèse propose d'effectuer une étude comparative sur le cosmopolitisme culturel chez les jeunes Français et Québécois à travers le prisme de la sociologie des émotions. Dans le champ culturel, le cosmopolitisme se définit par une sensibilité aux différences culturelles, ainsi qu'une capacité et une envie à dépasser sa propre culture (Cicchelli & Octobre, 2017 ; Pronovost & al., 2021). S'inscrivant à la rencontre de la sociologie de la culture et la sociologie des émotions, ce travail cherche donc à analyser les émotions produites à la rencontre d'œuvres culturelles provenant d'une autre culture et les émotions qui poussent à se tourner vers ces mêmes œuvres. La question de ce qui représente « l'autre culture » est elle-même centrale à l'exploration du sujet, posant la question de l'importance de la proximité culturelle et linguistique dans les préférences culturelles (La Pastina & Straubhaar, 2005). Une recherche comparative entre la France et le Québec s'avère donc fort intéressante, considérant les liens historiques et linguistiques des deux nations, mais également leurs différences, notamment dans la nord-américanité et l'européanité des deux cultures. De plus, les deux nations ont un rapport historique à leur propre culture fort différent : pour le Québec, de résistance pour la préservation de sa particularité francophone, pour la France, de rayonnement culturel international. Le cosmopolitisme s'inscrivant dans un rapport local-global central pour les questions sur la mondialisation de la culture (Appadurai, 1996 ; Cicchelli, 2016 ; Hannerz, 1990), une approche comparative nous aide donc à cerner les façons dont ce phénomène global prend forme localement. Dans le cadre de cette recherche, je m'intéresse à la construction du cosmopolitisme au sein de cultures distinctes, en considérant les particularités socioculturelles et sociohistoriques dans lesquelles les émotions liées au cosmopolitisme culturel se forment. Il ne s'agit donc pas seulement de décrire les émotions que procurent ces œuvres ou qui poussent les jeunes à les consommer : je cherche à comprendre comment ce rapport affectif au cosmopolitisme culturel s'ancre dans le contexte social, culturel et historique qui le produit (Appadurai, 1996 ; Deluermoz & al., 2019 ; Illouz & al., 2019 ; Memmi & al., 2024).
Antoine Papineau
Cresppa-LABTOP
antoine.papineau.1[at]umontreal.ca
antoine.papineau02[at]etud.univ-paris8.fr